CHAPITRE VIL
l'élevage.
Section r^. — La Ferme.
82.— Xa nécessité d'avoir une ferme spédate avec tous les bâtiments accessoires pour l'élevage des chevaux de course est de toute évidence, quand on songe à la valeur des poulinières et de leurs produits. Ce sont d'ailleurs des animaux trop difficiles à manier pour que les installations ordinaires puissent suffire. Il leur faut encore des herbages particuliers , pleins de beau trèfle et cependant sans herbes grossières, le fonds du pré bien drainé, et le sous sol sablonneux ou calcaire. La réunion de ces avantages a mis le Yorkshire dans sa position proéminente
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eonune lieu d'élevage. Ses purs-sang et ses races de rang infirieur ont toujours été en grande réputation. D'un autre c6téy les endroits bas et marécageux sont défavorables au développement du cheval et le rendent lourd, maladroit et taré. Dans le choix de la ferme d'élevage, le point h considérer tout d'abord comme absolument essentiel, c'est la nature du sol, et par Buite l'herbage. La surface doit être ondulée , mais pas très* montueuse, justement assez accidentée pour montrer aux poulainsla différence de la montée et de la descente, et les mettre à même d'apprendre à se tirer d'affaire dans les deux variétés de pentes. La dimension des enclos peut être facilement modi** âéeâ elle se trouve trop grande ou trop petite ; mais il serait avantageux et économique de trouver une ferme divisée en petits enclos par des talus surmontés de fortes haies d'épines, sans fossés profonds, qui sont toujours une source de dangers pour le poulain et sa mère. Les murs sont de bonnes clôtures, «'ils sont assez élevés et la terre relevée à leur pied ; mais rien ne vaut un bon talus surmonté d'une haie d'épines.
83. — Un certain nombre de cabanes proportionné à celui des juments doivent être élevées, si on ne ne les a pas trouvées déjà établies, et la manière la plus économique de les bâtir conaiste à en placer quatre au point central de quatre enclos (paddocks). Si les pâturages sont très- vastes, l'on peut bâtir au milieu et partager le pré en quatre promenades séparées pour lesjuments et poulains. Mais, bien que ce plan soit souvent adopté par économie, il n'est pas bon, parce que deux des cabanes doivent s'ouvrir sur le nord et sur l'est. Ces expositions sont froides et nuisibles aux jeunes produits, étant en outre trop àl'ombre au commencement du printemps. L'on doit encore remarquer qu'au printemps les besoins de la jument sont plus grands, et elle épuisera d'autant plus vite Therbage misa sa disposition ; il n'est donc pas sage de lui donner un espace trop restreint, mais au contraire il faut en donner un second autour de chaque cabane, pour qu'aussitôt que la jument aura tondu la première portion, on puisse la lâcher dans la seconde. Le plan ci-contre représentant une paire de cabanes avec leurs coure et leurs enclos (paddocks) donnera une idée des meilleures dispositions à prendre. L'on peut bâtir les cabanes en briques, en pierre, en bois ou en joncs, suivant le goût et les moyens du propriétaire, et cela coûtera de 50 livres sterling (1,250) à 10 livres sterling (250) par cabane, si on les construit
fiimplsmcnt ; mais si oxi veux les omer, il fktiâf^ p^y^ êc^Iofi le vôààe de déeor* Dam tons les cas, les ^imeiisioBs doiretit être de 15 pieds suf 12, tant pour les barraques que pour les eoufs, et rentrée doit être invariablement tournée verô le sud^ soit direetement, soit à un ou deux quarts à l'est ù\i à V&uest. La porte ne devrait jamais ouvrir dans une autre di-^ reetion, parce qu'il arrive souvent au commenc^nent du printemps que le temps est trop froid et trop humide pour laieest sortir la jument et son poulain. L'on peut cependant donner pdssage aux rayons du soleil en ouvrant la moitié supérieure ée la porte, ce qui sera très profitable au poulain, qui a autant besoin du soleil que du lait de sa mère. Quand les matériaux sont d'un prix très-élevé et que l'on veut limiter sa dépense, une cabane de douze pieds carrés peut suffire à la rigueur, maie en trouvera bien l'emploi de trois pieds de plus en longueur ; oda est toujours désirable sans être indispensable. Quant k la hautéuri je dirai que huit pieds suffisent, parce que ces baraques n'étant jamais hermétiquement fermées, il n'est pas important de leur donner uùe grande élévation; si