LES HIRONDELLES
Les effleurantes hirondelles Glissent, sans remuer leurs ailes, Dans les airs lourds encore humides.
Et , sur le ciel couleur d'ardoise , Leur essaim bleuâtre entrecroise Des cercles légers et rapides.
Elles rasent , sur F eau plissée , Leur prompte image renversée Oui montre lertr poitrifie blayiche-.
Et leur vol tournoyant qui frôle Le feuillage mouillé d'un saule , Y fait ruisseler mainte branche.
l3o UE CHEMIN DES SAISONS.
Elles voltigent sous la voûte
Du vieux pont que franchit la route ,
Puis se reposent par rangées
Sur les noirs fils du télégraplie.
Que relève une blanche agrafe,
En lentes courbes prolongées.
Elles sont vives et joyeuses ; Les mousselines vaporeuses Que la pluie au ciel a tendues D'or et d'argent se sont brodées ; Les franges grises des ondées A l'horizon se sont perdues.
Bientôt, par les mornes journées Où nous arrivent les traînées Des basses bruynes bruinales.
Elles s'éloigneront par bandes.
Laissant nos coteaux et nos landes A la neige, aux gels, aux rafales.
AUTOMNK. l3l