ACHAT DU HUNTER. SOINS A LUI DONNER
Section I. — Achat du hunier.
193. — Généralement les hunters se procurent par un achat, bien peu de ceux qui les élèvent les montent ensuite , à moins que ce ne soit pour les mettre en vente. La plupart de nos hunters «ont élevés par des fermiers, qui ont rarement des haras considérables et se bornent à deux ou trois poulains par an. Cependant, quelquefois dans la même ferme l'on élève un plus grand nombre de chevaux de cette classe , et c'est un gi*and profit pour Téleveur ; mais, en règle générale, les \ddes de Té curie de chasse se remplissent soit par des purs sang retirés de l'écurie de course, soit par des hunters produits à cet effet par des fermiers qui les gardent et les montent jusqu'à cinq ou six ans. Quand ils ont été dressés en totalité ou en partie à la suite d'une meute, souvent quand ils sont arrivés à la perfection, ils sont achetés par les marchands et quelquefois directement par les gentlemen. Dans les bons districts de chasse, les fermiers ont de bonnes chances pour faire voir leurs jeunes chevaux avec avantage et peuvent en conséquence tirer grand prix de leur marchandise , mais ils sont généralement obligés, d'accepter une somme bien inférieure à celle que donnerait volontiers le dernier acquéreur, n'ayant occasion de montrer leurs chevaux qu'au marchand ou à son agent. De cette façon, le marchand de Londres ou de province réalise un ou deux cents pour cent de bénéfice ; mais comme le prix se règle sur le caprice de l'acheteur et qu'il y a des gens qui veulent payer pour leur plaisir, il n'est pas étonnant que les marchands à conscience élastique s'empressent de les satisfaire. Peu de particuliers qui ont le goût de la chasse et souvent des écuries bien garnies ee trouvent en position d'élever des poulains, faute de goût ou de talent pour y réussir. J'ai d'ailleurs démontré que les purs sang de première classe ne pouvaient s'élever jusqu'à trois ans à
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moinâ de 150 livres. En admettant que le prix de l'étalon et de la jument et l'excès des soins que demande le cheval de course soient compensés par les deux ou trois ans de plus qu'il faut pour former un hunter, on trouvera que le hunter élevé chez le gentleman reviendra à cette somme ou bien près. Défalquons encore deux tiers des élèves pour les chances de boiterie, action défectueuse , mauvais caractère , etc. Nous trouverons que, pour obtenir un bon hunter, portant du poids, bien dressé à suivre les chiens, franc de tares et préparé pour être vendu, il faudra débourser 400 livres, somme pour laquelle on aurait toujours pu acheter des animaux de première classe. Je viens de prouver que le meilleur système pour se procurer ces animaux est de recourir au commerce; l'on me demandera en quel lieu et à quelle époque. Soyez certain que là où la marchandise sera demandée, la production afduera , et l'on peut voir la manière de s'y prendre en examinant le chapitre de (élève des chevaux en général,
194. — Le véritable lieu de marché pour les hunters, c'est le terrain de chasse, où il est facile d'apprécier leurs qualités ; cependant même là il est facile de tromper l'acquéreur. Il y a des hommes qui peuvent monter un cheval difficile , de façon à faire croire aux spectateurs qu'il est maniable comme un petit cliat ; cela s'obtient en partie par une bonne progression d'équitation et l'emploi de la voix, au lieu des rênes et des éperons, mais encore plus par le sentiment qu'a le cheval d'être monté par un cavalier de première force , et par conséquent son maître. Souvent, avec ces écuyers, le cheVal méchant est forcé de se bien conduire et fait tout ce qu'on lui demande, il travaille si agréablement que les acquéreurs sont sur le point de se battre pour l'avoir ; souvent, sans plus d'épreuve, l'on donne un gros prix, car l'heureiix possesseur oublie souvent d'exiger un essai plus approfondi. La semaine d'après, l'on voit le même animal monté par le nouveau propriétaire, qui est bientôt obligé de commencer une nouvelle lutte , qui se termine tout aussi souvent en faveur du quadrupède que du bipède. Celui-ci, qui voudrait pouvoir s'appeler le maître de son cheval , est obligé d'avouer sa défaite, et, en désespoir de cause, met son cheval en vente avec une triste réputation. Il n'est donc jamais certain pour un acquéreur de trouver un cheval à son gré avant de l'avoir monté , car, même en des cas moins extrêmes que celui que je viens de citer, il trouvera que ce qui
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convient à son voisin ne lui conviendra pas toujours* Il y a des hommes qui aiment un cheval qui tire sur la main, d* autres veulent mener à rênes flottantes, d'autres préfèrent l'heureux médium (jqtmnd ils peuvent le rencontrer). La manière de sauter s'apprécie également très-diversement, il y a des cavaliers qui la veulent posée et prudente, la^'ssant le temps de regarder par-dessus l'obstacle et de changer d'avis extrêmement tard. Les chevaux qui se précipitent sur l'obstacle sont abhorrés de ce» messieurs, qui ne veulent pas les monter s'ils ont la moindre tendance dans ce sens. D'autres aiment à aborder vite, et, bien qu'il n'y ait peut-être personne qui se plaise à foncer sur Tobstacle, il y en a qui veulent arriver bon train jusqu'à grande proximité. Il y en a qui trouvent indispensable d'arriver au pas , en rampant, tandis que d'autres ont cette méthode en aversion et proscrivent pour sauter toute allure plus lente que le trot. Pour toutes ces raisons et aussi pour se former une idée du caractère, l'homme qui veut bien se monter et qui a quelques préférences en matière de dressage, doit toujours essayer le cheval avant de l'acheter. Jusqu'à un certain point, cela peut se faire ailleurs qu'en chasse, mais jamais avec certitude, car il y a des chevaux bien tranquilles tout seuls et qui changent terriblement avec les autres, et surtout à la queue des chiens. Je me rappelle une circonstance dans laquelle un gentleman de ma connaissance acheta une magnifique jument de robe alezane, après avoir franchi sur elle une douzaine d'obstacles de sang-froid et galopant en cercle autour de sa maison. Elle les passait avec beaucoup de grâce et de dextérité. Il crut mettre la main sur un trésor et fut enchanté d'obtenir un tel hunter pour deux cents guinées seulement. Le mois suivant, la saison de la chasse commença, la jument avait été dans l'intervalle mise en condition -par le groom de mon ami, qui rendît compte à son maître qu'il se trouvait admirablement dessus et que c'était un pfiénix. Le premier jour je me trouvais au rendez-vous de chasse, la nouvelle acquisition fut l'objet de l'admiration générale. Mais à peine le renard trouvé, en arrivant au premier obstacle, voilà la belle jument et son cavalier qui font séparation de corps. Elle avait bondi en bête à cornes et avait projeté violemment son nouveau maître sur le dos. Le fait est que c'était un animal très-impressionnable : seule et tranquille, elle abordait les obstacles comme un hunter doit le faire, mai» à la queue des chiens, elle commençait par des sauts excessifs, re-
troussant sa croupe d'une manière eflfrayante en décrochant tout cavalier qui n'était pas de premier ordre. C'était le cas de mon ami, quoiqu'il se tirât fort bien d'affaire avec un cheval facile. Il est clair que s'il l'avait essayée derrière ime meute, il y aurait renoncé tout de suite, et quoiqu'il y ait mis de la persévérance, il n'a jamais pu la monter avec aisance, et rarement au départ il échappait à une chute ou à quelque chose d'approchant. Ainsi donc le huntei* doit être examiné non-seulement comme un autre cheval, mais il faut encore une épreuve de ses qualités à la chasse. Un homme expérimenté trouvant le cheval et le prix à sa convenance, doit dire au marchand : « Je » vous donnerai ce que vous demandez, si vous me le donnez » à monter et qu'il me plaise après l'avoir essayé. » 11 est extraordinaire combien cette épreuve produit de différences d'appréciation, non-seulement dans ce cas, mais dans beaucoup d'autres. Bien des gens s'imaginent qu'une promenade en main, au pas et au trot, devant l'acquéreur, suffit à l'appréciation, et que l'on peut acheter ainsi à l'enchère, avec- quelque certitude de trouver quelque chose à sa convenance. C'est une erreur, et bien qu'une allée et venue dans l'établissement de Tattersall vaille mieux que le simple examen à l'écurie, quelques yards parcourus en selle valent dix fois mieux. Un cavalier expérimenté découvrira en quelques pas si le cheval a réellement de la force, s'il est en mesure de porter du poids, etc. Une plus longue épreuve est certainement préférable, mais une trèscourte distance, surtout en terrain inégal, donnera une bonne appréciation des moyens naturels du quadrupède. La bouche joue un grand rôle dans l'accomplissement des devoirs du hunter, et il faut toujours en tenir compte, chose encore bien problématique, si l'on se contente de marcher quelques pas les rênes flottantes, puis un Simple arrêt. Dans l'écurie, il ne faut pas songer à choisir un hunter, en raison des grandes variantes qui existeront entre ce que l'on choisirait dedans et ce que l'on trouve préférable dehors. Après le terrain de chasse et surtout si l'on ne tient pas à l'argent, le meilleur choix de hunters se fera dans les écuries des meilleurs marchands de Londres et chez quelques célébrités de province. Nous ne voulons rien préciser sur ce sujet délicat, mais il y a à Londres au moins douze marchands et plusieurs autres en province où un véritable connaisseur, avec de l'argent dans sa bourse, peut trouver chaque variété de hunter. Là un gentleman connu du mar-
