‹ Le cheval anglais: extrait du manuel du sportChapitre 41 sur 62 · LE STEEPLE-CHASE · texte numérisé non relu

LE STEEPLE-CHASE

Section I. — But du steeple-chase,

161. — Cet amusement, récemment à la mode, fut introduit il y a environ 25 ans, avec le but avoue d'encourager l'élève des hunters et chevaux de cavalerie , qui passaient pour perdre de leurs formes et de leur fonds, par suite de l'abolition presque générale des courses de trois ou quatre milles sous des poids considérables, et en même temps la création des courses plus courtes avec des poids légers particuUèrement pour les chevaux de deux ans. L'on présuma que si l'on courait les steeplechases sur des espaces de quatre milles et avec 12 stones de poids, l'on créerait des marchés où l'on trouverait des chevaux à hauteur de cette tâche et que l'élève de cette sorte d'animaux allait se perfectionner. C'est dans ces vues que des steeple-^

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cj^es furent établis à Saint- Albans, Aylesbury, etc., eti|.utrès lieux. La distance était généralement de quatre milles, uniquement entre deux points fixes, vers le dernier desquels lea cavaliers se dirigeaient à leur guise, de façon à ne jamais suivre cent yards à la fois sur une route. La Ûgne à suivre était généralement formidable, souvent à un tel point qu'un ou deux chevaux seulement parvenaient au poteau d'arrivée , le reste était arrêté par une suite d'accidents ou refusait de franchie quelque obstacle effrayant. A cette époque, la seule manière de voir toute la couree, ou au moins la majeure partie, était de suivre à cheval le plus près possible en s'aidant des routes, etc. Il y avait çrdinairement de la sorte quelques centaines de spectateurs montés sur l'hippodrome, Malgré la grandeur et la nature impraticable des obstacles, il arriva peu d'exemples de cas mortels ou d'accideqts irrémédiables tant aux hommes qu'aux chevaux. Ce genre de sport devenant populaire, on résolut de faire des hippodrom*^s circulaires ou à peu près selon le terrain, afin de permettre aux spectateurs, quelque nombreux qu'ils fussent, de voir toute la course sans risque ni embarras, soit d'une éminence naturelle, soit d'une estrade si l'on pouvait en faire étabUr. Avec la suite des temps, les mêmes effets furent produits parles mêmes causes pour les steeple-chases, comme pour les courses plates, il y a une vingtaine d'années, les handicaps furent introduits, et comme ils n'étaient pas sous le contrôle du Jockey-Club, il y eut des exemples de fraudes encore plus flagrantes. L'on peut présenter quelqu'excuse pour leur établissement quand on se rappelle comment deux chevaux à M. EUmore, Lottery et Gaylad, balayèrent, pendant plusieurs années, tous les meilleurs prix. Vingt grands steeple-chases leur étaient tombés en partage, et même Gaylad gagna à Chelmsford, en 1841, malgré la double surcharge de 14 livres ep raison de ses victoires, bien que 18 livres eussent suffi pour emp^ cher Lottery de gagner la même année à Liverpool. L'on ne peut s'étonner que l'on ait eu recours à quelque expédient, mm je crois qu'il est aujourd'hui bien démontré que la méthode des surcharges aurait été bien préférable au handicap. La ville de Newport Pagnell en donna d'abord un où le poids extrême était 12 st. 12 livres, et le plus bas 10 st. 10 Ib., mais eu dépit de tout Lottery et Gaylad furent premier et second. Mais aune seconde réunion, la môme année, le handicappeur réussit, en écras£^^t Lottery sous 13 st. 6 Ib. et Gaylad sous 12 st. 12, à

feû^ gag^pr Luck-s-AU, ayant, il esterai, 11 st. 6. Le poiàe minimum était de 10 st. 71b. Viiit ensuite la réunion 4? ^^V^r ford, où Gaylad avec 12 st. SJb. était cpté à 3 çqptre î, et i] faillit encore lui faire porter des rêne$ de bride et un mors afiifk dç pouvoir V arrêter. Puis ensuite Liverpopl, maintenant toujpurs le poids de 12 stones par cheval, eut beau nfiettre 18 Uvresi cle surcharge sur Lottery, M. Ellmore cpptiuua avec Qaylad sa série de triomphes. Ils durèrent tout 1842 et 1843, malgré les handicaps et les surcharges. Gaylad, avec 12 st. 8 IJ). s^r le 4p3> gagna à Oxford, quoique seulempnt second à Wp^'cester; çaais il réusit encore è( Northampton (handicap), à î^pttingljapi e| Chelnisford (à 12 st. et 14 Ib. de surcharge ^ans phaque endroit). TQi;tefoisce fut le point culminant de ce^ cp^rslprs célèbres, par suite de fatigue d'un côté, de surcharges (le l'antre, ils ne gagnèrent aucun prix dans la suite, horipi^ ufl petit gaT gné par Lottpry en 1844. Discount^ Dragsmai^, Vanguard et Peter Simple (le gris) avaient paru dans Farène, et les dpujç: vainqueurs presqu'inévitables furent retirés avant Ips cpui^^ ou vaincus s'ils paraissaient sur le terrain. Pe]it-être les résecr vait-on ppur de meilleurs jours, mais ils ne sont jamais venus, et depuis cette éppqup peu de cl^evaux ont gagné plus de de^^^ steeple-chases. Outre les maux inhérents à la nature mêpae des hapdicaps, il y en a un particulier aux steeple-phases^ c'est que Ip jockey de mauvaise foi peut toujours raleptip sp^ cheval, soit aux obstacles ou ailleurs, sans qu'il soit possiWp 4p 1? découvrir, à moins qu'il ne soit assez gauche pour ne pas si^i? vre adroitement les ordres donnés, conxme cela s'pst yu sur ^in célèbre cheval gris.

