CIEUX D'AUTOMNE
à Adrien Baret.
Les deux d'automne sont en soie.
Grise, mauve, orange , bleu tendre.
Doux tissus prêts à se détendre.
Dont le frisson léger ondoie Jusqu'aux lointains couleur de cendre.
Le vent plus triste en fait la trame De pâles teintes effacées.
Reflets morts, nuances lassées, Oii, par endroits, passe une lame De couleurs claires et glacées.
C'est un reste d'or et de flamme Des riches heures dépassées.
Comme aux étoffes déplissées Un repli, vif encor , prodame L ancien éclat des fleurs passées.
Mais, même eji ce trait qui flamboie.
On sent de T ombre se répandre ; Car l'Hiver s'apprête à dépendre Ces satins fanés qu'il reploie.
Et qu'Avril chantant vient retendre.
AUTOMNE. l33