CHAPITRE VI
PB l'entbainbment.
Section I. — Le terrain nécessaire.
52. — Sans un bon terrain d'entraînement, il ne peut pas être question d'amener au poteau des chevaux en état de courir. Les ignorants peuvent supposer que la condition peut se perfectionner sur tous les terrains ; mais ceci est une illusion, puisque l'état des jambes et des pieds doit être une source d'anxiété continuelle pour l'entraîneur , et à moins qu'il ne puisse maintenir ces parties en bon état, il est impossible de régler le travail d'une façon normale. Des difi&cultés se trouvent jetées dès le principe sur la tâche à accomplir, et le cheval n'est pas amené au poteau dans l'état voulu. N'épargnez donc pas vos peines pour vous procurer un terrain convenable et assez varié pour qu'il y en ait toujours une portion en état de servir aux exercices de l'entraînement. Il y a des terrains qui ne deviennent à peu près jamais durs, sans cependant se détremper , et ceci est im avantage sans prix , mais ces genres de terrain sont généralement en exploitation en raison de leur granule
LB CHEVAL ANGLAtS. i^
hdôup, et peij. d*éGUPies particulières peuvent en avoir à léiiié' Ifeposition. Dans plusieurs régions, il y a des plateaux ds: lionne qualité pendant les saisons humides, terre sèche et éle* |6e , il y a aussi souvent à portée un espace de terre bad et Bttousseux propre à faire courir pendant la sécheresse.
Un semblable arrangement est aussi commode pour Tentpaâ-- ^ent que le meilleur terrain du monde. La seule objection )pid Ton puisse présenter, c'est que Ton n'y trouve point de col- Imes et qu'il est moins commode pour le galop préparatoire, pd demande pour la fin une élévation graduelle. L'entraîneur Ibutefois fera son choix, et s'il ne peut pas avoir tout ce qu'il désirerait, il fera pour le mieux. Pour les gelées et les grandes ttcheresses, il faut des pistes préparées au tan ou en terre lar\ lauré^, ou bien une piste en ftimier consistant dans de la vieille litière, établie dans un endroit commode , pour &ire trotter et même donner les suées; mais cela ne répond pKs au but com-^ 4ne le tan, qui est plus élastique que la paille, et peut être mis il la profondeur nécessaire, de manière à faire disparaître le ohoc qui se produirait sur la terre glacée.
Section //. — Les écuries,
63. — Les écuries d'entraînement sont de première nécessité, et si on n'en trouve pas sous la main de toutes construites, elles peuvent être établies avec peu de dépense. A peu près 8Q livres par cheval suffiront pour l'indispensable, h moins que les maiériaux ne dépassent le prix usuel, ou que les goûta du pror priétaire ne le portent vers le style des salons. Cette somme doit couvrir le nécessaire ; mais pour des écuries de fantaisie, ' il faut en certain cas pousser jusqu'à 200 ou 300 livres par cheval. Une partie de l'écurie doit être divisée en boxes distinctes et séparées; mais les chevaux qui ont de rudes travaux font mieux en compagnie, et, par suite, devraient être soit en ' stalles ordinaires , mais plus profondes, soit séparés par des planches hautes au plus de cinq ou six pieds et se terminant > daïis la partie supérieure, par des barreaux de fer, de manière à leur laisser une société qui les dispense de l'ennui de l'emprisonnement solitaire. L'expérience démontre que dans bien des cas un cheval qui aime la compagnie prendra au moins un repas d'avoine de plus par jour en stalle qu'en liberté dans une box. Avec un cheval qui se nourrit peu, ceci est un point de grai^de içapqrtance, puisqu'il arrive souvent que leur condition
dépend principalement de la quantité de grain qu'ils veulent manger. En arrangeant les écuries de façon à combiner les avantages des deux méthodes, ainsi que je viens de le proposer, c'est-à-dire par la grille de fer dans le haut des séparations, chaque espèce de cheval trouvera son compte, et la box en liberté ne sera utile que quand le repos et Tisolement deviendront nécessaires, comme dans le cas de maladie contagieuse ou demandant seulement le repos et l'absence de tout dérangement. Beaucoup de gens sont d'avis que les écuries ne peuvent être trop claires et trop aérées, mais je crois que c'est une grande erreur , et au contraire , je pense qu'elles sont rarement trop sombres et trop renfermées, en conservant toutefois une bonne ^ventilation. Si elles sont très-élevées , il faut les chauflfer artificiellement ou empêcher l'introduction de l'air frais, mais quand elles sont modérément petites et basses, c'est-à-dire hautes de dix à onze pieds , elles sont juste au point où la chaleur naturelle des chevaux peut les tenir chaudes tout en admettant l'air frais lorsqu'il est nécessaire , et laissant échapper l'air vicié par un ventilateur en forme d'entonnoir établi au plafond. Je suis convaincu que l'obscurité est avantageuse au cheval qui travaille beaucoup, et il profitera deux fois autant dans une écurie modérément sombre que si elle était très éclairée. Le cheval au régime de l'entraînement est au moins quatre heures par jour en plein air et se trouve disposé au repos quand il rentre. En pleine lumière, il ne jouit pas d'une tranquillité complète, mais avec une écurie obscure il se couche, se repose et permet à . ses jambes de se remettre des effets du travail, ce qu'elles font bien plus tôt quand l'animal est couché que quand elles supportent le poids du corps et sa pleine colonne de sang. Pour ces raisons et parce que j'ai toujours trouvé que les écuries les plus saines étaient sombres et modérément basses, je conseille d'en faire choix pour l'œuvre de l'entraînement, ayant toujours soin qu'elles soient parfaitement nettoyées, que les conduits soient bien recouverts et avec une pente convenable. Il doit y avoir toute faciUté dans la sellerie pour chauffer de l'eau pour laver et sécher les couve^ tures imbibées de sueur, et les garçons doivent être logés dans les chambres au-dessus des écuries, de manière à être toujours à portée de leurs chevaux, pour le cas d'une prise de longe ou autre accident. La bonne eau est fort à désirer, et la situation de l'écurie par rapport au terrain d'entraînement est de grande
importance ; elle devrait être à moins d'un gaart de mille de Fendroit où finit le galop pour les suées, aiîn que le cheval puisse être rentré séché, et que tout soit terminé avant que la sueur ait le temps d'être réabsorbée. Si Ton ne peut obtenir cette proximité, une box isolée doit être construite àVextrémité du terrain de course pour que chaque cheval y puisse être bouchonné à son tour et sorti encore pour faire un temps de petit galop avant d'être enfermé dans Técurie. Voilà les conditions requises pour l'écurie de course ordinaire, celles qui ont rapport au dressage et à la préparation du cheval de deux ans seront examinées quand nous verrons l'écurie d'élevage, qui demande à elle seule tant d'arrangements additionnels. Je suppose maintenant que l'on s'occupe de l'espèce d'entraînement le plus simple, le seul qu'un novice puisse entreprendre s'il veut éviter im fiasco complet, car on aura tout le temps après avoir pénétré les arcanes de l'écurie de courses ordinaire, d'essayer de sonder les mystères encore plus profonds de l'élevage et la mise à l'œuvre du cheval de deux ans.
Section IIL — Sellerie.
54. — En outre des selles d'exercice et des brides mises à la charge du garçon et tenues dans la sellerie ordinaire, il faut des selles supplémentaires pour les essais, qui doivent être chargées de façon diverse de manière à produire ce que l'on veut faire porter dans les épreuves particulières. Celles-ci doivent être sous le contrôle seul de l'entraîneur et gardées sous clef, quoique, en dépit de tous les efforts de déguisement, les gamins de nos jours aient généralement le talent d'estimer correctement les moyens de leur cheval, et qu'il y en ait beaucoup qui ont l'esprit plus malin que leurs maîtres ne le supposent, quoique incapables de sortir de leur spécialité et assez courts d'appréciation pour tout ce qui n'est pas chair de cheval. Mais comme il est inutile de leur fournir plus qu'il est nécessaire les moyens d'apprécier l'importance de la charge et que l'entraîneur doit seller lui-même les chevaux avant les épreuves, ils ne manient même pas les selles, et s'il le veut il peut garder entièrement pour lui le poids mis sur chaque cher val. Ces selles doivent être tenues dans une caisse à part, et si on n'a pas une chambre exprès pour les mettre, la caisse peut être mise dans une cuisine ou tout autre emplacement sec et chaud. Comme de raison, l'entraîneur aura soin de tenir re-
78 LErCHEYAL ANGLAIft.
^tre* d£^ épreuves, et beaucoup y inscrivent suasi la sommé du travail éiit par chaque cheval , tenant en un mot un journal régulier de leur travail» . • ..
