‹ Le cheval anglais: extrait du manuel du sportChapitre 34 sur 62 · LE DRESSAGE · texte numérisé non relu

LE DRESSAGE

Section F^. — Ecuries nécessaires pour les poulains de course.

90. — Les écuries, telles que nous les avons décrites au § 58, suffisantes pour les chevaux de course dans les conditions ordinaires, ne vaudraient rien pour le premier établissement des poulains et pouliches, qui ont besoin de plus d'air et d'espacé que les vieux chevaux^ et il faut un temps considérable avant qu'ils s'accoutument aux écuries plus chaudes et plus sombreà qui conviennent aux chevaux qui font de la besogne un peu dure. Non-seulement il faut pour chaque poulain une vaste box, mais encore une cour ou petit paddock où ils puissent prendre naturellement en détail l'exercice que l'on ne peut pas leur donner, artificiellement à assez forte dose pour maintenir leur santé. En général, le dressage commence pendant la saison d'été, et il n'y a aucun danger à laisser le poulain dehors, em liberté, aux heures qui ne sont pas employées aux leçons de récuyer;. Il est donc nécessaire d'avoir une suite de boxes bien aéréœ, séparées l'une de l'autre de la même façon que celles que nous avons déjà décrites, mais de plus grande dimension, ayant au moins dix-huit pieds sur douze et avec une très-libre circulation d'air. Il vaut mieux les faire ouvertes jusqu'au toit, puisque, dans les saisons froides, on ne s'en sert jamais pour les chevaux. Elles peuvent alors être réservées en cas de nécessité pour tout autre bétail. A tout événement, dans les circonstances actuelles^ il faut les aérer autant que pos^ble. Beaucoup de

gens ne sont pas d'avis de donner de la litière en ce moment ; elle diflPêre trop à\\ gazon frais auquel le poulain a été accoutumé, et on recommande le tan comme un meilleur sol à donner à une box. Je crois qu'ils sont dans le vrai, et que ce sol est celui qui prête le moins à ces contractions du pied qui arrivent si souvent au cheval soumis à l'entraînement. L'on devrait se procurer un paddock ombragé, avec un gazon aussi doux que possible. L'on peut commencer la journée en y lâchant le poulain pour une heure ou deux, et en faire autant le soir, laissant le milieu de la journée au travail du dressage. Ce système pourvoit en même temps au changement graduel de nourriture, puisque le poulain mangera toujours un peu d'herbe quand il sera dehors ; pendant toute la nuit, il n'aura que son oin. Il y a longtemps qu'il est accoutumé à l'avoine, et il continuera à la considérer comme un régal.

Section II. — La longe*

Le travail avec un caveçon doit précéder tous les autres, et il faut le continuer pendant deux ou trois semaines, sans donner aucune autre leçon, si l'on a du temps et que Ton veuille donner au poulain une éducation parfaite. On lui met xm surfaix, une croupière avec de longues courroies pendant sur les hanches, qui doivent l'accoutumer à une couverture flottante, ou tout autre dérangement dans son accoutrement qui pourra suiv venir plus tard. Dans cet équipage, et de longues guêtres genouillères aux jambes de devant pour les garder des coups, l'on conduit le poulain à travers le pays , soit en marchant devant lui, soit en montant un hack bien calme. La première semaine, il faut ordinairement rester sur le gazon le plus doux, ce qui dispensera de le faire ferrer. Même sur un pareil terrain, il s'accoutumera graduellement aux charrettes, aux wagons, aux troupeaux de moutons, aux bœufs, etc., et tous les jours acquerra de la confiance en lui-même et en son conducteur. On ne lui met pas encore de mors dans la bouche, l'usage prématuré de cet aide pendant que le poulain est encore sournois et disposé à résister, ne fait que le rendre plus timide et moins maniable qu'avec le simple caveçon.

Section III. — Le ferrage.