Dans le principe les steeple-chases étaient patrpnnés et subventionnés par une foule de noblemen et gentlemen qui donnaient de grands prix pour les chevaux capables de gagner les courses de ce genre ou au moins de devenir des hunters de grande valeur. Mais quand ils se sont aperçus qu'on les laissait rarement gagner et qu'en outre leurs chevaux devenaieç^t impropres à la chasse, ils ont graduelleipent déserté l'hippodrome, et aujourd'hui les prix ne sont guère disputés que par les entraîneurs et les marchands de chevaux. Ce qui a beat;coup contribué à faire perdre le patronage des gentlemen à ces courses, c'est la découverte des fraudes pratiquées par les adeptes. Une autrp cause n'a pas moins contribué à dégoûter

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les amis de la prospérité chevaline, c'est que rexpérience leur a enseigné que non-seulement ils gâtaient les chevaux engagés dans ces courses, mais qu'il n'y avait aucun encourage^ ment à la production du hunier portant lourde hut principal de la fondation du steeple-chase. Au commencement, quand les obtacles étaient tels, qu'il fallait pour les franchir un huntei parfait, on était bien obligé d'employer ce genre d'animaux, et si l'on eût persévéré dans cette voie, l'éleveur aurait été un peu encouragé à produire des chevaux forts et pourtant agiles, comme Vivian, Grimaldi, Moonraker, etc., qui auraient tous porté à leur aise un poids de 16 stones. Mais pour avoir un vaste champ de compétiteurs pour réunir une foule payante, le système des handicaps a introduit une quantité de ficelles (1) incapables de porter plus de 9 stones et ne différant de nos chevaux de course ordinaire, que par leur défaut de vitesse. Pour se mettre à leur portée , les obstacles ont été diminués, et à la fin, dans presque tous les cas, on en a présenté que le poney d'un écolier pourrait franchir. On a dit, pour s'excuser, que les grands obstacles étaient dangereux pour le cheval ; le sésultat a été bien peu d'accord avec cette intention, car à mesure que les obstacles se sont abaissés, le nombre des reins cassés s'est augmenté, parce que des ficelles de pur sang ont été présentées dans ces courses, on les a fait courir jusqu'à ce qu'ils fussent épuisés ; alors, devant quelque petit obstacle encore trop fort pour leurs facultés annihilées, ils ont planté leurs pieds de derrière dans le talus à franchir et se sont brisé les reins en tombant, parce que ïeurs fibres musculaires ne les soutenaient plus. Or, si l'on avait maintenu des obstacles plus sérieux, les chevaux de ce genre n'auraient jamais été engagés, et si on les avait présentés ils auraient refusé le premier saut. Par-dessus le marché, les jockeys, powr leur propre salut ^ auraient évité de forcer l'allure, sachant bien qu'un cheval fatigué qui manque un grand obstacle tombe sur son cavalier et lui casse le cou où les côtes. Il est vrai que quand l'obstacle est petit, le cheval l'aborde assez vite pour lancer son cavalier plus loin que lui s'il vient à tomber, il lui fait rarement mal dans ce cas, bien qu'il se fracasse le dos fort souvent. Par suite de ces objections contre le sport dont il s'agit et ne trouvant pas d'avantages qui les contrebalancent, le Jockey-Club et les grandes auto- Ci) Les anglais disent une mauvaise herbe, Weed.

rites chevalines se sont judicieusement tenus à Técart, et maintenant le steeple-chase est à son déclin, tant pour la valeur des entrées ^ue pour la valeur des courses. Liverpool, Epsom et Worcester profitent encore de leurs estrades pour attirer quelque monde, mais Newport Pagnell, St Alban's et toutes les anciennes localités où le bon pays de chasse tentait le vrai sportsman et l'engageait à participer à la course aventureuse, sont maintenant abandonnés. Tout admirateur que je suis de la beauté du cheval quand il franchit une barrière ou un cours d'eau, et bien plus quand vingt ou trente coursiers comme Lottery, Gaylad ou Peter Simple étaient en Tair au même moment, je ne puis regretter la conclusion à laquelle nous sommes arrivés. Dès le principe, on s'aperçut qu'il manquait un contrôle supérieur comme celui du Jockey-Club; la constante répétition des fraudes, des querelles, des malentendus a tant détourné de ce genre de plaisir que l'on ne peut s'étonner que la mode l'ait abandonné. Toutefois il y a encore presque autant de lieux de course qu'auparavant, quoique de moindre importance, et il ftiut classer le steeple-chase au nombre des sports nationaux. Dans bien des occasions les fermiers engagent leurs chevaux, soit pour trouver à les vendre , soit pour les faire concourir en public. Si le steeple-chase lui-même ne tendait pas à gâter le hunter, ce but serait très-louable et il y aurait de bonnes raisons pour établir de petites courses au clocher cantonales , réservées aux chevaux de fermiers ; mais malheureusement l'entraînement subi par le cheval et l'obligation où l'on se trouve de l'exercer à se précipiter sur l'obstacle, ou au moins d'y arriver grand train, lui ôte de sa valeur comme hunter et le rend impropre au service de presque tous les hommes qui n'aiment pas un cheval que l'on ne peut arrêter au bord d'une carrière ou de toute autre excavation. Ce sont cependant des endroits dangereux que l'on rencontre continuellement sur le terrain de chasse. C'est pour les éviter que presque tout le monde aime un cheval qui aborde l'obstacle tranquillement, de manière à être toujours maître de lui-même et à pouvoir mesurer son eflEbrt avec plus de précision. Malheureusement, dans le steeple-chase presque tout dépend de la vitesse, et à moins qu'un cheval ne se dégage des obstacles et ne les aborde à grande allure, il est bientôt battu. C'est donc, comme je l'ai déjà fait remarquer, une mauvaise école pour le hunter et un simple objet d'amusement, malheureusement avec des accessoires de nature asse^ basse pour

nuire, souâ tous les points de vue, à la moralité de ceux qui y prennent part.

Section II. — Le cheval de steeple-chase.