chand peut toujours bien essayer les chevaux en vente ; mais il ne &ut pas espérer qu'on lui laissera monter un cheval gras, comme s'il était en condition^ et il ne trouvera pas non plus dans l'animal chargé d'embonpoint le train que l'on désire à la queue des chiens. Certains marchands qui vendent beaucoup de hunters en ont toujours, dans la saison de la chasse, un certain nombre passablement préparés, et ceux-là peuvent être essayés avec ou sans chiens. La plupart, toutefois, sont dans la condition marchande , c'est - à - dire ont de la viande de bœuf au lieu de la fibre résistante du cheval apte à la fatigue. Il ne faut donc pas s'étonner si les marchands regardent à deux fois avant de permettre d'esbayer leurs chevaux hors de leur vue. Ils ne savent que trop par expérience qu'il peut facilement en résulter beaucoup de mal et en bien peu de temps, pour la respiration, les jambes et les chairs des chevaux non préparés. En vente publique, les bons hunters se vendent souvent ifort cher, quand on les connaît dans leurs districts respectifs, et une écurie en renom rapportera une forte somme. Pendant cet été, une écurie de quatorze hunters, sans célébrité extraordinaire, a atteint une moyenne de 350 livres par cheval, bien qu'aucun d'eux n'annonçâtune force extraordinaire pour porter du poids. Mais si un cheval n'est pas bien connu , il est fort dangereux de s'en occuper ; il a beau plaire à l'œil et paraître un vrai hunter de la tête aux pieds, cependant à l'essai il peut se trouver tout à fait inutile. Souvent on arrive à ce triste résultat pour avoir voulu faire une spéculation, même avec l'avantage du jugement et de l'expérience, mais dans cette partie, il y a encore plus de billets blancs à la loterie que pour toute autre espèce de chevaux. Avec un essai imparfait, il est bien plus facile de choisir les hacks et les carossiers, mais les hunters ne prêtent qu'à des conjectures, il est donc toujours imprudent de donner en vente publique pour le cheval dont on veut faire un hunter, beaucoup plus que son prix courant comme cheval de selle ou de harnais. Une bonne règle est de n'excéder cette somme que de ce qu'il vous est indifférent de sacrifier. S'il tourne bien, tant mieux, sinon vous le revendez en faisant le sacrifice auquel vous étiez tout résigné. L'on peut ainsi souvent tomber sur un bons hunter à un prix comparativement bas, mais cela n'arrive guère avant d'en avoir rejeté et vendu plusieurs qui n'étaient bons qu'à tromper les novices ou à l'attelage. Aux autres ventes hebdo-
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madaires à Londres, Ton trouve peu de bons hunters, et Taciill teur fera bien de borner ses investigations à rétablissement biK dirigé de M. Tattersall. L'on n'y tolère aucune ruse que ceVà inévitables dans ce commerce, et quand le commissaire-prised annonce un fait, vous pouvez compter qu'il en est convainol( Peu de hunters consommés sont tout à fait francs de tares, i quelques chevaux très célèbres en ont eu de très graves. Au^ plusieurs hunters de bonne réputation se vendent sans garante mais en majorité ils sontgarantis, et si on prouve qu'ils n'étaid pas nets, on peut les rendre dans les délais fixés par les règW de rétablissement. Bien des genres de boiterie peuvent éd guéris temporairement à l'aide du repos, etc. ; mais le cornagi^ le sifflage et toutes les défectuosités de la respiration se cM couvrent facilement au premier bon temps de galop. Ces dl fauts se reconnaissent aussi à l'écurie, mais la règle n'est p^ invariable. Bien des chevaux qui ne sont pas cornards fod quelque bruit dans l'écurie, et d'autres, affreusement bruyaill dehors, se taisent dans leur stalle si on les menace du bâtoa par la méthode classique. Le meilleur moment pour acheter !< hunter ou toute une écurie, c'est à la fin de la saison de la chaaei^ On peut les avoir à bas prix et ils montrent tous leurs défaud tels que membres gonflés, coups sur les canons, etc. Tout cci disparaîtra au moyen du repos et d'un traitement convenabM tandis que six mois après les mêmes animaux vaudraient 30 o^ 40 pour cent de plus, et puis l'on n'aurait pas autant de choiii puisque le moment où l'on renonce à la chasse et où on vend d hunters, c'est généralement quand la tentation de se livrer à é plaisir vient à cesser. i
Section II. — Soins pendant Tété, ,
195. — Procès fait par Nimrod à la nature. — Il n'y a guèH que trente ou quarante ans on lâchait dans la prairie tous M hunters dès que la première herbe était poussée, et l'on coméI dérait ce genre de nourriture comme une panacée pour tod leurs maux. Après avoir passé l'hiver dans une écurie biH /chaiide, pansés avec le plus grand soin, on leur ôtait leu|( couvertures dès que leurs maîtres osaient le prescrire et on le( mettait dans le pré, souvent sans un hangar pour se réfugid dans les jours froids et humides. Souvent il en résultait qu'il revenaient poussife à l'automne ou mouraient pendant la saisOÉ du vert. Dans tous les cas, s'ils conservaient la sauté, ils étaieil
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gfras, gans haleine, sans souplesse, et il fallait presque toute la gjttgon de la chasse pour les mettre en état de faire leur métier. Certes à Tallure que suivaient nos aïeux, un cheval nourri au vert, avec une ration d'avoine comme on en donnait souvent, pouvait suivre une chasse, non sans se couvrir d'écume ; mais il «st notoire qu'un cheval a maintenant besoin de six mois d'entratnement en sortant de la prairie avant de pouvoir suivre une de nos chasses ordinaires. L'on sait aujourd'hui qu'une course à la queue des chiens est plus dure que là course ordinaire; il est donc évident que l'herbe tendre ne suffira pas pour mettre le hunter en état de supporter nos journées de chasse. Il a donc fallu abandonner le système, en grande partie à la suite des écrits que Nimrod (M. Apperley) a publiés sur la matière, et maintenant le hunter est presque toujours gardé pendant l'été en liberté dans une box. Il y a d'ailleurs bien d'autres objections à faire contre le système du vert dans la prairie à cette époque de l'année. Généralement, les ipembres, les pieds, quelquefois l'un, quelquefois l'autre, quelquefois tous à la fois, sont en éta^ id'infiammation et demandent le repos, les vésicatoires, le feu, etc. Dans ce cas, le séjour de la prairie ne fait qu'aggraver le mai, parce que de tous les chevaux, ceux-ci sont les plus sulexcités par l'état de liberté, ils l'associent à leur métier habituel et galopent de tous les côtés, ébranlant tous leurs membres jusqu'à ce que le mal primitif soit devenu dix fois plus grave. Si des membres ou des pieds doivent se guérir dehors, ce doit i4tre pendant l'hiver, ou dans les prairies marécageuses, qui ont d'ailleurs un autre inconvénient, celui de ramollir la fibre pour longtemps. Les prés élevés rendent le cheval passablement cotonneux, quant aux endroits marécageux, ils sont encore dix fois pires. Pour mon compte, j'ai mis plusieurs chevaux boî* teux au vert pendant l'été, mais je n'en ai jamais eu qui en eussent tiré quelque avantage, et quelques-uns ont été complètement ruinés à la suite de leurs galopades sur le terrain dur. Si le vert doit être pris en dehors, il faut au moins leur mettre des entraves, qui les empêchent de courir et sont une excellente précaution dans cette circonstance.