92. — Lé ferrage doit commencer aussitôt que le poulain est en état d'être mené sur les routes. Il arrivera souvdnt qu'il aura

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envie de sauter et de gambader à la vue d'objets nouveaux pour lui. Si les pieds ne sont pas ferrés, il cassera la croûte et se fera mal pour plusieurs semaines. Il vaut mieux en conséquence lui mettre des fers courts aux pieds de devant, mais ceux de derrière peuvent peut-être rester encore quelque temps dans leur état naturel. Quant à moi, je ne vois pas gïand avantage & ce délai, mais il est fort en usage pour les poulains de pur sang ; avec les poulains très-sauvages ou qui ont été maltraités, cette précaution est souvent nécessaire, en ce qu'ils résistent beaucoup plus au maréchal pour les pieds de derrière que pour ceux de devant. Les fers doivent être soigneusement cloués, bien élégants et légers. Il faut régulièrement examiner la ferrure et changer les fers toutes les trois semaines. Les maréchaux ont la manie bien fréquente d'abattre les talons de ces poulains, mais à mon avis, en ne mettant que des sortes de demifers, les talons peuvent être laissés dans l'état de nature et ne demanderont guère à être rognés jusqu'à ce que le cheval soit ferré en entier, et qu'il faudra protéger les talons et la fourchette du contact du sol.

Section IF. — V attache à Vémrie.

Ô3. — Nous arrivons au point où il faut attacher dans une Halle. Les poulains ont à en contracter l'habitude ; bien qu'ils connaissent déjà la puissance de la longe dans leurs efforts pour éviter les objets qui les effrayaient en passant, ceci diminuera beaucoup leur résistance à rester tranquilles à l'écurie. La têtière doit être bien ajustée, et la sous-gorge asiez serrée pour que le poulain ne puisse s'en débarrasser, car s'il y réussit une fois il essaiera longtemps de recommencer. Quelquefois les poulains sont très-remuants, dans ce cas il faut les forcer à se tenir tranquilles au moyen de boules de bois attachées au paturon au moyen de courroies. Il prendra vite l'habitude de rester tranquille pour éviter les coups qu'il ressentira toutes les fois qu'il se démènera ou qu'il se jettera de côté et d'autre. On peut lui mettre un poitrail comme préliminaire de la couverte de poitrine. En outre, ce poitrail retiendra le surfaix qui tend à couler en arrière vers le flanc, ce qui irriterait le jeune animal. C'est le moment de l'accoutumer aux pratiques ordinaires de l'écurie, telles que le lavage des pieds, le pansage, le frottement sur les jambes avec la main, etc. Le poulain doit appren dre à tourner de côté et d'autre dans la stalle à la parole de son

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palëfréhiëp. 'tout cela peiit être enseigné par le ^obm sans le secours d'aucun êcuyer de profession, à moins que le caractère du poulain ne soit assez mauvais pour exiger un talent et tiné adresse particuliers. Encore dans ce cas, le groom accoutumé âtix bhevaux de pur sang est souvient pla<5 adroit que Técajer qui est occupé à dresser toute sorte d'animaux et n'a pas assez de temps à consacrer à ces jprécieujc poulains. Ce n'est K^u'à force dé temps que l'on soumet ces jeunes animaux ; si on les brusque, ils deviennent vicieux et ne peuvent plus remplir le but pour lequel ils étaient d'ailleurs très-bien organisés. Leur nourriture est si excitante, qu'ils sont pleins d'ardeur et se défendront jusqu'à la mort si on provoque la résistance par les mauvais traitements ou trop de précipitation dans le dressa^ . C'est donc principalement J)ar les caresses et l'éducâtioni graduelle que l'on vient à bout de l'animal et qu'on l'amène pas à pas à abdiquer toutes ses volontés en fiiveùr d'un enfant de douze ans et même moins.

Section V. — Dressage.