162. — Description générale. Lottery, Gaylad, Cheroot, Peter Simple, Discount, Rat-trap, Brunette, Chandler, Pro^ ceed, Vainhope, Bourton, le Général et Sir Peter Laurie, avec quelques autres d'une vigueur presqu'égale, peuvent être présentés comme les types du cheval spécial qui convient au steeple-chase. De grande taille, sans trop de longueur de jambes, fort sans être lourd, plein d'ardeur sans être désor* donné, ce cheval doit avoir des formes parfaites. Quelquefois les meilleurs chevaux de cette espèce ont été complètement de pur sang, comme par exemple Rat-trap et Sir Peter Laurie. Mais en général, il y a une tache évidente dans la généalogie, comme pour Gaylad et Peter Simple. Vainhope est presque de pur sang, il en est de même, je crois, de Bourton et le Général. Plusieurs de ceux qui ont paru avec les plus belles formeâ étaient de sang moins aristocratique encore, comme Draysman et le hongre Shaver, qui ont paru l'un et l'autre il y a une dizaine d'années. Le premier* avait l'apparence d'un cheval de voiture, et cependant il laissa derrière lui un champ de chevaux de premier ordre dans un style que l'on voit rarement. Il courut aussi plus vite que jamais on ne l'a vu sur un terrain auquel on donnait quatre milles de longueur, mais qui en réalité a un quart de mille de moins. Le second, Shaver, courait tout son train avec 16 stones sur le dos. Toutefois, peu de chevaux de pur sang ont les os assez forts pour supporter les chocs produits par les sauts, et ils ne peuvent pas toujours porter à travers champs le poids dont on les charge. Il y a une grande différence entre porter 1 1 stones sur la course plate ou franchir sous ce poids 30 ou 40 obstacles. En terrain horizontal l'ha* leine est de la plus grande importance ; si les poumons et le cœur fonctionnent bien et que sa vitesse soit suffisante, le cheval supportera le poids. Mais en plein champ et franchissant des obstacles, le même cheval ne peut quitter terre quand il essaie de sauter, parce qu'il manque de force dans les reins et les jarrets. Il faut donc en général un cheval bien musclé, bien que l'on ait pu remarquer quelques exceptions comme Daddylong-leçs en 1842 et 1843, comme aussi cette remarquable jument irlandaise Brunette, que, certes, oujj^'eût pas choisie suy

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son apparence pour porter 13 stones de la ftteon dont elle gavait le faire. Fugitive à lord Lugan avait aussi Taîr d'une ficelle, mais il n'y avait rien de cela quand on la mettait à Tœuvi^e. Toutefois, dans un steeple-chase, les apparences guident peutêtre mieux que sur l'hippodrome ordinaire. Il est plus facile d'aller dans l'enclos où l'on selle et de deviner le vainqueui* d'un steeple-chase que de pronostiquer sur la coiirse plate, mais il faut mettre à part les accidents, les arrêts de mauvaise foi, et admettre que tous les chevaux sont bien dressés à leur métier. Tel est du moins le résultat de mon expérience, ca^ dans le cheval de steeple-chase de premier ordre, il y a généralement un air de force et de vitesse combiné avec dé la race qui indique ses succès probables. Bien que Brunette n'eût pas tout à fait l'air xie ce qu'elle était, elle paraissait moulée dans des formes classiques et douée de ressorts d acier. Je ae crois pas pourtant que qui que ce soit eût pu la deviner juste parle seul coup d'œil.Mais Lottery, Gaylad, Peter Simple, bref, la totalité des chevaux qui figurent en tête de ce chapitre, sai^sissaient le regard dès le premier moment. Discount était l'ani • mal le mieux musclé que j'aie jamais vu, c'était la perfection de ce que doit être un cheval fort, ayant de la race, avec une con- «titution de fer et un caractère fait pour porter un vieillard à la chasse du lièvre ; malheureusement les membres avaient des tmnes. Il n'y a pas moyen de donner par une description une idée exacte de ce qui constitue une espèce de chevaux particu* lîère ; la seule bonne manière d'arriver à bien connaître comment l'animal doit être fait, c'est de consulter les portraits, et encore plusieurs des meilleurs chevaux de steeple-chase ont été imparfaitement représentés. Lottery a eu la bonne fortune d'être bien copié, il en est de même de Brunette, mais d'autres ont été tristement défigurés. Le dessin du cheval que l'on voit cimntte pi. III, fait très bien voir l'espèce d'animal '^ui convient pour cet exercice. L'on peut aussi y reconnaître un (cheval surmené, qui va manquer le saut de rivière. Le but de l'ar» tiste a été de représenter un animal franchissant le cours d'eau après avoir été forcé dans son allure et avoir perdu ses moyens. Cela est bien copié et montre la nécessité d'éviter d'épuiser le poufïle d'un cheval avant de le présenter aux obstacles qui ont beaucoup de hauteur ou de largeur. Le plus petit cheval qui ait couru avec succès contre bonne compagnie dans un steepleehase, c'est Little Tommy à M» Vever. Sa taille n'était que (Je

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14 mains 1/2, et cependant il trouvait moyen de disputer palme à de bons chevaux, tout en portant un poids assez fort. D'un autre côté, beaucoup de nos meilleurs chevaux ont eu 16 mains,' ou à peu près, et pour le steeple-chase cette taille peut être considérée comme la plus avantageuse. Un petit cheval ne peut pas aussi' bien enjamber les obstacles et doit faire plus d'efforts pour les surmonter et quoiqu'on le ras: semble plus aisément et qu'il soit ordinairement en état de s'élancer de plus près, cependant, il est obligé de tant déployer d'énergie qu'il se fatigue plus facilement. Prenant donc tous ces points en considération, je conseillerai de choisir un cheval de bonne taille, ayant beaucoup de moyens, bon caractère et autant de sang que possible. Il peut, d'ailleurs, avoir un excès d'ardeur, qui serait préjudiciable à la queue des chiens. Quel? ques-uns de nos meilleurs chevaux de steeple-chase ont été ingouvernables, à mo^'ns qu'on ne les laissât filer droit sans leur rien demander; c'est ce qu'il y a à faire dans ce genre de course, mais à la chasse on ne va pas longtemps comme cela. Quant à l'âge, peu de chevaux ont gagné de bonnes courses au clocher avant six ou sept ans. Cela provient en partie de la difficulté qu'il y a à tenir pendant la distance qui est généralement de quatre milles, et puis encore du manque de pratique chez les chevaux plus jeunes. Vainhope cependant gagna ses deux premières courses à quatre aiis et courut second deux fois la même année ; mais il avait été constamment monté à la queue des chiens, et était un hunter des plus parfaits. Son père aussi était im fils de Defence, ce qui lui donnait le fonds qu'il possédait incontestablement. Voilà ce qui peut expliquer ce cas exceptionnel.

Section m, — Manière de se procurer le cherrai de steeple-chase.

