LACHE DOULEUR
Ah ! prends pitié de moi, ne me sois plus farouche ! Livre ù mon long désir ton corps auguste et cher ! Avec les chauds parfums que distille ta bouche Tu m'as donné la fièvre horrible de ta chair.
Tu te dois tout entière, ayant donné tes lèvres. Après le seuil du Temple il me faut son autel. Je suis las de rêver aux biens dont tu me sèvres Et préfère la mort à l'espoir immortel.
Je veux saouler ma soif de lascives tendresses Pour m'endormir repu dans tes bras lourds et blancs, Et, vers ses bords obscurs guidé par tes caresses, Vider, dans un baiser, la coupe de tes flancs !
A moi ton large ventre et ta croupe où s'apaise Des lignes de ton corps le rythmique tourment. Orgueil de la matière implacable et qui pèse A mon esprit vaincu comme un effondrement !
A moi la lâcheté sublime des tortures
Oi!i se débat encor l'idéal abjuré !
0 créature immonde entre les créatures,
Engloutis, doux néant, mon cœur désespéré !
LA CHANSON DES JO un s. 14.i