‹ Le chemin du cœurChapitre 5 sur 7 · LA MONDAINE ET LE POETE · texte numérisé non relu

LA MONDAINE ET LE POETE

Rimeur d'odelettes?

Madame ?

Est-il vrai que les poètes.

Que les poètes?...

Peuvent tout?

Tout.

Absolument tout?

Bien autre chose encore.

Les mages?...

Ce sont eux.

Les fées?...

Ce sont eux.

Les dieux?

— A votre service.

— Eh bien! j'ai un caprice.

— Pour moi ?

— Fat!

— Pour qui ?

— Pour personne.

— Tant pis pour tous.

— Soyez sérieux.

— Ah ! que je le suis !

— Je voudrais...

— Je devine.

— Point du tout.

— Si fait!

— Voyons.

— Vous voudriez que votre beauté fût chantée...

— Non!

— En de parfaites strophes...

— Non ! non !

— Dont s'émerveilleraient les races futures ?

— Non! non! non !

— Tant pis. Votre immortelle gloire...

— Ma gloire?

— - M'eût été si aisée !

— Je voudrais...

— Je devine.

— Point du tout.

— Si fait.

— Voyons.

— Vous voudriez que, des mystérieuses mers du Levant...

— Non!

— On vous apportât...

— Non! non!

— Plus de perles qu'il n'en faudrait pour couronner vingt impératrices?

— Non! non! non!

— Tant pis. Vous parer de merveilleuses perles...

— De merveilleuses perles ?

— Ne m'eût coûté qu'un signe.

— Je voudrais...

— Je devine.

— Point du tout.

— Si fait.

— Voyons.

— Vous voudriez que, par ma magique puissance, un amant...

* — Non !

— Jeune, beau, fidèle, opulent comme le plus riche banquier d'Alexandrie...

— Non! non!

— Vous aimât d'un éternel amour?

— Non! non! non!

— Quoi, vraiment?

— Non! vous dis-je; .mon caprice, ce serait...

— Ce serait?...

— Que, par un poème ou un conte...

— Soit!

— Par un poème le plus tendre du monde...

— A la bonne heure !

— Ou un conte aimablement subtil...

— Rien de plus simple!

— Vous me fissiez...

— Je vous fisse?

— Ne fut-ce qu'un instant...

— Qu'un instant?

— Vous me fissiez...

— Quoi donc?

— Vous me...

— Eh bien?

— Fissiez...

— Parlez!...

— Rougir.

— Aïe!

— Gomment?

— Aïe! aïe!

— Vous dites?

— Hélas !

— Mais encore?

— Hélas! hélas!

— Hélas?

— Oui, hélas ! car la chose que vous demandez est la seule chose qui soit...

— Qui soit?

— Môme aux mages, même aux fées.

— Même aux dieux?

— Même aux poètes !

— Eh! achevez...

— Impossible!

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