‹ Le cheval anglais: extrait du manuel du sportChapitre 35 sur 62 · ENTRAINEMENT DU POULAIN DE DEUX ANS · texte numérisé non relu

ENTRAINEMENT DU POULAIN DE DEUX ANS

Sect. r^ — Remarques préliminaires.

97. — Une dose de médecine sera ordinairement nécessaire à la fin du dressage, et souvent dans le cours de cet exercice. Mais en donnant de temps en temps un barbotage au son et un peu de vert mêlé avec du foin, l'on pourra s'en dispenser ordinairement pendant le cours dujdressage, lorsque surtout l'on ré-

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duira intentiouellement la ration d'avoine. Aussitôt que la personne chargée du dressage croit pouvoir risquer une augmentation d'avoine, on revient à la ration première, et alors une dose purgative, précédée de deux barbotages, préviendra cet état fiévreux qui vient si souvent après le dressage, quand la contrainte de l'écurie succède à la liberté des champs. Naturellement Tentraîneur réglera la force et la quantité de sa médecine sur ce qu'il sait de la constitution et de l'état de santé du poulain, et aura soin de n'en faire usage que quand cela sera nécessaire. Mais il faut qu'il se persuade bien que chez ces animaux, auxquels on prodigue une nourriture échauffimte, il y a toujours tendance à l'inflammation surtout des yeux. C'est ce qui justifie principalement ces purgations d'occasion. Sans doute on pourrait éviter ces inconvénients en diminuant la ration d'avoine ; mais les jeunes chevaux seraient moins propres aux courses, et c'est avec pleine connaissance des inconvénients que l'on persévère aies pousser d'avoine. La tâche qui incombe ensuite à l'entraîneur est d'enseTgner à l'animal novice la plus belle allure de galop et la plus avantageuse, avant d'essayer de produire chez lui cet état d'entraînement qui lui permette de durer aussi longtemps et plus longtemps dans une course que ses compétiteurs.

98. — C'est une longue aflFaire que l'éducation du cheval de un ou deux ans, elle demande au moins six ou huit mois, y compris le dressage. Il y a peu de poulains qui seront en état d'être essayés avant un an de travail, et à moins qu'il ne soient reconnus lente comme des tortues et en même temps avec des formes de cheval, il ne faut jamais en désespérer avant que l'année d'éducation, ne soit écoulée. L'usage habituel est d'employer trois mois de belle saison à les débourrer et à leur donner les premières notions du canter, avec la connaissance de l'éperon, etc. ; ensuite on les laisse reposer un peu de temps et on leur administre une ou deux médecines. Vient ensuite l'entraîneur qui forme leurs allures pour deux ou trois mois encore , jusqu'au milieu ou la fin de janvier, généralement jusqu'à ce qu'il commence à geler un peu fort. A ce moment un entraîneur expérimenté commence à avoir quelque idée de leur façon de courir et à prévoir quelle sera leur forme définitive. Quand le froid rend le terrain trop dur pour un exercice violent, généralement on laisse reposer les poulains ; on administre encore des îjiédecines; on din^inue l'avoine, et l'on donne quelques carottes

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coupées en tranches, et par occasion un barbotage au son • Cet état d'oisiveté dure plus ou moins longtemps, suivant Tintenr tion du propriétaire de produire les poulains sur rhippodrome au commencement ou à la fin de la saison des courses. 11 se guide à cet égard sur leur apparence. La franchise et la beauté de leur allure, qui doit êtrt? légère, élastique et adroite, 'c'est ce qu'il faut pour les lancer de bonne heure. Mais s'ils sont gïtuches, décousus, lourds, alors il faut attendre longtemps avant de les risquer sur l'hippodrome. Ainsi, c'est au mois de janvier que l'entraîneur décidera s'il continuera la préparation du poulain pour le faire concourir pour les prix du printemps, ou bien s'il le réservera pour l'automne ; ou bien enfin s'il les mettra de côté jusqu'à trois ans , comme on le fait pour, des animaux grande et gauches. Quant à ceux que l'on prévoit devoir être absolument impropres aux courses, il n'y a qu'à les vendre. Section IL — Couveriures^ pansage et arrangement d^écurie. 99. — L'éducation générale des jeunes chevaux de course est, comme nous lavons dit , basée pour tous sur les mêmes principes, et on s'en occupe à la fois daps tous les haras de poulains, d'août en novembre, pour les dresser ou plutôt les dér bourrer ; de povepibre à janvier inclus, on leur montre à se servir de leurs jambes, à ne pas craindre la foule, le bruit et tout ce qui est de nature à effrayer sur le terrain des courses. Maintenant l'qbjet que l'on a en vue est de les faire galoper dans la main sans s'occuper de leur oondition , tout en les tenant dans un haut degré de santé, pour favoriser leur croissance, le développement de leurs muscles , et dans ce but , il faudra avoir recours aux arrangements suivants :

100. — L'on fait usage de couvertures d'espèce légère aussitôt que le dressage est assez avancé pour permettre de les piettre, et que la chaleur de l'été est tombée ; on doit s'en servir d'abord dans les grandes boxes biens aérées avant de placer les poulains dans les écuries d'entraînement. A mesure que les nmts deviennent fraîches, ces boxes doivent graduellement se clore le plus possible, pour empêcher les poulains de souÇrir du froid et pour que leur poil ne devienne pas long, de façon à les g'ôner pour le travail qu'ils vont avoir à faire. A la fin d'octobre, ils pourront généralen^ent supporter un systèn^e complet de couvertes d'hiver dans leurs boxes aérées, et quelquefois, dans les hivers très-froids , une épaisse couverture de bure sur la croupe. L'on n'ajoute guère le camail et la couverte de poi-

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trail que quand rentralûement a commencé ; mais quand le temps devient froid , ces accessoires sont nécessaires pour la promenade au pas, en raison de la grande différence de tempe rature entre leurs écuries chaudes et Tair froid qui règne înr les plateaux.