55. — ^Mais en surplus de ces selles d'épreuve particulière, il faut, pour des écuries d*entraînement, une foule d*objetS| tels que peignes, brosses, gants de crin doux; on se sert maintenant beaucoup et avec succès des bandes de laine et de calicot, des éponges, des couvertes ordinaires, des couvertes d'été, dee tapis de bure ordinaires et d'autres pour les suées; des selles d'exercice pesant sept livres, des bridons ordinaires et doubles, des mors à la Pelham, des martingales, enfin cette variété d'ustensiles que l'entraîneur jugera utiles suivant le caractère de son cheval; des guêtres pour exercice et voyage, genouillèr ïès de voyage, couvertes imperméables pour les jours de pluie, des époussettes, des courroies, couteau de chaleur, tomez, ciseaux pour le poil, et les remèdes les plus employés dans les écuries, tels que purgatifs, cordiaux, nitre, boules pour l'entraînement, dont la plupart des entraîneurs font usage à leur gré. Des emplâtres pour les efforts ou coups supportés par les membres, doivent être tenus toiyours prêts, en raison de la fréquence des accidents; mais leur emploi sera donné plus tard au chapitre des maladies du cheval. A l'exception des remèdes, vous trouverez ci-dessus une Kste à peu près complète des objets .employés pour l'entraînement du cheval de course.
Section IV, — Examen indispensable de cftoçtte chei)al.
* ^6. — Avant de commencer l'entraînement, il sera nécessaire d'examiner individuellement chaque cheval et de considérer à quel degré il se trouve à l'égard de l'état d'entraîné* ment, et aussi sa force de constitution, sa généalogie, et, comme une conséquence dé ces prémisses, sa puissance de travail. En faisant cette estimation, l'entraîneur est guidé par les observa • tions suivantes, qui, pour un œil expérimenté, mènent à une conclusion avec assez de certitude. D'abord, la race ou le courant de sang qui a une grande importance, car certaines familles s'entraîneni notoirement mal, tandis que d'autres supportent n'importe quelle quantité de travail; secondement, l'état des jambes, dont il faut tenir compte dans tous les cas, parce qu'un cheval préparé à moitié sur des jambes saines vaut mieux que celui qui est tout à fait prêt, mais qui est infirme et boiteux au point de ne pouvoir faire un temps de galop; troi-
tféin^toeol, là fermeté de là chair aii tondhet et Vàpparence ^nérale qui indique sent uh animal robuste qtd se nourrit bien fel de totti, ou Hfen un cheval délicat, â ccmstîtution molle, toujours difficile h entraîner. Naturellement, ces trois variétés dethanderont des exercices très-différents. La première est assez aisée à mettre en état et ne demande que du travail tégiiliel» avec tme siiée par semaine et beaucoup de promenade au pas, ëtc; Là seconde demande toujouî^ la surveiHatce de Tenfratnetir, et il faut pour monter ces chevaux un enfant soigneux, puisqu'un seul galop donné sans précaution arrêtera le ébtir» de Tentraîtiemétit et le mettra de côté pour quelque tMips, si ce n'est pour toujours. La tiWsième variété peut avoîl* eu non de botmes extrémités ; mais j dans tous les cas, elle deiUBJïàerA autant de soin que le n^ 2, de peur qu'un travail etàgéfé ûè Itd dte Tappétit et ne détruise sa santé. Chacune de ce» classes d'animaux doit travailler séparément, relativement aux suées et aux eoui'ses ; mais dans la promenade aru pas, tcitts le» chevaux peuvent être mis en file. Sans ces différences en constitution, caractère, membres, race et à^e, FentraînerAmi serait un procédé fort simple, parce qu'il consiste théoriquement à donner tout amplement au cheval assez d'exercidë potir mettre ses muscles et son haleine dans la condition la plus èMtgiqae et nxkaâ à retirer toute gttôsse superflue, tant de lâi surfece que de Tintérieur du corps. En fait, entradner, c^est fidre travailler le cheval ; mais le point délicat consiste h donner la quantité de travail convenable dans chaque cas particulier et à donner ce travail au moment opportun. Il faut se sôuvctrit' que ce» conseils s'appliquent seulement aux chevaux de pur sBDg', l'entrâlnèment des demi-sang' se conduisant tout à fait HBèremmeaif éomme nous le ferons voir aux chapitres des sli^pte-chases et des chasses au renard.
67. -^ Les considérations suivantes sont celles qui pèsent prindpalemetit dans l'esprit d'un entraîneur savant, dans ses dérivons et modes de tmitement relatif» à chacun des hôtes de ses écuries. La première grande essentielle est une bonne constitution et une santé robuste dès le commencement. Personne ne peut entraîner un cheval dégà réduit par la mauvaise nourriture ou les mauvais traitements au point d'être faible et probablement malade jusqu'à un certain point. Un pareil animal doit être mis de côté pendant un certain temps, et aucune tentative d'ratraîuement ne doit être faite à son égard jusqu'à ce
80 LE CHEVAL AKLGÂIS.
qu'il soit en chair, en bonne santé, et plutôt corpulent que maigre. Il ne devrait y avoir aucune partie soufirante, au moins aucune de quelque importance. Surtout faut-il que les poumons et les membres ne souffirent point , car si Tun de ces agents principaux des efforts actife est en défaut, toute chance d'amélioration par l'entraînement est perdue. Il était de coU' tume autrefois d'entraîner les chevaux au moyen des puiç^ati& et des suées jusqu'à ce qu'ils fussent aussi maigres et efiBlés que possible, et aucun cheval n'était considéré comme en état de courir s'il ne montrait sur son corps chaque muscle superficiel. Mais maintenant un meilleur système a prévalu ; l'on a trouvé qu'aussitôt que l'haleine est assez complète pour permettre au cheval de parcourir sa distance sans être essoufflé pour plus d'une seconde ou deux, il est assez, débarrassé de graisse, et il ne faut plus que dii 'temps pour le mettre en état de perfection. Ainsi, l'on ne peut poser aucune règle quant à l'apparence et à la somme de travail, et aucune autre épreuve ne sera concluante. C'est à l'expérience et au jugement à décider le travail auquel chaque cheval doit être soiunis.
58. — La durée de l'entraînement doit varier très considérablement, d'après l'état premier du cheval, son âge et la distance d'hippodrome qu'il aura à parcourir. Six mois peuvent éfa» pris comme moyenne approximative du temps nécessaire pour mettre dans sa meilleure forme im cheval de trois ans, en sup*posant qu'il ait été préalablement entièrement débourré, qu'il ait eu des promenades au pas journalières ; qu'il se trouve en bonne santé et net dans ses membres et dans sa respiration. Beaucoup de chevaux ont été amenés au poteau bien plus tôt, même à partir du temps où ils quittaient les herbages, mais c'est, je crois, la moyenne habituelle, et dans beaucoup de cas l'on a mis encore plus de temps à produire ce haut état de santé, qui est le résultat d'une nourriture riche et d'un fort exercice, mais qui peut rarement être maintenu longtemps.
59. — Mais tout ce laps de temps n'est pas entièrement occupé à un genre de travail constant. Marcher aujourd'hui^ courir demain, suer après demain, et ainsi de suite. L'on a adopté le plan de diviser l'opération en deux ou trois degrés* appelés préparatoires, et dans les intervalles l'on donne une* dose médicinale et quelques jours, jusqu'à une semaine entière de repos. Il est connu qu'un cheval qui a cessé de travailler pendant longtemps, ou qui n'a encore rien fait, demande de
Thabitude graduelle avant que ses os, ses muscles et ligaments, aussi bien que son cœur et ses poumons, soient en état de supporter des exercices violents. C'est pourquoi, en supposant que Ton se propose de mettre six mois à entraîner un cheval pour une occasion particulière, divisant cet espace en trois préparations, la première sera occupée par un travail lent et léger, la seconde par un travail un peu plus vite, et la troisième par le plus haut degré de vitesse auquel vous puissiez soumettre votre cheval. Ainsi le travail d'entraînement peut être classé en première, seconde et troisième préparation, chacune plus sévère et à plus vives allures que la précédente.
