PROLOGUE
(( Naturellement. Correspondance. Nous sommes la pensée ! et le grenier est le cerveau de la maison. »
Quand Stéphanie nous faisait visite, on la logeait dans la grande chambre du premier, à côté du salon de trente couverts, payée à écot commun. « Mère Robinelte! disait M. de Rothschild, plus tard je ferai tendre d'or cette alcôve! — Et, ajoutait Napoléon Bonaparte, vos petits-neveux montreront aux voyageurs la chambre de l'Impératrice des Songes ».
A vrai dire, Stéphanie venait assez rarement; des soins la retenaient à Paris, même l'été. Sans doute, elle s'occupait de grouper quelque autre constellation.
Sans elle, ou avec elle,inous mangioné, les sept, ^ la même* table, des mets simples, et même, en leur simplicité, peu ragovitants. La vieille et gaie hôtellière, qui prodiguait aux passants, pour achalander sa gargotte, de fort acceptable nourriture, réservait à ses pensionnaires les poulets étiques, les poissons trop tendres, et les œufs couvés; mais nous*aviôns des estomacs robustes, — autant que nos illusions I La joie, cette santé de tout l'être, nous donnait l'appétit de tout. Les bonnes consciences digèrent bien. Nous étions, physi-
quement, non moins que spirituellement, heureux, de nos espérances mêlées, se stimulant, s'éblouissant Tune de l'autre. Comme chacun de nous se plaisait à l'aveu enthousiaste des ambitions fraternelles! et, ensemble, nous portions tout le merveilleux avenir. Nous fûmes, en le désintéressement de l'âge sans déception, l'amour, la gloire militaire, la délivrance de la misère esclave, l'art sublime, poésie, musique, peinture, sculpture, et l'opulence triomphante, universellement rémunératrice de l'eiïort, et la religion miséricordieuse, et l'élévation vers la toute sublime immatérialité du mystère! Nous préméditions le bienfait, et la gloire, de réaliser matériellement toute ridéale utopie. Etions-nous capables de tels accomplissements? L'inquiétude, en ce temps-là, m'avait quitté, de ne pas être un grand artiste ; et, certainement, Alcyone était convaincu de l'universel amour; Taygète, des batailles gagnées, des patries heureuses; Maïa, des caisses probes, débordantes d'or et de liasses; Mérope, des égalités libres et des bienfaisantes anarchies ; et Astérope, de son Père qui est au Ciel, et Electra, de son paradis, qui est dans toutes les planètes. Que sont devenus mes compagnons? Que suis-je devenu,