161. — Le pansage commence maintenant activement , et le poulain reçoit les soins exclusife d'un petit garçon, exactement comme nous l'avons décrit pour l'entraînement du cheval de course. Le pansage sur le corps , le frottement des jambes à la main, toat est identique. Il f^ut toutefois le plus grand soin dans l'emploi du peigne et de la brosse. Ils occasionnent toujours quelque résistance de la part des purs sang, et si on s'en sert rudement avec le poulain d'un an, il se livrera à une terrible ftireur. Le pansage à la main devient maintenant particulièrement nécessaire, à cause de l'épreuve à laquelle sont sou mis les membres , parce que , quelque léger que soit l'enfant d'écurie, son poids est encore supérieurà la force que la nature donne à un poulain de cet âge.

102. — LeiS écuries doivent devenir graduellement de plus en plus chaudes et closes, mais il faut y mettre une prudence et un soin extrêmes. Bien des yeux se perdent feiute d'attention et cet égard ; mais , d'un autre côté , si l'écurie n'est pas passablement chaude , il est impossible de conserver pendant l'hiver la santé et la croissance. Dans cette première saison, il faut tenir la température à plusieurs degrés au-dessous de l'écurie d'entrafaiement ; il suffira qu'elle soit assez chaude pour être confortable, sans attacher trop de soin à produire une excessive finesse de la robe. Il en est de même dé l'habillement, il ne doit pas être porté au même degré que pour les vieux chevaux; mais toutes ces pratiques d'écurie doivent marcher graduellement, et, en ce moment, une seule couverture est suffisante dans une écurie modérément chaude.

Section III. — Galopa et suées.

103. : — Il faut maintenant montrer à galopa. Au commencement, il n'y a autre chose à foire que de mettre le poulain à

i un gr^lop modéré dont il s'acquittera comme il l'entendra. Il ne faut pas s'en mêler, mais le laisser suivre le hack de Tentratneur à un galop ordinaire et sans qu'il y ait d'autres chevaux. Un demi-mille à la fois suffit pour cet objet. Le meilleur terrmu eat celui qui moute légèrement, et l'on trouveta toujours

que le poulain apprend mieux en montant que sur un terrain horizontal. Au commencement, la bouche présentera toujours quelque difficulté, Tentraîneur devra permettre au gamin de se porter à la hauteur. Il reconnaîtra si le mors convient au caractère du cheval, s'il est suffisant pour le retenir, et le changera s'il y a lieu. Dans tous les cas, il est à désirer que les chevaux de course prennent un point d'appuî régulier sur le mors, sans quoi il est rare qu'ils veuillent se développer; mais moins ils tirent, tout en conservant un point d'appui régulier, mieux ils courent. Il est, en conséquence, de grande importance de les bien emboucher, et que les mors ne soient ni trop tranchants ni trop grands. Ce n'est qu'à force d'attentions sur ces objets et en évitant de presser le poulain dans ses galops d'exercice qu'on peut le faire tourner à bien et acquérir la forme nécessaire pour réussir. L'entraîneur doit donc tenir son cheval à côté de l'enfant, et lui enseigner, selon les circonstances, à rendre ou à donner plus d'appui. Quand le cheval trouve le point d'appui, il développe davantage ; quand on lui rend, il s'enlève plus et galope plus court. Ceci ne doit se pratiquer qu'avec des chevaux décousus et qui embrassent beaucoup de terrain. Bientôt ces galops se donnent en file ; le poulain d'un an est mis derrière des animaux de son âge ou derrière des chevaux plus âgés, mais alors avec le soin de l'arrêter à une certaine distance fixée par l'entraîneur et avant que ces chevaux n'aient pris leur grande vitesse. Ce système réussit très-bien et vaut mieux en commençant que de mettre en file de jeunes chevaux à moitié dressés , qui sont disposés à lever la croupe l'im après l'autre et à se donner de si mauvais exemples qu'ils deviennent surexcités et ingouvernables. Toutefois, quand ils sont devenus un peu malléables dans leurs galops et ne se livrent plus à une ardeur sans frein , on les entraîne et on les fait galoper mieux tous ensemble, en les faisant seulement précéder d'im vieux cheval conducteur de reprise, rôle qui convient rarement à un cheval de un ou deux ans. Ces courts temps de galop ont lieu tous les jours, dépassant rarement un demi-mille. Pendant les deux ou trois premiers mois de cette période d'entraînement et de dressage, il ne faut donner au plus que deux de ces temps de galop dans un jour. Vers les derniers temps, les poulains peuvent être mis chacun à leur tour en tête de reprise, sans vieux cheval ou au moins h hauteur de ce dernier. Jusqu'à ce que leur carac*