Voici le plan de Nimrod. — L'on commence par rafraîchir le cheval en lui retirant peu à peu ses couvertures et en lui re tranchant son avoine en totalité ou en partie ; administrant des médecines, etc., etc. Tout cela durera près d'un mois, c'est-àdire juijqu'au milieu de mai. Puis on met les hunters en liberté
dans une box large, spacieuse et aérée, où la partie supérieure de la porte puisse être constamment ouverte. L'on préfère souvent mettre une forte chaîne entre les montants de la porte, parce que Tair circule plus librement. Quand le cheval est complètement rafraîchi, Ton peut mettre les vésicatoires aux jambes ou autres remèdes externes que nous décrirons plus tard. Le tan est ce que Ton peut mettre de mieux sous les pieds du cheval, et si Ton en met une bonne couche, cela remplace avantageusement la litière, tout en tenant les pieds frais. L'on peut donner du seigle italien ou de la luzerne ou de Therbe ordinaire, en la mêlant, au commencement, avec une quantité égale de foin, mais des que le cheval y est habitué il faut le tenir uniquement au vert. Les vesces ne me paraissent pas convenir aux chevaux qui ne travaillent pas. Quand elles sont nouvelles, elles irritent les intestins et ne font que les dévoyer ; plus tard, c'est une nourriture forte et échauffante. Pour des chevaux de voiture qui ont beaucoup à travailler elles conviennent mieux (avec un supplément d'avoine) que l'herbe ordinaire, surtout quand les cosses sont bien développées, mais pour le hunter pendant la saison d'été, j'aime mieux quelques-unes des variétés de luzerne, qui n'échauffent pas à beaucoup près comme les vesces. L'on peut retirer les fers et parer les pieds en ôtant tous les éclats de corne, détruisant les bleimes, seimes, etc., en coupant à fond de façon à les guérir radicalement à ce moment de repos absolu. Si le cheval est encore jeune et vigoureux, il vaudra mieux pour un mois ou deux ne pas lui donner du tout d'avoine, et il se remettra ainsi de l'état inflammatoire de tout le système que produit la nourriture excessive. Les vésicatoires, le feu et autres remèdes doivent avoir opéré, les jambes doivent avoir diminué de grosseur et toutes les vieilles bosses et excroissances doivent avoir presque disparu. Ceci aura lieu vers la fin de juillet ou un mois plus tard, si les membres ont beaucoup souffert. Pendant tout ce temps, l'avoine demeure supprimée, ou ne se donne qu'en petites quantités, et l'on met une grande attention à retirer les épines et à guérir les ébranlements que les jambes et les pieds ont éprouvés pendant la saison de la chasse. Mais le temps arrive de commencer à donner l'avoine et de laisser le vert en tout ou en partie. Vers la fin d'août au plus tard, le foin doit être presque l'unique fourrage avec deux repas d'avoine à peu près, selon l'état d'embonpoint du cheval. S'il est en mauvais état on peut augmenter la
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ration de grain, et s'il est trop gras se contenter d'un repas par jour. L'on remet aussi les fers, et le cheval fait une promenade ftu pas sur le gazon tous les matins, pendant une heure ou deux. Au milieu de septembre commence l'entraînement pour la saison de la chasse, et le régime d'été est considéré comme terminé. Pendant la belle saison, il faut qu'il y ait toujours de Teau dans la box pour que le cheval puisse boire dès qu'il a soif. L'on cesse toute espèce de pansage. Il faudra administrer deux ou trois médecines et même davantage si l'estomac a été fort dérangé par les fiitigues et les jeunes de l'hiver précédent. Rien n'éprouve la constitution du cheval comme ces longs jeunes fort peu en rapport avec, la petitesse de son estomac. Ce viscère devrait être rempli au moins toutes les quatre heures, et cependant il s'écoule souvent six, huit ou dix heures avant que le hunter épuisé reçoive seulement un barbotage. Ne nous étonnons donc pas s'il lui faufquinze jours pour se remettre et recommencer la corvée. Les boules d'entraînement, etc., etc., seront rarement nécessaires, mais quelquefois, en dépit du vert et autres accessoires, l'estomac reste toujours dérangé et la nourriture semble ne faire aucun bien au cheval. Alors un stomachique stimulant devient fort utile, et une ou deux fois par semaine on trouvera avantagé à donner une boule cordiale. Voyez Maladies du cheval.
Section III, — Dressage et apprentissage.
196. — Il faut naturellement un dressage pour les poulains dont on veut faire des hunters, mais il ne diflfêre du dressage ordinaire que par les sauts que le jeune animal doit apprendre à exécuter. Le même mors que j'ai recommandé page 115 conviendra aussi à ce genre de cheval ; mais il faudra que les rênes soient beaucoup plus tendues et le cheval doit le garder une heure par jour dans la position du rassemblé, jusqu'à ce qu'il ait l'encolure suffisamment pKée. L'on peut aussi mettre dessus le Jockey muet, fixé au surfaix par des boucles avec des ressorts dans les bras qui permettent au mors d'arrêter ou rendre suivant les mouvements du cheval, tout en ayant une tendance à plier Tencolureet àmettrele cheval sur les hanches. Si cela n'est pas fait avec soin et si le poulain n'apprend pas à se servir adroitement de ses jambes de derrière en les ramenant sous lui de manière à porter une partie considérable de son poids, il ne sera jamais sûr au milieu des sillons ou dans les endroits
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difficiles où il est obligé d'arriver lentement jusqu'au point i^ départ, et de réunir les jambes sous lui avant de prendre son j élan. Quand le cheval est à la longe, on doit lui faire sautc| (mais pas trop souvent) la barre mobile pour qu'il ne découvri pas la facilité avec laquelle elle tombe et pour qu'il ne devieiiai pas insouciant. La barre fixe doit être employée dès que le che^ val sait franchir, et il ne se fera pas de mal s'il tombe quelquefoï par dessus. Comme il n'y a rien qui puisse retenir les jambes, i tombe en deçà ou au delà sans grand dommage. La barre doit çkvoir des retoui*s sur le côté, de sorte que dans le travail à la longe le cheval soit obligé de passer par dessus ou de faire face en se retournant au groom qui suit, la chambrière à la main. Quand ces côtés sont bien arrangés, la corde de la long^ glisse dessus sans accrocher, et la barre peut être franchie par le cheval à chaque tour. Il y a des chevaux adroits et dociles ^ui paraissent prendre goût à ce jeu, mais il ne faut faire sauter que six ou huit fois par leçon de peur de dégoûter son élève. Quand il passe parfaitement bien la barre dans le travail à la ionge et qu'il est dressé à toutes les allures^ on peut le monter pour sauter cette barre et autres obstacles légers avec calme ei sang froid, mais il ne faut jamais le mettre à ce travail avant qu'il ne soit complètement dressé d'ailleurs. Car s'il ne connaît pas ce que signifie l'action des rênes pii des éperons il est inutile de l'embrouiller en lui faisant faire ce qu'il ne comprendra pas. On ne doit jamais essayer de grands obstacles sans être à la suite d'une meute, et quand le poulain est disposé à franchir à volonté de petits obstacles, il vaut mieux différer son éducation finale jusqu'au moment où il pourra suivre les chiens ainsi que je l'ai exprimé dans le chapitre consacré ft l'éducation de steeple -chase. A la queue des chiens le poulain cherche à suivre les autres chevaux et entreprendra tous les sauts que l'écuyer lui présentera, mais il se trompera souvent et entraînera souvent une clôture dans le champ voisin. Avec une boone main, une assiette solide et de la patience, on lui apprend vîte à connaître ce qu'il peut faire, et en quelques leçons, il apprend à éviter les accidents et à rester sur ses jambes. Le mors que nous avons déjà indiqué pour le dressage est le meilleur pour l'éducation du hunter, parce qu'il est large et permet de fortes pressions sans causer de douleur, de sorte que si l'écuyer est obhgé de mettre de la force pour maintenir lu tête droite, il ne jette pas pour cela le poulain dans Tobs-
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tâcle j comme il le ferait avec un petit filet ti^aiifchànt bu avec un mors de bride. Il faut suivre aussi nos précédentes recoinmandations relativement à la durée des leçons. De même que le cheval de steeple- chase^ le jeune liunter devrait être toujours graduellement habitué à son métier, et par conséquent il faut peu d'ouvrage dans les commencements. Voyez page 175 dans le chapitre du steeple-chase.
Section IF, — Entrainement du hiinter.