on les fait trop hautes elles devieiment très- froides dans les longues nuits d'idver, tandis qu'en les limitant à huit pieds, la chaleur du corps de la jument élève assez la température pour préserver le poiUain pendantles gelées. Dans tous les cas, la toiture doit être en chaume, c'est frais en été et chaud en hiver, et eomma ces cabanes sont toujours éloignées de l'habitation, l'inconvément d'être sujet à l'incendie disparaît. Après le chaume, les toilee donnent la température la plus égale ; mais quoique très-supérieures aux ardoises, elles ne soutiennent pas la comparaison avec le chaume. Les murs peuvent être en briques ou en pierres, qui sont les matériaux les meilleurs et les plus désirables ; égBr lement bons sous tous les rapports, le choix doit dépendre du prix de la matière dans chaque localité. Les planches font de mauvais murs, il est bien difficile de tenir une habitation ainsi fermée à l'abri du froid et de^ courants d'air qui arrivent par des fentes trèsrfines sur la jument et son produit, ce qui est pire que de les laisser en plein air. Parmi les matériaux peu dispendieux, le meilleur est Tajonc ou genêt épineux, lorsque l'on ^aa sous la main. Il fournit un excellent abri contre le froid et l'humidité, et n'a d'autres défauts que de tenir beaucoup de place et de ne pas durer longtemps. H durera toutefois dix ou douze ans, et qusmd l'élevage a'ast qu'une expéri^âce^ il est
fSÊiViÊ M ttiêfu pi^obflibk que les osbunee m f&jdnd dtË^^6!it Ussi lon^^mp» que le capriee an propriétaipe pour Téleva^d lit» poulains de pur sang. Dan» tous les cas^ les portes doiveait 6tre kt^ et hautes^ savoir : sept pieds et demi sur quatre pieds e( éemi, et tous lés angles attendis ; de» bourrelets autour des mdn* tttls dô la porte sont un surcroît de prédaution fort utile. La mrdoit être entourée de planches ou par une barriôfe d'ajdncs jusqu'à une hauteur de sept pieds. La porte doit être en orme •a en chêne et faite en deux portions, de façon que la pai*tie flifSrieure puisse se fermer indépendamment de la partie supé^ Meure, pour pouvoir donner de Tair quand le temps ne |)ëiinët piu(à la jument et à son poulain de quitter la barraque : Voû ddf ^reer dans la muraille une petite fenêtre et les mangeoires tostndtefi ainsi qu'il suit 2 Dans un coin Ton plaeera pour la jument une mangeoire de bonne hauteur, surmontée d'un anseaa pour l'attacher, dans l'autre coin une plus petite ponat le (nnlflin. Par cet arrangement la mère Une fois attachée He fleut manger l'avoine de son poulain. Le râtelier est inîeUK établi sur l'extérieur du mur, de sorte que le groom puisse k remplir de foin sans entrer dans la cabane. On obtient 16 féffultat et faisant saillir à l'extérieur la p^^rtie du l'àte^er fermée par un couvercle, de peur d'humidité, et en posant lès »yods à l'extérieur. Cette disposition prévient les chances d'a(f fiâent résultant des gambades du poulain qui le mènent à mal, si tout n'a pas été calculé pour en détruire les occasions. Daôs k laroisième coin, celui qui n'est pas occupé par la pdrte, se bouve un réservoir d'eau qui peut être en fer et devrait totl^ jôuîB être rempli d'eau fraîche et douce provenant d'une rivièl^,. d'un étang ou de la pluie du ciel* Le sol doit être paVé en silet, tt pierre ordinaire ou en briques très -dures ; au centre il doit 3? Vfm m égouttoir bien grillé. La cour doit être pavé de te siéme façon, bien que cène soit pas essentiel. Quelquefois on Ift tteat remplie d'argile brûlée^ qui remplit le double objet d'ab^ »îber l'urine et de l'empêcher de se corrompre, propriété pai*tfeulière à l'argile. On la change toutes les fois qu'elle es* ««tarée et on la trwnsporte loin des juments et poulains. Ltt séptoationœitre les deux cours doit être ouverte en partie, afin dé permettre aux poulains de faire connaissance ftvslnt de les met- ^ dehors ensemble, ce que Ton fait ordinaîreinent eil les sevmt; s'ils Bont étrangers lun et l'autre ils se tourmentent de V^be^iee de leurs mères beaucoup plus que quand ilà efït eH
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Tavantag^ de ne fréquenter^antérieurem^. Quand on 6m{^loie TajonCy voici la méthode à suivre : l'on* commence à fixer les montaats verticaux, soit en chéne^ soit en bon pin de Memel, bien solide. Ils doivent être équarris de six pouces sur quatre» espacés de six pieds et enfoncés en terre de trois pieds.