tère soit au-dessus de cette épreuve, Ton ne peut peut dire que leur éducation soit complète, indépendamment de Tentraî- Bement à venir pour mettre le poulain en condition. Ces course» feites ensemble occasionneront des écarts et des bonds ; il ne feut donc les entreprendre que quand les poulains ont déjà travaillé et qu'un temps de galop préliminaire leur a ôté un peu de leur feu. D'abord on doit en essayer deux de front, et s'ils s'y soumettent tranquillement, on en ajoute un ou deux autres qui ont suivi la même progression. On leur enseigne ainsi à fiiire en particulier ce qu'ils auront à répéter en public, et Ton imite en surcroît les cris et les bruits de l'hippodrome. Si en présence de cette foule factice l'un d'eux vient à se dérober, il faut la fois suivante lui donner un enfant plus habile, et s'il est nécessaire un homme léger. Il vaut encore mieux risquer de tarer les membres du poulain que de perdre toute chance de succès à l'avenir en lui permettant de prendre le dessus sur son cavalier. L'on doit soigneusement éviter de les faire lutter réellement de vitesse l'un contre l'autre, la condition et le caractère sont encore trop imparfaits ; il faudra pour le moins trois mois encore pour les amener-là. Somme toute, il n'est jamais avantageux de lancer le poulain à son extrême vitesse jusqu'à ce qu'il doive être éprouvé. Si l'on pouvait remettre cette épreuve à la troisième année, il y aurait sans doute tout avantage ; mais la mode est venue de courir avec des chevaux de deux ans pour des prix d'ime grande valeur ; c'est une tentation à laquelle peu d'éleveurs résisteront.

104. — Les suées seront rarement nécessaires avant le printemps ; mais quelquefois le poulain d'un an est de nature obèse, tellement gras et lourd qu'il ne peut faire de galop d'aucune espèce. Il n'y a pas de promenades au pas ni de purgations qui déduiront certains poulains naturellement gros, et si on ne les feitpas suer sous les couvertures, on peut être certain que les membres souflEriront du poids qu'ils auront à porter. Dans ce cas, la suée doit être courue très-doucement, et si l'on a à sa disposition une longue pente très-douce de deux milles, il est inutile de forcer l'allure au-delà du canter, et le trot suffira même dans la plupart des cas, si l'on charge bien le poulain de couverture, dans la maison du pansage. Si ces suées douces sont répétées une fois par semaine ou même tous les dix jours, sans augmenter l'allure au-delà de ce que nous venons de re commander, Ton réussira à faire tomber un peu de viande, et

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le poule^in 3era en état de tirer plus librement parti de sei| membres avec moins de chance pour les endommager. Quand une fois la graisse a été mise en mouvement par ces moyens, il est étonnant combien elle fond rapidement. Le grand point est d'empêcher le poulain d'attraper froid dans ses prenoièreu suées ; c'est ce qui occasionne trop souvent les toux chroniques^, rînâammation des yeux^ Tenflure des membres, etc., etc. Il y a donc tout avantage à éviter les suées si on le peut ; mais il faut mieux les adopter que de laisser subsister un mal encore plus fâcheux, savoir : deux pouces de graisse sur les côtes et upe quantité proportionnelle à Tintérieur.

Station IF. — la ferrure.

10&. — Avant de faire galoper de n'importe quelle façon* il faut toiyours faire ferrer complètement; les demi-fers seraient loin de suffire maintenant, à cause des chocs que les talons, pourraient recevoir en passant au galop sur quelque portion de terrain qui se trouverait un peu dure. Les fers de devant, devraient être courts et légers, de façon à avoir peu de chances d'être arrachés; ceux de derrière doivent être faits avec ou dans de légers crans, suivant l'état du terrain. La forme dite concave est la meilleure pour l'entraînement de la plupart des chevaux. t)ans tous les cas, le fer devrait être ôté et le pied paré toutes les trois semaines.

Seetian Fi — Entrainement du poulain précbce ou plutôt forcé

en maturité.

106. — AT^oël ou dans la première semaine de janvier, j'ai déjà dit que l'on devait exercer les poulains à côté l'un de l'autre, et bîeti des gens à cette époque se décident à faire une épteuve d'un demi mille à poids légers, pour pouvoir faire la différence des bons et des mauvais. L'on ne peut guère s* en rapporter* h cet essai, mais cependant on y a souvent recours, et il n*y apas besoin de grandes préparations pour cela. La distance n'est pas assez grande pour niiirè à leurs organes respiratoires, et comme ils sont eii même condition d'entraînement, ils sont également propres à parcourir la distance. Mais outre cette Course, souvëtit ou réclame avec insistance une épreuve contre un cheval de trois ans, mais c'est sans utilité comme mesure du mérite du poulain. Le selil guide est un œil expérimenté, c'est à son aide que le connaisseur pourra prédire quel est le J)oulaîn