197. — Le hunter ne prépare pour la chasse d'après les mêmeô principes que ceux qui président à Tentrainement du cheval de course,ou plus particulièrement du cheval de steeple-chase • Après une dose de médecine on donne, s'il le faut, des suées, et celasur une distance de quatre milles. L'on prescrira toujoui's une promenade au pas de trois heures par jour, et, si cela peut se faire sur un bon gazon, cela n'en vaudra que mieux. Une route pourra suffire pour les chevaux qui ont de bons pieds et de bons mem • bres, mais dans tous les cas le gazon est plus frais et donne moins d'ébranlement aux jambes. La rigueur de la préparation doit dépendre de la nature du pays de chasse. Si c'est du gazon et que la voie soit bonne, le cheval doit subir un entraînement complet, et Ton fera bien de le préparer comme pour le steeple-chase. (Voyez paragraphe 165). Mais si la course paraît devoir être plus lente, on peut conserver le cheval plus en chair, et s'il n'est pas naturellement très gras, il suffira de donner un galop de temps en temps sans administrer les stiées. Souveùt on pourra lui demander de chasser deux fois par semaine, alors 8*il a été réduit, comme pour l'entraînement complet, il s'exténue^ devient une espèce d'ombre et ne peut pas continuer son métier. Le groom doit donc savoir à l'avance pour quel travail il doit préparer ses chevaux, et il agira en conséquence. On augmente la ration d'avoine, et aU milieu de la préparation, on donne une ou deux médecines, le hunter se trouve ensuite prêt à commencer la saison.
198. — Il est absolument nécessaire de tondre ou de brûler le poil de beaucoup de hunters si on veut les mettre parfaitement en état. Beaucoup de ces chevaux ont toujours le poil épais dans la saison de la chasse, et si oti leur laisse leur poil d'hiver ils ne sèchent parfaitement que le letidemain d'un jour de ckasse, cela les affaiblit et les prédispose ailx rhumes. La lampe au gaz enlève le poil d'une manière supérieure et à
presque fait abolir l'usage des ciseaux de tondeur. Elle consiste en une èpèce de peigne large percé de trous et qui communique avec un tuyau de gaz au moyen d'un tuyau flexible vissé sur la paroi du tuyau. En tournant un robinet le gaz s'introduit, on l'allume et il produit sur les bords du peigne une série de jets assez forts. On le fait alors courir sur la robe du cheval, les dents font lever le poil que le gaz consume par la pointe. Un homme adroit aura bientôt réduit toute la robe à une longueur convenable,' sans arriver toutefois pour le coup-d'œil à la perfection qu'obtiendrait un bon tondeur. Après avoir brûlé ou tondu le poil, on a l'habitude de donner une suée afin de se débarrasser des restes de poil brûlé, et aussi, dit-on^ pour empêcher le cheval de s'enrhumer. J'avoue que je ne m'explique pas comment on parviendr^Kt à ce résultat, puisqu'en temps ordinaire une suée ne fait que rendre les chevaux plus sujets aux rhumes. On peut fort bien nettoyer la robe avec de Teau et du savon, et quand un cheval est peu en chair et ne peut guère supporter une suée, il faut toujours préférer ce moyen.
199. — On laisse quelqAiefois au stud groom le choix du cheval que l'on montera à jour donné, mais en général le maître fait son choix après une conférence avec son domestique et après s'être assuré de l'état particulier de chacun des chevaux.
Naturellement on choisit le plus frais, pourvu qu'il convienne aussi bien au pays à parcourir que celui qui tient le second rang sur la liste. Il y a quelquefois sous ce rapport une grande différence, et le cheval qui triomphe de tous les obstacles dans un pays, peut être un maladroit dans un autre, suivant, par exemple, qu'il s'agisse de franchir des cours d'eau ou des murs en pierre. Ces deux obstacles doivent se franchir dans un style tout à fait différent, bien que l'on rencontre un petit nombre de chevaux aussi bons dans un cas que dans l'autre . Il y a des hunters qui ont besoin d'être muselés, comme les chevaux de course, la veille d'une chasse ; mais il faut toujours auparavant leur donner du foin, et la muselière doit se mettre tard dans la nuit ou de bonne heure le matin. Il est rare que les chiens rencontrent avant onze heures du matin ; à six heures, en hiver, on peut mettre \ài muselière, après un premier repas d'avoine et quelques gorgées d'eau, et puis on la laisse jusqu'au repas qui précédera le départ. Il y a des chevaux qui mangent avidement leur litière et qui s'en gorgeraient à ce moment de la journée si vous les laissiez faire. Vers les huit heures, ou donne deux quarts
d'eau, et à neuf, le deuxième repas d'avoine ; puis, à neuf heures et demie, le cheval est sellé et part pour le rendez- vous de chasse. Quand le temps est très froid, Ton jette quelquefois une demi-couverture sur la croupe, mais presque toujours le cheval n'en a point. J'avoue que je ne vois aucune raison pour cela, bien des chevaux souffrent du froid en attendant l'arrivée de leurs propriétaires au rendez- vous de chasse. L'on peut bien les promener de côté et d'autre, mais cela ne les tiendra pas chauds par le vent et la pluie, et je considère comme un fort bon système de garder la couverture jusqu'au moment où l'on découple les chiens et que l'on s'attend à lancer le renard. Les hunters premient tous leurs exercices avec des couvertures, et l'on s'imagine qu'ils seront aussi à l'aise au rendez-vous de chasse que s'ils n'en avaient jamais mis du tout. Au heu de retirer la couverte seulement pour quelques instants, on les expose à être transis fort longtemps de suite, et je me rappelle avoir vu au ïendez-vous de la chasse la totahté des hunters avec le poil piqué faute d'avoir été couverts. Il est bien entendu que le groom prendra soin de ressangler avant de passer le cheval à son maître et s'assurer si la gourmette est au point convenable.
Section F. — Manière de suivre la chasse à travers champs.
200. — Nous avons déjà fait mention au paragraphe 176 des principes généraux d'après lesquels on règle ce plaisir excitant, il ne nous reste plus qu'à entrer dans les détails pratiques. Pour prévenir les accidents autant que possible sans pourtant nuire à l'émulation qui donne à cet amusement presque tout son charme, l'on a adopté depuis longtemps, d'un commun accord, certaines règles. Elles sont maintenant pleinement reconnues dans tous les pays de chasse par ceux qui désirent être considérés comme des sportsmèn, et toute infraction à leurs prescriptions est un manque de savoir vivre (à la chasse). En outr« de ces règles, nous consignerons ici quelques remarques plutôt comme avis aux commençants que comme lois établies.
201. — Chacun doit prendre sa ligne, soit immédiatement derrière un chef de file, soit à une distance donnée à droite et à gauche, et jamais on ne doit essayer de priver son voisin ou son prédécesseur de la ligne qu'il a choisie, tout en luttant franchement pour tout le reste. En adoptant cette règle, on évite de se choquer les uns les autres aux endroits faciles, pratique des plus dangereuses sur le terrain de chasse. Si Ton
' D'étdbliiasajt pas qualque règle de c6 gmve, deux hommes cou» fifint de rivalité se frotteraient continuellement dans les ouve^ lure« PU dan3 le« parties faibles des qlôtures, aucun ne voudrait cédeP, les deux chevaux s'enlèveraient en môme temps, et il m m tomberait un ou tous les deux dans le fossé. Ce genre d'acr pjdent arrive quelquefois aux jeunes gens qui ne connaisse4 p^ l&^ règles de la phasse , et dans ce cas c'est une fort maa« Y^im chutQ» parce que quand il y a deux chevaux couché» ji c0tè l'un d» r^^utre, Ton a, en outre de la culbute, la chauotf d'attraper les coups de pied du voisin. Mais si les cavaliers tie»n^nt bien leur distance et abordent leurs obstacles carrément, nefx de tput cela n'arrive , et en passant chaque clôture l'ofi yiHt clairement à quel endroit Ton doit passer la suivante. S'il y a un endroit évidemment fiuble, et qu'il soit unique, il ^ paï'tient à la personne qui se trouve vis-à-vis, et ses camarsdfli doivent en chercher un autre ou attendre leur tour pour passer après lui. Naturellement, il se présente des cas asees difficile k décider, mais généralement parlant , la règle est d'une ajplication facile, à moins qu'un homme ne devienne vplontjdwment aveugle de passion et de jalousie. J'ai déjà fait observer que la chasse est maintenant une simple course de chevaux, et peu de gens voudraient s'y adonner sans l'excitation de la concurrence. I^e soin de feire chasser les chiens est absorbé par ce sentiment et entièrement oublié ; la meute n^est plus qu'un moyen d'indiquer aux concurrents la direction à prendre.
