‹ Le Chèque et la Déflation MonétaireChapitre 5 sur 29 · A ER OP MAUR OR TUER RAC · texte numérisé non relu

A ER OP MAUR OR TUER RAC

que le seul emploi du chèque conduirait à ce résul-

-tat, l’auraient très probablement obtenu sans y être aidé par des facilités nouvelles. Pour éviter un sort, analogue, que chacun fasse subir à sa volonté l'éducation appropriée.

Une observation plus sérieuse nous a été apportée : « Pour PEtat, le réglement par chèque, ne peut « jouer, et c’est précisément une des causes prin- « cipales de l’inflation que la nécessité pour la Tré- «sorerie de recourir à des émissions supplémentai- «res de billets, lorsqu'elle n’a plus en caisse les «espèces exigées par ses créanciers ».

Ce n’est pas là une impossibilité de principe. En Angleterre, l'Etat ne paie pas avec des billets mais à l’aide de chèques. Les banques débitent son compte et créditent celui du créancier ; linverse se produit également, les banques débitant le compte du débiteur et créditant celui de l'Etat.

S'il n’est pas possible en France dans la généralité des cas d'employer cette méthode, c’est parce que, beaucoup de personnes n’ayant pas de compte en banque, ou ne les utilisant pas comme il le faudrait dans l'intérêt général, le montant des chèques est presque toujours réclamé un jour ou l’autre en espèces. D’où la nécessité pour la Banque d'émettre des billets. Cette observation ne peut donc être alléguée à l'encontre du chèque. Elle porte bien sur une des causes principales de l'inflation, causes

Guy de Montjou 3

dont il est désirable de poursuivre la disparition.

Le chèque peut, sans aucun doute, y contribuer, Sa vie est en effet, extrêmement courte. Présenté immédiatement au paiement ou à la compensation, il dure exactement autant que la demande ou l’opération et meurt avec elle. Le billet de banque circule en moyenne pendant trois mois avant de revenir à son point de départ pour être remboursé ; le chèque, au contraire, disparaît un ou quelques jours après sa naissance. [l subit d’ailleurs une déchéance légale au bout de cinq ou huit jours, suivant qu’il est tiré sur la même place ou de place à place. Celui qui ne le présente pas dans ces délais subit la faillite du tiré si elle se produit, et cela sans recours, Le chèque n’encombre donc pas le marché monétaire puisqu'il le quitte presque immédiatement après y être entré.

Comme Pécrit M. Daniel Duverger (Le rôle économique du chèque, 1913. p.161) «le système du chèque «est très sûr,en ce sens qu’une surémission n’est «pas possible. avec le billet de banque ce n’est pas une chimère» La règle suivant laquelle chaque marché, ayant l’habitude de faire une certaine quantité d’échanges, n’a besoin pour le faire que d’une certaine quantité de monnaie, est moins une loi stricte que la constatation d’une simple tendance. Au surplus, si une banque d’émission ne

peut maintenir une circulation supérieure aux

besoins, elle peut la créer. Sans doute, en l’absence du cours forcé, l’équilibre ne peut manquer de se rétablir ; on portera les billets à la banque où on exportera de l'or, suivant l’état des changes. Mais, dans l'intervalle, l’exagération de la circulation peut avoir une influence sur les prix. La question est d'autant plus intéressante pour nous que le chèque, jusqu’à présent, est beaucoup moins utilisé en France que dans la plupart des autres grands pays.

Dans une communication & l’Académie des Sciences Morales et Politiques en date du 20 mai 1916, M. Charles-Georges Picot estimait la quantité des billets en circulation à 390 francs par tête d’habitant pour la France, à 153 fr. 15 pour l'Allemagne, et seulement à 93 fr. 20 pour l’Angleterre. Ces chiffres ne sont pas, croyons-nous, bien démonstratifs car ils sont, en partie, la manifestation d’une politique financière de guerre toute différente selon les Etats. Mais, d’après M, Leroy- Beaulieu, en période de paix, l'Angleterre faisait face à des affaires infiniment plus importantes que la France avec un stock métallique représentant seulement 40° /, du stock français et avec une émission de billets ne dépassant guère le 1 /5 des billets que la Banque de France tenait en circulation.

