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DANS LES CERISIERS

à Georges Docquois

Il pleut tiède ; les grives chante7it

Parmi les cerisiers mouillés.

Dont les cerises s'ensanglantent

De fins coups de bec dardillés.

La bande entière s'égosille.

Avec mille volètements , Dans la ramure qui scintille

De feux, d'éclairs, de diamants.

Les gouttes d'eau se précipitent

Du vert feuillage vertiissé Sur les plumages qui palpitent

Dans l'air d'argent éclaboussé;

Tout resplendit , brille, étincelle;

Ici et là, un rayon d'or Touche un globe pourpre , un bout d\nle.

Et sur u)i rameûu i^ris se tord ;

Lorsqu'un des oiselets s'acharne

Contre une cerise et la bat.

Et la houspille et la décharné,

La branche où s'émeut ce débat

Fait, au bout de chaque brindille.

Trembler un filet (feau qui luit.

Et d'un coup plus sec l'éparpillé Quand la grive arrache le fruit.

Dans ce joli frisson de perles

Animé de ce jeu léger.

Un gros couple brutal de merles

Fient et commence à saccager.

Bousculant les grives surprises ,

Les bouquets rouges qu'ils font choir.

Tandis que le sang des cerises Rejaillit sur leur plastron noir.

Sous leurs sauts plus lourds le branchage Laisse tomber l'eau pesamment.

Des vides marquent le ravage

De leur bec noir, brusqu£ et gourmand

Les feuilles perdeyit leur richesse.

Des rameaux pillés sont obscws.

Et l'herbe, autour du tronc, s'affaisse Sous la chute de beaux fruits mûrs.

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