163. — Un cheval de premier ordre est aussi difficile à trouver pour cet objet qu'un cheval en état de gagner le Derby, et beaucoup plus qu'un bon cheval de course d'ordre moyen. Les conditions essentielles sont plus nombreuses, et quoiqu'il n'ait pas besoin pour avoir du succès d'être aussi vite que le cheval de course pendant un mille ou deux, il lui faut néanmoins soutenir des coui"ses de longueur telles que quatre milles, sous un poids lourd et à une allure presque (sinon tout à fait) extrême. Une des plus grandes prouesses en course plate, avec un poids lourd, est celle de Tranby, dans le pari de M. Osbaldestone

contre le temps ; il parcourut quatre milles en huit minutes avec 11 st. environ, et ayant préalablement déjà fait la même tâche en presqu'aussî peu de temps. Eh bien, dans le steeplechase cet exploit a été égalé, si l'on tient compte des arrêts et des efforts supplémentaires qu'occasionnent les obstacles à franchir. Dragsman- fît les ,3 milles 3/4 en 9 minutes àWorcester, et Abd-el-Kader passse pour avoir gagné le steeplechase de Liverpool, en 1854, en 9 minutes et 39 secondes, ce qui est encore plus étonnant en raison de la nature du terrain, car l'un des hippodromes est en bon gazon, avec de petits obstacles, et l'autre course a eu lieu principalement sur la terre labourée avec des obstacles plus sérieux. Il est donc évident que le cheval demandé doit être un cheval de course ayant avec cela la force de porter un grand poids, la douceur et le courage nécessaires pour apprendre son métier. Il y a des chevaux si ingouvernables, que dès l'instant où ils se sont mis en tête l'antipathie contre leur tâche, ils commencent à ruer et à se cabrer, et il n'y a pas de sévérité qui puisse leur faire aborder l'obstacle. En conséquence, lorsque des chevaux ne se mettent pas facilement, et pour ainsi dire naturellement, à sauter, il est généralement inutile de persévérer, et c'est un point à prendre en grande considération quand on fera ses choix pour le steeple- chase. Un autre point très important est la manière de courir; ici il ne faut plus de cette course basse et rasante qui convient sur le gazon de nos hippodromes. Bien des chevaux qui s'y trouvent en sûreté et que l'on estime précisément parce qu'ils rasent le tapis, tomberaient infailliblement dans les sillons et autres inégalités de terrain que l'on trouve à Liverpool et ailleurs. Dans tous les cas, l'acheteur doit faire choix d'un cheval ayant une allure convenable avec de la force, de la vitesse, de la douceur. Avec ces qualités se rencontrant avec des membres sains et un sang qui promette du fonds, il est souvent arrivé de voir réussir la spéculation de consacrer au steeple-chase un cheval de course sans avenir. Dans quelques occasions, l'on a établi des haras destinés à produire spécialement l'animal de cette espèce, mais l'on avait beaucoup de mécompte par suite du petit nombre de poulains assez vites que produisaient les fortes juments choisies pour ces haras. Généralement si l'on se sert de la jument de pur sang, les poulains sont en grande partie trop petits et trop faibles, si les juments ont peu de sang, on doit s'attendre à des produits lents et mas-

sifis. he» animaux tels qu'on les désire ne se trouvent q%ie par hasard, comme les atouts dans un jeu de cartes. Toute la science du monde et Texpérience d'un octogénaire ne perm<$ttront psus à un homme d'élever beaucoup de ces chevaux dans le çQur^t de sa vie. C'est pourquoi l'éducation, dirigée spéeial^mwi dans ce but, n'a jamais réussi, et lors mémp que les beaux jours de ée sport eussent duré plus longtemps, cela eût toujours été ujQe mauvaise spéculation. Sous le système actuel, il y a peu d'encouragement, et si Ton se décide à entrer dans l'arène, il faut puiser à plusieurs sources et acheter ce que l'on trouvera de bon. Les juments de chasse irlandaises semblent capables de produire de bons chevaux de cette nature, et quelques-uns de nos meilleurs sont venus de ce pays, engendra par les mère^ irlandaises et des étalons comme Ishmael, Ratcatchçr, Windfall, etc. Ce dernier semble récemment avoir produit fort heureusement, et l'on trouve bien marqués dans les poulains les vastes et musculeuses proportions des descendants de Cornus § t le fonds de Beninbrough. Mais aucun sang n'a répondu comme celui de Whalebone, comme on devait s'y attendre d'après soii fonds bien connu. Sir Peter Laurie, Simple Peter, Maurice Daley, Vainhope, Cogia, lord George, le Général, et bien d'autres vainqueurs modernes descendent de Whalebone ou de son frère Whisker, ou encore de son père Waxy, qui est le bisaïeul de ce cheval si extraordinaire, Clandler, et de Drayton, qui a produit plus de chevaux de premier ordre pour le steeple-chase qu'aucun autre étalon de son époque. Il fut père des Standard- Guard, Victim et Bourton. Il était fils de Muley, fils d'Orville par Prima-Donna, fille de Soothsayer et d'une jument par Vaxy . Ce Drayton n'a rien fait de bon en course plate ni par lui-même ni par ses descendants. D'un autre côté, le sang de Selim, qui passe pour donner plus de vitesse que de fonds, a presqu'aussi bien réussi pour le steeple-chase au moyen d'Ishmael et Ratcatcher. En fait, tout cheval de course de premier ordre, avec du sang énergique et de bonnes épaules, semble avoir réussi à produire par occasion un bon cheval de steeple-chase, mais le point essentiel que nous avons souligné est encore plus nécessaire sur ce terrain qu'en course pkte. Nous considérerons ce sujet plus à fond quand nous traiterons spécialement de la génération du cheval de course, et nous analyserons la valeur des divers courants de sang relativement h toutes les branches du sport.

Section IF. — Education du cheval de steepk-chase.

164. — Le saut de la barre et d'obstacles légers doit eatrer de bonne heure dans Téducation de ce cheval ; si on a négiigé ce moyen, il sera longtemps avant de pouvoir rester sur ses jambes dans une course au clocher. Si un poulain destiné à faire un hunter paraît propre à courir pour ce genre de prix, il ne &ut pas hésiter à l'habituer pendant le dressage à sauter de de petits obstacles. Peu de chevaux voudraient en aborder de grands, tout à fait de sang-froid ; il faut pour cela le stimulant de Fémulation, surtout à la queue des chiens. La plupart des ehevaux détestent particulièrement le saut d'un cours d'eau, et il ne faut jamais le leur demander qu'en se faisant précéder d'un guide vigoureux et franc. Il faut toujours craindre que le jeune cheval ne refuse l'obstacle ; une fois qu'il en aura reconnu la possibilité, il est capable de recommencer en dépit du fouet et de l'éperon. Toutes les fois que cela se trouve possible, il faut adopter le vieux système de faire monter par un bon écuyer le jeune cheval tranquillement derrière une meute de chiens. Il faut quelquefois toute une saison consacrée et rendre ces poulains assez maniables et assez adroits pour pouvoir prendre leurs exercices à travers champs dans le style voulu pour le steeple-chase. Dans presque toutes nos courses de ce genre, il y a un cours d'eau à franchir, souvent sans difficulté réelle, à cause de la pente qui se dirige vers le côté où l'on aborde. Ils sont toutefois assez larges pour que tout cheval qui manquera d'habitude ne commence pas par refuser. L'on doit donc faire choix d'un pays coupé de ruisseaux , et enfin de tous les obstacles possibles, depuis la barrière à rayons jusqu'à la charmille, et l'on profitera de l'excitation produite par une réunion de chevaux pour tout franchir. Le plus essentiel est de mettre m bon cavalier sur le poulain, afin qu'il ne soit jamais surmené ni tenté de refuser un obstacle. Il faut un connaisseur en fait de condition et d'allure , car rien ne dégoûte plus un jeune cheval que d'être présenté à des endroits difficiles, lorsque la fatigue a diminué ses forces. Il arrive souvent que l'écuyer est amateur de sport , et se trouve disposé à continuer longtemps aux grandes allures, comme s'il montait un cheval fait à ce jeu. Il faut se tenir en garde contre cette imprudence, et le propriétaire ne doit jamais hésiter à faire le sacrifice de la position avancée que pourrait obtenir le poulain, s'ilj tient h ses