202. — L'on devrait toujours, autant que possible, acquérjr une connaissance particulière du pays à parcourir^ et le novice devrait apprendre quels en sont les points remarquables, et leurs communications avec le terrier vers lequel se dirigem la plus probablement le renard. Alors, quand les chiens seront portjés à suivre des courbes, prenez toujours la corde vers cet endroit, mais sans irop vous éloigner, de peur de perdre là 0ha3se. Dans tous les cas, tenez-vous près des chiens, autant que cela sera praticable. La moindre négligence à cet égard peut vous feiré perdre votre place pour toute la course, et il est plus facile de garder son rang que de le regagner. Beaucoup d« bons cavaliers savent passer par dessus tout tant qu'ils sont sûrs de la direction, mais quand ils lont perdue, au lieu de 8e rapprocher de la meute , ils perdent du terrain à chaque obstacle. La connaissance du pays et le coup d'œil sont les qualités essentielles, et il est indispensable de les posséder toutes
les deux. lei les hommes à vue courte se trouvent dépioraUe*!* ment en défeut, et souvent ils sont obligés de s'en rapporter à Tavis d'un ami et de le suivre à la piste.
203. — Ne pressez pas votre cheval jusqu'à l'épuisement, |i moins que vous ne soyez à peu près sûr de pouvoir en chan-* ger, et que le renard ne soit aux abois. Quelquefois, dans l'ardeur de la lutte, quand le renard s'affaiblit visiblement et qull n'y a avec les chiens que quelques cavaliers de tête , on peut excuser un homme qui surmène son cheval, mais autrement ce n'est pas humain et ne convient pas à un sportsman, parce quft tout cavalier expérimenté doit savoir quand son cheval en a assez, et quand il continue au-delà, il est rare qu'il puisse ga^ gner plus que quelques champs. On fera des miracles en arré-? tant à propos ; au lieu de faire perdre une place, souvent oela procurera un meilleur rang. Ce qui épuise le cheval , ce n -est pas d'aller droit dans le bon terrain, mais c'est le travail en terrain mou et hors de propos. Il y a bien des gens qui semblent n'é pas faire de difiEêrence entre un bon gazon et la te|T0 la,* bourable humide et défoncée, et qui poussent leurs chevaux du talon à travers de profonds sillons, dans une contrée argileuse, à une allure qu'aucun cheval ne peut supporter dans un pareil terrain pendant plus d'un mille ou deux. Un, homme pratique cherche la terre ferme ou des sentiers, et par un léger détout gagnera sur ceux qui ont dédaigné de quitter la ligne , même de quelques mètres. Les sillons humides et visqueux ftitig^ent horriblement un cheval, et il s'en suit que si on le presse çur pareil terrain, il perd promptement ses moyens et son haleine, et tombe d'une vilaine façon, au premier obstacle qui se trouve d'une dimension au-dessus de la moyenne. Celui qui aspire à bien suivre les chiens doit donc apprendre à bien juger l'allure et s'efforcer à connaître les symptômes de détresse et la meil** leure manière de sauver son coursier de l'épuisement. Iq, co»dition et la race ont tant dlnfluence sur le fonds, qu'il est bien difficile de savoir le parti que l'on peut tirer d'un cheval que l'on monte pour la première fois. Il y a des chevaux de race qui tout essoufflés sauront reprendre haleine à plusieurs reprises, si on sait les ménager, tandis que la bête commune ce-» dera dès qu'elle aura perdu ses moyens, et ne fera plus de service au moins ce jour-là. En montant des talus escarpés , un cavalier soigneux et actif sautera à terre et conduira son cheval pff la bride, et souvent gagnera par ce moyen un mille ou
deux sur u& concurrent moin3 humain et moins prudent. C'eaf à de semblables détails que Texpérience s'applique, et ce sont pourtant ces minuties qui font la différence entre le cavaliei qui ne tient le premier rang qu'au commencement de la course, et celui qui est certain d'être présent à la mort du renard.
204, — Ayez toujours soin que votre ligne convienne à votn poids aassi bien qu'à votre cheval. Un homme léger passe» pardessub ^es clôtures en bois dans un bon terrain encore plua facilement qu'il ne traversera une forte charmille. Quand im cheval est habitué au saut de barrière et qu'il est bien monté, c'est à peu près l'obstacle qui l'embarrassera le moins, là grande difficulté est d'être sûr de son cheval et de savoir s'3 n'est pas épuisé, un hunter sans énergie est toujours dangereux contre les barres fixes, et là une méprise mène presque tonjours à une chute. L'on devrait rarement présenter un cheval fatigué à une barrière élevée, aux barres fixées à des poteaux, pour peu que l'on puisse choisir un autre obstacle. Si l'on y est obhgé, il faut une main soigneuse et employer vigoureusement les aides. Au moyen de toutes ces précautions, quelques hommes passablement lourds, bon connaisseurs en vitesse et ayant l'habitude de leurs chevaux, prennent avec la plus grande aisance une ligne de barrières, mais il faut du jugement et de la hardiesse, et rarement cette habitude pourra-t-elle continuer pendant ime saison de chasse, sans que le cavalier roule pa^ dessus une barrière, pour peu qu'il s'adonne à cette méthode et pèse plus de 14 stones. Mais quand le cheval est frais et que la ligne est bonne, tous les hommes au-dessous de ce poids et montés sur de bons sauteurs en hauteur, peuvent prendre aTCC avantage une ligne de barrières et clôtures fixes. D'un autre côté, l'honmie lourd a l'avantage dans les charmilles et les haies élevées, parce que sa masse le pousse à travers les branches qui arracheraient un homme léger de dessus la selle, à moins qu'il ne tînt d'une manière toute particulière. Avec du jugement, et malgré l'inconvénient du poids, un mauvaie cavalier de 16 stones, battra souvent un mauvais cavalier de dix stones qui en sera dépourvu, parce que son poids le tient en selle et que son cheval ne peut pas le déplacer de tous les côtés et le faire rouler comme le cavalier de légère constitution; mais le bon praticien de 10 stones, ira partout et ne devrait jamais se séparer de son cheval que quand celui-ci vient à tomber. C'est un fait bien reconnu par les hommes d'un vrai mérite en
^ genre et beaucoup de gens de ce poids restent au premier tang plusieurs saisons de suite sans être jamais désarçonnés. JLes hommes lourds ont toutes sortes de raisons pour tomber «Qcore plus souvent qu'ils ne le font, mais la nécessité les oblige à se servir de leur intelligence pour sauver leurs os. Mais avec lies poids légers sur de bons chevaux, je suis convaincu de la (Vérité de la règle précitée, et que dans ce cas on fait preuve dé mauvaise équitation si Ton tombe de cheval. Dans tous les ac- «idents, il n'y a rien de plus important que la présence d'esprit, et l'homme qui sait la comserver dans le danger est presque ^toujours sûr de se tirer d'affaire. Il est étonnant quelles fautes feuvent se réparer en se tenant solidement et en aidant au cheval à se débattre et à se relever, et je n'ai jamais pu voir quel avantage l'on trouvait à quitter volontairement la selle quand m cheval est à moitié par terre, ou, comme s'en vantent d'autres personnes, à rouler hors de la portée de l'animal. Il faut toute ' fcis convenir qi;iele bon cavalier, tout en évitant beaucoup d'accidents habituels aux maladroits, fait ordinairement une chuté grave le jour où il vient à tomber. Ainsi, quand le bon cavalier manque im saut de barrière, il tombe avec son cheval et ils ïoulent tous les deux, achevant quelquefois le saut périlleux avec choc et écrasement qui occasionne un mal sérieux ou la mort. Quand le même accident arrive au gentleman qui ne tient pas, il est jeté loin de son cheval et en est quitte pour être crotté est un peu secoué. C'est ce qui explique le grand nombre de chutes que quelques hommes peuvent éprouver sans inconvénient et le peu de souci qu'ils en prennent. On les voit •border un obstacle avec la certitude d'arriver à croix ou pile, au lieu de rester en selle. Cela s'appelle courir pour tomber et' quoiqu'en apparence cela soit très hardi et très courageux, cela ï'est pas à beaucoup près aussi dangereux que cela le paraît. S'ils vont un peu vite avec leur assiette chancelante, ils sont kors de selle presqu'avant que le cheval touche terre, et en se traînant un peu après le premier élan, ils sont presque sûrs de s'en tirer sans frais de médecine. L'on ne sent guères les chutes, excepté sur le terrain dur, mais c'est chose séneuse que d'arriver sur une route ou sur la terre dure comme elle l'est quelquefois en automne et au printemps.