94. — Le travail à la longe doit maintenant conunencer, et il fiiudra une seconde personne pour forcer le poulain à marcher en cercle, en .le menàçaht de la chambrière. On fait revêtir le caveçon, .les guêtres, le surfaix, la croupière, etc., et une longe eh tissu s'attache à l'ailnôau de chanfrein du caveçon, précisément conmie pour fistire feîre au poulain sa promenade ordinaire. Mais au lieu de le mener en main sur la ligne droite, oh le fait marcher en cercle sur un gazon doux, et quand il le ftdt voiohtiers, on commence à le fitîre galoper doucement en cercle (à l'allure cadencée ou canter), l'aide suivant par derrière, jusqu'à ce qu'il sache aller tout seul, ce qu'il apprendra prpmptettient à fiiire. Aussitôt qu'il a fiiit une douzaitie de tours dans uûe direction, on doit le remettre sur la voie inverse, cela prévient lés étourdissemente et la fatigue d'\m des membres plutôt ^ue de l'autre. Pendant le dressage l'on continue à suivre cette méthode qui est excellente pour calmer le t)oulain eh lui donnant la dose d'exercice hécessaire au pas et au galop; mais oh n'applique pas ce système de la même façon que pour le dressage ordinaire des hacks et des carrossiers. Il sert à mettre sur les hanches les chevaux de cette sorte, mais c'est une modification des allures naturelles nullement à désirer chez les chevaux dé course ; il est au contraire souvent nécessaire de le

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faire allonger plus qu'il ne serait porté à lé ftlirë ; tiidîns il fest sur les hanches, meilleure est son allure. C'est pourquoi Tbil ilé fait jamais servir le mors à l'asseoir sur les jambes dé derrière, au contraire, on lui apprend à s'étendre en jouant avec le mors et en résistant à la tendance qu'il a de restreindre la tête»

95. — Maintenant Ton peut mettre le mors. Sa constructibii et sa forme sont d'une extrême importance pour obtenir plus tard la finesse de bouche qui est si essentielle pour î'alliiré dû coursier. Pour aucun cheval, le bridon n'est plus avantageux que pour le cheval de course^ chez lequel le mors de bride tend à raccourcir l'allure. Cependant, quand il tire très-fort^ il viaùt encore mieux en subir l'inconvénient que dô lui voir emporter son cavalier, puis se dérober ou perdre toutes ses chances ëii s'étouiBRant par l'excte de sa rapidité au commencement de là course. Il est donc doublement nécessaire d'éviter de réhdk*ë douloureux les coins de la bouche ; car, s'ils tombent une fbis dans cet état, il est à peu près certain qu'ils déviendront après plus ou moins calleux et insensibles. Or, si durant le dressage on se sert d'un bridon, n'importe de quelle sorte ou de quelle dimension, on est presque sûr d'arriver à ce résultat, sôit par la réâstancé du cheval au morsj soit qUand on le lui tnettra daxis l'écurie. Pour remédier à tout cela-, il fttut substithéi» àti bridon le mors sans articulation, en forme de segment dé cercle, avec des defe attachées au centre^ suivant l'usage. Là fornié du segment est meilleure que celle du mors droit sur lequel le poulain est porté à tirer d'un côté, ce (jui lui rendra là boùiché inégale^ tandis que debout à l'écurie, avec les rênes bôUclées àii surfaix, il ne peut faire autrement que de tirer également sur toutes les parties de sa bouche, ôoit qu'il rapproche ses lêvre& d'un côté ou de l'autre du mors. C'est un point important pour le dressage de tous les poulains et doublement pout* ceux dé course, qui doivent conserver assez de finesse de sensation pdur pouvoir être tournés avec justesse dans les coins, satis perdre du terrain, et par conséquent s'éloigner du but. Mais, avec ce mors, la bouché se fait graduellement sans produire dé douleur dans les parties qui plus tard doivent goûter le mors. Lé trait essentiel de ce mors est là ; car, comme la langue et les gencives supportent principalement sa pression, les coins de la bouche ae le touchent qu'à la volonté du poulain ; c'est en jouant que le contact a lieu, et alors seulement assez doucement pour éviter toute douleur (v. pi. II, fig. 2); L'on peut donc sô Sérvîir