Section L — Première préparation.
60. — ^L'objet principal de cette partie de l'entraînement est de durcir le^ membres et les articulations , de débarrasser Tintérieur de la graisse superflue et encombrante, et d'accoutumer le cheval à un long exercice au pas. Il est rare que l'haleine puisse être menée à perfection dans ce degré, car les allures très rapides ne pourraient être endurées, soit à l'intérieur, soit à Texteneur, et la toux chronique ou des articulations enflammées suivraient immanquablement toute tentative de précipitation dans l'œuvre à accomplir. Quelques chevaux robustes pourraient peut-être supporter l'efifbrt avec impunité, mais dan» tous les cas le préjudice serait fort grand, et il faudrait arrêter l'entraînement pour réparer l'erreur première. « La précipitation est la pire des vitesses. » Ici ce proverbe trouve pleine confirmation, et toute tentative de commencer par la fin rendrait certainement le cheval plus lent, au lieu de produire le résultat opposé.
61 . — Une médecine légère sera généralement indispensable une ou deux fois pendant le cours de cette première préparation, mais si le cheval n'est p^us dans les mains de ceux qui ont eu soin de sa santé et lui ont donné un exercice régulier, l'on peut s'en dispenser le premier mois, après quoi cela deviendra nécessaire. La dose variera d'après la taille et l'âge depuis 3 drachmes jusqu'à 5 et même plus, si un vieux cheval a été mis au vert, ce qui le rend toujours moins sensible à l'effet des purgatife. Quand cette dose aura complètement opéré on peut sortir l'animal régulièrement et lui faire commencer laroutine du travail journalier. (Pour les boules purgatives, voir aux maladies des chevaux.)
98 U GHBVAL âimLAIfl.
68^ ^ Eu oUtmnt la porte de récttrie à quatre helirei dftiiA l'été, ou à àx ou sept au commencement du printemps et dané rautomne, le garçon commence par attacher son cheval au ra* telier de sorte qu'il ne puisse se coucher, mais sdit à portée de 8à mangeoire ; ensuite on lui donne à manger ordinairement un quarteron d'avoine et peut-être une seule poignée de paîUe d'il màehe mal son grain, mais s'il se nourrit bien, on ne lui doti'*nera pas de paille du tout. Pendant ce repas Ton met la litière en ordre, retirant tout ce qui est tombé dans la nuit ; la litière doit être propre et égale^ nette de crottin ou d'urine, en prônant soin d'enlever toute la paille salie d'une façon ou de l'autre. Les gens d'écurie les plus minutieux retournent la litière chaque jour et retirent le fumier de la stalie, et tout homme soigneux le fait au moins deux fois par semaine. Quand le cheval va jBnir son repas^ les garçons peuvent déjexmfer, car comme ils vont être deux ou trois heures sans descendre de cheval, il leur âiut quelque chose dans l'estomac. Pendant ce temps l'avoine se mange, le garçon donne à son cheval sa petite ration d'eau, l'attache court au râtelier^ lui met sa muselière et le panse lég'é* rement, puis il le r'habille, le selle, le guêtre, et ensuite met la bride. Après avoir retourné le cheval dans la stalle, on le laisse un momt^t suivant les ordres^ en attendant que les autres chevaux soit prêts. Quand tous sont prêts^ le cheval est monté dan^ sa stalle et attend son tour pour sortir, ce qu'il fait assez pa-^ tiemment à l'écurie par l'habitude de rester tranquille en ceï endroit, ce qui serait difficile à lui persuader en tout autre lieu.
63. — L'allure du pas est l'élément de ce degré d'entraînement, et en fait, peu de chevaux sont bons pour autre choeë avant d'avoir terminé leur première préparation. Une petite suée lente ou peut être même deux ou trois peuvent être désirables quand il y aune grande quantité de graissé, mais dans la plupart des cas il sera mieux d'assujétir le cheval, au moins pour le premier mois, presque uniquement à l'exercice du pas. Si les chevaux sont jeunes ou tout à fait neu& il faut les faire marcher à peu près une demi^heure autour de la cour ou de quelques enclos de ce genre, de peur qu'il ne s'emportent avec leurs gamins sur le dos ; mais s'ils sont âgés ou tout à fait tranquilles de caractère, on peut les mener tout de suite au terrain d'entraînement. Là on les fait marcher sur un grand cercle ou ovale, ou toute autre ligne convenable d'après le terrain, pendant une, deux ou trois heures, quelques-uns faisant un petit
temps de galop de manège ou de obasse,^ Teotraîiieiurjuge qu'ils peuvent supporter cet e?:ereice, maie il nefaut pasles laisser aller assez vite pour souffler ou suer, mais seulement de manière k varier la monotonie de Tallure et à leur conserver leur facilité de locomotion en empêchant la fatigue des jambes,' que le pa3 non interrompu ne manque pas de produire. Avec cette légère variante j Tallure du pas peut-être soutenue pendant trois Jbeures en moyenne. iDhaque cheval qui se vide doit être arrêté, et tous les autres à la fois avec lui. M. Dafvill, qui est le seul écrivain de quelque renom sur le cheval de course, bl&me Vexerdce du pas dépassant Tabsolu nécessaire, et il mesure cette quantité par le temps qu*il faut d* abord donner au cheval pour m vider, pour donner de la souplesse à son système mu^ul^ne et pour affermir les jambes; secondement, pour calmer les animaux trop chauds ou trop amateurs de gambades; troisièmement, pour donner aux chevaux délicats et capricieux de Tappetit pour leur ration, tout en calmant leur ardeur. Mais, en opposition à son opinion, nous trouvons la pratique de la plupart de nos entraîneurs qui emploient Texercice dû pas avec le jpetit temps de galop dans la main par occasion, à un degré auquel M. Darvill n'avait jamais songé. Sans doute on peut le porter jusqu'à excès comme toutes les choses utiles> et en sur^ menant le cheval on peut rendre les articulations raides et les muscles lents à agir et rigides au Keu d'être élastiques. Mais à mi certain degré c'est le pivot de l'entraîneur, surtout avec les chevaux dont les jambes sont disposées à manquer, comme il n'arrive que trop fréquemment dans lés races actuelles.
64. — La première suée ne devrait jamais se donner avant que le cheval ait été tenu à un travail lent pendant une quinzaine, et s'il n'est pas très en chair ou ne se nourrit pas bien, on fera fort bien de la différer encore. Quelques chevaux ne devraient jamais suer sous des couvertures, mais perdront leur graisse superflue sans cet auxiliaire. Certes, avec des animaux irritables, à caractère susceptible, la difficulté est quelquefois de les empêcher de suer à tout propos ; ils perdent trop en galopant avec leurs couvertes ordinaires et on est obligé de es faire travailler sans vêtements. La façon d'administrer la suée est la suivante. Nous en sommes à l'heure de la matinée où elle doit se donner, et c'est le moment de la décrire. Dans la pratique l'on retient trois chevaul: en outre de celui qui doit uer, pour que leurs garçons puissent prêter la main, car