205. — En présentant votre cheval à l'obstacle, ayez bien soin de le rassembler à l'allure où il se sent le plus à son aise, fardez-la jusqu'à l'obstacle, ne faites rien que le tenir droit
tSfi LB OHBVAL AM6LAIS.
jusqu'au moment où il s'enlève, alors rendez-lui en vous penchant en avant, et ayez bien soin de ne pas retenir pendant qu'il feit SOU' effort. En descendant, penchez-vous bien en arrière et emparez- vous de la bouche, sans tout à fedt retenir, et ^ vous avez doubles rênes, ne vous servez que de celles de filet. Il vaut mieux aider le cheval en se penchant en arrière qu'ea' lui relevant la tôte ;tant que Ton agit de la sorte, rien que pour foire voir au cheval qu'il ne doit pas tomber, il se tirera d'af- Çj-îre tout seul, mieux qu'avec l'aide de son maître. En tout temps, il est mauvais d'aller à rênes flottantes, non que le flheval ait besoin d'être soutenu, mais parce qu'il apprend à courir avec des enjambées trop étendues ; d'un ^utre côté, en retenant la tête, on arrivera toujours à l'un de ces deux résultats, — ou bien vous jetez votre cheval dans l'obstacle, ou bien la bouche s'égare et tire constamment sur les mains du eavalier. En équitation, le point le plus difficile est de ménage» la bouche en courant à travers chamçs, c'est le résultat que Ton est le plus longtemps à obtenir. Là se montre avec avantage la main délicate d'une dame, joignez à cela son poids léger, et Ton comprend que souvent elle laisse en arrière se0 lourds admirateurs.
206. — Tenez principalement des genoux, sans vous attacher à l'équilibre dont il faut pourtant quelquefois se servir, mais surtout ne vous raccrochez pas à la bride. La meilleure assiette à la chasse se prend avec un étrier modérément court, le genou doit être sur la partie rembourrée du quartier de Is selle et vis à vis l'étrivière, le talon bas et le pied dirigé presque 4roi^ en avant. Le poids du corps ne saurait être trop en avant $ur la selle et par suite l'enfourchure doit se rapprocher du ponuneau. C'est d'une grande importance pour les hommes lourds, et l'homme de seize stones qui s'assied en arrière sur sa selle, monte comme un sac de blé et fatigue bientôt son cheval. L'effort des jambes de derrière ne doit pas avoir de poids i soulever, ce poids doit se trouver dans le centre de mouvement, entre l'élévation et la descente de l'avant-main et de Tarrière-main. Aujourd'hui, l'on prend généralement les rêneB des deux mains, et avec un cheval sujet à refuser l'obstacle on qui a besoin de l'aide de son cavalier pour quelque motif, c'esl ]f^ plu» prudent, mais avec un hunter accompli qui a la bouche fine, la précaution est inutile et la main de la cravache peut 0e tênijr avec aisance sur le côté. L'ancien systèpie de lever 1|
(^y^bf n'êët plus à la mode, il 69t mauyais m 96 mm 9}I9> luaod ou veut aider son cheval, la main «e trouve fort Iqin et peut fort bien arriver trop tard pour se r^îld^e util^. Il y a e» même temps d'autres occasions, comm^ par exemple daps \m 8&ut de haut en bas> où Ton ne peut jeter le corps assez en arliëre, sans quitter les rênes de la main droitie, ou bieu il (m * drait les laisser glisser si loin entre les doigts de chaque maiu» |a'il deviendrait fort difficile de les rajuster pour souteoir ua fiheval qui viendrait à manquer.
207. — En montant les pentes, il est souvent utile de décriw in zigzag, mais en descendant vous ne pouyeig aller trop droite la manière contraire menant h une chute dangerpu^e mv liS jôté qui écrasp le genou ou la cheville. Peu de cbevt^u4t tpmr kent en pareil cas, ils s'arrangent toiyour^ de façoQ k gU^Pf wr leshanches. C'est un principe fort importaut dout il né ^ut jimais se départir. Ces observations, jointes aux pripcipes gé-r aéraux de Téquitation, pourront peut-être servir k c^ux qui n'ont point d'amis expérimentés en ét^t de l^ifr douuer uue démonstration pratique* Une leçou à travers champ» ymt tPU-r tes les lectures du monde, mais à défaut d^ ce mqyeu, Ips rer marques de ce chapitre peuvent vqnii; m aide aux jeunes g^m ((ui aspireut à l'honneur de suivre uue meute.
208. — Il y a une grp.nde variété d'obstacles dans uu pii^« cours à travers champs en Angleterre, pays de Qalles, j£cpsw et Irlande, mais ils rentrent presque tous dans l^s catégpri09 wivantes : ,
P La simple haie d'épines ; 2^ les palis pour enferme^^ IfiP coûtons ; 3® les barres fixes ; 4'* les doubles barres fixes ; 5P les barrières ; 6® les terrassements simples ; 7** les fossés ; 8^ lee ruisseaux ; 9® les tertres simples ou doubles avec fossé ; 10^ diep talus avec des haies d'épine; IP les tertres avec double fossé; 12* de hautes charmilles à travers lesquelles il fitut passer; cet «bstacle s'appelle un bouvreuil (1); 13" Une jeune haie ayant de chaque côté de larges tertres et une clôture en treillage ou «claies, ce qu'on appelle double clôture; 14*^ les mur» en piene.
209. — Les diverses manières de sauter sont : 1** le saut de jied ferme , le saut de volée , 3® le saut sur l'obstacle et puis »u delà, 4® le saut dedaps et dehors , 5" la méthode rampante,
(1) Cptle expre.-sion vient d'une plaisanterie faite aux chasseurs ordinaN Knent Tétas de rouge, et qui restent suspendus dans les cbarmilles.
Sâd L& CHEVAL ÂKttLAlâ.
6*^ le saut de haut en bas. Le mot franchir est devenu synonyme du verbe sauter j et Ton s'en sert actuellement presque indiflFéremment. Suivant les époques, Tane des expressions s*est trouvée proscrite ou est devenue à la mode à son tour.
210. — Le saut de pied ferme ne se prend que sur des barres peu élevées ou autres obstacles légers , ou bien encore quand il serait dangereux de se présenter autrement , comme sous un arbre qui heurterait la tête du cavalier, si le cheval y passait autrement qu'au pas. Il faut pour ce saut un hunter parfait et ayant une longue habitude de cette méthode. Alors vous le voyez se rassembler et franchir de hauts échaliers et autres obstacles d'une façon très-extraordinaire. Il faut toujours arriver vite sur les obstacles en largeur, et, par le fait, il est rare que Ton se trouve forcé de les aborder de pied ferme. Dans ce cas, il faut présenter le cheval en lui laissant choisir sa distance et toujours lui laisser la bouche entièrement libre. Aucun cheval ne peut rester rassemblé en sautant de pied ferme, c'est une raison pour qu'il y en ait peu qui exécutent convena*blement cet exercice. Des hunters imparfaitement dressés s'approchent trop de l'obstacle avant de s'enlever et le manquent alors des pieds de devant, d'autres le prennent de trop loin, et ce sont alors leurs pieds de derrière qui heurtent , ce qui est tout aussi désastreux. Souvent cet accident arrive à des échahers où il y a des deux côtés un petit pont pour les piétons. Le cheval doit les sauter de pied ferme ou courir le risque de glisser eur l'un ou l'autre pont. Il s'ensuit que l'animal est pris par le grasset, et cependant ne trouve pas pied pour ses membres antérieurs à cause de l'étroitesse du pont devant lui. Il y reste quelquefois suspendu sans pouvoir se dégager en avant ou en arrière jusqu'à ce que l'échalier soit rompu. Il y a encore dans le saut de pied ferme, le danger pour le cheval d'engager ses pieds de derrière entre les barreaux s'il vient à manquer une clôture en bois. C'est un accident terrible qui se termine souvent par une jambe cassée. Le seul remède est de faire asseoir quelqu'un sur la tète du cheval, de façon à le maintenir à terre, puis, au ïnoyen d'étrivières , on essaie de retirer le pied engagé. Il faut d'ailleurs beaucoup de jugement et de sang-froid pour éviter les malheurs, et quelquefois les barreaux sont si rapprochés et la jambe si bien prise, qu'il faut recourir à la scie et couper les traverses.
