ALLEE D'AUTOMNE
Septembre est mort , et c'est F automne , Le ciel est gris et monotone ;
La longue allée De vieux tilleuls est déjà jaune ,
Et mutilée.
Les feuilles mortes, sur la 7'oute, Tombent sans cesse de la voûte
Oui se dévouille , Dans l'herbe qu'un rayon velouté , Qu'un brouillard mouille ;
Tombent sans cesse, et la statue, Qui rêve au bout de V avenue
Dans sa rocaille , Se devine à peine entrevue
Sous leur grisaille ;
Tombent sans cesse, en lente averse D'or pâle ou fauve , qu£ traverse ,
Dans la buée.
Un soleil fatigué qui perce Une nuée.
L'heure du soir, douce et furtive. Du fond de l'avenue arrive ,
Et s'épand grise, Dans la tremblante perspective,
Plus itidécise.
De ces chutes d'or prolongées, Flottant entre les deux rangées
De branches sombres.
Oui fuient moins loin, déjà chargées
De franges d'ombres.