succès futurs. S*il n'y est pas bien résolu, il ne peut guère espérer que son écuyer y soit très disposé ; aussi plus la course sera excitante, plus il est important d'en faire le sacrifice à l'avance, et d'y assister pour que le cavalier ne cède pas à la tentation. J'ai connu beaucoup de bons poulains dont on a gâté de la sorte le caractère et la constitution. Une bonne course à la queue des chiens demande un cheval plus en condition qu'une course plate, et cependant souvent l'écuyer qui dresse croit que le poulain peut l'accomplir comme un simple galop d'entraînement. Voilà les raisons à objecter contre l'usage de dresser le cheval à la queue des chiens ; mais si l'on peut se procurer un homme sage, qui réunisse à la vigueur nécessaire la prudence .de s'arrêter à temps, c'est de beaucoup la meilleure éducation que l'on puisse donner au cheval de steeple-chase. Un exercice léger par- dessus une douzaine d'obstacles, à la queue des chiens, peut être pris deux ou trois fois par semaine, en ayant soin d'arrêter après avoir parcouru deux ou trois milles, et encore pas trop vite. En suivant cette méthode, le poulain quitte la besogne chaque fois avec le désir d'en faire un peu plus, et chaque jour il prend plus de goût à cet amusement. Le sentiment à encourager, c'est quand le cheval cherche de tous côtés un obstacle à franchir, et prend le mors aux dente dès qu'il l'aperçoit, afin de passer par dessus à toute volée. Quand cette disposition lui est venue, et qu'il a été bien exercé à franchir tranquillement tout espèce d'obstacle, on peut le mener à eux d'un meilleur train, et lui apprendre graduellement à mesurer sa distance et à quitter terre de façon à ne pas sauter trop loin, ni cependant rester en deçà de l'obstacle. L'on peut faire une partie de ces exercices sans les chiens, car une fois que l'exemple a inculqué au poulain l'habitude de sauter tout ce qu'il rencontre, la meute devient inutile, et toute propriété couverte d'enclos avec des obstacles ordinaires conviendra parfaitement. Ici deux ou trois chevaux apprendront mieux qu'un cheval isolé. Si on peut se procurer en même temps de bons cavaliers, l'on organise deux ou trois fois par semaine un petit steeplechase sans lutte de vitesse, jusqu'à ce que les jeunes chevaux, au lieu de passer les obstacles dans le style d'un hunter accompli, aient appris à les franchir en courant, sans s'arrêter d'un côté ni de l'autre. Il est tout aussi important de ne pas s'arrêter dans le champ où l'on arrive, qu'au point de départ. Si le cavalier n'est pas un coureur de profession, il faut qu'il se façonne

LE CHEVAL AÎ^GLAlS. 17*?

tussi à cette méthode. Il y a une différence étonnante à cet Igard entre deux chevaux dressés par chacun de ces systèmes : f un, hunter accomph, va tranquillement à Tobstacle, mais fait deux temps d'arrêt, le premier pour prendre ses mesures, le «econd par instinct. L'autre cheval, habitué au steeple -chase, iprend tous ses obstacles d'une enjambée, et n'augmente l'allure ique quand l'obstacle prochain demande un effort peu ordinaire, appréciation dans laquelle il est d'ailleurs aidé par son cavaïer. C'est en raison du petit nombre de chevaux dressés de la (sorte avant l'entraînement, qu'il faut un temps aussi long pour rendre le cheval parfait à la course au clocher. Il est beaucoup plus aisé d'y dresser un jeune animal qu'un vieux , car quand une habitude est prise, il y a bien plus de difficulté à s'en défaire, qu'à enseigner l'habitude contraire à un cheval neuf. Souvent le manque d'aptitude empêche le cheval d'arriver au style voulu ; mais la mauvaise équitation et la lenteur du cavalier devant l'obstacle y ont encore plus de part. C'est pourquoi le propriétaire d'un cheval destiné à gagner un steeple-chase doit mettre beaucoup d'attention au choix du cavalier qui préparera le vainqueur futur. Peu d'hommes autres que les jockeys de profession peuvent monter juste un cheval de ce genre; il faudrait en engager un chaque fois pour donner quelques leçons ou au moins trouver un cavaher qui entende parfaitement ce métier sans en faire profession. On trouve dans les bons pays de chasse 1)eaucoup d'hommes qui moyennant une rétribution sont prêts à monter un jeune cheval à la queue des chiens, et hors de l'époque des chasses ils sont encore plus disponibles, puisque sans chiens ils peuvent monter plusieurs chevaux, tandis qu'à la suite d'une meute, on ne peut monter qu'un cheval par jour. Quand la leçon se donne peu avant le steeple-chase et que l'on a fait choix du cavalier qui le montera, il y a grand avantage à lui confier le cheval deux ou trois fois à l'avance. Il y a peu de chevaux qui aient la même allure sur une route et encore moins à travers champs. Chaque cavalier a aussi sa manière, et il faut en conséquence que l'homme et le cheval fassent connaissance préalable, car souvent ce n'est que quand ils sont par terre tous les deux et hors de course qu'ils se rendent compte de leurs défauts respectifs. Il vaut donc infiniment mieux s'y prendre à l'avance, pour que le cavalier ait quelque chance de prévenir les accidents auxquels on peut parer par soin

