INCERTITUDE
A l'ombre douce de la Nuit
De tes cheveux l'ombre est pareille,
Et la nacre des perles luit
Aux fins contours de ton oreille.
De lis ton front est velouté ; Sur ta bouche meurt une rose.
Car tout rappelle, en ta Beauté, Le teint de quelque belle chose.
Pour tes yeux seuls je cherche en vain. ■
Il semble qu'en eux se confonde Le ton changeant qui fait divin Le mirage du ciel dans l'ond*^.
Oui, tous tes charmes ont le leur Où mon cœur se complaît sans trêve ; — Mais tes yeux, quelle est leur couleur
La chère couleur de mon Rêve'
Un tel charme en vous m'attire, Lent et fort comme un aimant, Qu'il rend doux jusqu'au martyre Que je souffre en vous aimant.
Feuille dont le vent se joue.
Je n'espère ni ne veux, Mais je bois, sur votre joue, Les parfums de vos cheveux.
Mais à vous voir je m'enivre, Fou d'un désir sans merci, Et mieux que, sans vous voir vivre, J'aimerais mourir ainsi !
Depuis le matin où tu fus Le clair soleil de ma pensée, Où, la main par la main pressée.
Nous marchions, pensifs et confus, Dans l'herbe sous nos pas froissée ;
Le vent de l'arrière-saison
A, jusqu'à leurs cimes rouillées,
Flétri les branches dépouillées
Et dispersé sur le gazon
L'or doux et pâle des feuillées.
192 UERiMÈUES TE.NURESSKS.
Chère mignonne, si demain, Par un matin [laieil tentée, Sous les pleurs de l'aube argentée.
Seule, tu reprends le chemin Où toute mon âme est restée,
Écoute, à chaque pas, le bruit Que fera la feuille séchée Aux plis de la robe accrochée ; C'est mon souvenir qui te suit.
Toi que mon espoir a cherchée !
DEUNIKRES TENDRESSES. 193