‹ Le chemin des saisonsChapitre 92 sur 100 · A DES YEUX · texte numérisé non relu

A DES YEUX

à Àiitony Blondel.

Si tes yeux leur manquaient, que deviendraient me s rêves: Sans l'azur de ce ciel où monte leur essor. Ils ne connaîtraient d'autre horizon que le bord De mon cœur douloureux et que ses pales grèves.

Si l'espace infini qui va jusqu'à ton dme.

Ne leur était ouvert pour s'envoler vers toi.

Et devenir plus beaux en s' éloignant de moi.

Ils resteraient, oiseaux lourds et gris, sur la lame

Qui déferle, parmi les bas-fonds de ma vie, Contre un sable de joncs et de chardons semé , Et , dans un limoneux remous inanimé , Clapote entre les rocs et s'y traîne asservie.

Mais, comme des oiseaux migrateurs, ils s'envolent. Ils montent , ils s'enfuient dans tes yeux azurés. Ils disparaissent vers les pays désirés Où, loin de mon esprit que les bises désolent ,

Dans sa haute douceur et sa paix souveraine, Datis un rayonnement d'espoir et de bonté. Hors de notre climat haineux et tourmenté , Fit ton âme splendide , adorable et sereine.

Ils ne parviennent pas , peut -être, jusqu'à elle; Leur aile se fatigue avant d'avoir atteint, A travers tant de ciel, le rivage lointain Oii fleurit de ton cœur la première asphodèle;

Mais ils reviennent tous , vers ma vie âpre et sombre , Plus heureux et meilleurs d'avoir volé vers toi. Et mettent sur le cœur souffrant qui les reçoit Des reflets de clarté qu'ils rapportent dans l'ombre;

Pareils à ces oiseaux éclatants dont les plumes , Palpitant par milliers et mêlant leurs couleurs , Changent pour un ijistant en terrasses de fleurs Un rocher morne et noir environné d'écumes.

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