BATAILLE D'ÉTÉ
à Piosper Fiévet.
Les papillons et les corolles
Qyit eiitre eux des querelles folles
Oii excite le vent; Le tambour d'un frelon bourdonne , Une guêpe agile claironne ,
Et crie : « En avant » /
L'escadron d'or, d'azur, de neige.
Des papillons épars assiège
Les calices verts ; Et, contre eux, les fleurs tout en flammes Dressent d'ardentes oriflammes ,
Dont flambent les airs.
Les pétales frappent les ailes.
Les ailes les pétales frêles ,
A coups redoublés ; Pattes , élytres , et aminés , Pistils légers , antennes fines
Sont entremêlés.
Les ailes lancent leur poussière Le pollen saute en la lumière
Par menus focons; Et partout jaillit la fumée De la bataille parfumée ,
Dans les clairs rayons.
A travers le combat circule , Portant sa trousse mi?îuscule,
La bête à Bon-Dieu, En marmottant une prière , Dans son habit d'hospitalière ,
Brun marqué de feu.
A l'écart sur une humble butte , Attendant la fin de la lutte,
De sombres fourmis S'apprêtent à potier en terre , Aux caveaux de leur cimetière.
Les morts ennemis.
Mais la chauve-souris voltige; Le soir à s'arrêter oblige
L'un et l'autre camp ; Un moucheron sonne la trêve.
Et le petit combat s'achève
Au soleil manquajît.