211 1 — Le saut de volée peut être lent ou vite, mais à la
chasse on essaie ordinairement de le prendre doucement. En décrivant le steeple-chase, j'ai fait voir que, dans ce cas particulier, les sauts doivent s'exécuter rapidement et à bonne allure, enfin réellemenl de volée. Mais, à la queue des chiens, le terrain n'a pas été examiné d'avance, et jusqu'à ce que le cheval atteigne l'obstacle et prépare son élan, il ignore l'importance du saut qu'il doit exécuter. Si donc on le mène grand train vers les clôtures des champs, il n'aura pas le temps de cal«* culer son eflFort et fera des fautes continuelles. Mais si on le mène au canter ou galop de chasse avec aisance, bien assis, il peut mesurer son point de départ et l'effort musculaire qui doit lui faire franchir le fossé, s'il y en a un. Cette méthode procure en outre l'avantage de pouvoir arrêter court, si on trouve devant soi une mare, une sablonnière ou un chemin très-creux. Pour tous ces motifs, la plupart des hommes préfèrent le cheval qui saute avec calme, et c'est certainement celui qui fera le moins de fautes dans ' une saison de chasse. Partout où il faut sauter en hauteur, plus le cheval arrive lentement, mieux il peut s'enlever, pourvu que ses foulées soient cadencées et ses jambes de derrière bien sous lui. Le trot ne réussit pas aussi bien, parce qu'à cette allure les extrémités postérieures n'agissent pas simultanément et ne sont pas prêtes à donner l'élan. Et pourtant il y a des huntçrs qui s'enlèvent très-adroitement au trot, et le célèbre Vivian , qui commença sa réputation au steeple-chase, était dans ce cas. Je lui ai vu passer au trot des barres élevées d'une façon que nos chevaux de steeplechase actuels ne sauraient imiter pas plus pour le style que pour la hauteur. Personnellement, je préfère un cheval qui aiborde les clôtures à une allure assez rapide, pourvu que l'on soit sûr de pouvoir l'arrêter, si cela devient nécessaire. Un animal sans contrôle est toujours dangereux, mais en dehors de cela, je ne vois guère de milieu pour le comfort et la sûreté entre la méthode rampante^ qui peut à peine être trop lente, et le galop de chasse régulier. Pour bien rassembler son cheval et le présenter à l'obstacle, les doubles barrières fixes demandent beaucoup de rassemblé et d'excitation en même temps, et le cheval doit les aborder assez vite comme pour tous les sauts en largeur que présentent les eaux dormantes ou courantes. Une chose essentielle, c'est que le cheval ait confiance dans son cavalier, car s'il vient à penser quHl peut tourner à droite ou à gauche^ il le fera très-probablement, à moins qu'il ne soit très-
3S0 JiB CHBYAL ANeLAI6i
edclin à sauter. Leë hommes dont les nerfs &ont agités commtf< niquent leurs impressions à leurs chevaux ; le fait n'est pââ douteux, quoique difficile à expliquer» Il est remarquable combien promptement les chevaux s'aperçoivent de la valeur dé leur cavalier et combien ils changent suivant la main qui Irt dirige. C'est dû en partie à l'action qu'éprouve la bouche^ toais beaucoup aussi au tremblement du cavalier. Si celui-d n'a pas pleine confiance en son courage, il ne doit jamais espérer que son cheval abordera droit et régulièrement les obstacles. tiO rassemblé est beaucoup plus facile que la tenue des rênes peiidêLutle saut lui-même, car il y a deux choses opposées à feire^ et le point délicat est de trouver le itiotnent de passée finement de l'une àl'autre. La première est, comme on dit, de 9*emparer de la tête de son cheval, c'est-à-dire d'agir plus on moins sur la bouche, de le rejeter sur ses hanches et de l'exci* ter par la voix, le talon ou le fouet. Ceci dure jusqu'au moment où se fait l'effort pour passer l'obstwde ; alors il faut rendre Ja main pour que le (cheval ait toutes les forces corporelles S sa disposition. Si la tête est retenue, les hanches n'agissent pas pleinement, parce qu'en s'élançant, la tête est poussée es avant, et le mors produit de la douleur si on conthiUe à tirer dessus; alors, pour éviter cette douleur, la complète extetisioU ne se produit pas ; le saut ne se fait pas avec assez de fbrce d'é-^ laû j et le cheval retombe trop près du fossé, s'il y en a un, ot bien tout à fait dedans. Mais tout en rendant la main, il faQl agir avec jugement ; car si les rênes sont trop lâches, le chevd est sujet à arriver au delà de l'obstacle dans une position où il n^est pas maître de lui, et tombera souvent si l'on ne vient pas t son aide; Voilà pourquoi d'excellents praticiens, sans tenir \û tête, savent exercer sur la bouche une pression douce et fine, et non-seulement ils empêchent ainsi le cheval de s'étendre outre mesure, mais encore ils se trouvent prêts à aider l'animal s'il paraît disposé à s'abattre. C'est là un talent achevé, et l'on n'j peut parvenir qu'au moyen d'une bonne assiette, aussi bien que d'une main juste. Sans la première qualité, l'on ne peut 6'empêcher de tenir par les. rênes, tout aussi bien que pai* la selle, or, dans ce cas, il ne faut pas songer au maniement délicat des rênes, que j'ai essayé de décrire. Tout le monde devrait apprendre à monter sans rênes, ne tenant que par la selle; sans cette étude, peu de gens arrivent à ce don précieux que l'on appelle une bonne main* Il a toujoure son prix en équita-
tion^ mais jamais autant qu'en passant à travers champs < L'dn essaie quelquefois d'enlever le cheval avec le mors ; mais je n!y vois pas d'utilité. Quand un cheval paraît vouloir rencontrel* te barreau supérieur d'une clôture ou faire un effort trop petit devant tout autre obstacle, la meilleure manière de l'eulever est de lui appliquer le fouet le long des épaules. Rassembler et exciter sont choses différentes de l'action d'enlever, que je crois être un mythe. Je classe dans la même catégorie le second effort dii cheval, qui, selon certaines personnes, se produit entre ciel et terre. M. Apperley lui-même admet son existence. Cette opv nion est en opposition si directe à toutes les lois de la mécanî» que, que je réclame le droit de différer sur ce point avec cet auteur distingué et ses adhérents. Bien que je sois convaincu qu'il se fasse un effort instinctif pour augmenter le saut, je stii$ obligé d'en contester TutiKté. Le monde pourrait être remué avec un point d'appui ; mais quand il n'y en a pas, on ne Remuera pas une plume. Or, le point d'appui du cheval daûs ce moment est la résistance de l'air , quantité inappréciable dans cette circonstance. Je ne puis, en conséquence, souscrire h l'avis généralement adopté. Si mes conclusions sont justes, ni la voix de l'éperon ni le fouet n'ont d'effet après que les piedB de derrière ont quitté le sol ; telle est ma conviction, d'après la théorie et d'après la pratique.
212. — Le saut dessus et au delà s'emploie particulièretaent quand il y a des tertres à franchir, et on ne lessaie qu'à unfe allure lente, quelquefois du pas ou de pied ferme. Il faut avoir bien soin de laisser la tête libre et de n'aider le cheval qu'au moment où il va toucher terre. Il y a beaucoup de chevauS très-habiles pour exécuter ce saut, particulièrement jdans lep races irlandaises. Ils passent sur. un obstacle en terre oii mênle sur un mur comme les chiens, touchant des quatre jambes presque h la fois, avec beaucoup de promptitude et d'élégance. Mais cependant la plupart des chevaux anglfciis s'élèvent sur une digue avec leurs pieds de derrière, y restent uU mompni, dégagent franchement leurs pieds de devant et descendent lentement dans le champ voisin avec juste assez de force pour franchir l'obstacle qui peut se trouver devant eux, tel que le fossé.
