AUTRE
La Nuit dans les cheveux, la Nuit 'dans les prunelles ; Le Jour, —blanc sur le front — sur la bouche vermeil : C'est cette ombre jumelle et ce double soleil Que celles que je sers doivent porter en elles.
Et je leur veux aussi les grâces solennelles Des déesses d'antan sortant de leur sommeil : Car mon esprit païen, au ciel même pareil, Ne resplendit qu'au choc des beautés éternelles.
Il faut à mes baisers des seins fermes et blancs.
Mes bras ne s'ouvrent bien qu'à la rondeur des flancs
Dont le marbre vivant s'élargit en amphore.
Telle est la femme, au corps par mes désirs mordu, En qui s'incarne l'heur de mon rêve éperdu Et dont l'amour cruel sans trêve me dévore !