L'on étabUt ensuite le cadre, la sablière et les chevrons, l'on tire parti de toute la surface intérieure en clouant des lattes de mélèze ou autre bois les unes contre les autres, en travers des pieds droits, en ayant bien soin d'arrondir les extrémités qui dépassent le montant. De cette façon l'intérieur est passablement imi et fl ne peut arriver d'accidents par suite de l'introduction de la jambe du poulain dans quelque fente entre les traverses, si on a eu soin de bien clouer et de ne pas laisser d'intervalles. Quand ce cadre intérieur est terminé, l'on applique les ajoncs à l'extérieur comme il suit : D'abord, on les coupe . en petites branches ayant un pied ou quinze pouces de tige, puis on les couche entre les montants, les tiges tournées en haut et en dedans, et les bouts piquants en bas et en dehors. Quand, par une suite de couches de ces plantes en brosse, l'on a atteint une hauteur de dix-huit pouces, l'on prend ime perche de six pieds forte et dure, à peu près de la grosseur d'un . manche à balsd, on l'étend sur le milieu des ajoncs, de manière à l'assujettir contre les traverses entre les montants ; les ouvriers s'agenouillent sur cette perche et, avec son aide, compriment les brins d'ajoncs dans le plus petit volume possible. Pendant qu'il est ainsi comprimé, on le fixe au châssis intérieur au moyen de cinq ou six tenons de fil de fer. Quand cela se fait convenablement, les ajoncs sont si bien fixés et tellement serrés que ni le vent ni la pluie ne peuvent y pénétrer, et toute la malice destructive du poulain ne peut en retirer un seul brin. Après avoir fixé la première couche on en établit une seconde par le même procédé. Quand cela est fait avec soin, l'extérieur est uni comme un mur de briques; mais s'il y a quelques branches très saillantes, on peut les tondre avec les ciseaux ad hoc ou les couper avec la faucille employée ordinairement à niveler les haies. Quand on veut que l'extérieur soit bien imi, on emploie le couteau: «n usage pour mettre le foin en bottes ; mais les bouts naturels, quoique moins réguliers, protègent mieux et durent plus longtemps que les ajoncs coupée. Quelquefois les tiges projettent à l'intérieur, et, dans ce cas, doivent être égalisées avec soin. Les fermetures des
K.II fit
^rtes ne doivent point faire saillie, et rien ne répond mieux to but que le verrou ordinaire, qu'aucun poulain ne réussira à ouvrir. Toutes les pièces de bois doivent être peintes avec de la peinture commune ou mieux encore goudronnées; cette dernière méthode est la meilleure pour empêcher le jeune poulain le lécher et de mordre les parties saillantes ; cette mauvaise habitude engendre souvent le tic en Vair ou sur la mangeoire. Les cours devraient avoir deux barrières, chacune ouvrant dans Tun des enclos (ou paddocks) séparés, de sorte que Ton* puisse fermer un paddock et les laisser paître dans Tautre ; cela permet à Therbe de pousser et diversifie le pâturage. Dans le plan ci -contre, A 1 et A 2 représentent les cabanes, B 1 et B 2 les deux cours. Cl et C 2 les deux pâturages d'en haut, D 1 et D 2 ceux qui servent à alterner. En fermant Tune des deux barrières de la cour, l'autre donnera accès dans le paddock choisi pour la jument et le poulain. Dans toutes les barrières en bois on doit, entre les barreaux, mettre beaucoup d'ajoncs ou d'épines, afin qu'un poulain qui aura glissé contre la barrière ne se blesse pas, ou même ne s'engage sous les barreaux. Cet accident en a perdu plus d'un, et la seule manière certaine de s'en garantir est de faire toutes les barrières avec ces matériaux, dont l'un ou Tautre sera toujours sous la main. (Voir PI. Ilfig. 1.)