213. — Le saut dedans et dehors demande beaucoup d'habitude, et peu de hunters l'exécutent en perfection. Il faut l'entreprendre très-doucement, faisant un peu l'angle &vec l'obsta-
232 LE CHEVAL ÂNLOAIS.
cle, ce qui fournît un peu de place pour que le cheval tombe et, s'enlève de nouveau dans l'espace intennédiaire. Le cheval doit être bien assis sur les hanches et il faut agir le moins possible sur la bouche. Les doubles barrières fixes, les doubles haies sont presque les seuls obstacles à franchir par cette méthode, qui avec un hunter accompli est beaucoup plus sûre qu'une tentative pour tout sauter de volée. i
• 214. — En rempant, les principaux éléments de succès sont la main fine et beaucoup d'aplomb en selle ; sans ces deux conditions, personne ne peut espérer grand succès dans ce genre.. C'est pour cela que peu de personnes rampent bien, même s^ir^ des chevaux accoutumés à un exercice dans d'autres mains. Quand le cheval aura bien appris à ramper, la tête doit être, laissée presque entièrement libre ; on le conduit tranquillement & la partie faible de la haie où on le laisse se débrouiller comme il l'entend. Mais quand il faut lui apprendre à ramper, il faut prendre une rêne de chaque main et diriger la tête comme aveo^ un fil de soie. Quand un cheval est bien accoutumé à la main, de son cavalier, il rampera aussi habilement que possible et ne s'enlèvera, pour exécuter un saut, que quand on lui donnera^ le signal par la main ou par les jambes. C'est au reste un talent qui ne s'acquiert que par la pratique, et quelquefois encore l'on n'y parvient jamais.
215. — Le saut de haut en bas ne saurait se prendre trop lentement, à moins qu'il n'y ait un fossé ou un ruisseau à passer en même temps. Même quand il y a une clôture à sauter avant d'arriver dans le bas, il ne faut pas forcer l'allure, sinon les membres de devant manqueront certainement, et le nez arrivera à terre, causant au cavalier une chute fâcheuse. En descendant, l'équilibre du cavaUer doit se porter en arrière jusqu'à toucher la croupe du cheval avec les omoplates ou à peu près. La tête du cheval peut être laissée Ubre jusqu'à ce que les jambes de devant touchent terre, alors il sera prudent de soutenir un peu.
216. — La simple haie d'épines peut être dans l'état de na* ture, ou tondue, ou tressée avec des liens. La première peut être feuîilement franchie, et rarement occasionne une chute, parce que si le cheval vient à rencontrer, ses jambes passent au travers et il n'arrive aucun mal. La haie tondue est dangereuse, parce que les pointes aiguës occasionnent quelquefois une ^ve bleg^ure, au point d'empakr le cheval, comme on
\, et de mettre sa vie en danger, par suite de la lésion de felque organe important. Les clôtures tressées sont souvent !s-fortes, et même quand le travail est aussi fin que dans le ^rwickshire, elles sont faites si fortement, qu'aucun cheval peut passer au travers. Dans ce comté, eUes ressemblent titôt à un pommier en espalier qu'à une haie ordinaire, et il Dit les aborder avec beaucoup de précaution, quand on a un feval étranger à la contrée. Pouvant voir au travers de ces des, il est très-disposé à les rencontrer, et dans ce cas, il est à ta près sûr qu'il tombera par-dessus ou quelquefois même ra renversé en arrière.
217. — Les claies qui entourent les moutons peuvent se fran- Br de toutes les façons, puisqu'elles sont assez faibles pour iùvoîr rarement occasionner une faute; c'est en raison de cette lalité que l'on s'en sert pour apprendre aux chevaux à sauter, butefois, dans quelques contrées, l'on se sert de claies plus tteset plus résistantes, mais il est rare qu'elles aient plus de feis pieds d'élévation.
218. — Les barrières fixes sont l'obstacle le plus sérieux, t que le bois n'est pas trop vieux; aussi faut-il les aborder ec beaucoup de soin, le cheval bien rassemblé, en frappant
épaule du fouet et en usant largement de la voix et des épe- |)iis. La meilleure allure est un galop régulier et cadencé. ' 219. — Les palissades qui entourent les parcs sont fort danjereuses à franchir, parce que les jambes du cheval peuvent se rendre entre les poteaux. Il faut donc lés franchir avec préàution.
220. — Les doubles barrières fixes doivent se prendre de volée 1 grande et vite allure, avec l'usage de l'éperon le plus persuasif in bien il faut avoir recours au saut dedans et dehors (décrit aragraphe 213). Dans tous les cas, c'est un obstacle dangereux, îtbien des cavaliers hardis, partout ailleurs, ont soin de toujours éviter de franchir ce genre de clôture.
221. — Les barrières ordinaires peuvent se franchir comme i«s barres fixes, mais elles sont plus dangereuses, parce qu'elles Jont ordinairement sur un terrain devenu gluant et détrempé parle passage des bestiaux. Souvent aussi elles sont détachées 5t cèdent un peu quand elles sont frappées par les genoux du tunter, ce qui lui assure une chute des plus gauches.
232. — Les terrassements ordinaires ne demandent que la Dlétbode dessus et au-delà décrite au paragraphe 212.
p^f§^& pt rélqqu^npQ de Véperoii pour #cidpr le cheval, m^ quaf^d ^}$ ^pt étroits, c'est-^-dire quand ils p'out pas pjus d^ 4|:l^i^|i^|; pi<3d§ avec du terraiu splide au point d'arrivé^, ofi p/t^irpfi' l^s aborder pliis lentement pt méiQe d^ pied ferme.
234. — î^e» rfti§3eau? qi^ ne sput point guéables dem^d^t à être abordée à grande fillure. }1 fia^ut d'abord s'emparef ^ ^a bo^pl^^ 4^ cl^eval et se diriger bien droit sur le cours d'e^^u qep9 reteiûr la tète pendant le s^ut. Toptps le$ fois qu'il y a |e§ chaqpj^^ (pour que le cheyql refuse, |^s fleux mains doiveoit être aux rênes et on doit bien veiller sur |'^nimftl, de ppuf qu'il ûg ?g 4é?<*e et p'éyite Ip saut.
^5. TTT. Les tprragsejnents ayec fossés pe dem^Pjiept qu'^p
1)91; pljjç 4i$ ^|n qn'i^ tftlu^ pf 4inairje, ef quand les fossés sp^^t 9fS^ fi f^ut mener le$ chevaux un peu plus yjte.
22Ç. — Leç i^^a surmontés 4^ ^^es d'épmçs ^pi^ent; s'^^ordef ^Hjv^t f espèce de ces haies. Si elles 9ojxt pjivertj^ e]^ traînantes et sans tronçons, l'obstacle se frapchit en deux &i^ cp^;^)? ui^ fimple ter|:a^ss|Bipept, p^^is si h |xaie d'épinp^ est iqx^ e|; ej^tr^lac^e, il faut tout ffro^nçhir fie vc^lép, ^ ifne allur^ siifijs^inff. ppi^f* tou|; pnjaniber d^ même poup, ^uell^ f^ue soit j^
227. — l^a même rem^-rque ^'^ppliqup h Tol^staçle cla^é iijjç^l||at^qient après, savoir le talus h hafp d'épines flanqué de ]jl> Qi^ 4p j^^J^ fosses ; seul.ement il faut redoubler de préq^jfiipj^ç et fj^ir^ pn ^^-ut encore plus puissant.
228. — Les charmilles appelées Bull finches se traversent h tP&î^ gflifTse pn sp servaiit des maips et des |)ras pour protéger iÇ W^P' P^^ W^^ encore les trayerser pn ramp^pt* ce qug çeii^f ?}^ pJ^^y?-^? ^^^t très-adroitement ; mais quand la chârnpUe ^ PB^e? il ^st rare q]*e Vpp puisst? la traverspr autre:
229. — Les claies tressées Timxqviwt }}p terrassement; ce que J'm ^p^^g 1^ clôture doublp, sont diflÇciles à franchir quand glîe^ ^pnt )^^tes .et fprte^.' |!^e ^ei^l nipyen 4? s'en ti?er est de ^tj?r 4*a^or4 sur le tertre et pui,s plus loin, cap c'est un ôbsr
p ^j^néralemeîit trop large pour être franchi de volée. 23Q. -T Les murs en pierre sppt le plu^ |jacile des obstacles quand le cheyal se rend bien compte de leur naturp. Il faut avojr ; J-oeil ouvgrt ppur éviter les endroits (ron J^as, parce qu'ils §ont souvent dçy^nt ^^ ^^p^vfifipQg ^ ^]>\^.f %^ carriçrps et i^uti^
LE CHEVAL ANOLAIS. * 235
pdroits où il est inutile de faire de hautes murailles. En thèse générale, les endroits les pjjx^ sûrg g.Wt ^i^-ns la hauteur moyenne \id la muraille. Un galop lent et rassemblé est la meilleure al- ^re pour que le cheval soit à. même de faire effort de seshan-