84 LE CHEViâ JLNaLAIS.
c'est une opération qui demande beaucoup d'aîde, comme on va le comprendre. Quand la suée doit être générale et qu'aucune partie en particulier n'est surchargée, il est en usage de mettre d'abord une vieille couverte ou un drap appelée sweater (1), et un camall et pièce de poitraQ en surplus, ensuite une pièce de croupe et par-dessus tout un vêtement complet de cheval avec la selle comme à l'ordinaire. Mais quand on veut réduire spécialement certaines parties, comme par exemple les épaules ou les parties voisines du bréchet ou du poitrail, Ton plie une couverte en supplément et on la boucle sur le garrot avec les courroies de la pièce du poitrail, ou en l'engage sous la selle si l'on ne veut faire suer que le bréchet. Toute» ces particularités exerceront rhabilité de l'entraîneur, et suivant les circonstances, il mettra un surcroit de vêtements sur les parties qu'il voudra réduire et laissera sans charge celles qu'il jugera assez amincies. Quand tout est bien fixé, le cheval est monté sur le terrain, et après l'avoir fait marcher fort peu de temps pour lui permettre de se vider, on le fait partir pour parcourir sa distance, qui est généralement quatre milles, et on le tient à un galop réguher pendant les trois quarts de cet espace, après quoi on le fait aller un peu plus vite, et à la fin on le pousse à fond de train s'il est en plein entraînement, et à une allure presque rapide s'il est à sa seconde préparation. En disant fond de train, nous n'entendons pas l'allure tout à fait extrême que l'on peut tirer du cheval, mais une course qui en approche , sans faire perdre la vigueur de l'impulsion , et qui ne surmène pas le cheval de façon à briser sa structure musculaire ou tendineuse. Dans sa première préparation le cheval doit être rarement allongé, il est meilleur d'augmenter la distance que d'accélérer l'allure au delà de la course régulière, mais peu de chevaux se refusent à suer à ce train dans cette phase de l'entraînement. Aussitôt que le coursier a par- ' couru la distance, l'entraîneur examine son état et décide s'il l'enverra au pas ou au trot au lieu du pansage, qui doit être une box mise à part pour cet usage, soit au terrain d'entraînement, soit aux écuries ordinaires. Le bénéfice de la suée ne se réalise pas, à moins que le fluide ne soit enlevé avec le couteau de chaleur avant d'être réabsorbé par la peau, ce qui a lieu si la sueur reste sur la peau après que celle-ci a cessé d'en four- Ci) Qui fait suer.
LE CHBTAL ANGLAIS. 85
nir.. Alors le tissu cutané passe d'un extrême à l'autre et s'approprie la sueur par son pouvoir d'absorption, perdant ainsi le principal avantage que Ton attendait de la suée.
Quand la main de l'entrîdneur, appliquée à l'épaule du cheval sous la couverte de poitrail, lui apprend que la sueur vient généreusement, le cheval peut être chargé de deux couvertes supplémentaires, et laissé en transpiration encore quelques minutes ; mais si la sueur ne coule pas librement, on doit mettre trois ou quatre couvertes et attendre un quart d'heure ou vingt minutes avant de commencer à racler. Si elle vient librement, le garçon chargé de la tête peut frotter les oreilles et essuyer les yeux, de manière à rafraîchir légèrement l'animal; maïs s'il y a quelque difficulté à produire la sueur, cela ne ferait que retarder l'opération, et il faut laisser le cheval tranquillement debout, et sans essayer aucunement de le rafraîchir par les petits soins déjà mentionnés, ni même en frottant les jambes ou essuyant les cuisses ou le poitrail. Au commandement de l'entraîneur, le camail s'enlève et la tête et le cou sont séchés rapidement ainsi que le poitrail dont la couverture est retirée, et les morceaux qui couvrent le corps et l'arrière-main rejetés de manière à ce que toute l'encolure et la pointe des épaules demeure à nu. Quatre garçons peuvent être employés à racler et à sécher cette partie, sans compter celui qui tient la bride, mais si le cheval est assez tranquille onpeutôter la bride, et la tête n'en sera que plus efficacement essuyée. Trèspeu de minutes suffisent pour sécher cette moitié du cheval. Alors on remet la bride, on enlève les couvertes de suée et la pièce de croupe, les quatre garçons se mettent à travailler avec leurs couteaux de chaleur et leurs gants à friction j deux aux flancs et deux aux jambes postérieures ; par ce moyen on est bientôt débarrassé de la dernière goatte de sueur, et la robe reste parfaitement sèche et unie. La période de l'entraînement influe beaucoup. Dans la première partie la sueur est abondante, épaisse, savonneuse, plus difficile à sécher, tandis que dans les derniers degrés, quand le cheval commence à devenir prêt, elle est aqueuse et rare ; le couteau de chaleur n'enlève presque rien, et l'on peut sécher le cheval sans la moindre difficulté. Ceci est un bon signe de condition d'entraînement, et la nécessité de répétition des suées se reconnaît généralement par l'apparence du fluide, qui, lorsqu'il est épais et mousseux, montre (ju'il y a dans le système beaucoup de mauvaise graisse à
86 LS caxtkL anglais:
r€tirer; mais aussi cet indice appraid qu'il &ut mettes beau-' coup de soin dans le procédé, de peur que Ton n'arrive k mal en fiiisant trop rapidement ç-ppel à dame nature pendant que le cheval est dans cet état de graisse et sujet à toutes sortes d'inflammations. Après avoir séché la robe et l'avoir unie avec le giant de peau, l'on remet les couvertures ordinaires et Ton mène le cheval sur le terrain pour prendre ses exercices avec les autres chevaux comme de coutume, prenant toujours bien gfarde qu'il n'attrape point de froid si la température est basse. La raison pour faire encore sortir le cheval, c'est que si on le laissait dans une écurie chaude il continuerait à suer, et si l'é^ curie était froide il ne manquerait pas de s'enrhumer. En con« séquence, on a adopté la promenade au pas avec un court temps de galop, afin d'éviter ces fâcheuses alternatives ; mais ce travail ne doit être continué que le temps nécessaire pour ra&aichûr l'animal et remettre ses nerfs et ses vaisseaux sanguins dans leur état usuel. La nature du terrain à parcourir et l'allune pour les suées varie avec r&gè, la condition et la distance de l'hippodrome pour laqudle le cheval est entraîné, le maximum étant de six milles et le minimum de deux ou trois avec une allure variable, selon chaque cas individuel et dépendant da l'âge, de la race, de l'action du cheval, aussi bien que de sa constitution» de ses jambes et de l'état de préparation auquel il est arrivé. Les suées sont données à des périodes qui varient depuis une par semaine jusqu'à une fois par quinzaine après la première préparation , mais rarement aussi souvent pendant cette période. Quand les suées sont données saps couvertes^ elles se pratiquent sous tout autre rapport juste comme nous l'avons décrit plus haut, et les garçons d'écurie doivent sécher le cheval avec la même promptitude, d'une manière analogue. Toutefois, la quantité de sueur n'est pas à beaucoup près aussi grande, et deux enfants acti& suffiront généralement à la tâche. Dans presque tous les cas, môme quand on ne se sert pas de couvertes dehors , on les entasse sur le cheval quand il vient à l'écurie de séchage, afin d'encourager la transpiration,
65. — En revenant du travail. Ton mène le cheval à l'eau, et ensuite on le couvre bien pour au moins trois quarts d'heure, prenant soin qu'il ait sous lui une litière suffisante ; car il sera disposé à piétiner pendant qu'on le soignera et ne fera pas de bien h sps pieds et h ses jambes, s'il s'amuse h frapper sur les briquf^s nuefif. Copepdwt l'hewe du repa^ de di^ k on^e heure»
f tt
\vfim sur ç^ e^tcefoite^, 0t Von peut doimei^ à mafiger aux eyaux ; aprè$ qupi m les enferme, on rend à leur tête toute liberté et on les laisse ^ous clé sans les déranger jusqu*^ eure du nouveau repas, généralement vers trois ou quatre ures, On leur y edpnne h manger, on leur accorde quelques prgées d'eai; ; ensuite on les selle et on les exerce pendant une ure PU une heure et deinie; après quoi on les rentre, on les it boire pour la (iernière fois ; on les habille légèrement, oq jçg laisse jusqu'à sept heures où on leur donne Vavoine pour la jternière fois, ,en la mélangeant avec un peu de paille. A ce înqmentt le foin destiné à ce cheval est mis dans le râtelier, et l'on ferme l^s écuries à plé jusqu'au lendemain matin, à moins |]}'il ne survienne quelque accident nécessitant la présence de» ff^rgons ou de Tentraîneur. La quantité de foin allouée au pheval en voie 4'6utraînement varie de six i huit livres par jour. Il doit être de la meilleure qualité, récolté dans les h^uts fem^ins, bien sec et avoir au jnoins un an de récolte. Le foin yprt, ^ui »*a jamais bien fermenté, ne convient nullement au pheval de course.