Notre éminent collègue, M. Edouard Payen, étudiant dans un article de l’Economiste Français

en date du 17 mars 1923, une des propositions de loi que nous avons déposées à la suite de ce travail, écrit également : « Quand on compare le rôle rela- « tivement restreint qu’il (le chèque) a en ce pays à « celui très développé qu’il joue en d’autres, par «exemple en Angleterre, on mesure les progrès qu’il « y a à faire en ce domaine. Qu’on s’efforce de les « activer en une période où tout ce qui peut tendre à «la diminution du nombre des billets aurait une « répercussion heureuse, cela est tout naturel. » M. Edouard Payen emprunte les chiffres suivants à M. Albert Buisson qui les a donnés dans un ouvrage tout récent, Le Chèque et sa fonction économique : « Le total des opérations au Clearing House de « Londres, qui n’était que de 3.425 millions de livres «sterling en 1868, atteignait 8.960 millions en 1900, « 34.920 millions en 1921, 37.161 millions en 1922. « La majeure partie des effets présentés sont des « chèques. Le total des paiements par chèques fait « chaque jour, et supérieur pour Londres à un mil- « lard de francs, s’effectue avec une telle écono- «mie de numéraire qu’on peut considérer ce der- «nier comme n'étant qu’en quantité infinitésimale. » Dans un discours à la Chambre des Députés en date du 30 mai 1897, M. Ribot faisait des constatations analogues : « Dans son ignorance, le public «français résiste beaucoup à l'emploi des moyens « abrégés pour les paiements qui s'appellent le

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LR a RS EP Nr AURA EME SR SE A ETES RES ES RS Le \ NUS £- RE EN RO ACIER EEE

« chèque et la compensation. Beaucoup de nos « négociants gardent en espèces la provision né- «cessaire pour payer lefflet de commerce à « l’échéance.. »

Depuis, des progrès ont certes été réalisés ; 1l suffit pour s’en convaincre de parcourir les Rapports présentés aux Assemblées des actionnaires par le Gouverneur Général de la Banque de France. On y voit que l'immense majorité des liquidations s’effectue par des mouvements d’écritures, c’està-dire par des virements.

Le mouvement général des caisses, recettes et paiements, se répartit de la façon suivante pour

les années : 1911, 1942 et 1948...

MON AN SITE TR ALU PR 4.803.042.200 Fr.

Biletæ:1% cn Re a Pr at che 63.608.423.300 Fr. RE MEN ES ANRT rte ere 270.990.744.200 Fr.

POÉAR EM ER M T RS EN R Etre eSe 339.402.209.700 Fr, Espécen il. ea Ve » sr a le. 5.1494.720.500 Fe. RES PE Me ss 2007: 660-609 .20Œ€ FF, NMreMente re D NP ES ne le à 319.724.113.900 Fr. jt LAN UN RE ÉD AS ENT TEE 392.585.437.600 Fr. HEspéces ht: 4 . +. à pete es ro e » 7.081.500.000 Fr. ne en EE naiss € 166:405.,200 00 Er, Virements O0) RD rente se ne …. ..…. 427.562.800.000 Fr.

Total + + + 0 0 0 re 0 0 1e re 591.049.500.000 Fr.

La part des virements à la date de 1918 atteint donc 72 ©, de l’ensemble. C’est un résultat très appréciable, mais très inférieur encore à celui qui est obtenu dans les pays Anglo-Saxons.

Le progrès est d’ailleurs continu : en 1915, par exemple, la proportion des virements n'avait été que de 66 1/2 ©}, (142.513 millions sur un total de 214.225 millions).

En 1919, le mouvement général des caisses, recettes et paiements s’est réparti de la façon suivante : |

PSDOCS 1: NU JUPE CE Late ÉRE 8.862.900.000 Fr. Lire RÉ ses TT PES en En 172.218.700.000 Fr.