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et par talent lorsque Ton a été à même de les prévoir. Aitisi il y a des chevaux portés à exagérer les sauts et qu'il faut mont^ avec beaucoup de calme ; d'autres sont prêts à tomber dans le défaut contraire et frappent le barreau supérieur d'une clôture ou les liens d'une haie d'épines, souvent au risque d'une chute. Ceux-là demandent à être enlevés devant l'obstacle ; il leur faut beaucoup d'équitation, comme disent les gens du métier, surtout parce qu'ils cherchent à se mettre à l'écart depuis le commencement de la course jusqu'à la fin, faute de goftt pour l'ouvrage. Cependant ce sont souvent les meilleurs chevaux pour la course au clocher, puisque les plus mauvais sont ordinairement ceux qui se lancent tout d'abord, sautant sur tout ce qu'ils rencontrent à un mètre trop haut jusqu'à ce qu'ils s'épuisent et ne puissent plus sauter une paille. Toutefois une paire de mains habiles pourra tirer parti de l'une ou de l'autre espèce d'animaux, mais cela ne doit pas s'attendre d'un lourdaud fait pour conduire la charrue ou mener les chevaux à l'abreuvoir.

Section V. — Entrainement du cheval de steeple-chase.

165. — Pour entraîner les chevaux de course de cette espèce, il est de toute nécessité d'y mettre plus de temps et de se diriger par des principes un peu difiEerents de ceux que l'on applique sur la course plate. Il faut beaucoup tenir compte du sang de l'animal, suivant qu'il est pur et croisé et suivant le fonds attribué à la famille dont il sort.

166. — Le cheval de pur sang est entraîné pour la course au clocher presque par les mêmes principes que ceux que nous avons exposés pour la course plate dans le chapitre VI du livre précédent. Il y faut pourtant changer quelques détails, coBUue on verra plus bas. Nous supposerons qu'il est d'une race qui a du fonds et supportera le travail complet d'entraînement, sinon il faudra beaucoup rabattre sur les règles ci-dessous. — Les suées devront se faire sur un parcours de quatre à six milles de long ; mais à moins que l'animal ne soit très- replet, il n'y aura pas lieu de le charger de beaucoup de couvertures. Une seule suffit presque toujours, et si le cou et les épaules demandent à être traitées spécialement, on peut ajouter des couvertures à l'endroit voulu. On a l'habitude de faire les préparations fort long*ues et de faire beaucoup de travail au pas, avec des suées tout juste suffisantes pour faire tomber la chair superflue et mettre la respiration en bon état. Il faut jusqu'à un certaifi

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l^é sacrifier la vitesse au fonds ; de là ce long travail au paa particulièrement favorable à la dernière qualité, mais toujours ppeu au détriment de la première. L'on ne donne donc aucune poussée de peu de durée, car il est rare que le cheval soit développé à sa grande vitesse, excepté tout à fait vers la fin. Même à ce dernier moment, la lutte dépend bien plus du fonds ^ue possède le cheval que de la vitesse dont il jouirait pour un moment étant encore frais. L'on néglige donc tous les expédients qui tendent à procurer cette vitesse éphémère, et Tentraînement se suit de façon à développer Tensemble des forces musculaires, y compris celle du cœur, qui est le principal agent dans ce que Ton appelle haleine. Il ne faut pas moins de trois mois, à dater du jour où Ton prend le cheval en bon état à l'écurie, pour préparer un animal de pur sang à un steeple chase de quatre milles. Avec ce temps devant soi, il faut encore que Ton ait fait choix d'un cheval en santé brillante, dont la chair soit ferme et qui n'ait aucun symptôme de toux, d'humeurs ou de maladie d'aucune espèce. L'entraînement doit généralement commencer par une suée avec ou sans couverture, d'après les circonstances, et puis suivie d'une dose de médecine et d'un repos de quelques jours. Après cela, il faut aU moins cinq ou six heures de marche par jour, divisées en deux portions et comprenant un temps de galop dans la main tous les jours ou tous les deux jours, suivant la manière dont le cheval supporte la promenade au pas. Ce système peut être suivi pendant cinq ou six semaines, avec une, deux ou trois suées pendant ce temps. La séparation entre la première et la seconde préparation se fera au moyen d'une seconde dose de médecine avec des barbotages, etc. Cette seconde préparation pourra occuper trois semaines remplies par un exercice au pas diminué d'une heure et un peu plus de travail au galop. Il faudra aussi une ou deux suées de cinq ou six milles avec ou sans couvertures : généralement il faut chercher à s'en passer. Cela se termine par une purgation, et la troisième préparation peut commencer. Elle demandera trois ou quatre semaines, pendant lesquelles bien peu de chevaux auront besoin de couvertures pour leurs suées. Supposons une préparation de quatre se^maines. Il faudra environ deux suées, savoir : une le 10^ jour, et la seconde le 20^ ou 2P, pour qu'il y ait entre cette dernière et la course un intervalle de huit ou dix jours. Pendant tout le temps de l'entraînement ou au moins pendant les deux dernières

préparations, le cheval devrait une fois par semaine parcourir trois ou quatre milles d'un pays semblable à celui désigné pour la lutte ou au moins sur le terrain qui en approche le plus dans la campagne voisine. Il ne faut jamais toutefois lui présenter d'obstacles qui mettent à Tépreuve ses forces extrêmes ; mais plutôt lui faire entreprendre un grand nombre de sauts moyens. L'objet est de fortifier les muscles qui fatiguent le plus, et particulièrement ceux des épaules et des bras,' qui sans ces exercices se fatiguent longtemps avant rarrière-main. Ceux-ci se fortifient déjà par la course plate. Ce fait est bien constaté déjà aux yeux des entraîneurs expérimentés dans ce genre ; aussi a-t-on vu de grands succès couronner les efforts de certains individus, qui au talent d'une équitation puissante joignaient la science de cette sorte d'entraînement. Plus d'un bon cheval a été envoyé à un entraîneur de premier ordre pour la course plate, mais qui a négligé cette précaution et sacrifié l'animal, faute d'entraînement des muscles destinés à faire sauter. Souvent on attribue l'insuccès à ce que l'entraînement n'a pas été dirigé en vue de la distance à parcourir. Cela arrive quelquefois en effet ; mais le plus souvent la défaite provient du manque de travail à travers champ par dessus haies et fossés. Presque tous les entraîneurs que j'ai connus savent fort bien préparer pour toutes les distances ; ce n'est pas là qu'il faut craindre négligence ; mais beaucoup d'entre eux ignorent qu'il •faut un entraînement particulier pour pouvoir répéter le saut sans trop de fatigue. C'est exactement comme si l'on entraînait un rameur sans lui mettre la rame à la main, c'est-à-dîre par le régime, la marche, la course ; son haleine et sa condition générale deviendraient parfaites ; mais ses bras manquant d'entraînement se fatigueraient au bout d'une très-courte distance. La comparaison est un peu forcée, mais n'est que l'exagération de l'évidence ; car il y a dans la région de l'épaule des muscles dont le cheval se sert peu pour galoper, et qui sont essentiels pour soutenir le choc en arrivant de haut en bas comme dans les sauts du steeple-chase. Ces muscles doivent avoir leur part d'exercice tout comme les propulseurs ; si on la néglige , le cheval succombera à moitié de sa tâche, comme cela se voit si souvent. Selon toutes probabilités, chacun des chevaux que l'on fait concourir pourrait franchir, sans jamais tomber, six fois le nombre d'obstacles qu'on lui présente si on le laissait s'y prendre à plusieurs fois et se reposer dès qu'il se sentirait fatigué. C'est

