L'ORAGE
Un grand silence solennel :
Puis les longs et lourds assemblages De vapeurs grises , dont l'accord En amas gnomes et sauvages De tous côtés met un décor Sombre et tragique au fond du ciel.
Puis un rauque et strident appel:
V ouragan brise les branchages , Les chênes craquent dans T effort Pour rester droits contre ses rages ; La pluie en tourbillons se tord, Ivre de vent au fond du ciel.
Puis un noir /loi iorrenticl :
Les paysûns , sous les rm'ûges Oiii rendent vain leur long e ffort.
Abandonnant leurs attelages.
S'enfuient en maudissant leur sort ; La foudre éclate au fond du ciel.
Puis s'apaise le vent cruel :
Les flocons sombres des nuages Sont cardés par des peignes d'or ; Et l'on voit, sur les clairs feuillages , Repai'aître plus bleue encor , La toile bleue au fond du ciel.
Le sol fume comme un autel :
L'air se remplit de paysages ; Le bruit des eaux plus faible sort De la rivière , à ses barrages :
Des chansons premient leur essor ; Le soleil luit au fond du ciel.