Le système que nous yei^îus de décrire varie légèrement pelon les écipies ; par exemplQ) les u^s donnent et boire dans l'écurie, et les autres dan^ les auge^, qui, autrefois, étaient le seul moyen d'abreuver le cheval. La facilité d'empoisonner le» auges à en grande partie empêché qu'on s'en servît, et l'eau se donne dans l'écurie, souvent d'un réservoir fermé à clé. Ces précautions sont maintenant devenues nécessaires fc cause de la fréquence des empoisonnements, qui s'effectuent si &cilement au moyen de l'eau, presque ssi,ns aucune chance raisonnable de découverte ; toutefois, la présence du poisson vivant est une assez bonne garantie de la pureté du liquide. Les heures varieflt aussi dans les différentes écuries , mais celles indiquées ddessus sont le plus prdiuairement suivies ; elles co^viçinnent aux habitudes (lu cheval et à la nature de son estomaCi qui demande à être souv^t rempli de petites quantités de nourriture, et non gforgé, comme dans la tribu des chiens et chats.
66. — La somme de suées et de galops pendant la première préparation peut être augmentée très-graduellement, si Tentratoeur trouve que les premiers essais sont suivis d^ progrès, c'est-à-dire si le cheval paraît léger et dispos après une suée oi; une course, s'il se nqurrit bien et si ses jambes restent
frâîchesi. (Quelquefois, Ton rems^fque des résulti^t? Inverses; h
cheval est tout à &it abattu et demande un barbota^ au son ou une légère dose de médecine pour se remettre ; après quoi il fiiut lui accorder un temps considérable avant d'essayer encore d'améliorer sa condition. Tous ces différents points demandent le plus grand soin, et c'est ici que Ton éprouve l'expérience de l'entraîneur. Rien n'est plus facile que de produire au poteau un cheval parfaitement sain et vigoureux ; mais amener à l*hîppodromeen haute vigueur un cheval naturellement mou et de irêle charpente, voilà une ièche qui ne demande pas seulement de l'expérience, mais beaucoup de jugement et de réflexion, puisqu'il y a fort peu de ces sortes d'animaux qui se ressemblent exactement, et constamment Von voit survenir de nouvelles complications auxquelles il faut remédier sur-le-champ. Si, en effet, on leur laisse une fois prendre le dessus, elles nécessiteront des mesures si sévères que le cheval sera rejeté fort loin dans sa préparation.
67. — Une seconde ou troisième dose de médecine douce sera presque toujours nécessaire à la fin de cette première préparation, et le cheval devrait toujours être mis au barbotage avant d'administrer le remède, et ensuite livré au repos et à la promenade au pas, avec diminution d'avoine et un barbotage ou deux, jusqu'à conclusion d'une semaine, jours de médecine compris ; après quoi commence le degré suivant.
Section FL — Seconde préparation.
68. — A la fin du stage que nous venons de décrire, les muscles du cheval commencent à se durcir, ses fibres et jointures deviennent fermes et solides, et l'on peut avec sécurité lui faire courir à bonne allure une distance modérée. Sa ration d'avoine peut être augmentée d'un quarter (2 litres 90) en passant de un peck par jour (9 litres 08), à cinq quarters (11 1. 60), quantité qui continuera pendant toute cette période, en variant toutefois selon les circonstances. Les heures d'écurie continuent à être les mêmes et la longueur du travail n'est pas augmentée ; mais la principale différence consiste dans la rapidité du galop et la fréquence, ainsi que la durée des suées. Celles-ci sont généralement données tous les huit ou dix jours, et la distance de la course est presque toujours de 4 milles (6,436"25), excepté avec les très-jeunes poulains dont nous ne nous occupons pas en ce moment. Pendant la suée elle-même, l'allure doit être assez allongée, surtout à la fin,
LB CHBTAL AKGLAIS, * 89
et si le cheval est le moins du monde disposé à la corpulence, on le lance ventre à terre pendant le dernier mille, et vers la fin; on Téperonne et on le pousse jusqu'aux derniers efiEbrts, de filçon à le ftire souffler considérablement et à ouvrir ses tuyaux respiratoires d'ime bonne façop. La suée, dans la première plréparation, est seulement adoptée comme une manière de se débarrasser de la graisse intérieure superflue, mais maintenant, bien qu'elle ait en partie le même objet, elle est ausâ destinée à améliorer la respiration. Le garçon qui donne la suée, devrait être un connaisseur en fait d'allure, et il est rare que ceux que Ton emploie ordinairement méritent confiance & cet égard. Presque toujours il faudra avoir recours à une tête plus niùre, et Ton devrait faire dans Técurie choix de celui qui juge le mieux Tallure. Dans les galops d'exercice, le garçon (1) de tête conduit ordinairement et règle ainsi l'allure pour ceux qui le suivent; mais dans une suée, cela ne peut se passer ainsi, parce que le cheval qu'on y soumet va, avec son £Bdx de couvertures, à une allure tellement différente de celle du cheval nu, qu'il est difficile de le régler et d'éviter de le forcer. Personne ne peut exactement dire comment on doit mener un cheval soumis à une suée, excepté le cavalier qu'il a sur le dos ; si on ne laisse pas l'allure à sa discrétion, il arrivera certainement malheur. En conséquence, à moins que les écuries ne soient assez garnies pour que l'on ait trois ou quatre chevaux à suer à la fois, il est plus expédient de laisser le garçon de tête donner toutes les suées ; mais s'il y a un nombre d'animaux suffisant, il peut aisément régler l'allure pour tous ceux que l'on fera suer à la fois. L'usage du couteau de chaleur et l'exercice qui suit est juste tel que nous l'avons décrit au paragraphe 64, si ce n'est que l'on peut terminer avec avantage par vax léger temps de galop.
69. — Vexerdce au galop peut maintenant être pratiqué, indépendamment des suées, en prenant bien soin que ni les membres ni la constitution ne souf&ent par une augmentation trop rapide dans la longueur et la cadence du galop. Pendant la première préparation, surtout vers la fin, le cheval a été accoutumé à de petits temps de galop, et l'entraîneur a été mis à même d'en conclure aussi bien que des suées à courte allure; Jusqu'à quel point il peut augmenter l^ vitesse et donner des
(l) Read Ud.
99 ' X>8 CBBYAL lOffdLAia.
suée» plus longues «t pltia pénibleâ^ Pôndunt le Coxm deé trois préparations, ohaqUe degré «uccesfiif doit être réglé par le pré* eédent^ et les étages supérieurs doivent être construits aelotx l'effet que les étages inférieurs ont produit sur les fondements de rédifice. Si, par exemple, le travail d'une semaine à été sup* porté avec peine, celui de la semaine suivante doit être plutôt moins sévàre ; tandis que> si l'entraînement marche et que le cheval profite sous tous les rapports, les distances et l'allure peuvent être graduellement augmentées, tout va comme sur des roulettes à la satisfaction de l'entraîneur* Qu'il sait bien entendu que l'on ne peut donner de règle plus précise que lu suivante ; tant que le cheval est vif, à l'air brillant et gai ^ qu'il se nourrit bien, il peut être considéré comme au-dessus de fia besogne et elle peut être augmentée, avec précaution, jusqu'au degré le plus élevé auquel il puisse atteindre, d'après l'opinion de l'entraîneur. C'est le moment de &ire la différeB^ce' entre la suée et le galop d'ezercice ; la première est un procédé de réduction pour se débarrasser de substances inutiles et iuéw9 nuiâbles ; l'autre est un procédé d'éducation pour établir upe structure musculaire puissante et pour montrer au cheval cqhi* ment il doit employer et économiser ses moyens, Cette difi^-» rence doit toujours être attentivement observée, et l'enfe^aîneur doit toujours se rappeler que non-seulement il a de la graisee h détruire^ maifl encore à créer des matériau^ç solides et élaati* ques à la fois, et accoutumer le cheval h faire valoir seâ moyens de la façon la plus rapide et la plus e£Kcace» Telle est la théorie de ces deux procédés ] nous reviendrons plus loin aux moyens pratiques, A l'égard des suées, aussitôt que le fluide devient tout h fait aqueux et que toute la graisse superflue de la siu'face paraît enlevée^ on ne doit plus les apphquer avee surcroît de couvertures, mais on doit faire suer l'animal avec une simple couverte ou nu, selon que l'entraîneur le jug*era préférable, d'après son apparence et sa race, ce qui est uii guide important pour celui qui connaît les particularités dee divers courants de sang.