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qui promet le pliis d'arriver à une bonne conformation et à quelle époque il y arrivera. Souvent dans le moment actuel le plus mauvais poulaiti aura Tair d'être le meilleur et les novices croiront à sa perfection, tandis que l'animal qui a uiie valeur réelle ne se montrera dans sa forme véritable qu'au printemps ou h l'automne suivant. En général, ce n'est pas le poulain ramassé, vigoureux, è^ forme de poney qui tournera le mieux par la suite, mais celui plus grand, plus cheval de course, qui tient plus de place, quoiqu'il paraisse n'avoir que des jambes et des rayons musculaires lorsqu'on le compare à son petit ca^marade bien établi. Mais six mois suffisent pour retourner les chances, les jambes et les rayons se remplissent, se couvrent de muscles, et le poulain parait et se trouve être en réalité tout à fait supérieur à son compagnon d'écurie qui avait d'abord plus de succès. Si néanmoins l'on veut faire une épreuve, c'est bien le moment, le froid s'y opposerait plus tard, soit par la dureté du terrain, soit en gênant les exercices préliminaires* Aussitôt que l'épreuve a eu lieu, les poulains sont répartis sui* vaut l'avenir qu'on leur prépare. Les uns sont purgés, exercés sur des pistes en paille, etc., de manière à avancer le plus possible leur condition, tandis que d'autres sont tout à fait mis de côté et réservés pour le prochain automne ou môme pour le {»înteinps de l'an prochain. Nous n'avons maint<Hiant à considérer que ceux d'une seule espèce, savoir ceux que l'on veut présenter au printemps comme étant les plus précoces et les mieux développés. Dès que Teffet de la médecine sera terminé, il faut les faire sortir tous les jours et les tenir au moins trois heures par jour sur la piste en paille, et souvent on doit y garder quala'e heures les poulains s'ils sont corpulents et de bonne constitution.

107» — Les sexes sont souvent mis à part, lorsque les animaux sont nombreux et les écuries bien disposées à cet effet. Il y a toutefois dans ce système des avantages et des inconvénients, car comme les pouliches de ^ deux ans courent souvent avec les poulains, ils sont souvent disposés à faire voir les résultats d'une séparation trop rigide. Somme toute, je crois que le meilleur est de les tenir à part, surtout en raison des pouliches que leur nourriture échauffante met continuellement en chaleur > et qui sont alors tristes, languissantes, impropres au travail. Il faut toujours à ce moment leur accorder du repos^ car elles n'ont ni la force ni la volonté de se livrer au travail* Mais une fois

entreprise, la séparation doit être absolue, les écuries absolument distinctes et les terrains d'exercice à assez grande distance pour que le vent n'amène pas les émanations des poulains du côté des pouliches et vice versa. Si Ton n'observe pas ces précautions, on peut aussi bien les laisser ensemble, car Todorat a plus d'influence sur eux que la vue et autant que les organes de l'ouïe . Quand on fait galoper des pouliches en chaleur, il est bien difficile de les faire développer, et si on les met à hauteur d'un poulain ou même d'une pouliche elles penchent de son côté et n'essaient pas de dépasser. De là proviennent les variations si fréquentes dans leurs courses en public et la difficulté de s'assurer des véritables moyens d'une pouhche, et surtout pendant le printemps, époque où elles cèdent constamment à ces influences sexuelles, par suite de l'état d'échauffement contre nature dans lequel on les tient.

108. — Les animaux vicieux doivent être surveillés de très près, et les premiers symptômes de malice doivent être réprimés par des menaces ou des actes de correction. Chaque enfant d'écurie porte à cheval un bâton léger, mais capable de donner un coup assez sévère, il doit en menacer sa monture et même s'en servir le long de l'épaule ou sur le flanc si l'occasion le demande. L'entraîneur aussi, saisit le poulain par la bride et lui parle rudement, ou occasionnellement lui donne un coup de poing sur le museau, mode de correction dont les chevaux ont une frayeur mortelle. Ce moyen est surtout utile avec les rueurs que le bâton de l'enfant ne corrige pas ; si l'entraîneur les tient ferme et leur administre le coup en question, ils restent immédiatement tranquilles. L'habitude de se cabrer doit être contrôlée par la martingale, ou guérie en administrant un coup sévère entre les oreilles avec un gros bâton, ou par le vieux système de casser une bouteille à Soda pleine d'eau entre les oreilles. Mais le meilleur remède préventif est l'exercice prolongé au pas; si on le néghge, 4es poulains sont toujours turbulents et disposés à devenir vicieux, mais en le pratiquant constamment, ils sont ordinairement tranquilles et maniables. Un autre point essentiel, est la surveillance constai^te de l'entraîneur ou de son premier aide, afin d'empêcher les tours que les gamins d'écurie sont portés à jouer, tout comme les autres enfants de leur âge. La malice n'est pas particulière au poulain, mais elle est commune à tous les jeunes animaux. Si on n'y tient pas la main, l'enfant employera la sienne envers le

poulain dont il est chargé, ce qui augmentera les inclinations vicieuses du jeune animal, par le déplaisir que lui causeront les forces du gamin et son désir d'y résister. Pour plus de développement à ce sujet et sur les vices d'écurie en général, voir le chapitre « Soins à donner au cheval en général, »

109.^ — tomme ces poulains sont destinés à paraître de bonne heure en public, on devrait les monter sur un terrain destiné au steeple -chase où à la course plate aussi souvent que possible. Si Ton n'a pas de ces terrains à sa disposition, il faut aller sur les foires et marchés et autres lieux de rassemblement. Les foires surtout sont commodes pour faire voir du monde aux jeunes animaux. Comme on les tient souvent sur des terrains communaux, il est facile d'y mener les poulains touten les tenant h l'écart des chances d'accident. L'un des grands avantages de Newmarket comme terrain d'entraînement, c'est qu'il y a là continuellement des courses, et que l'on peut montrer la foule au poulain, sans grands risques pour le bipède ou le quadrupède.

