L'UNIQUE BAISER
Rmne encore, et va dans l ombre Que ces saules font sur l'eau, Où la nuit est aussi sombre Qu'en notre prochaiti tombeau.
Je sens les pures étoiles Comme un plomb sur moi peser ; Il n 'est pas d'assez noirs voiles Pour cacher notre baiser.
Ah ! j'en connais tout le crime !
J'en sefis l'opprobre abhorré.
Et la marque qu'il imprime Sur mon front déshonoré!
Il8 LE CHEMIN DES SAISONS.
Je sais qu'en touchant ma lèvre Ta lèvre nous perd tous deux ; Et que cet éclair de fièvre Contient d'éternels adieux !
Il n'importe ! je veux boire Un trait de bonheur, un seul, A la coupe ardente et noire Que couvre un double linceul.
Puisque nous ne pouvons vivre Sans notre amour, ni par lui, Que, du moins, il Jious délivre Du feu dont il nous poursuit !
Mais je veux celer aux astres Ce baiser fatal et doux.
Plein de mort et de désastres Pour les autres et pour nous.
Et toi ! garde ta promesse !
Qiiand il viendra de finir , Avant que mon cœur ne cesse.
Ivre encor, d'en tressaillir.
Avant que ne se repose L'émoi diviti de ma chair , A l'endroit de cette rose, Tu mettras ton revolver;
Et tu tireras. La proue , Sous le feuillage épaissi, Entre dans l'ombre et la troue .
Ne rame plus ! Me voici !