Virements . . , : .. + « + + « 705.80b.900:000 Fr,

Total «56 » le on 7e je à 00. -006:0817.000 .0D02Er,

Dans ce mouvement total, la part des réglements opérés sans mouvements d'espèces atteint 79 0j. Commentant des résultats, le Gouverneur déclare : « Ce chiffre montre l'efficacité des mesures que «nous avons prises pour développer l’emploi des « virements et des chèques, » {Assemblée Générale des Actionnaires de la Banque de France du

29 janvier 1920).

En 1920, le mouvement se répartit ainsi :

ÉSpAtOs EE Rise rate 435.749.600 Fr.

Eee. PT EN ET ous 6 2 210.293.837.100 Fr.

Virements fu) Li 2 4 us" 18 : 1.044.060 .688 1001Er.

Total 4... ...,. « . 1.554.796.224.600 Fr,

Dans ce total la part des règlements opérés sans mouvements d'espèces atteint 86,5 9 /. Le Gouverneur en tire encore la même conclusion : « Cette « proportion, sensiblement supérieure à celle de « 79 9j, enregistrée l’an dernier, montre l'efficacité « des mesures que nous avons prises pour dévelop- « per l'emploi des virements et des chèques. » (Assemblée Générale des Actionnaires de la Banque de France du 27 janvier 1921).

Les statistiques de la Chambre de Compensation des Banquiers à Paris, fondée en 1872, et actuellement présidée par M. Charles-Georges Picot, démontrent également l'importance croissante des réglements par simples jeux d’écritures :

HALO Unie en Ste eee 0e) sd . 801.292.364 Fr. 18754816 6 SR. “AE 1.071.151.423 Fr.

SOU RS Dee 1.106.861.930 Fr, DT als ee rés 5e vies 3.001.941.600 Fr. AIO Fe ne = » ter ant 5.331.974.731 Fr.

LV: 17 8 ASE LEFT Er EDS 27 . … + + 18.374.444.573 Fr, 1914 (Sept premiers mois) . . . . . 11.837.210.717 Fr, ODA Une Voie CAT Néant

1916 (Six derniers mois) . . . . . . 2.187.326.236 Fr. UGS EE Frs M0 Ve CAE 707 6100: 1439 :Fn AMD A ue Ua ds Dis nie ati 00 064: 080.000-Fe,

ar ue DR D MET N 12. 080 de: 210 Fe he: MR UP PE DEL D ….. « « 167.123.691.355 Fr. ET us Mar ul 2 2 . 157.159.491.298 Fr, CS res MEET RUE LS 457.645.130.317 Fr.

Ces résultats dénotent une progression remarquable mais, pour l’apprécier, il faut tenir compte

de l’abondance actuelle des monnaies et de la hausse des prix. D’après M. Edouard Payen, « En « France, le montant moyen journalier des com- « pensations s'élève pour 1922 à 523.737.974 francs «et les effets compensés représentent 85, 4 °/, du « montant total des effets présentés contre 83,4 ° Jo «en 1921 et 82 0 /, en 1920. Si le nombre des effets « dont le règlement se termine sans déplacement « numéraire est encore restreint, leur valeur totale «atteint cependant une importance déjà assez «notable. Il faut tenir compte d’ailleurs de ce «qu’un très grand nombre de dettes qui s’étei- «gnent en Angleterre par la remise d’un chèque «compensé au Clearing House, sont liquidées en « France par un mandat de virement sur la Banque « de France, mandat qui permet de transférer le «montant d’une dette existant, soit entre deux « personnes ayant un compte à la Banque de « France, soit entre deux personnes dont l’une, « le donneur d’ordre, est titulaire d’un compte à la « Banque de France, et l’autre cliente d’une ban- « que ayant elle-même un compte. à la Banque de « France. En 1922, il faut ajouter de ce chef aux « 134.743 millions de la Chambre de Compensation « des Banquiers de Paris la moitié des 1.250.584 «millions de virements « (débit èt crédit cumulés) «de la Banque de France. On obtient ainsi pour « l’année 1922 un total de 760.035 millions, infé-

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