110. — Vers février, l'entraîneur aura des données sur la constitution et le tempérament de ses poulains et pouliches et les fera travailler en conséquence. Les uns ont besoin de beaucoup travailler avec beaucoup d'exercice au pas, et à l'occasion des purgations. D'autres demandent de tout cela à moindre dose, et ceux qui sont trèslégèrement charpeiités, tout juste de l'exercice au pas avec assez de galop pour leur former les allures sans aucune fatigue. Ceux-là n'ont besoin de purgations que s'ils sont malades. En général les gelées peuvent être considérées comme terminées à la fin de février, ou au plus tard vers le milieu de mars, et pendant qu'elles durent, les poulains qui doivent courir au printemps ont été exercés sur les pistes en paille toutes les fois qu'ils n'avaient pas pris médecine. On les a nourris assez légèrement et ils sont par conséquent gaillards, en état d'être poussés pendant quelques semaines et de passer par ce traitement stimulant en tous genre, qui accompagne l'entraînement ou plutôt qui en constitue la véritable essence. L'on trouve que neuf semaines suffisent pour préparer ces êtres encore jeunes, etl'on risque de les jeter de côté en leur imposant une plus grande somme de travail. Le temps de l'entraînement ^ divise en deux préparations, séparées par une dose légère de médecine, qui occupe (avec le temps nécessaire pour se remettre et les barbotages) une semaine. Les poulains très-vigoureox

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peiltrat BuppoiiHdr ce travail en deux reprises égales» mais ceux qui ont moins de force, devraient avoir cinq semaihed d'entraînement après leur médecine, et par conséquent Ton ne laisse guère que trois semaines à la première préparation. Mais si on ^ a dix semaines à leur donner, on peut en consacrer quatre k la ' première préparation, tout comme pour les poulains plus forts. ^ 111 . — ^La première préparation se borne h du petit galop avec beaucoup de promenade au pas, et s'il est nécessaire une ou deux suées. Il faut toujours une extrême prudence avec ces jeunes animaux, mais surtout dans ce moment où le travail succède au dressage. Sous aucun prétexte Ton ne doit rien en- ' treprendre avant que l'entraîneur n'ait reconnu à l'avance que le poulain est plein de santé et d'ardeur ; chaque galop doit être surveillé avec soin en prenant note de ses résultats^ afin d'avoir des données pour déterminer l'augmentation ou la diminution du travail. Â moins que les poulains ne soient très en chair, il sera inutile de leur donner des suées avant la fin de cette préparation ; mais s'ils engraissent pendant les dix premiers jours, par suite de l'augmentation de la ration d'avoine, on peut leur donner une suée au milieu et une autre à la fin de cette première partie de l'entraînement. Mais il faut toujours se souvenir que les jeunes poulains ne supportent pas d'être trop amaigris. La distance qu'ils doivent parcourir étant courte, ils se trouveront facilement encore assez d'haleine. D'ailleurs, en les dépouillant de leur chair, on arrête leur croissance et l'on gêne la marche de la nature qui fournit au développement des musclas. Ce n'est donc que dans les cas extrêmes que les suées sous les couvertures deviennent nécessaires ; mais il y a de gros poulains assez gaillards pour pouvoir prendre deux fois, dans la premièi*e préparation, une suée de deux milles assez complète pour que la sueur se racle facilement. L 'allure n'a pas besoin d'être bien vite ; la distance suffira presque toujours à £aire sortir le liquide, surtout si on leur met une ou deux couvertures en entrant dans la maison de pansage. Un terrain d'entraînement avec une longue pente peu inclinée est chose essentielle pour administrer les suées aux chevaux de deux ans. Quand un entraîneur a de tels avantages sous la main, il n'a rien à craindre pour les membres, à moins qu'il ne charge le cheval de lourdes couvertures dont les membres de derrière sentiraient l'effet dans lamentée, aussi bien que les membres antérieurs dans la descente. C'est là l'inconvénient qui doit empêcher de s'en ser-

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vir sur ce genre de terrain. La courbe, Téparvint 1«8 iilflamma** tion du boulet viennent gêner rentrainetnent tout aussi sou-* vent que les tares des jambes de devant, et il faut les éviter avecle même soin. La pente doit donc, comme je Tai déjà dit, être très-faible, et, quand on s'en sert, il faut chercher à alléger autant que possible le poids des couvertures et du garçon qui montera pour la suée. Si Ton ne juge pas à propos de donner des suées, il faut presque toujours avoir recours à des ga* lops modérés d'im demi-mille h trois quarts de mille à une al* lure régulière. Ces galops auront lieu en moyenne trpis fois par semaine, et on les entremêlera pour les autres jours de temps de g'alop beaucoup plus courts, qui auront pour but de perfectionner Tallure et de donner aux battues de galop de la vitesse et de la vivacité. La durée de la promenade au pas variera à cette époque de deux heures et demie à quatre heures et demie. On divisera un exercice en deux portions, qui varieront de long-ueur, selon Vétat de l'atmosphère auquel il faut bien laisser régler bien des choses dans ce climat variable. C'est ainsi que Ton occupe les trois ou quatre semaines de la première préparation, et à la fin on administre, comme nous Pavons déjà dit, la dose de médecine.

