‹ Le chercheur de taresChapitre 11 sur 34 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

d'un feu personnel et rayonne vers une part différente de l'infini, chacun de nous sept, qu'une âme différente habite, s'oriente vers un divers avenir. Nous sommes, à l'exemple de la pléiade céleste où se groupe, en se divisant, tout le ciel, la pléiade humaine, lumineuses parcelles de toute l'humanité. C'est pourquoi, au lieu des sobriquets, des dénominations seulement terrestres, c'est-à-dire éphémères, dont nous désigna Stéphanie, il sied que désormais noub portions nos noms véritables, nos noms seuls véritables au point de vue des essentiels rapports. Toi, Roméo, sois Alcyone! toi. Napoléon, Taygèie! toi, Léonard de Vinci, Géléno! toi, Spartacus, Mérope! toi, baron de Rothschild, Maïal toi, Jésus-Christ, Astérope! et moi, Swedenborg, je serai la plus lointaine et la plus mystérieuse des pléiades, Electra, qui rêve et qui espère, Electra, la plus proche de l'inaccessible!

^^lors, les coudes sur la table :

— Et moi, dit Stéphanie, qu'est-ce que je suis? Je ne suis pas un astre, à ce qu'il paraît!

— Toi, dit-il, tu es ce qu'il y a de commun à tous les mondes du firmament, et, par correspondance, tout ce qu'il doit y^ avoir, tout ce^

qu'il y a, en effet, de commun — en différentes splendeurs, — à tous les esprits de la terre vraiment dignes d'être nommés esprits et de devenir anges; tu es, là-haut, l'inextinguible et immarcescible Lumière, et, ici-bas, son ombre rayonnante, la Beauté!

La bonne humeur, un instant melancolisée de soir, se rénova, plus vive. Il ne nous déplaisait pas de porter des noms d'astres 1 On redemanda des bouteilles. La mère Robinette préféra servir un punch, où flambèrent, mêlées, toutes nos lueurs stellaires. Alcyone, — c'était Roméo, — buvait à la santé de Mérope, — c'était Spartacus. Moi, Céléno, j'embrassais Napoléon-Taygète. Electra-Swedenborg, l'œil ébloui, découvrait des mondes, habités d'anges, dans l'étincelle d'une cuillère à café, reflétée dans son verre, et, encore que juif, le baron Maïa embrassait Jésus- Astérope, qui avait trouvé le moyen de se griser avec de l'eau pure, à moins qu'il ne l'eût changée en vin.

Gamineries ! jeux fantasques, et fous, et ridicules, où il y avait de l'idéal pourtant, — jeunesse I

Mais l'embarras fut grand quand il fallut revenir à Paris. Plus d'omnibus. Plus de

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