donc lorsque les muscles de devant ou ceux de rarrière-main succombent à la fatigue que les chutes ont lieu. Si Ton se met à étudier les chutes nombreuses que Ton voit dans ces courses, Ton trouvera que la grande majorité des chevaux tombent de l'autre côté de Tobstacle, ce qui ne prouve rien contre la force d'impulsion, mais fait voir que le cheval n'a pu se soutenir en arrivant par faiblesse de Tavant-main. Les pieds de devant ont Fair d'entrer en terre, quel que soit le terrain, ferme ou mou, et le cheval culbute quelquefois entièrement, faisant le panache, ou bien il se laisse tomber sans résistance, comme si ses bras et ses épaules étaient paralysés. Tous ceux qui ont fréquenté les steeple-chases ont dû faire cette remarque ou la feront en cou sultant seulement leurs souvenirs.

Après la dernière suée, on peut donner un galop de deux jours l'un sur un espace égal ou un peu plus considérable que le terrain de course, mais sans obstacles, de peur d'accidents. Trois ou quatre heures de promenade au pas seront maintenant suffisantes, et dans les jours d'intervalle entre les galops, une courte poussée à bon train remettra l'haleine du cheval et accélérera son allure finale, s'il est destiné à voir cette partie de la course. Les dernières dispositions pour amener le cheval au poteau ne diftèrent pas de celles que nous avons données au sixième chapitre.

167. — Le cheval de demi-sang pour le steeple-chase , ou plutôt l'animal ainsi désigné, est souvent , sous tous les rapports, un vrai pur sang, c'est-à-dire qu'il supportera autant de fatigue et demandera à être traité de même. Beaucoup de chevaux et juments, qui ne sont pas dans le stud-book en raison d'une légère tache dans leur généalogie remontant à plusieurs générations, sont en réalité capables de faire tout autant que le vrai pur sang. Supposons, par exemple, une jument de sept huitièmes de sang en 1825, saillie par un étalon de pur sang, et que, comme cela est souvent arrivé, sa fille, sa petite-fille, son arrière-petite -fille sont toutes issues d'étalons de même sang, en langage du turf, le produit sera encore un demi-sang, bien qu'en réalité il soit contaminé dans la proportion de 1 à 128. L'on dit que ces demi-sangs sont inférieurs, parce que jamais animal de cette provenance n'a gagné une course plate de quelque importance. Il faut d'abord remarquei» que ces juments sont rarement saillies de génération en génération par des étalons de premier ordre, bien que, de temps eu temps, on ait pu

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faire par caprice les frais d'un saut dispendieux. Traitez de tnéme des juments de pur sang, et vous verrez qu'elles produiront rarement un cheval de course de premier ordre \ l'argument tombe donc de lui-même , faute de similitude dans les données. Le succès dont Hotspur (de demi-sang) a tant approché, il y a quelques années, à Epsom, sans être convenablement entraîné, doit être sérieusement apprécié. Bien que Ton ne doive pas supposer qu'un meilleur entraînement l'eût fait arriver premier , cependant ce n'est pas un mince exploit pour un cheval dans l'état où il se trouvait que d'arriver second pour 1« Derby . Maintenant des demi-sangs comme Vainhope, Cogia ou Tally-ho sont en général du même genre et supporteront les mêmes fatigues et une préparation aussi sévère qu'un West-Australian ou un Flying-Dutchman. Toutefois, il^est notoire qu'en principe les demi-sangs ne fourniront pas en moyenne le travail nécessaire à l'entraînement sans tomber en décadence, et les préparations doivent être faites avec* grand soin , de crainte de produire ce fâcheux résultat. Le traitement qui améliorera l'haleine, l'allure et la condition générale d'un pur sang fera d'un cheval de caste inférieure un animal malsain, lent, épuisé; ses muscles, au lieu de gagner en force et en volume, seront mous, cotonneux, décousus, l'œil deviendra morne et lourd et l'appétit disparaîtra presque entièrement. Après ces observations préliminaires , nous allons procéder à l'évaluation du temps nécessaire pour produire dans sa meilleure forme, pour un steeple-chase de quatre milles, un cheval réellement de demi-sang. L'expérience a démontré qu'au delà de deux mois ou dix semaines, bien peu de ces chevaux peuvent gagner à l'entraînement, tout le temps et les peines qu'on leur consacre, passé ce délai, sont autant de perdu. Je prends, cornihe précédemment, pour point de départ l'état de santé dams lequel ua bon et solide cheval est ordinairement maintenu dans une écurie particulière, et je crois être dans le vrai en fixant ainai le temps moyen de l'entraînement. Souvent aussi ces chevaux engraissent très -rapidement, et demanderaient pour se débarrasser de leur superflu trop de travail aux grandes allures, il faut bien alors les faire suer sous les couvertures. Plusieurs doivent être soumis, pendant l'hiver, à de très-fortes suées, c'est encore une raison pour que leur entraînement ne dure pas aussi longtemps que celui des chevaux pur sang. Voici , je crois , en moyenne , le meilleur traitement pour un ^pheval de eet|e ^^

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pèce bien constitué. Je dois faire remarquer, toutefois, que les variétés de nature sont encore plus nombreuses que chez le cheval de pur sang, et qu'il faut encore plus de tact et d'expé rience pour modifier le régime, de façon à le faire concorder avec chaque cas particulier. L'ancre de salut est ici dans la promenade au pas, comme plus importante que pour le pur sang, cependant il faut en donner moins au demi-sang. En prenant neuf semaines, comme moyenne de durée pour Ten- ^înement. Ton peut diviser Tœuvre en deux préparations de la fiiçon suivante ;