112. La seconde préparatipn commence aussitôt que le che* . val est remis des e^ts de la Inédecine qui a été donnée entre les deux. J*ai déjà dit qu'un petit nombre de poulains n'en avaient pas besoin, mais dans tous les cas ils ont besoin d'une semaine de repos et deux ou trois barbotages qui, pour quelques constitutions relâchées, équivalent à une médecine. Bien des personnes supposeront que des poulains légèrement charpentés, et de race peu résistante , pourront être produits sur l'hippodrome avec une préparation finale plus courte que le poulain vigoureux et bâti en force ; mais ce n'est point le cas, parce que ces animaux légers ne supportent pas la même somme de travail dans la semaine ; il faut le répartir sur un plus grand laps de temps, et ne l'augmenter qu'avec beaucoup de précautions. C'est pour cela que j'ai conseillé de donner à ces animaux quatre semaines d'entraînement après leur médecine, et l'on reconnaîtra qu'avec eux , l'on fera dans ce temps encore moins de progrès qu'avec ceux qui peuvent supporter un exercice plus violent. Il est vrai que l'on trouve encore des cas extraordinaires de plénitude pour lesquels ce temps sera encore trop court, mais en moyenne, les poulains sains et d'un sang qui a

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de la résistance, peuvent être préparés dans les quatre semaines, s'ils ont traversé l'épreuve de la première préparation sans donner des preuves de défaillance dans les membres ou dans leur constitution. Aussitôt que le travail commence, la totalité des poulains et pouliches sont préparés à recevoir une suée en leur donnant tous les deux jours un galop un peu vif d'un demimille ou de trois quarts de mille, et de temps en temps une petite poussée pour entretenir leur vitesse. L'on continue à donner, beaucoup d'exercice au pas, et le pansage et frottement à la main. Quelques-uns des poulains les plus avancés demanderont beaucoup de travail, plus même que celui que nous avons fixé ci-dessus, afin de rester eux-mêmes, et de développer tous leurs moyens. D'autres encore demanderont moins de travail que la moyenne, mais, ainsi que je l'ai déjà fait remar* quer , il faut l'œil d'un maître de l'art pour régler le travail suivant une foule de conditions flottantes. A la fin d'une semaine ou de dix jours, le plus ordinairement après huit jours, ils peuvent tous prendre une suée qui se trouve souvent être la première, dans le cas, par exemple, où on a pu s'en dispenser dans la première préparation , mais maintenant elle sera nécessaire dans presque tous les cas. Cependant, la suée sous les couvertures n'est nullement indispensable, même à cette époque, car dans bien des cas le travail préliminaire réduira assez le poulain pour qu'il n'en ait évidemment pas besoin. Mais une suée dans une forme quelconque, comme un temps de galop de deux milles à une allure régulière, doit presque invariablement avoir lieu maintenant, et d'après ses effets l'on se décide à la répéter dans l'avenir ou à s'en tenir là.

113. — La nourriture du cheval de deux ans est maintenant dirigée presque sur les mêmes bases que celle du vieux cheval. En effet, il a été habitué à deux ou trois repas d'avoine , il en supportera généralement six impunément, à ïaide du travail. La même quantité prodiguée à un cheval non accoutumé à ce genre de nourriture produirait certainement l'inflammation des yeux, l'enflure des jambes, etc. Mais pendant les. six ou sept mois qui se sont écoulés depuis le commencement du dressage jusqu'à présent, le poulain a été nourri graduellement avec une libéralité toujours croissante, et maintenant il supportera généralement cinq quarterons d'avoine par jour avec sept livres de foin. L'on ne devrait jamais donner des fèves ou des pois à des chevaux de deux ans, à moins qu'ils ne soient très relâchés

et qu'ils ne se dévoyant souvent. Encore ce sera-t-il rarement bon comme nourriture permanente, et l'on ne peut les recommander que dans des occasions particulières, comme par exemple quand un poulain se dérange un jour ou deux avant une course dans laquelle il doit paraître en public; alors Ton peut donner quelques fèves, mais si Ton en fait une habitude, elles ne peuvent que déranger les organes digestifs.

114. — La continuation des galops et des suées après la quantité de chaque épreuve de ce genre, voilà Tétude constante de l'entraîneur, et dans chaque cas particulier il sera guidé par les essais qu'il a déjà tentés, se souvenant toujours qu'un cheval surentraîné non-seulement souffre un dommage actuel, mais qu'il en ressentira toujours plus ou moins les effets suivant son âg-e, sa constitution et son caractère. La faute est donc encore du bon côté quand on fait courir de jeunes poulains avec trop d'embonpoint, et ils se feront rarement mal en raison de la courte distance qu'ils auront à franchir; ils sont loin de courir les mêmes dangers, sous ce rapport, qu'un cheval lancé sans préparation suffisante dans des luttes de deux et trois milles. Somme toute, les courses des chevaux de deux ans ne sont guères que des sortes d'essais, et peu de propriétaires voudraient sacrifier l'avenir de leur poulain même avec la certitude que la forme acquise par l'entraînement complet leur assurerait la victoire. Il vaut donc mieux, dans tous les cas, éviter de les surcharger de travail préparatoire et les faire, paraître en course un peu trop gros, quoiqu'ils puissent bien ainsi ne pas se trouver dans l'état complet de préparation et d'aptitude que l'on obtiendrait en les réduisant à des proportions plus fines. Tout cela d'ailleurs dépend des intentions futures du propriétaire et de son entraîneur, car à cette époque ils ont souvent décidé que certains poulains ne vaudront rien passé l'âge de deux ans. Par suite on peut courir de grands risques pour leur santé dans le but de dépasser les autres chevaux eu course publique, ou même de gagner ce qu'ils pourront, tels qu'ils sont, puisque l'on désespère de leurs chances de supporter d'autres entraînements à l'avenir. Beaucoup d'animaux, d'ailleurs sans avenir, paraissent chaque année au poteau et sont employés delà sorte. Toutefois, s'ils ne gagnent rien par la suite sur la forme qu'ils avaient à deux ans, on doit sans doute plus souvent l'attribuer à la résolution qu'a prise l'éleveur de leur faire donner prématurément un entraînement complet, qu'à un sacri-

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fice de leur avenir, prémédité à Tayance. La méthode la plus ordinaire consiste à mettre à part les animauit de la file dont on a la meilleure opinion, et de faire courir ceux qui ont moins de valeur pour les courses publiques; mais il arrive fréquemment que ceux que Ton a réservés pour les perfiectionner à force de soins tournent moins bien que leurs camarades d'écurie sacrifiés comme inférieurs.

