FERRER
banque doit effectuer le recouvrement, sont d’abord classés en autant de liasses qu’il y a de banquiers (clearers) et entrés ensuite dans un ou plusieurs livres, suivant l'importance de la banque. Les pages de ces livres sont divisées en autant de colonnes que de «clearers » et portent en tête de chaque colonne le nom d’un « clearer ». M
L'employé chargé de ce travail, entre un à un dans la colonne qui lui est affectée, les chèques et effets tirés sur tel «clearer ». Quand tous sont rentrés, il fait l'addition de la colonne et en inscrit le total au dos du chèque ou de l'effet qui a fermé la série.
Ce travail terminé, un garçon de bureau où un surnuméraire se rend au Clearing-House avec le livre d'entrée des effets, et remet aux employés des divers clearers la liasse des effets tirés sur la banque qu'il représente. Ces employés, sur des livres exactement semblables à ceux que nous avons décrits, entrent dans leurs colonnes respectives les effets à eux remis par les différents clearers, font leurs
additions et s’assurent que le total de chaque
colonne est bien celui indiqué au dos du dernier effet de la liasse qu'ils viennent d'entrer.
En cas de divergence, on collationne avec le livre d’entrée établi à la Banque et on se met d’accord.
Quand tous les représentants ont achevé leur travail, chacun de son côté dresse sa feuille de
balance, portant au débit, en face le nom de chacun des membres, le nombre des effets tirés sur la banque qu’il représente, et au crédit, le montant des effets qui lui sont dus.
De l’ensemble des débits et de l’ensemble des crédits ressort une différence, et, suivant que cette différence est en faveur ou au préjudice de la banque qu’il représente, l'employé délégué au « Clearing-House», prie la Banque d'Angleterre de créditer ou de débiter sa banque par le crédit ou le débit d’un compte d'ordre appelé « Clearing- House ».
Ce travail se partage en deux séances : la première qui commence vers onze heures et dure jusques à midi est consacrée à l’entrée des chèques et effets remis la veille après quatre heures ou apportés par lé courrier du matin; la seconde, qui est la plus chargée, car elle comprend la quantité considérable de chèques et effets remis dans la journée, commence à trois heures et ne se termine qu’à cinq heures, Mais à quatre heures, la porte du Clearing est impitoyablement fermée et tout chèque ou effet qui n’y à pas été apporté avant, est impitoyablement refusé et reporté au lendemain; il ne figure au crédit du client qui l’a remis que le jour suivan.
Au fur et à mesure que l'employé cléarer achève d'entrer une liasse d'effets, il se hâte de l'envoyer
à sa banque où l’on s'assure qu’il y a provision au
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compte des différents clients Lireurs de ces chèques ou accepteurs de ces effets; el dans le cas où la provision est insuflisante, le chèque ou l'effet est immédiatement retourné à l'employé clearer avec les motifs du retour.
Cet employé le rend alors à celui de ses collègues qui le lui a remis, en le priant d’en faire la déduction sur sa feuille de balance. Celui-ci à son tour renvoie cet effet à sa banque qui le retourne à son cédant après l'avoir préalablement fait noter; on le garde jusqu’au lendemain pour en faire lever le protêt si son client lui demande de prendre cette mesure protectrice.
Lorsque limportance de la somme l'exige ou qu'il y a inquiétude sur Le sort d'un chèque ou d’un effet, son bénéficiaire, s'il l’a remis un peu avant quatre heures et s’il en a fait la demande, peut donc toujours savoir le soir même si l’effet ou le chèque a été « honoré » ou non; el par conséquent prendre de suite telle mesure que lui suggère la circonstance.
Bien qu'il y ait dans Londres environ soixantedix banques d’une certaine importance, vingt-huit seulement sont admises au Clearing-House. Celles qui en sont exclues sont donc forcées d’avoir un compte chez l’un ou l’autre des membres du Clearing-House, afin de pouvoir encaisser les chèques barrés qui leur sont remis par leurs clients.
Quelques chiffres montreront la puissance et
Li 2e OCT
l'étendue des opérations de compensation au
Clearing-House de Londres :
1906 1910 317.783.350.000 366 milliards.
On peut évaluer à environ dix pour cent le montant des chèques barrés qui entrent dans ces opérations de compensation.
Il existe également dans les autres grandes villes d'Angleterre des « Clearing House ».
. Citons ceux de Manchester, fondé en 1862, de Newcastle (1872), de Bimingham (1879), de Bristol, (1890), de Liverpool (1880), de Sheffield (1845).
Et pour les autres péninsules de la Grande Bretagne, nous trouvons le célèbre Clearing House de Glascow, d'Edimbourg et de Dublin.