. 70, — L'arrangement des galops préparatoires dépend en grande partie du nombre de chevau^c que l'entraîneur a dawf la main et de leur nature et dispositions, Quelques-uns 'coudui* jBent mieux , d'autres n'y mettent pas de bonne volonté , et quand on les met en tête, sont toujours en suspens et se préparent à un écart hors de la piste. Ces animaux devraient 4tre
LB CHEVAL ANGLAIS. *Çll
toîijoufg maintenus seconds ou troisièmes dans une file, et dôiymntj dans tous les cas, avoir un cheval pour les conduire, afin de les étendre et de développer leurs moyens, qui souvent finis* sent par être de premier ordre. De là la nécessité d'un cheval inis à part pour conduire les galops, parce qu'il y a des chances p6ur qu'aucun dans la file n'ait un assez bon caractère pcrui* ôtte mis en tête avec avantage pour lui-même, et en même temps suffisamment vite pour développer les moyens de ceux qui marchent après.
Si toutefois l'on tombe sur un cheval de cette disposition, Ton n'en a pas besoin d'autre, et l'on peut économiser cette acquisition. Mais il est bien rare qu'un cheval, même d'un bon earaôtère, mène une longue file sans perdre de sa vitesse ; cependant il y a des exceptions, et , dans quelques cas y le cheval ne pourra s'entraîner ailleurs et se débattra derrière un autre, en se tourmentant d'une telle façon qu'il ne fera aucun progrès. Néanmoins , un animal ainsi disposé réussira rarement BUT l'hippodreme, parce qu'on ne pourra pas l'y mener exactement de la m^e façon que dans les galops préparatoires, et le jeckëy de son compétiteur, découvrant cette particularité , le tourmentera, l'excitera et lui fera montrer dans la course les mauvaises qualités que l'entraîneur avait neutralisées en le mettant en file. De sorte qu'après tout, le mauvais jour est seulemimt reculé jusqu'à une époque où sa venue est accompagnée dés dépenses et de l'humlUation Inséparables d'une défaite publique. Ces animaux sont souvent utiles à l'entraîïleur ] mais souvent aussi ils sont indignes de l'affection de leur maître , auquel presque toujours ils ont fait croire à des moyetis supérieurs par leur travail en particulier, idée qui ne se rectifie qu'après leur insuccès en public.
71. — La conclusion de la seconde préparation sera une suée séttoe, puis un barbotage pour deux nuits consécutives , après quoi, si le crottin est assez mou , une dose de médecitie, et pour le reste de la semaine, réduction d'avoine et seulement promenade au pas. Ceci nous mène au dernier stage de l'en- •train^SEiCTt.
Section Fil. — t/i préparation finale.
72. — Muselage. — Excepté avec des animaux fort goulus, qui persistent à manger leur litière, la muselière n'est pas employée avant l'époque que nous allons considérer ; mais pour
de tels animaux on peut être obligé de la* mettre pour la seconde préparation ; cependant les exemples de cette nécessité sont assez rares. C'est pour empêcher le cheval de manger du foin ou de la litière que Ton met cette muselière; car on a trouvé par Texpérience qu'une course rapide attaque la respition quand l'estomac contient autre autre chose que du grain, et nuit à l'haleine plutôt que d'augmenter cette importante qualité. Suivant la constitution des divers chevaux , ils sont muselés en conséquence à certaines heures. Quelques-uns devant l'être pour la nuit après avoir eu leur foin , d'autres sont assez frêles pour qu'il vaille mieux ne les museler que le matin à bonne heure ; quelques gros mangeurs doivent avoir la muselière immédiatement après leur dernier repas du soir, sans qu'on leur donne leur ration de foin, ou bien en ne donnant que demi-ration. Dans tous les cas, cette précaution n'a aucun rapport avec la ration d'avoine, qui reste la même.
Les suées, pendant la troisième préparation, sont données à des intervalles et avec une charge de couvertures calculées d'après ce que l'entraîneur aura appris par l'expérience de la deuxième préparation. Tous ces détails varient selon chaque cas particulier, et il serait ridicule d'essayer de donner des règles fixes à cet égard. Déjà, dans le paragraphe 68, j'ai décrit l'augmentation d'importance dans les suées de la deuxième préparation ; je ne puis qu'ajouter que c'est d'après leurs résultats que l'entraîneur décidera ce qu'il y a maintenant à faire. Pendant la dernière préparation, la quantité d'exercice au pas peut être réduite en proportion exacte du degré de durée donnée aux galops et aux suées. Il est vrai, sans doute, que la répétition à la longue de l'exercice lent de la marche est à un certain degré contraire à une grande vélocité, et le cheval qui n'aurait jamais fait que de courtes distances au pas arriverait probablement au plus haut degré de rapidité qu'il puisse atteindre pour une petite distance. Mais, comme en gé • néral on veut lui demander plus que cela, et que ses jambes lui permettront rarement de faire toute la besogne aux grandes allures, l'on a recours à un compromis, et l'entraînement consiste en mélange de pas et de galop variant en longueur suivant les particularités de chaque cas. Toutefois, comme nous l'avons déjà remarqué, les suées ont un objet différent ; elles doivent suppléer au travail au galop, qui est inutile au-delà de ce qu'il faut pour former les muscles et l'haleine. Par ces
LE CHEVAL AKaLAIS. 93
soins, les jambes ne souffrent que l'indispensable, et cependant le cheval est maintenu léger et dispos, le cœuf et organes intérieurs conservant tout leur jeu. Il n'y a pas de doute, néanmoins, que si les jambes voulaient le permettre, et si Vanimal n'avait qu'une graisse ordinaire, l'on pourrait se dispenser des suées, et l'exercice au galop pourrait remplir le but; mais la pratique a fait reconnaître que la quantité de travail nécessaire pour cet objet ruinerait presque infailliblement les jambes, et l'on n'a trouvé d'autre expédient que de ralentir l'allure et de fiiire, à l'aide de couvertures , l'œuvre des courses rapides et répétées. L'on peut donc poser en règle que dans tous les cas, durant la préparation finale, un galop prolongé et modérément rapide, appelé une suée , avec ou sans couvertures, deviendra nécessaire tous les huit ou dix jours, pour faire tomber la chair et la graisse superflue, et cela sans nuire aux membres de l'animal.
74. — Les galops que l'on fait fidre au cheval dans cette dernière préparation ont principalement pour but de l'accoutumer à s'étendre à la meilleure allure et d'une façon régulière, sans se dérober ou se défendre, et aussi pour acquérir la puissance de parcourir la distance pour laquelle il doit concourir. Les procédés à employer dépendront beaucoup de la distance que l'on doit tirer du cheval, ou. en langage ordinaire, qu'il doit parcourir, et aussi de son caractère, de son âge et de sa généalogie, n y a des chevaux qui supportent mal l'entraînement, et ne peuvent jamais sans danger courir la distance pour laquelle ils sont engagés, au train auquel ils seront probablement mis sur l'hippodrome. En fait, il faut les dorloter et ne leur demander que ce qu'ils peuvent faire , et les animaux de cette nature sont difficiles à metti^e sur l'hippodrome, et seront peut-être deux ou trois mois avant de pouvoir recommencer à à courir par suite de l'eftet produit sur eux par un effort auquel ils sont nécessairement inaccoutumés. Cette difficulté peut provenir, soit d'un état extrême d'irritation nerveuse, ou de dé- Ucatesse de constitution, ou des deux à la fois. Dans beaucoup de cas, un cheval qui a été durement poussé, forcé ou autorisé à faire les derniers efforts, est si excité qu'il refuse de manger pendant plusieurs jours, ne prenant qu'une poignée de foin ou quelques grains d'avoine, et perdant plus de sa condition en peu de jours que l'on ne peut lui en rendre en deux ou trois mois. Il est évident que si l'on hasardait souvent ce degré d'ex-
94 t£ CHEVAL ANGLAim.