84. — Une certaine quantité de terre labourable devra toU' jours se trouver à côté des prairies, afin de produire de la lujseme, du seigle, des carottes et pour la nourriture des premiers temps du printemps. L'on doit se rappeler que l'on cherche à fedre pouliner la jument de pur sang aussi près possible que du commencement de l'année, parce que son produit compte son âge du P' de janvier, et avec des poulains de deux ans, un ou deux mois de plus ont ime grande importance. Il y a peu de situations où l'on trouve beaucoup d'herbe pour la jument ayant le V^ de mai, il faut donc donner quelque chose de haché avec des carottes ou des navets de Suède. Cela ne peut s'obtenir économiquement que dans la ferme d'élevage elle-même, et il faut en faire provision pour en fournir dès le commencement de l'année. Le ray-g^rass italien donne généralement la récolte !a plus précoce, et si le sol lui est propice il ne faut pas manquer d'en planter. Les navets de Suède sont profitables, maispas autant que le ray-grass italien. Les carottes aussi sont utiles, mais dans tous les cas les navets et les carottç^ doivent se cou-
JQ6 LE CHEVAL ANGI^A^S.
per ^x\ petits raovc^m^ pour ne pas étquffer le ppulq^iu pu vs\è^\^ la jument, car cet accident est arrivé plusieurs * fois à Tun pu ^ Vautre, l-a luzerne vient bientôt après le ray-grass, et c'est une admirable nourriture pour la jument qui ' allaite. Les vesce§ viennent trop tard, sont trop échauffantes, et n'approchent pa§ de la luzerne.
Section II. — Soins à donner à la pouUnière.
85. Ici, d'aprèsl' ordre naturel des choses, Von doit s'attendre
à des conseils sur le choix de la poulinière, sur je meilleur croiseT inent à opérer ; mais, pour plus de simplicité, il vaudra mieu^ déçrirp les arrangements 4u haras d'élevage, le dressage et l'entraînement des jeunes animaux, et finalement considérer quelles sont les meilleures sources pour pro4uire des chevaux de course, après avoir examiné à fond les divers éléments de succès sur le turf, aussi bien qiie le steeple-chase, la cpurse d^ haies, etc. C'est, jusqu'à un certain point, mettre la charrette avant les chevaux, mais comme cela rendra plus intelligible ç^ sujet mystérieux, je préfère ce plan à celui plus régulî^f en apparence que je n'ai pas jugé à propos 4' adopter. ^QQ, — La durée de la gestation pour la jument est de onze mois, et en conséquence, elle ne devrait jamais être présentée à l'étalon avant la fin de la première semaine de février. Assurément l'on courra de grands risques en l'envoyant avant le milieu et même la fin du mois, puisque bien des poulinières met^ tent bas quinze jours avant le terme prévu. Si cela arrive à une jument qui a conçu le 8 ou le 9 février, le poulain naîtra dans la dernière semaine de décembre ; voilà son âge augmenté d'un an, il est hors d'état de prendre part aux luttes avec le poids pour l'âge, et, en fait, n'a plus de chances pour ga^er une course. La jument devrait être laissée ep liberté dans le pré pendant le jour, vu que l'exercice est fort utile à sa