ACTE III, SCÈNE V
ANDRÉ
Comment le sais-tu?
BACHU.
Dam ! je m'en suis informé avant mon départ de Paris.
ANDRÉ
C'est juste... Figure-toi que tout à l'heure j'avais cru voir à cette fenêtre?
BACHU.
Quoi?
Berthe!
Par exemple!
Je ne le crois plus...
BACHU *.
Berthe doit être à Paris... ou près de sa tante, à...
Sans doute; si elle était ici tu le saurais, tu l'aurais vue... elle n'a aucune raison pour te fuir...
BACHU.
Aucune.
ANDRÉ
Et tu m'aurais conduit vers elle. C'est étrange , pourtant! Tu ne peux te figurer, Bachu, combien cette jeune dame ressemblait à Berthe ! calme , souriante , heureuse, telle que je la vis pour la première fois...
BACHU.
Oui, il y a des choses... des figures qui se... et puis, quand fcien même Berthe serait ici... quand ce serait elle que tu aurais vue à cette fenêtre... qu'est-ce que cela pourrait te faire?
ANDRÉ
Oh! rien... cela changerait toute mon existence, voilà tout! Berthe mariée! quand j'ai cru cette impossibilité-là , quelque chose, je ne sais quoi, a tressailli dans ma poitrine, mon cœur, peut-être, et ce mari, placé entre elle et moi comme un obstacle, a réveillé en haine pour lui , en amour
fi« LE CHEMIN LE PLUS LONG.
pour Berthc, tout un passé douloureux... et... Mais ce n'est pas elle... je me suis trompé!..
BACHU.
Complètement... Quand repars-tu?
Mais tu dois la connaître, cette dame? c'est peut-être ta malade?
BACHU.
Elle?
ANDRÉ
Y a-t-il longtemps qu'elle est arrivée? il faut absolument que tu me présentes à elle... je l'exige de ton amitié, Bachu...
BACHU.
A ta place , je continuerais tranquillement ma route , sans m'inquiéter le moindrement...
ANDRÉ
Rien ne m'appelle, rien ne m'attend... (u se dirige *ert u porte
où Berthe est entrée.)
BACHU.
Où vas-tu?
ANDRÉ
Elle est entrée là... Je vais tâcher de la retrouver... puisque tu refuses...
BACHU.
Tu ne feras pas cela !
ANDRÉ
Et qui m'en empêchera?
Moi!
ANDRÉ
Toi!
BACHU.
Oui.
ANDRÉ
Viens donc m'en empêcher! (u ra pousser la porte.) * Be. Ba. A.