citation pendant Tentraînement , toute clianc9 à» rnsoè» mtùt entièrement détruite, et Ton a en conséquence adopté le plan de toujours tenir le cheyal en dedans de ses moyens dans les galops d'exercice, et quoi qu'il arrive, on ne lui permet pas d'allonger assez pour arriver aux tristes résultats que pous venons de décrire. Tout cela ne peut se découvrir que par Texpérience , et ce n'est que quand le mal est fait qu'il est possible de découvrir qu'un cheval doit éprouver ces tristes effets. Dans tous les cas, c'est un terrible écbec, et ce n'est que pour des chevaux très supérieurs sous d'autres rapport» qu'il y a lieu de persévérer avec un semblable tempérament. Cette disposition du cheval de course n'a aucun rapport avec le défaut de n'avoir tous ses moyens qu'en particulier, bien que l'on trouve souvent les deux réunis. Souvent un cheval j)arais' saut de premier ordre quand on l'essaie en particulier, ne peut souffrir la foule. On le trouve disposé à faire une dure besogne quand il n'y a ni bruit ni tumulte, mais qu'il entende les cris de la multitude même loin devant lui, son énergie semble l'abandonner, au point même qu'il cesse de lutter, ne se livre plit$j comme on dit, vers le poteau de distance ou même plus près, quand il avait gagné en main selon toute apparence» Il n'y a d'autre remède à cette faiblesse de nerfe que des épreuves ré^ pétées en public, puisque naturellement on ne peut réunir ni imiter des foules en particulier. Il faut ainsi persévérer jusqu'à ce que le cheval s'accoutume à cette excitation, ce qui du reste ne réussira pas toujours. C'est presque un défaut de oons^ titution, mais il peut provenir aussi chez les jeunes pw^ulainsdu manque d'habitude des foules et du bruit. Quand on dresse d« jeunes chevaux de grande valeur, souvent on les dorlote et ojti les tient à l'écart par crainte des accidents ; il en résulte qu'ik s'alarment aisément quand on leur fait voir du monde et deviennent impropres à l'objet pour lequel on les a si soigneuse^ ment conservés* Ici les soins ont tourné cantre leur but, et q'&^ une des applications du proverbe « le mieux est l'ennemi du bien. » Quelquefois on a adopté avec succès l'expédient de tromper le cheval en le faisant xîourir avec couverture et camail, mais ce moyen est surtout employé quand dans une occasiofi préalable on a fort maltraité le cheval à la fin de la course, ce qui l'a rendu nerveux et peut-être vicieux en même temps. Alors il faut avoir soin aussi d'ôter les éperons et de faire courir sans réminiscence de la sévérité employée précédem-
iMotl mais pour neutraliser h» effiïiH de la foule un semblable Expédient ast de peu de râleur.
I' 75. —r lia longueur des temps de galop est général^Msi en Iroportion de la courge projetée, et Ton ne.pareourt pas oons*^ HMUnent la distance ratière, mais seulement une, deux ou ttm Iris par semaine, auiTant le caractère et la force du cheval. Ides long» temp@ de galop dépaasent en général d'une bagatelle h di$tanG# h pa^ourir, h moins qu'elle ne aoit très longue et ^e le choyai n'ait pa3 beaucoup de fonds, eomtme pour la dis^ l|l»ce de» prix de la ^ine, (1) cas où Ton doit compter «ur lea liées pour préparer l'animal et ne lui f^re felre au plua qu« ios galops de deux milles (SjaiS'"). Si cependant il paraît fort, I est toujours préférable de l'envoyer h la distance entière et l^iel^ue ohose de plus, au moins une ou deux fois par semaine. On adoptera aussi souvent que l'entraîneur le ju^ |#ra à propos d^ petits parcours de trois quarts de mflle ott f un BÛlle et un quart, et on donnera tous les jours un ou deux fllqps de ce genre avec vitesse variant avec les drcoostances, «icepté le jour qui suivra une suée, où l'on ne devra guère Iravêiller qu'au pas. A If, fin du g^op les derniers chevaux de h file auront permission d'atteindre et même de dépasser le theval de tête, mais cela par occasion et nullement cba^uei tk. L'entraîneur donne ses ordres h Tavanee au garçon qui Mduit, et qui généralement a été mis là parce qu'il est eon»^ i«iaseur en allure et que l'on peut compta sur lui. Il donne Mm des instructions aux autres, soit de garder leurs places ou 4'amver jusqu'à hauteur des sangles du cheval de tôte ver» un #rtain point de la course, ou même de se porter tout à fiiit à sa kiiteur h la fin... le tout oonformément aux désirs de l'en-» tntœur, qui indiquera aussi si l'on se portera à hauteur du garçon de tète en lui £ràant retenir son cheval ou autrement, La nécessité de tous ces soixœ est claire et évidente pour les irâ» expérimentés et ne demande pas d'autre» explications» 76. — La décaden£8 (2) est l'efiet produit sur la eonstitution èa cheval aussi bien que sur les membres, par Texoès de tra-» Tailet de nourriture. Sous ce point de vue le cheval peut-être comparé à un arc, qui peut être tendu jusqu'à un certain point, Mis au-delà il cesse d'avoir toute sa portée, et en^t]finira par
(1) Quen'splate^ plats de la Reine, les distances sont à Goodirood de nulles 5 furlongs 97 yards.
f)) Oo0f '^marftfnj^. Vaetion de dépasser le bnt ^ -
96 LB CHBYAL AKOLAIS.
86 briser si on le tend outre mesure, ou is'il ne se rompt pu complètement, il perdra pour toujours sa puissance et son élasticité. Il en est de même du cheval, jusqu'à un certain degré qui varie dans chaque cas particulier. On peut le faire galo per, suer et le pousser de nourriture ; mais dans tolis les cas il y a un point de rebroussement qui doit être observé avec soin, et que Ton peut éviter en diminuant au lieu d'augmenter k nourriture et le travail de manière à éviter l'ècueil redouté. Le cheval en décadence se reconnaît & son œil triste et pesant, à son poil piqué, à ses jambes délabrées et à son air inquiet. En même temps il faut savoir qu'un cheval de fonds ne doit pas arriver au poteau plein de vivacité, mais, quoique florissant et bien musclé, être tranquille et plutôt triste qu'en l'air. Telle est l'apparence d'un cheval de race résistante bien entraîné, mais d'un autre côté le même degré de travail qui produirait cet état de quiétude sur le cheval de fonds détruirait toutes les chances d'unaiiimal plus faible de cœur et de complexion; aussi est-il fréquent de voir même dans la même écurie deux chevaux dont l'un paraît triste et endormi et l'autre plein de vie et d'irritabilité, et cependant tous Içs deux ont été justemiffli* laraités, entraînés avec le plus grand soin, quoique avec une somme de travail très-différente.
77. — Le pansage à la main sur les jambes doit être pratiqué pendant tout le cours de l'entraînement, mais il est maintenant plus nécessaire que jamais, et chaque jambe doit être frottée au moins un quart-d'heure tous les jours. Il est étonnant de voir quelle différence produit ce procédé pour la durée des mem bres, car l'on trouve par expérience qu'ils supportent bien mieux les chocs sur les terrains durs en les frottant avec soin à la main que si on s'abstient ou si on ne le fait qu'imparftdtement. Nous donnerons à l'article des soins de l'écurie, auquel il faut se reporter pour plusieurs renseignements utiles, les soint à donner à chaque espèce de cheval ; ceux qui sont particuliers pour le cheval de course sont donnés ici, pour éviter des répétitions sans fin.
Section FUI. — L'Épreuve.