santé, et en outre, il faut tenir loin de sa vue tout ce qui peut l'épouvanter ou l'attrister, comme un porc que |'on égorge, ou la vue, ou seulement l'odeur du sang. Quelquefois une sorte d'épizootîe cause une série d'avortements ou naissances prématurées, et presque toutes les juments de la ferme sont successivement victimes de ces accidents, sans que l'on connaisse aucun naoyep de lés prévenir. Quand la jument approche de son terme , on le reconnaît au gonflement des mamelles et à la dépression des muscles de chaque côté de la croupe, ce ^ue les maréchaux ap-
pellent renfoncement des os. Quand ces signes apparaissent, Ton doit avoir constamment les yeux sur lajumeqt pour pouvoir lui porter secours dans le cas où le fœtus ne se présenterait pas bien. La manière de venir au monde pour les pqulains, c'est par les jambes de devant, et si, après qu'elles ont feit apparition, le nez ne tarde pas à se montrer, tout peut être considéré comme en règle, et il n'y a point d'alarmes à concevoir. Quelquefois avec un gros poulain et un pelvis peu développé, il y aura avantage à donner un peu eu tirant doucement sur les jambes quand la tête est bien sortie, mais le cas est rarej et quand le fœtus se montre naturellement, il eôt rare qu'il y ait à s'en mêler. Si cependant l'animal ne naît pas régulièrement et que la tête se présente stiins les jambes, ou les jambes de derrière les premières, ou si la tête est repliée sur le corps, il &ut avoir recours au vétérinaire, h moins que le palefrenier prpsent ne se trouve d'une dextérité au-dessus de l'ordinaire. L'opérateur de profession cherche ordinairement à retourner Je poulain, mais cela tiemande beaucoup de soin et d'adresse pour y réussir sans danger pour le jeune animal. Aussitôt qu'il e&t né, la mère doit avoir fecilité pour le nettoyer, et le palefrenier retire les spcondines. Il faut ensuite donner à la jument un peu de gruau chaud, et si elle est très-épuiaée, une pinte enviroQ d'ale forte (plus ou moins, selon les circonstances). Souvent , ^ la naissance de son, premier poulain, la jument le refuse ; nonseulement elle ne le nettoie pas , mais elle ne veut pas le laisser téter. Dans ce cas, le palefrenier doit la traire et la caimer. Quand le pis commence à se vider, alors elle éprouye du soulagement et laisse ordinairement téter son petit. Il ne faut jamais les laisser seuls avant que cela n'ait eu lieu, sans qupi l'on court le danger de voir la jument blesser mortellement son produit. Avant que le poulain ne soit sec, il faut lui peigner la crinière et la faire tomber d'un c0té ; avec cette précaution l'on évite ce vilain aspect hérissé que prend le jeupe aninaal, si la moitié des crins pend h droite et le reste à gauche. Pour les premières vingt-quatre heures, rien que du gruau chaud avec fort peu de foin suffisent h la jument; mais quand la sécrétiou du lait est pleinement établie, il faut de l'avoine , des barbotages au son et h la drèche, des carottes, de la luzerne ou un vert quelconque, suivant la saison où l'on se trouve.
