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PIÈCE III

Le desservant de Saint-Marcel de la Guénerie à M. le SouS'Préfef de Tarentonne.

Très honoré Monsieur,

M. Persac disait hautement hier, à la sortie de la grand'messe, à qui voulait l'entendre, que le classement du chemin de Bocé ne tarderait guère, et que les t l'a vaux commenceraient immédiatement après les Rameaux. J'avoue, très honoré Monsieur, qu'une paieille nouvelle, si elle se confirmait, serait de nature à motiver de ma part les plus vives réclamations. Est-il possible que l'on se joue ainsi de la foi jurée, et que l'on persiste dans la voie funeste de la perdition ? Mes tristes paroissiens auraient-ils oublié déjà, ou affecteraient-ils de nier les engagements si positifs pris, l'an dernier, visà-vis de leur infortuné pasteur?

Depuis cinq années , Monsieur et très honoré Sous-Préfet, depuis cinq années

(toutes les ùmes pieuses en gémissent), depuis cinq années entières le fourneau de ma cuisine fume, sans discontinuer; en sorte que ma domestique a constamment les yeux en larmes et le caractère aigri. Depuis le même temps, la pompe du presbytère est si notablement détraquée, qu'il faut se fatiguer sept minutes avant d'y faire rien monter, et que je sue à grosses gouttes pour me procurer, le dimanche, l'eau de ma toilette. Quant à ma cave, elle est si mal close, que j'y trouve constamment le sonneur. Le Seigneur m'avait jusqu'à présent donné la force de supporter ces épreuves; mais, l'année dernière. Monsieur le maire m'a promis qu'il serait remédié sans retard à tous ces inconvénients.

Et qu'apprends-je aujourd'hui, où quelques fonds libres permettraient ces travaux? On songe à employer ces fonds sur le chemin de Bocé? Mais c'est de la

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dérision ! Je connais mes droits, et Monseigneur, que j'ai consulté, a daigné m'affirnier que l'on ne pouvait me refuser une pompe qui pompe, une cave close et un fourneau sans fumée. J'ai confiance en vos principes bien connus, Monsieur le Sous-Préfet, j'attends de votre foi cette pompe, cette cave, et ce fourneau.

Qu'est-il besoin d'un chemin conduisant à Bocé? Nos jeunes gens et nos jeunes filles ne sont déjà que trop portés à déserter l'église et la famille pour courir le dimanche aux réunions et assemblées, très communes en cette paroisse voisine, pire encore que la mienne !

Encore une fois, très honoré Monsieur, de telles iniquités ne s'accompliront point, j'en ai la douce confiance, et je vous prie de me croire , en Notre-Seigneur, votre très respectueux et humble serviteur.

L'abbé Paimparé,

Curé de Saint-Marcel de la Guénerie.

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