ACTE II, SCÈNE X, 5a
vous ramène. Il a signé! enfin l'honneur est satisfait, le monde est content... il a signé!... La jeune fille lui redemande son amour, auquel elle a tout sacrifié... c'est son nom qu'il lui donne... Qu'importe que son âme saigne... qu'importe que cette couronne de mariée devienne pour elle une couronne d'épines et lui ensanglante le front... qu'importe, il a signé! Riez donc au lieu de sangloter... riez donc, il a signé! Oh! vous avez bien raison de ne plus m'aimer, André, vous avez bien raison, car, moi, je vous méprise !
Berthe! vous allez trop loin! entre l'indifférence et le mépris il y a un abîme que ma conduite ne vous permettra jamais de franchir! Maintenant, venez signer le contrat, et dans quelques minutes vous serez madame de Reuille, ma
femme! (De Reuille entre par la gauche 4 .)
BERTHE, comme à elle-même.
Madame de Reuille! sa femme! et c'était là mon rêve! (D'une voix ferme.) André, allez près de nos amis, allez, et ditesleur que ce contrat qui devait nous unir, ce contrat, je ne le signerai pas.
ANDRÉ
Berthe. . . c'est impossible !
BERTHE
Ne plus m'aimer, c'était impossible aussi.
ANDRÉ
Voyons, Berthe, revenez à vous, songez à ce que vous faites; rompre ce mariage, c'est impossible!
BERTHE
M'aimez-vous, André?
ANDRÉ
Songez qu'on nous attend.
BERTHE
M'aimez-vous?
ANDRÉ
Songez que votre tante, que mon père sont là, que le
notaire...
BERTHE
M'aimez-vous! (silence.) Je n'irai pas! je ne signerai pas ! * A. R. B.
ANDRÉ
Berthe! (Aperceiut m. d« Remue.) Ah! mon père!...
DE REUILLE, à André.
C'est ainsi que vous avez tenu vos promesses, Monsieur?
ANDRÉ
C'est elle... c'est elle qui refuse.
DE REUILLE.
Sortez, Monsieur.
ANDRÉ
Mais...
DE REUILLE*.
Sortez! (André hérite iid instant et sort lentement.) BERTBE.
Tous ils m'abandonnent... tous !...