87. — Le meilleur moment pour ramener la jun^ent à l'étalon est le di:^ième jouf ^près qu'elle a pouliné, laissant neuf jours
pleins entre les deux faits. Un éleveur d'une grande expérience m'a assuré que c'était meilleur que la monte faite le neuvième jour. Souvent il arrive toutefois que ce terme serait trop rapproché, comme quand la naissance a eu Keu au commencement de janvier ; si vous rameniez la jimient à l'étalon, elle pourrait la fois suivante pouliner en décembre, ce qui est soigneusement à éviter. Il faut donc, pour cette raison, différer l'accouplement, et c'est une des causes de la fréquence des stérilités chez les jimients de pur sang, dont un tiers environ chaque année se trouvent stériles et ne rapportent aucun profit à l'éleveur. Une autre cause de stérilité est l'abus de l'avoine, qui les tient dans un état d'excitation contre nature, tout l'opposé de cette fraîcheur de tout le système nécessaire pour que les organes de la génération soient à leur plus haut degré de perfection. Souvent une jument qui travaille beaucoup refuse l'étalon ; ce n'est pas qu'eue ne soit apte à concevoir, mais c'est qu'elle est trop engrainéa^ et l'on ne peut la remettre en état qu'en la mettant longtemps au vert ; cela rafraîchit le sang et *cela permet à toutes les fonctions de s'opérer sans inflammation. Ce dernier état est l'antidote de la fécondation. Il est d'usage, après avoir conduit la jument à l'étalon, d'y revenir tous les neuf jours, jusqu'à ce qu'elle le refuse, alors elle est considérée conune pleine; mais bien des juments continueront à accepter le mâle longtemps après avoir été fécondées, et quoique cette règle ne soit pas mauvaise, elle est loin d'être invariable. Si la jument éprouvait de la constipation, ce qui est rare avec le régime qu'elle doit suivre, on doit lui donner une dose d'huile de castor. La boule d'aloës, employée ordinairement, ne convient pas h la jument pendant la période de l'allaitement.
Section HL — Soins à donner au poulain.
88. — ^L'on doit commencer à manier le poulain aussitôt qu'il est né, parce que c'est à ce moment qu'il est plus facile de le reudre doux et indifférent à la présence du palefrenier. Celui-ci doit se faire une habitude de lui frotter la tête, de lui éplucher les pieds, longtemps avant qu'il y ait heu de s'occuper de ces parties. Mais si l'on diffère ces pratiques jusqu'au moment où elles deviennent réellement nécessaires, le poulain est sauvage et intraitable, et l'on ne peut le médicamenter ou lui administrer toute autre chose sans un degré de violence dangereux pour son avenir. Les poulains sont très sujets h la diarrhée, et on doit
Tarrèter tout de suite par un breuvage composé d*eau de riz avec uue on deux drachmes de laudanum, qui réussira presque toujours si on l'administre de nouveau après chaque défécation irrégulière. Dans tous les cas, en hiver comme en été, il faut laisser pénétrer le soleil dans la cabane, et sans cela aucun jeune animal ne pourrait conserver la santé. Si le temps est très mauvais, par suite d'humidité ou de froid. Ton n'ouvrira que la partie supérieure de la porte pendant que le soleil donne. Si au ' contraire le temps est sec, la mère et le poulain doivent être lâchés dans la cour; si le temps n'est pas très au froid et à la gelée, on peut les laisser aller au paddock, mais peu de temps. Au bout d'un mois le poulain commencera à manger de l'avoine concassée, qu'on peut lui mettre dans sa mangeoire basse, la jument restant attachée vis à vis de la sienne. Plus le poulain en mangera, plus il profitera, car je n'ai jamais ouï dire qu'un poulain eût voulu manger jusqu'à se faire mal de ce genre de nourriture , qui est fondamental pour le jeune cheval de course. Beaucoup des succès dépendent de l'accroissement prématuré que leur donne l'avoine, et pour la prospérité du jeune animal, ni lui ni sa mère n'en peuvent guère trop manger ; mais par les raisons exposées dans le paragraphe 87, il faut user de ménagement à cet égard vis-à-vis de la jument, jusqu'à ce qu'elle soit décidément fécondée. Quand la jument est attachée, la longe ne doit pas être trop longue ni attachée à un anneau placé trop bas, car il est souvent arrivé qu'un poulain s'est enchevêtré dans une longe trop basse et s'est perdu