Section VI, — Essai du cheval de deux ans.

115. — Une quinzaiiie de jours avant la course, Ton peut essayer le poulain et pour cela s'arranger de façon qu'il y ait une semaine écoulée depuis la dernière suée et un jour de repos relatif la veille de Tépreuve. J'entends par là une courte gidopade juste suffisante pour faire renifler le cheval. Dans tQup les cas, pendant la nuit qui précède l'épreuve, le poulain doit être muselé comme s'il s'agissait d'une course, h moins toutefois qu'il ne soit très relâché et de charpente légère. Dans ce cas, et si l'épreuve a lieu tard dans la jouniée, on peut le laisser sans muselière, jusqu'au point du jour, mais si l'épreuve a lieu de bonne h^ure, il faut toujours museler pendant la nuit. Les épreuves se font généralenient pour un demi milb (1) Qu cinq furlongs, et avec 8 st. 7 1. Si l'on choi^it un animal de trois ans pour cheval d'épreuve, on supposera g*énéralement qu'il doit d'abord porter ce poids et rendre ensuite aux poulains 2 stones et aux pouUches 2 stones et 7 livres. Mais il est bien rare qu un cheval de course de première classe soit employé comme cheval d'épreuve, et alors si l'on veut pouvoir fonder quelques présoniptious sur le résultat, il est imprudent de rendre plus de la moitié de ce poids. Si, toutefois, l'on s'est récemment assuré que le cjieval d'épreuve a tous ses moyens, l'on peut risquer ïj^vec quelqu'avantage de lui faire rendre deux stones. !p)n premier lieu, il faut que la course ait lieu honnêtement et sincèrement, et en second lieu que le cheval d'épreuve soit franchement battu s'il est possible. Il vaut beaucoup mieux qu'il soit vaincu en déployant tous ses moyens que par tolérance. Malgré toutes. les instructions

Pq demi-mille =

5 furlongs. =

53 kg. 914.

2 stones, =±

lî kg. 695.

% st. 71. =

16 kg. 868.

LE GHBVAL iLNeiJLIS. 1^9

|ie ToB donne aus garçons, et même à des jockeys de pitofes»^ non, malgré toutes les informations qu'ils peuvent donner, ton ne peut fiiire aucun fonds sur le résultat, à moins de leur prescrire bien positivement que chacun tire le meilleur parti possible de son cheval. Celui qui monte le cheval d'épreuve, ^un faible pour ce cheval, parce que c'est lui qui le monte, eiibie» encore pour son adversaire, parce qu'il espère avoir Remonter par la suite pour quelque course victorieuse. En conséquence de ses désirs, il se trompera lui-même et trom-^ pera son maître par la même occasion. Cependant les consé^ |uences des surcharges sont bien connues et Ton est encouragé i fonder des espérances, si les jeunes chevaux recevant deux «tûnes ont été victorieux ; mais si d'un autre côté les poulains fut été battus par le cheval de trois ans leur donnant 2 stohes (ou si c'est un cheval éprouvant des pouliches, deux stones î livres), il n'y a pas à supposer qu'ils aient acquis une forme jpomettant des victoires. Peu de poulains supportent d'être fréquemment essaya, et la meilleure méthode consiste à les éprouver tous à la fois, en mettant dessus des hommes et des eofimts aussi hable^ qu'on pourra les trouver, et s'en rapportant entièrement pour le présent au résultat de cette course. Le cheval d'épreuve de trois ans a indiqué quelle pouvait être la valeur des poulains pour les courses publiques, et le classement des poulains a fait voir leur mérite réciproque, si l'entraîneur a bien surveillé le départ et l'arrivée ainsi que l'al^ lure pendant la course. Cela est facile à ^Eiire pour une lutte d'un demi mille, soit en se montant bien, soit en se mettant sur une position élevée pour voir la fin de la course. Après pette course en miniature, quelques-uns des poulains reftise- Font certainement leur nourriture, mais avec un peu de soin ils accepteront généralement leur avoine quelques heures après, si on ne l'a pas laissée dans la mangeoire, et si en même temps ou leur donne leur eau comme à l'ordinaire. Les poulains et pouliches doivent être conduits immédiatement à leur terrain ordinaire d'exercice, et là, habillés et promenés comme à l'orr •iinaire, de manière à faire aussi peu d'embarras et de chaur gementque possible. Toute espèce d'esbrouffe serait une source d'irritation pour les poulains. Il ne faut pas non plus souffrir que les gamins se disputent un seul instant à haute voix sur leurs prouesses et cpUes de leurs chevaux. D^ns ce moment, ce ^r^t pire qi^Q jaipt^s, parce que les jeunes apimaux ont déj^

les nerfe assez excités par leur première lutte réelle. Jusqu'à présent, tous leurs galops et leurs suées ont été conduits sur des principes différents, et jamais on leur avait donné à connaître réellement leurs moyens ou leur impuissance.

Section FIL — Fin de la préparation.

