LE DIADÈME
Bientôt, lorsque tu seras mieux ^ Dans les grands bois silencieux
Que l'aube dore.
Nous irons, comme l'an dernier , Voir si la hutte du vannier
Y fume encore.
Nous partirons par les sentiers Étroits entre les églantiers ,
Où la rosée , Que fait descendre et que séduit Le rêve tiède de la nuit ,
S'est déposée;
Et tandis que le ciel vermeil Ruissellera du clair éveil
Des alouettes.
Les branches roses répandront Sur ta chevelure et ion front
Des gouttelettes.
Dans les grands bois encor dormants , De perles et de diamants
Ainsi coiffée.
Tu marcheras sur les gazons , Dans des rayons, dans des cJiansons,
Comme une fée.
Quand nous suivrons, sous les tilleuls, Le ruisseau bordé des glaïeuls
Que Mars y sème, Plus riche encor que sous l'azur Resplendira , dans l'air obscur , Ton diadème.
Mais, dans le lointain carrefour Où parfois , disant mon amour
Que rien ne change , Je m agenouille devant toi.
Quand tu te pencheras sur moi,
Ainsi qu'un ange.
Cette parure de joyaux ,
Oiii sur l'or brun de tes bandeaux
Luit et flamboie , Sur mon visage coulera.
Et tout à coup l'inondera
De pleurs de joie.