par ses propres efforts ou ceux de sa mère. A six mois, il est d'usage de sevrer le poulain, mais auparavant il faut l'habituer à un licou léger et bien ajusté avec lequel on le conduit à l'aide d'une longe en tissu fixée par une boucle. C'est plus facile à faire avant le sevrage, parce que la mère sert à attirer le poulain, et en s'y prenant avec adresse il se trouve moitié séduit, moitié mené ; si, au contraire, le petit animal est tout à fait seul, il fera résistance pour tâcher de s'échapper, et l'on n'en viendra pas si facilement à bout. Deux quarts d'avoine concassée doivent maintenant être donnés pendant le jour au poulain avec l'herbe de la belle saison, il sera en embonpoint et doit déjà être un animal d'une certaine taille. C'est par ce régime que l'on rend les poulains forts et vigoureux avant l'hiver, saison pendant laquelle leurs progrès sont loin d'être aussi rapides que dans l'été, d'autant plus qu'en dépit de toutes les
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précautions, ily a toujours quelque mécompte, tels que Aumes, dyssenteries, etc. C'est dans ce mode de ûourritiire que réside le grand secret de Télevage du cheval de course, et bien que le lait de vache, les navets cuits à la vapeur, puissent rendre le cheval d'un an gras et charnu, vous ne verrez jamaiâ cette apparence de race et de condition que donne Tavoine, et puis quand on met un poulain ainsi engraissé en entraînement, ii ne supporte pas Tépreuve comme le font ordinairement les poulains et pouliches qui ont mangé beaucoup de grain. A cet âge et nourris de la sorte, les poulains sont malins comme des singes, et il faut avoir grand soin de ne laisser sur leur passage rien qui puisse leur faire mal : les balais, les pelles, les fourches, les seaux doivent se mettre hors de leur portée ; toutes les fermetures et haies d'enclos doivent être tenues dans un état parfait ; malgré toutes les précautions, ils se donneront des efforts en jouant, mais si Ton néglige celles que nous venons d'indiquer, il en résultera des conséquences fatales pour les membres ou pour la vie du jeune animal. En temps d'hiver, les produits de pur sang devraient être soigneusement mis à l'abri pendant la nuit, et leur ration d'avoine peut être augmentée jusqu'à trois quarts par jour ; dès que l'herbe vient à manquer, il faut y joindre beaucoup de bon vieux foin, et par occasion quelques carottes ou navets de Suède soigneusement coupés en tranches. Pendant ce temps, il faut encore constamment les manier et les conduire en main. Pour passer d'un pâturage à un autre, il né faut pas manquer d'attraper son poulain et de Yj conduire à la longe; l'absence de cette précaution est une source perpétuelle d'accidents, et en l'adoptant l'on ne fait que suivre une fois de plus le précepte de toujours manier les jeuneâ animaux, même quand il n'y a point de déplacements k opérer. Ces remarques nous ont mené jusqu'à l'époque où il faut dresser et entraîner le poulain d'un an. A cette époque, c'est-à- dire au second été, et dès qu'il y a abondance d'herbe, le poulain d'un an doit prendre l'apparence du cheval, avec des bras et des cuisses bien développés et une bonne quantité de graisse qui, bien qu'inutile pour la course, est toujours un indice de belle santé et se montrera toujours sur les côtes d'un poulain sain et vigoureux, en dépit de tout l'exercice que son ardeur lui fait prendre sous forme de gambades et temps de galop. Dans ies premiers mois du printemps l'on ne peut, en raison de Ta nourriture, espérer beaucoup d'enbonpoint, mais après le
LE CHEVAL ANGLAIS. lll
Ifaoîs dé inài^ là bhaîr ddit êti'e plutôt ^leihe et ronde qùë séché et nerveuse ; condition qui prèsagfe une délicatesse de cbtistitil • tîoîi contraire à ce que Ton attend d'un cheval de course.
89. — Il est quelquefois née essairi? de médicaihenter le poulain quand il refiise sa tiourriture^ qu'il éprouve de la constipation, que ses yeux s'enflamment où (Jue tout autre symptôihe indique excès d'avoine. Ces dérangements sôtit fort communs, et le remède est la boule usuelle d'aloès (voyez, poui* la dosé et la maûièré d'administrer, le chapitre des maladies du cheval); Le quart de là boule ordinaire est la plitô petite dose qui puisse faire effet sur le poulain.