116. — Avant la course, le poulain est traité comme pour répreuve préliminaire et muselé un peu plus tôt ou plus tard, selon sa constitution. La dernière suée se donne souvent une semaine avant de courir, mais pour les poulains de forme légère et spécialement pour les pouliches, on peut faire suer dix jours d'avance. Les galops et les petites poussées, etc, seront encore nécessaires et seront ordonnés selon la constitution de Tanimal, Il faudra un peu moins de promenade au pas, mais pas assez sensiblement pour rendre le poulain rétif par surcroît de forces. La vitesse est essentielle pour la course peu étendue qu'ils auront à fournir, et il est hors de doute que trop d'exercice au pas nuit à cette qualité. Si toutefois les jambes ne sont pas capables de supporter une quantité convenable de galop, il faut y suppléer par un peu plus de promenade au pas, que l'on n'en vou^ drait donner d'après d'autres considérations.

Section FUI, — Conseils pour la course,

117. — Dans tous les cas, l'entraîneur et le propriétaire doivent décider ce que l'on doit faire du poulain dans la course ; savoir si on doit en tirer parti, ou si on ne l'envoie que pour recueillir quelques appréciations sur des compétiteurs, sans le fatiguer ou l'essouffler. Mais le plus souvent, l'ordre est donné de gagner, éi cela peut se faire sans surmener le poulain et sans faire aucun usage du fouet et de l'éperon. Si, en conséquence, le jockey voit que son allure est inférieure, il a généralement l'ordre d'arrêter ou au moins de ne pas continuer à lutter, mais s'il a une chance de gagner, si le prix en vaut la peine, si aussi son cheval n'est pas engagé dans une course subséquente de plus d'importance, le jockey peut être autorisé à gagner s'il le peut et même après une lutte et l'emploi de l'éperon. Tout ceci dépend encore tellement des circonstances variables de chaque cas particulier que nous ne pouvons poser de règle générale.

Nous ferons remarquer en même temps qu'il est tout à feit notoire que la plupart de ces courses sont des essais, il n'y a par conséquent point d'indélicatesse à prescrire à son jockey de

retenir son cheval, d'autant plus que par leur nature ces courses ne prêtent pas à de forts paris. L'on voit qu'il y a une grande différence entre cette façon d'agir et rengagement d'un cheval dans le seul hut de le faire battre dans l'intérêt de son book ou d'un hg^ndicap à venir.

Section IX. — Soins à donner après la course.

118. — Après la course, le poulain ou la pouliche sont généralement plus ou moins bouleversés, par l'excitation de la lutte, le chang-ement de localité, la présence et le bruit de la foule. Le procédé le plus sage sera généralement de le mettre de côté pour un temps assez court, en donnant une dose de médecine peu de jours après, puis une nourriture plus légère avec un peu de luzerne ou de seigle italien, ou s'il est possible de l'herbe ordinaire. Quelques poignées de l'un ou de l'autre rafraîchiront merveilleusement le poulain et lui feront beaucoup de bien pour la santé générale. Mais pendant que l'on donne du vert, il ne faut faire aucun travail, laissant seulement le poulain dans une boxe vaste et spacieuse où il puisse se mouvoir à son gré, avec deux ou trois heures de promenade au pas, sans aucune espèce de galop. L'on décidera, suivant la manière dont il aura couru, quelle doit être sa carrière future, mais, dans tous les cas, il faut le laisser de côté pour une couple de mois, pendant lesquels il grandira et se garnira de muscles mieux développés.

Quelquefois avec des animaux de second ordre on se résout à les faire courir et recourir, mais on est bien certain de sacrifier la forme à venir du cheval aux succès présents. De la sorte, pendant la saison dernière (1), EUermire et Jack Sheppard ont courus chacun quinze fois, Cimicina a couru dix-neuf fois, et, dans ce nombre, sept fois première et sept fois seconde, en commençant le 7 mars et courant dans tous les autres mois suivants, hors juin, juillet et novembre. Lord Alfred a été même au-delà, courant vingt-quatre fois dans la saison et gagnant neuf fois dans ce nombre. Mais ces exemples ne sont pas communs, et peu de poulains ou pouliches de cet âge supporteraient un travail aussi constant même pour une saison. Si le poulain doit paraître en automne, il aura à suivre la même progression qu'auparavant, commençant toujours trois mois avant la course. Mais si on veut le réserver pour les courses de trois ans, il vaut

13Ô LE CHEVAL ANLGAÏS.

mieux le laisser reposer jusqu'à la fin d'août, et pendant ce temps on devrait lui retirer graduellement ses couvertures et lui donner une box spacieuse et ouverte avec un paddock pour courir, en lui donnant trois ou quatre repas d'avoine par jour pendant tout ce temps. De la sorte on rafraîchit sa constitution et on le prépare à supporter sa tâche la plus pénible, savoir l'entraînement de l'an prochain comme cheval de trois ans. Il convient (de faire ici une recommandation particulière. Le propriétaire doit se souvenir que toutes les fois qu'un poulain a été mis de côté pour se reposer, il faut le réprendre une ou deux fois à la longe et au caveçon avant de le remonter. L'oisiveté engendre toutes sortes de caprices et fantaisies, et si après un repos, même assez court, l'on remettait l'enfant èur le dos du poulain, cela le mènerait souvent à être désiarçonné, et ce serait le prélude d'autres mçtuvais tours qu'il vaut mieux prévenir que d'avoir à guérir.

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