sans crainte de ce mors dans toute occasion, jusqu'à cô (juê le poulain soit en état de prendre les galops d'entraînement. Alors, il faut lui mettre un fort bridon que Ton diminue ^aduellement jusqu'à ce que Ton arrive à cette façon fine et élégante que Ton appelle le bridon de course. Toutefois, ce bridon n'a pas besoin d'être à beaucoup près aussi petit pour le cheval dressé avec le mors segmentaire que pour celui qui a été embouché à la maniéré ordinaire. Le mors doit être posé sans essayer en aucune façon d'apprendre au poulain à jouer avec; mais on peut le laisser dans la bouche pendant qu'on mène le cheval au caveçon et sans attacher les rênes. Quand cela a été fait pendant un ou deux jours, l'on met les rênes et on les attache aux boucles de surfaix croisées par dessus le garrot. D'abord, elles doivent être ajustées trèsrmodérément, juste assez pour que le cheval n'ait pas la tête tout à fait dans sa position habituelle. Ainsi accoutré, on peut le laisser une lienre dans sa box, sans compter la promenade au caveçon avec le bridon dans la bouche. Tous les jours on peut raccourcir de un ou deux trous, et cela plutôt dans la box que dehors, où il faut aller par graduations insensibles. Il y a des poulains qui commencent très- tôt à goûter le mors et à jouer avec ; d'autres sont boudeurs pendant un ou deux jours et pendent constanunent dessus dans l'espoir de s'en débarrasser. Tous à la fin finissent par goûter le mors, et, quand ils le font avec facilité, l'écuyer doit montrer au poulain la signification du mors ei^ le faisant arrêter et reculer par ses effets pendant le travail du dehors. Il faut prendre avec justesse de chaque main les anneaux latéraux, et, par une pression continue, faire arrêter et reculer le poulain, mais sans l'alarmer. Encouragé par la douceur et les bons traitements, il s'accoutumera bien vite à l'usage du mors, et il ne faudra que dix ou quinze jours pour arriver au résultat que nous appelons se faire une bouche^ qui n'est autre chose que donner un surcroît de délicatesse au sens du toucher dans la région des lèvres. Quand on en est à ce degré et que l'on a obtenu l'obéissance au mors, c'est-à-dire que le poulain se porte en avant ou en arrière, suivant que l'on amène sa tête dans l'une ou l'autre direction en tenant le mors à deux mains, le poulain peut apprendre à reculer. Pendant toute la période du dressage, un travail lent et quotidien à la longe et de la promenade au pas empêchent le poulain d'avoir une exubérance de force, de sorte que tous les jours il éprouve plus ou moins de fatigue.

96. — Avant d'enseigner à reculer méthodiquement, Ton loit mettre la selle et en choisir d'abord une grande, bien rembourrée et bien ajustée, de manière à éviter toute pression louloureuse. Une attention doit se porter sur le garrot. S'il st mince et saillant, le pommeau de la seUe doit être propor* SonneUement relevé. Jusqu'à présent la poitrine n'a éprouvé l'autre pression que celle du surfaix, mais on a dû le resserrer graduellement, de façon à préparer le poulain à l'usage des sangles qui maintiennent la selle. Celle-ci doit d'abord être posée avec les sangles tout à fait lâches et l'addition î'une croupière. Le poulain la connaît déjà, et la queue qui la retient, sert souvent à empêcher la selle de peser sur le garrot, partie sensible et facile à blesser. Le poulain doit être promené et mis à la longe, avec la selle sur le dos, environ deux jours avant d'être monté, de façon à ce que toutes les parties s'habituent à la pression. L'on fait même très bien d'accroître le poids de la selle en y mettant quelqu'objet d'un poids modéré, tel que deux ou trois stones (de 12 k. 65 à 19 k. 00). On peut y mettre graduellement des sacs de plomb ou objets semblables, mais sans excéder en poids mort le chiflEre que nous venons d'indiquer. Quand le poulain a acquis de l'ha.bitude, on peut le sortir et faire travailler à la longe jusqu'à ce qu'il soit fatigué, toujours conservant la selle sur le dos. Pendant cet exercice, l'écuyer doit souvent peser considérablement sur l'un et l'autre étrier, faire claquer les étrivières sur les panneaux de la selle, de façon à accoutumer le jeune animal à ce bruit. Il est fort bon défaire ajuster au-dessus de la selle un surfaix en cuir et d'y fixer les boucles pour les rênes de côté, au lieu de les coudre à la selle elle-même. Quand tout est prêt et que le poulain est fatigué du travail à la longe, il peut être conduit à la maison de pansage qui est attenante au terrain d'exercice. Là l'écuyer lui-même ou l'un des gamins d'écurie se met en selle, usant de la plus grande douceur, comme il le faut en tout à l'égard des jeunes chevaux, et l'en- .courageant de la voix et du geste. Il est plus facile d'habituer au montoir dans l'écurie que dehors, cela alarme moins le poulain, parce qu'il est plus habitué à être manié dans cet endroit, et par conséquent, il sera moins enclin à la résistance. , Le garçon où la personne chargée du dressage devrait monter et descendre plusieurs fois, et si le poulain a un bon caractère, il laissera généralement faire tout cela sans opposer la moindre