78. — Une épreuve sera nécessaire dans la plupart des cis avant la course réelle, et on l'entreprend généralement une quinzaine à l'avance et même beaucoup plus tôt pour des courses très-importantes comme le Derby et le Saint-Léger. Il
Mà^toAge d^dSdayer les cheTUirs: à pea près détis jours avant ieor suée ordinaire, de façcm à ne pas déranger la progression régulière de l'entraînement ; inais si le cheval n'est pas très en éludr et que l'épreuve doive être courue très-sérieusement, iOQvent l'on peut dispenser l'animal de la suée et l'épreuve en tient Ueu. L'on ne peut compter sur aucune épreuve particulière si les chevaux ne sont pas montés par des cavaliers aussi bons que ceux qui auront à monter en dernier lieu. Si l'on met un jockey de premier ordre sur le cheval à essayer et un gamin employé à l'entraînement sur le cheval connu, comme on le âdt souvent, c'est une dérision et un piège qui ne mène qu'à une déconvenue. Un système beaucoup meilleur est de mettre des gamins ordinaires sur les deux ; mais quelquefois on peut obtenir deux jockeys de profession, et alors, si les chevaux sont réellement également en état, l'on peut jusqu'à im certain point se baser sur le résultat. Après tout, l'épreuve particulière ne peut donner confiance entière, pour la raison que j'ai donnée dans le paragraphe 74, surtout dans les chevaux qui n'ont jamais vu un hippodrome, et tels sont ceux que l'on éprouve généralement de la sorte, puisque ceux qui ont paru en public mut bien essayés par cela même, et que moins on les bouscule mieux cela vaut. Rien ne diffère plus d'une course véritable fœ ce galop soigneusement ménagé de l'entraînement peu-* âant lequel les chevaux vont pendant une certaine distance à «ne bonne et régulière allure, et puis fgnt un seul effort et finis'teat sans une lutte prolongée. Mais dans ime course sur l'hippodrome il arrive souvent que d'abord un cheval se porte à lumteur du concurrent redouté et le fait allonger, puis un second vient essayer ses moyens, peut-être même un troisième; nen de tout cela ne se fait dans une épreuve particulière. Il est nres que deux courses se fassent de la même façon en raison ie ces circonstances variables ; ainsi l'on ne doit pas s'étonner si le propriétaire ou l'entraîneur s'y trompent et s'attendent à de» ï&ultats bien différents de ce qui a lieu réellement. Il est vrai que si la course se menait comme l'épreuve, le cheval se montrewdt peut-être aussi bien que la première fois. Dana tous les casd'épreuves particulières, l'on place sur le cheval type un pwds qui (dans le principe du handicap) le rend l'égal des che- ^^ox contre lesquels on aura à lutter en public. Le cheval type ne peut donc servir que si ses moyens àont bien connus de Acntraîneur, et il doit avoir couru très-récemment, de feçon à
99 hM e49V4i« Am^MSÊ^
fiy^îr dûnué fwf cbas réaultote a^tud^ li^ montra dâ cq t^^'il |^ flaire daim na forme et condition du jour ; mm» ato9 ce criteriim« Mtmt vaut le hismv à Técurie* Si cependant on a observé tpns ces point» et que la victoiredu débutant ait été gatiftfaieante et complète, il est raiâonnable d'espérer que la chose peut m renouveler, sauf toutes les vicissitudes auxquelles nous avc«f déjà fait allusion.
Section IX. — Travail de la dernière semaine.
79« ^- Une suée^ avec ou sans couverte» commence ordinein rement la dernière semaine avant la course, et Tintenslté qu'oo lui donnera sera toujours en rapport avec Tembonpoint et Tétat général du cheval. Si l'entratmeur est d'avis que son élèTi doit ébre réduit aux plus fines proportions, il donnera le demisi coup de pinceau en administrant une suée sévàre; mais s'il pense qu'une condition plus pleine convienne mieux, il adopta le plan de la suée très- légère, peut-être sans couvertures. Dam tous les cas, le long temps de galop régulier qui produit k suée a son utilité dans ce moment, et devrait rarement étn pratiqué plus tard que sept jours avant la course; il est vrai que pour les chevaux extrêmement portés à ^'engraisser et qui ne mettent que peu de temps à se rétablir d'une suée, on peut en pratiquer une aussi rapprochée que le quatrième jour avasl de paraître sur l'hippodrome. Après la suée, l'on dqnne Im galops comme à roràinaire, et tous les jours jusqu'à la veille di la course. Ce jour^là, le galop sera léger ou prolongé, saivenM la nature, l'âge et le tempérament du cheval. Toutefois, halriN tuellement, on donne un bon galop rapide deux jours avant li course, et la veille seulement un galop modéré quant à 11 durée et à la vitesse, seulement pour ouvrir les tuyaux rei^ ratoires et rien de plus. Ce sont d'ailleurs des détails 0(1 rsu" teur ne peut entrer au -delà des prescriptions les plus firéquentM et des principes qui servent à les déterminer.
Section X. — La nourriture.
80. — La nourriture pendant toute la troisième préparation est calculée sur l'échelle la plus libérale, allant depuis qualH quarterons d'avoine par jour dans la première préparatioi jusqu'à cinq dans la seconde, et jusqu'à six dans la troisièmsn quelquefois en y ajoutant un demi-quarteron de fèves fondai! à répartir entre les quatre repas. Les pois étaient autrefois fort
m yo|^ p^^dwt Vmif^Bimmmti m»k ou f'efi i#rt rareaumi maintenant* l<'oa a découvert qu'ils convenaient moins ml dieval que les fèves et qu'ih nuisaient aux rognons» tundjs que les fèves sont entièrement à Tabri de cette objection et ne nuiv flent qu'à la condition de Tanixaal, en ce sens qu'elles éelmuflant^ prédisposent à la fièvre et à Tinflammation des membres» Il vaut km mieux restreindre la plupart des chevaux à Tavcnne et au foin. Avec de bonne avoine anglaise ayant tout son poids» et du bon foin de prairies bautes» la condition peut géuératemeUt être obtenue aussitôt et gardée beaucoup plus longtemps qu'avec toute autre ^pèce de nourriture » Quelqusu travaux jaéamnoins sont fort difficiles pour la nourriture» et i^nil Sèves inangeront à peine le nécessaire d'avoine. Dans ûm cm pareils» il &at bien avoir recours à cette dernière denrée ; mais il fiEiut fi'ea servir plutôt pour exciter les chevaux h matlg^ l'airmnt que comme lest solide et principal. Dans la troisième prépara» tiou, il &ut» s'il est possible» s'abstenir de donner da la paille»
Section Xl. — Résumé de V entraînement.
81. ^ Des remarques précédentes il peut étr«B recueilli que Tentraînement, et la production sur Fhippodrome d'un cheval «t un procédé beaucoup plus simple que Tœuvre correspondante appliquée au lévrier. En même temps il y a occasion dé iéploy^ plus de talent, parce qu'il y a moins d'incertitude, fet le réellement bon entraîneur a plus de chances de recueillir le fruit de ses peines qu'avec un pupille de la race canine. Dans le cheval, l'entraîneur doit certainement prendre en considération que quelques-uns des animaux à lui confiés, quoiqu'en ftatde courir avec avantage, ne feront pas tout ce qu'ils pourraient; mais pour l'entraîneur dé lévriers c'est une source continuelle d'inquiétude, et continuellement ses opérations sont paralysées par la crainte que tous ses chiens ne montrent la Jttême mauvaise volonté. Avec un cheval de bonne race et de ion caractère, l'entraîneur peut également calculer» avec cer* titode» que l'animal fera demain comme il a fait aujourd'hui» ^ 8e trouve par là guidé dans ses opérations; mais il n'en est pude même avec le lévrier^ dix fois plus incertain, et qui bou^ fcvBrsera tous les calculs de son entraîneur, et cela même quand 3 est pour le mieux en condition et en énergie générale* La pande chose à éviter par l'entraîneur du cheval, est la tendance h le lancer trop souvent à fond de train, car il a été re»
100 LE CHfiVAL AKâLAIS.
connu que peu de chevaux peuvent le supporter sans perdre de leur vitesse, et quand on les tient à lutter les uns contre les autres ils perdront courage, à moins qu'ils ne soient résistante comme Tacier. Par suite le bon entraîneur, quand il connaît les particularités de son cheval, le tient en deçà de ses moyens et lui donnera de la vitesse par des poussées occasionnelles, courtes et vives, sans rien exiger qui puisse faire perdre deTallure ou détruire son goût pour la course, que presque tous les chevaux généreux aiment passionément. Il étudiera le tempérament particulier de chaque animal de son lot, et dans le cours de Tentraînement découvrira non-seulement comment ranimd aime à être traité dans son travail, mais aussi quel genre de course convient à chaque individu, si on peut le faire courir du commencement à la fin ou s'il ne peut durer que pendant une courte lutte finale. D'après les vues qu'il se sera formées, il donnera ses instructions au jockey le jour où il paraîtra en public. Ces réflexions peuvent être considérées comme renfermant tout ce qui est nécessaire pour un entraînement ordinaire,en commençant avec un cheval acheté d'un stud où on a voulu le réformer. On ne peut pas s'attendre à ce que beaucoup de gens réussissent comme M. Parr, avec un Weathergage ou im Mortimer; mais si l'on opère dans ces vues, tout amateur pour» comprendre les principes qui guident son entraîneur et peutêtre faire ladiflférence des essais grossiers d'un igrnoramtw avec les efforts heureux d'un véritable artiste.