168. — La première préparation du cheval demi-sang sera, comme à Tordinaire, précédée d'une dose de médecine, puis le cheval sera mis à un exqrcice de quatre ou cinq heures par jour, au pas, moitié le matin, moitié dans l'après-midi, et tous les deux jours un temps de galop de deux milles à une allure lente et régulière. A la fin de la première semaine, l'on peut donner un galop de trois milles sans presser l'allure , et, après dix jours, faire suer le cheval en lui faisant parcourir lentement cinq ou six milles, avec une bonne charge de couvertures. S'il n'est pas du tout en ehair, il faudra naturellement s'abstenir de le couvrir , et s'il est modérément gras , il ne prendra qu'un seul sweater sous son vêtement ordinaire. Dans tous les cas, il faut qu'il parcoure la distance à une allure modérée et régulière , puis on le fera suer plus ou moins , selon son état , en le chargeant de couvertures dans la maison de pansage.

Après cette suée il ne prendra pendant deux jours d'autre exercice que sa promenade ordinaire, puis un galop lent de trois milles suivi d'un jour de promenade, cela se répétera pendant quatre jours, on prolongera encore le galop si le cheval est en progrès et l'on terminera par une seconde suée succédant à un jour de promenade et terminant l'espace d'environ trois semaines. Après la seconde suée l'on donne un barbotage, afin de préparer le cheval à une purgation que l'on administre de la façon ordinaire avec le repos qui doit y succéder et terminer cette première partie de l'entraînement. Je dois pourtant faire encore observer que l'exercice à travers champs par • dessas des obstacles est tout à fait aussi utile pour ces chevaux que pour le pur sang, et cela par les motife que que nous avons ^spo^ au paragraphe 165. On doit donc pratiquèrent exer-

cice les jours fixés pour des galops de trois milles et sur un espace de terrain à peu près équivalent.

169. — La seconde préparation du cheval 'de demi-sang mettra complètement à Tépreuve la capacité de Tentraîneur et il faut une expérience consommée pour opérer juste avec un cheval de cette classe. Il faut continuer les suées et quelquefois augmenter Tallure vers la fin de l'opération, mais avec des précautions infinies. Le travail au pas reste encore comme base essentielle, et il est impossible de préciser à quel degré Ton peut s'en écarter. L'on ne peut évaluer d'avance- la longueur ni la vitesse des galops à administrer, Ton peut seulement dire comme règle générale, que les suées ont lieu tous les dix jours sur des distances de cinq ou six milles avec ou sans couvertures et que dans l'intervalle d une suée à l'autre, l'on choisit certains jours pour des galops de trois ou quatre milles. L'exercice à travers champs se continue jusqu'à la dernière suée, mais non pas après. A dater de ce moment, l'on com- ,mence au contraire à ménager le demi-sang dans l'intervalle qui précède la course avec bien moins de galop que pour le pur sang. L'on doit se guider sur l'apparence du cheval et la fermeté de sa chair sous la main, et aussi sur l'appétit, en examinant s'il ne reste rien dans la mangeoire. Quand il est surmené, le cheval de demi-sang perd facilement l'appétit, et ce qu'il y a de pis, c'est qu'il ne le recouvre pas promptement. Aussi ce symptôme doit-il être examiné avec le soin le plus minutieux ; au moindre indice de diminution d'appétit, il faut réduire le travail. Toutefois , en général , un cheval de demi-sang de bonne constitution prendra après la suée deux et même trois temps de galop assez vifs de quatre milles, dont trois milles et demi à l'allure prudente et le dernier demi -mille d'assez bonne vitesse, mais sans développer l'animal à toute extrémité. Tant qu'on le peut, il faut éviter dans la dernière préparation de pousser à sa plus grande vitesse un cheval de demi-sang, et il ne faut pas songer à une épreuve plus longue qu'un mille ou un mille et demi. A dire vrai, les épreuves particulières pour le steeple-chase sont absolument sans utilité et il n'y a qu'une lutte véritable sur terrain difficile qui puisse témoigner des moyens du cheval. Il y a trop de chances qui reposent sur les effets que produiront les sauts et aussi sur l'aptitude h supporter longtemps une course rapide ; or, ce sont des facultés auxquelles il ne fwt jamais faire appel pendant l'entraîjiement, de

peur de ruiner la santé du cheval. Les deux derniers jours Ton ne donnera que de courts galops de un mille et demi à deux milles. Celui de Tavant-demier jour sera un peu plus vif qu'à Tordinaire et devra se terminer par une course vive et soutenue pendant un demi mille. Le muselage, la nourriture, etc., seront réglés comme pour le cheval de pur sang, à l'exception de l'addition graduelle d'un quarteron de fèves pendant la seconde préparation. Les circonstances régleront cette ration de fèves, mais en général, les chevaux de steeple-chase se trouveront bien de ce genre de nourriture pendant l'hiver, et surtout les demi-sang auxquels on impose un travail moins long. Nous allons quitter ce sujet pour lequel il faut essentiellement des principes, et cependant auquel il est difficile d'en tracer d'absolus. Dans toutes les occasions, le cheval de demi-sang est difficile à entraîner, et la chose devient fort embarrassante lorsqu'il faut lutter sur de grandes distances avec le cheval de pur sang. Ce n'est que pour sauter et pour porter du poids que le cheval de demi-sang est supérieur, et quand l'animal de race pure se trouve posséder ces qualités, dans neuf occasions sur dix on le verra triompher, surtout si le poids ne dépasse pas onze à douze stones. Voilà pourquoi l'on se sert de purs sang ou de chevaux à peine contaminés, et que l'ancien cheval véritablement demi-sang se trouve négligé toutes les fois qu'on peut se procurer des chevaux de race pure.

Section IF. — Les cavaliers de steeple-chase.

170. — Ces cavaliers forment ime classe à part et tout à fait distincte des jockeys de course plate. Ils sont fort nombreux, comme on peut le voir dans l'annuaire du steeple-chase, par Wright, qui en cite 110 dans le Royaume-Uni. Leur poids varie entre 8 et 11 stones, et leur prix est de 5 livres ou au-dessus. Les règles ne sont pas aussi sévères que pour la course plate, et diffèrent tant pour les chevaux que pour les cavaUérs.

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