^^ mÇUMVM. f NOTAIS.

résiçtapce. Il feut ^ donner peu d'élan pour monter, mpis le petit garçon peut se pendre après le cheyq-1 pomme pqur le caresser, et faire peser son poids sur la selle, puis il met un pied h Tétrier et appuie dessus. Quand le cheval le soufeè sans difficulté, Ton cesse de peser pendant une ou deux minutes et puis doucement et insensiblement Tenfiant s'élève à hautes de la selle, tourne la jambe par dessus et se trouve en selle. Quand le garçon s'est tenu tranquillement quelques minutes sur le dos du poulain, les rênes latérales bouclées au ^surfaix en cuir, l'on peut ajouter deux rênes supplémentaires pour son usag'e, quoiqu'au commencement il faille compter principale:^ n^ent sur l'écuyer qui conduit le poulain en main, comme par le passé, avec la longe et le caveçon. Pe la sorte l'on mène le poulain au dehors et on le promène au pas une heure ou même plu^, puis on rentre à l'écurie, et l'enfant descend de cheval. Sous aucun prétexte, cela ne doit se faire dehors dans lespyer mîers temps, parce qu'il arrive qu'en descendant, il y a bataille pour remonter et victoire pour le cheval. Dans l'écurie, on peut toujours descendre et remonter sans inconvénient, et avec le pur sang, on a rarement occasion de le faire ailleurs, jusqu'à ce que le cheval en ait pris Ths^-bitude. Si la porte dt$ l'écurie était trop petite et trop' basse pour en agir ainsi, le poulain peut être monté dans le paddock, le dresseur ayant soii^ de s'emparer de son attention, et uu troisième individu se tenant à droite pour maintenir l'animal droit et empêcher la selle de tourner quand on pèse sur l'étrier. La plupart des poulains cèdent au commencement à cette pression d'un seul côté, mais ils apprennent bientôt à y résister et finissent par ne témoigner aucun déplaisir. Mais l'on reconnaîtra que tous les poulains peuvent plus facilement être maniés par deux personnes dans une écurie spacieuse que par trois au dehors oji ils ont toujours f œil ouvert sur ce qui peut leg efifrayer, et souf toujours plus disposés à résister. La seule difficulté est d'avoir une porte suffisamment haute et large, mais si malheureusement elle est dans de petites dimensions, l'on se trouve oblîg'é de renoncer au système que nous venons de décrire.

L'enfant mis en selle doit d'abor^ rester tranquillement at patiemment immobile, et ne doit jamais clxercher à se sersdr des rênes. L'on pourrait bien se dispenser d'en mettre s'il n'était pas si rare de trouver des cavaliers sachant conserver leur assiette sans avoir quelque chose dans la m^in. Je me suis tou-

