‹ Le Chemin no 107Chapitre 11 sur 25 · I.K CIIKMIN N" 1 07 Oj · texte numérisé non relu

I.K CIIKMIN N" 1 07 Oj

nions pendant une heure de traiter exclusivement ce sujet. Bref, le mari a promis de se faire présenter votre dossier.

Je me hâte de vous conter ce succès, mon cher ami, d'abord pour vous a|)prendre qu'en guerre les coups droits ne valent pas toujours les feintes et les adresses; en second lieu, pour vous montrer que vos amis ne vous oublient pas.

Ma vie ici est un véritable martyre. Xe pourriez-vous instruire mes électeurs, à son de trompe, de caisse, de cloche et de cymbales . que leur député se déclare fourbu et demande la paix? Je reçois de votre arrondissement cinquante lettres par jour. L'un veut un bureau de tabac pour son grand-père; l'autre, un mari pour sa fille; le troisième, une chasuble pour sa sacristie; un quatrième, du rouge pour sa boutonnière. Tenez, depuis ce matin, je cours les quatre coins de Paris pour contenter un de vos administrés qui

m'a intrépidement chargé de lui acheter une tondeuse mécanique et de lui chercher une nourrice dans les bureaux ad hoc de la capitale. Une tondeuse, cela se trouve; mais la nourrice, mon cher, il la faut saine, laitière, sans mari, et, qui plus est, sans enfant. Qu'en dites-vous?

Bénis soient encore ceux qui écrivent, à côté de ceux qui viennent ! Ah ! mon ami, quel fléau ! C'est donc une émigration générale 1 Tout le Tarentonnais se déverse dans mon entresol ! C'est pitié ! Ne pourriez-vous donc refuser des passeports?

Les uns débarquent chez moi avec armes et bagages; les autres s'invitent sans façon à ma table; il en est qui empruntent mon coupé, mes bottes, mon pardessus!

J'en trouve ici, dans les vestibules du Palais-Bourbon; j'en trouve sur mon palier, chez le concierge de mon cercle, dans ma baignoire de la Renaissance ; ils pléuvent, ils grêlent! Grâce et pardon!

Page 1