‹ Le chemin des saisonsChapitre 16 sur 100 · LE FAISAN DORÉ · texte numérisé non relu

LE FAISAN DORÉ

à Pierre Carteron.

^a7id le Faisan doré courtise sa femelle, Et fait , pour l'éblouir, la roue, il étincelle De feux plus chatoyants qu'un oiseau de vitrail. Dressant sa huppe d'or, hérissant son camail Couleur d'aube et zébré de rayures d'ébène , lonflant son plastron rouge ardent, il se promène , 'Chaque aile soulevée , en hautaines allures; Son plumage s'emplit de lueurs , les marbrures De son col vert bronzé , l'ourlet d'or de ses pennes L'incarnat de son dos, les splendeurs ifîcertaines De sa queue où des grains serrés de vermillon Sont alternés avec des traits noirs sur un fond

De riche, somptueuse et lucide améthyste, Tout s'allume , tout luit d'un éclat qui dépiste Les yeux , tant il s'avive et memi de toutes parts. C'est un scintillement où d'infinis hasards Rassemblent des rayons de saphir, de topaze. En foyers imprévus où leur choc les embrase. Et, sur ces jeux muants de claires pierreries S'unissant , se brisant en des joailleries Que sertissent le bronze et l'acier et l'argent, Court encore un frisson d'or mobile et changeant , Oui naît, s'étale, fuit, se rétrécit , tressaille. Eclate, glisse, meurt, coule , ondide , s'écaille , S'écarte en lacis d'or, en plaques d'or s'éploic. Palpite, s'alanguit, se disperse , poudroie , Et d'un insaisissable et féerique réseau Enveloppe le corps enflammé de l'oiseau.

LE GLAS DE L'AiMANT.

à Jean Lahor.

Tintez la cloche lentement!

Par le di'oit chemin funéraire, Voici le cercueil d'un amant Qu'on porte vers le cimetière, Tintez la cloche lentement !

Il est mort de son long tourment , Son âme était fidèle et fière ; Creuse encor plus profondément , Vieux fossoyeur , creuse la terre; Tintez la cloche lentement!

Aleniissez le tintement!

La terre est molle et pri7ttanière , Bêche encore, encore un moment , Pour coucher plus avant sa bière ; Tintez la cloche lentement!

Descendez-le pieusement.

Et déposez le, comme un frère, Dans le long engourdissement Où tout s endort , peine et colère ; Tintez la cloche lentement!

l'ous lui ferez un monument Semblable à son amour austèj'e.

De dur granit et de ciment; Et vous y planterez un lierre; Tintez la cloche lentement!

Afin qu'aucun frémissement N'aille à son cœur, sous son suaire, Quand le Printemps va réclamant Tous les sommeils vers la lumière ; Tintez la cloche lentement!

ROUTE PRINTANIERE.

à Charles Frémine.

La route est rose de pommiers,

Je vais l'ers ma belle ; Et le ciel est blajic de rayniers ,

Elle est fraîche et frêle.

Les pommiers sont de grands bouquets.

Je vais vers ma belle ; Les ramiers s'aiment aux bosquets ,

C'est ma tourterelle.

La rosée emperle les prés ,

Je vais vers ma belle ; Tous les prés sont blancs et dorés.

Son rire étincelle.

Les ruisseaux, remplis de chansons,

Je vais vers ma belle; Les ruisseaux clairs dans les gazons , Sont moins souples quelle.

Mai de parfums enivre l'air.

Je vais vers ma belle ; Moi, je suis ivre de sa chair ,

Chaque jour nouvelle.

Sous Tazur d ailes tressaillant.

Je vais vers ma belle ; Ohé! le chemin rose et blanc

Oui conduit vers elle !

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