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pourraient se produire : où bien la Banque mettrait de l’or en circulation, ou bien elle devrait refuser des effets à l’escompte : ce sont là deux mauvais procédés. Et cependant l’avis des économistes est que la circulation des billets de banque est déjà exagérée et qu’il faut se garder de l’élever : Voici sur ce sujet l'opinion de M. Leroy-Beaulieu : « Il n’y a aucun besoin d’élever la limite d'émission des billets ; si on le fait, on maintiendra en France une routine manifeste et préjudiciable. Nous sommes, sous le rapport des habitudes de paiement et du régime de la banque, l’un des plus arriérés des grands peuples. Nous avons des procédés de règlements de tout petits bourgeois. Il faut nous dégager de ces pratiques pusillanimes el mesquines de l’ancien temps el il convient de nous moderniser. »
La meilleure facon est sans contredit d’introduire en notre pays, les procédés de règlement des pays voisins, et spécialement l’usage du chèque barré anglais.
Tandis que l’Angleterre a mis en circulation environ, 725 millions de francs, la France en a pour 4 milliards 527 millions de francs.
N'est-ce point la preuve la plus certaine que le billet de banque ne répond plus à l'importance et à la variété du commerce moderne.
C’est pourquoi peut-on se demander avec M. Paul Leroy-Beaulieu, si la nouvelle loi du 29 décembre 1911 portant le chiffre maximum des billets de la
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Banque de France de 5 milliards 800 millions à 6 milliards 800 millions, n’est pas en contradiction avec la loi du 31 décembre 1911 sur le chèque barré. Si le chèque barré se développe en France, l'économie de numéraire en résultera nécessairement et la circulation du billet de banque considéré par le public comme une véritable monnaie, diminuera également.
Non seulement le chèque barré facilite le virement, mais il est aussi l'instrument naturel de la compensation (1), toujours pour la raison que nous avons indiquée: la nécessité de l’intervention de deux banquiers pour son règlement.
Or c’est en Angleterre que se réalise pleinement cet avantage et le mécanisme du chèque barré est intimement lié au fonctionnement des Clearing- Houses.
fl nous sémble donc que c’est maintenant qu'il faut étudier ce sujet.
Et avant de pénétrer dans un Clearing-House, esquissons très brièvement la théorie et l’origine du système en lui-même.
Si deux maisons ont l’une et l’autre des transactions quotidiennes, dans lesquelles elles achètent et vendent alternativement, au lieu de régler immédiatement chaque dette contractée, il est plus simple
(1) Sur ce sujet voir l’intéressante thèse de J. H. Haristoy : Virements en Banques et Chambres de compensalion, Paris, 1906.
Pre
de porter sur leurs livres, au débit et au crédit l’une de l’autre, la dette résultant de chaque transac-
tion. Le payement n’aura lieu que lorsque la balance
atteindra des proportions considérables et incommodes. Disons tout de suite que c’est l’application du compte-courant appliqué non plus à deux clients d’une même banque, mais à deux ou plusieurs banques entre elles.
Afin de représenter le système fort complexe du crédit mutuel organisé par les banquiers d’un grand pays, nous devons avoir recours à l’usage des diagrammes que Stanley Jevons nous met sous les yeux dans son ouvrage : « Money and the Mechanism of Exchange».
Supposons qu'une personne quelconque a.
veuille faire un paiement à b; a-t-elle besoin d’aller chez un banquier pour en retirer des espèces afin de les remettre à b ? Non; a trace un chèque invitant le banquier à verser les espèces entre les mains de b. Cette dernière personne est également un des clients du banquier; elle ne va donc pas toucher immédiatement les espèces pour les rendre au banquier et les faire porter à son crédit. Un simple virement d’écritures suffira. La somme due par a sera inscrite à son débit et portée sur le compte de b à son crédit.
Mulliplions ainsi le nombre des clients : leurs
transactions réciproques pourront être réglées de
= de NES
la même façon sans qu'ils voient une seule pièce
Ce diagramme emprunté à Stanley Jevons donne
de monnaie.
une idée exacte de l'opération : P. représente le banquier commun, tandis que a, b, c, d, représentent ses clients.
Supposons maintenant plusieurs banques agissant de même avec leurs clients respectifs. Nous avons alors la figurante suivante, dans laquelle P-Q0-R-$ sont quatre banques ayant chacune ses clients particuliers, mais qui sont mises en relations
les unes avec les autres par la banque des banquiers
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P n’envoie plus un commis pour représenter des liasses de chèques sur Q. R.S$. Il peut les faire payer à la banque centrale X, où ils sont portés au crédit de P, puis réunis encore à de semblables liasses de chèques reçus de Q. R. $., ils seront finalement présentés aux banques sur lesquelles 1ls sont tirés.
Tous les paiements faits ainsi par chèques seront effectués sans l'emploi d'aucun numéraire comme s’il n’y avait qu'une seule banque opérant dans une ville pour le compte de tous les habitants, ses clients. D'ordinaire, les sommes que chaque banque doit payer chaque jour se balancent assez exactement sur celles qu’elle doit toucher. La balance qui reste sera soldée par un transfert inscrit sur les livres de X, la Banque des Banquiers.
Ces différentes banques P. Q. R., versant alors dans la caisse commune le solde lorsqu'elles sont débitrices, ou recevant de cette même caisse, dans le cas contraire, l’économie de numéraire s’augmente encore du montant des soldes compensés, une banque étant souvent débitrice de l’une et créditrice de l’autre.
Plus les banques compensatrices sont nombreuses, plus nombreuses sont les combinaisons, et aussi les compensations des soldes créditeurs et débiteurs pour une même banque, et comme conséquence finale économie de plus en plus grande dans l’emploi du numéraire.
Or ce rôle d'agent comptable de banque des
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banquiers est remplie par l'institution appelée Clearing-House ou Chambre de Compensation, de Liquidation.
C'est en France que prit naissance l’idée première de cette superbe institution. L’'Ecossais Gillart, dans son ouvrage sur « The Principles and practice of Banking », attribue la fondation des Clearing- House à l'exemple des « Quatre Payements de Lyon ».
A Lyon, l'usage était de créer des effets payables pendant les quatre grandes foires aux échéances suivantes : le paiement des Rois, qui commençait le 17 mars, le paiement de Pâques, qui commençait le 1eT juin, le paiement d’Août, qui commençait le 1er septembre, enfin le paiement de Toussaint, qui commençait le 1er décembre.
Lorsque l’une de ces échéances arrivait, une chambre de compensation se chargeait par de simples virements entre tous les commerçants de la ville, d'opérer les paiements les plus considérables, sans avoir besoin de numéraire, si ce n’est pour les solder.
Savary nous donne de curieux détails sur les quatre payements de Lyon (1): ils furent réglementés par une ordonnance du 2 juin 1667. A l’époque de la Révolution, le dernier paiement eut lieu en 1793 à Pâques. Les événements suspendirent cette
forme de liquidation, Ensuite la Banque de France
(1) Savary. Parfait négociant, Livre III, chap. II.