‹ Le Chèque Barré: Commentaire Juridique De La Loi Du 30 Décembre 1911Chapitre 20 sur 39 · AD · texte numérisé non relu

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établit un comptoir à Lyon et cette chambre de compensation disparut, jusqu'au jour où celle de Paris vint heureusement la remplacer le 8 mai ET

Le Clearing-House de Londres.

Si c’est à la France que revient l’honneur d’avoir fourni les premiers éléments de la compensation, c’est bien à Londres que ce système s’acclimata pour y atteindre rapidement son complet développement.

On ne possède pas de notions très précises sur l’origine et l’enfance du Clearing-House. Suivant la plupart des auteurs, la date de sa fondation remonte à 1755. Pour s’éviter des courses continuelles chez les différents banquiers de la ville, quelques garcons de recette avaient pris l'habitude de se réunir à une certaine heure de la journée dans une taverne ‘appelée le- « Grasshope », et là, tout en fêtant l’ale et Le whiskey, ils échangeaient entre eux les effets divers qui auraient du être présentés aux guichets des banques. Le procédé était bien simple . À, garcon de recettes de Brown, additionnait les traites qu'il avail à encaisser sur Martin; B., garçon de recettes de Martin, additionnait celles qu'il devait toucher chez Brown. On faisait la différence

des sommes, laquelle était aussitôt payée en espèces

(1) P. Lahaye. Chambres de Compensation. Thèse. Caen, 1901, p. 30.

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par À ou B, suivant que la maison de l’un ou de l’autre devait le plus.

A une époque où les paiements se faisaient entièrement en bank-notes, en or, ou en argent, cette nouvelle façon d'opérer offrait de nombreux avantages.

Elle économisait le numéraire, puisqu'au lieu de sommes entières on ne soldait plus que des différences.

Elle économisait doublement le temps : celui qu’on mettait à courir chez les banquiers de la ville, et celui qu'on mettait à compter tout cet argent; enfin elle diminuait d'autant les chances d’erreur et les risques toujours inhérents au maniement et au transport de sommes considérables, Aussi, frappés des améliorations introduites par ce nouveau mode de règlement, quelques banquiers louèrent dans Lombard Street, non loin du « Grasshopper», un local, peut-être moins agréable aux garcons de recette, mais mieux approprié en tous cas, aux besoins de la situation : ce fut le premier établissement du « Clearing House ».

Le Clearing-House resta longtemps l'apanage exclusif des quelques banques privées qui avaient contribué à sa fondation.

Ce ne fut qu'en 1854 et après maintes solhcitations, qu'il fut ouvert aux Joint-stock-banks de Londres.

Cette même année, le mode de règlement des

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différences entre banques, reçut une modification qui devait singutièrement la simplifier.

Les paiements se faisaient toujours en espèces, et bien qu'ils ne portassent plus que sur des différences, ils ne laissaient pas cependant d’exiger encore, avec l'accroissement des transactions, beaucoup d’argent et beaucoup de temps.

Un progrès restait à accomplir et il fut réalisé en

On supprima entièrement les paiements en espèces et les différences furent désormais réglées par chèques tirés sur la Banque d'Angleterre.

Cette réforme si simple et si commode rencontra cependant une vive opposition de la part de quelques vieux banquiers qui tenaient à rester sous l’ancien régime des règlements en espèces.

Mais le progrès eut enfin gain de cause et comme les Banques admises au Clearing House avaient toutes un compte à la Banque d'Angleterre, quelques années plus tard, on substitua au chèque la forme de transfert ou mandat de virement, encore en vigueur aujourd’hui pour le règlement des différences.

Dans les banques qui sont représentées au € Clearing House », le travail commence dès le matin.

Les chèques barrés ou non, les effets à vue ou échus Lirés sur les banquiers (clearers — membres du

Clearing-House) apportés par le courrier et dont la

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