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jpuT^ t^ien trouvé 4^ boucler les rênes au c^veçofi plutôt qu'fti:^ mors, toutes les fois que les mains du cayalier n'étaient pa« très légpères. En quittant Técurie, le poulain fait le gros dos, quelquefois le saut de mouton. Cela arrive raremçpt dans Técurie et moins souvent en la quittant que si Ton monte tout à coup en plein champ. Dans pe cas Téleveur doit lui parler sévèrement et lui tenir la têtç élevée ou abaissée, suivant qu'|l veut ruer ou se cabrer. C'est principalement contre la ruaàe que le cavalier a besoin d'avoir les rênes fixées au mors, parce qu'elles peuvent servir à maintenir le poulain tranquille, en relev8|.nt promptement la tête au moment où il la baisse pour lancer la ruade. Mais si le cheval se cabre, le gamin risque fort de causer du mal en se servant des rênes, et en définitive il me paraîj; meilleur de ne pas courir les chances de produira un accident par de faux effets de rênes, toutes les fois que Ton ne mettra pas sur le poulain un cavalier très prudent et très l^abile à dresser les chevaux. Quand le poulain est tout à fait soumis pt tranquille, on peut permettre au jeune garçon de tenir les rênes, mais Vécuyer doit toujours garder la longe attachée au caveçon et se tenir prêt à aider l'enfant. Ce|ui-.ci, néanmoins, doit commencer dès à présent à essayer de |;oumer le poulain et à l'arrêter à volonté, tenant pour cela une rêne dans chaque main, bien séparée, et s'aidant delà voix et du talon. Dès qu'il paraît probable que l'enfant pourra être maître, on peut ôj:er le caveçon et mettre le poulain dans une file de chevaux assez sages pour ne pas lui donner de mauvais exemples et l'engager à faire des bonds. Pendant le dressage, il est assez prudent de diminuer la ration d'avoine, et on ne commencera guère h l'aug'menter avant les exercices au galop. Le tempérament de l'animal doit d'ailleurs être pris en considération : quelquefois l'animal est disposé à s'attrister, à maigrir, alors il sera bon d'augmenter la ration plutôt que de la diminuer. Néanmoins les animaux d'un mauvais caractère devront toujours être nourris légèrement pendant le dressage, et il faut leur donner plus de soins et leur consacrer plus de temps. Aujourd'hui l'on comprend beaucoup mieux cette partie qu'autrefois,^ et l'on gâte beaucoup moins de chevaux en les dressant. Cependant il y a encore bien des progrès à faire et le nombre de cheyaux pris de travers par l'écuyer ne laisse pas que d'être considérable. En général, les chevaux de pur sang ne supportent pas les mauvais traitements ; il y en a toutefois d'un caractère si sauvage

qu'il faut les dompter par la rigueur, mais c'est rexception, et la grande majorité se dressera sans difficulté en les maniant de bonne heure, les harnachant et les montant avec prudence et précaution. S'ils se sentent gênés par le mors ou par la selle, si la croupière les blesse, ils témoignent leur souffrance en résistant, croupionnant et refusant de marcher tranquillement. Mais h moins que quelque chose n'aille de travers, ils se laisseront monter et équiper bien plus facilement que les poulains d'espèces communes, qui rarement ont eu une têtière près des oreilles, presque jusqu'au moment d'être montés. Plus d'-une fois il m'est arrivé de monter avec assez de faciUté des poulains de pur sang huit ou dix jours après qu'on leur avait mis pour la première fois un mors dans la bouche. Ce n'est toutefois pas un bon système, plus on leur laissera de temps pour s'accoutumer au mors, plus ils deviendront maniables par la suite. L'on sera encore plusieurs mois avant de pouvoir compter sur eux en aucune circonstance, et quand on augmente la ration d'avoine, ils ne manquent pas d'essayer quelque tour de leur façon, mais les garçons peuvent très bien résister à ces sauts de gaîté, qui sont tout autre chose que les efforts d'un poulain décidé à se débarrasser de son cavaUer.

Quand toutes ces difficultés sont aplanies, l'on peut dire que le dressage est terminé et que l'entraînement du cheval de deux ans commence. Il ne reste plus qu'à faire connaître l'emploi de l'éperon et du fouet, dont on ne doit se servir que comme instrument de châtiment; c'est-à-dire que ce n'est pas une leçon de tous les jours. Tous les poulains doivent apprendre à con- . naître ces châtiments, et il sera bien rare que les occasions man-quent de les trouver en faute.

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