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« — Mademoiselle, ajoutai-je grave- » ment; vous le savez, votre futur a subi « dernièrement l'examen du conseil de » revision.
— » Je ne le sais que trop ! soupira- ). t-elle.
» — Eh bien, Mademoiselle, j'assistais » à la séance, par curiosité, par désœu- « vrement, et, grâce à la protection de » M. Martin, cocher de la sous-préfecture. » Caché dans le coin le plus obscur de » la salle, j'observais cette scène bizarre, » que je me propose de reproduire un » jour dans un palpitant mélodrame.
)^ Qu'ai-je vu quand Beauvoisin s'est » avancé devant ses juges, dans l'état où » Phryné parut devant l'aréopage?... Cet » homme... par derrière... entre les deux » épaules... est marqué... d'un tatouage » mystérieux, qui a échappé au commun » des spectateurs, mais dont la forme » étrange a frappé mon regard..
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» — Un sabre, gémit-elle.
» — Mademoiselle, celte supposition, » aussi juste que hardie, révèle en vous » une sagacité peu commune. Oui, un » saVjre! un sabre couronné 1
» — Eh bien?
» — Mademoiselle, est-il naturel, je » vous le demande, que le fils d'un caba- » relier soit étiqueté d'un sabre couron- » né?... D'un siphon... d'un verre à » pied... passe encore... Mais d'une arme, » Mademoiselle, d'une arme guerrière?...
» Avez- vous jamais vu des fils de cabare- » lier tatoués d'une arme tranchante » entre les deux épaules? Dites.... en » avez-vous vu... d'autres?
» — Nonl dut elle avouer.
» — Eh bien, Mademoiselle, ou je me y> trompe, ou ce rustre n'est pas un » rustre ! Toute personne initiée tant soit » peu aux usages littéraires, tout homme » qui réfléchit et qui pense, sait que
» l'épée est la marque noble et que le » tatouage est le moyen suprême des re- « connaissances finales. Tous les enfants » perdus qu'on retrouve au cinquième » acte portent sous leur chemise cet in- » signe délateur. J'ai médité tous les » volumes du cabinet de lecture qui est )) au coin de la rue du Bac : tous ou » presque tous font mention de particu- » larités qui passent inaperçues d'abord, » puis qui, au dernier tome de l'ouvrage, » révèlent soudain la haute naissance, la » iiliation, quelquefois princière, du héros 1 » Pauline I continuai-je solennellement, » je ne prétends pas assurément que » Désiré Beauvoisin soit le fruit caché de » quelque faute royale. Il est infiniment » peu probable qu'aucun des souverains » de l'Europe ou de l'Asie ait déposé à « Saint-Marcel-de-la-Guénerie le souvenir » vivant de passagères amours. Mais plu- » sieurs circonstances me porteraient
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«'i'[)fMidaiil à croire (iLi'uiic prolcction occulte veille sur cette destinée! A six aus, Désiré tomba dans la mare à piiriu : un passant, un inconnu, le tira du péril par le fond de sa culotte, et disparut aussitôt ! A quinze ans, on trouva un jour dans ses poches six louis d'or, de provenance mystérieuse ! Dernièrement encore la loi militaire l'a épargné, sous un frivole prétexte, sans qu'on en puisse connaître la véritable raison! Puis ce signe? ce signe que j'ai vu, de mes yeux l'autre jour?... Tenez, Mademoiselle, le sort vous sourit peutêtre! Épousez le soi-disant Beauvoisin!
Et qui sait si je ne saluerai pas en vous quelque jour la compagne d'un héritier, trop longtemps caché sous des haillons populaires? » Eh bien, Monsieur Baptiste, vous ne me croirez pas : ces perspectives n'ébranlèrent pas un instant la résolution de
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notre héroïne... Elle a foulé dédaigneusement aux pieds cette couronne, cet or que je faisais miroiter à ses yeux ! Oh ! amour, je reconnais là tes coups !
Monsieur Baptiste , serez-vous cruel !
Songez à vos anciens serments, échangés un soir sous la porte-cochère de madame de Pardès, un matin sur le premier pallier à droite de l'escalier de service, et une nuit sous la remise, dans la vieille calèche tie voyage! Le cœur de mademoiselle Pauline n'est plus un cœur, c'est un brasier qui flambe sous le lait de cette charmante nourrice!
Je vous laisse sur cette image, pour retourner à mes petits fours; car Madame a du monde ce soir.
Je dois cependant ajouter une chose (un autre que moi, un prosaïque faquin sans lettres et sans cœur eût même peutêtre pensé que cet alinéa seul pouvait suppléer avantageusement tous les autres)
loi I.E DKAi; UÉSIliÉ
madame la marquise dote fort convenablement la nourrice, et la place de souschef aux écuries de la Glanderaie est en ce monieni disponible.