‹ Le Chèque certifiéChapitre 20 sur 32 · SES · texte numérisé non relu

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ment tout tirage sans provision ou sans provision suffisante et tout bloquage dont la bonne foi ne serait pas indiscutable ». A l'appui de cette façon de voir, il invoque l’exemple de nos voisins d’Outre-Manche: « En Angleterre, l'émission d’un chèque sans provision, quand elle aboutit à se faire remettre de l'argent ou des marchandises, est une chose infamante, un crime puni des peines de l’escroquerie (Obtaining by false pretences), c’est-à-dire de 3 à 5 ans de prison avec, si le Tribunal le veut, deux ans au plus de travaux forcés qui se cumulent avec la prison, et une amende (loi de 1861 sur le vol ou larceny, article 88 et 89). Aussi, dans ce pays, comme en Amérique, le simple particulier lui-même paie son boucher, son épicier, son restaurateur avec des chèques. »

Nous ne méconnaissons certes pas l'efficacité des sanctions pénales. C’est un facteur important et certain de sécurité. Mais il faut pourtant faire des réserves: il y a des gens, et notamment parmi ceux qui émettent des chèques non provisionnés, qui ne sont pas arrêtés par la crainte des peines: d’abord des « impulsifs » cocaïnomanes, éthéromanes, morphinomanes qui ont un besoin impérieux et maladif d'argent et qui n’hésitent pas à s’en procurer par ce moyen. Souvent, ce sont des « fils de famille » qui se disent que leur père paiera plutôt que de voir le fils en correctionnelle. Mais il arrive que le père ne paie pas, et le bénéficiaire du chèque n’a dans la main qu’un bout de papier sans valeur. D’autres sont

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