‹ Le cheval anglais: extrait du manuel du sportChapitre 45 sur 62 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

Î>EÉPA^4TI0N pu CmLIER.

2^0. — L'entraîiiieînent en vue d'écjuitation ne devient utilp ûjjj? dans deux cas : P Quand un homme fortement charpeij!^ y^uj réduire sop poids jusqu'aux limites compatibles avecla force du hunter qui doit le porter à la queue des ciiens;

J® îpaDS un pari de course où il faut atteindre un poids fixé.

)ans les deux cas, il faut seulement éviter de perdre sa vigueur, et, dans les deux cas, on peut essayer le même système, bien qu'il soit fort rare qije le sportsman amateur veuille subir les souffrances et les mortifications auxquelles le jockey de professipn «est obligé de se soumettre. Il est incontestable que le J^ut ^ atteindre diffère essentiellement de celui que Ton poursuit pour ramer, iiourir ou marcher, circonstances dans lesquelles il faut non-seulement conserver sa force, mais encore Taugipenter autant que possible. Il ne faut, dans ce dernier cas, fiyoir recours aux purgations, aux suées, aux jeûnes, que dans la mesure nécessaire à la conservation de la santé. Pour Téquitation, au contraire, si Ton peut seulement conserver sa vigueur babituelle, il est inutile de l'augmenter, bien que pour courir pendant quatre milles , surtout en steeple-chase, avec un cheval qui tire, il en faille encore une certaine dose. Toutefois up homme fait, peut encore s'ôter beaucoup de poids par ces naoyens çt se trouver encore capable de tenir son cheval 4^ps un steeple-chase ou un débouché de vingt minutes à travei? champs à la chasse au renard. Mais pour faire cela, il faut être sportsman au fond du cœur ; car il ne s'agit pas de privations ordinaires, il faut se mettre à un régime aussi dur et aussi frugal que la ration du soldat à Sébâstopol. Cependant, plus d'une fois j'ai vu l'amour du sport porter un homme, qui, en pleine santé, aurait pesé plus de 16 stones (1) avec la selle de dix livres, à se présenter au rendez-vous de chasse avec

(ULe stone est de 14 livrer apglutses qui spiit moindres d'un VapA^f^ nôtres.

[^ stpU83, 5 livpjB^, C'ps^ le yrfl^i tripmpl^e du sentjmfiîjt du p)rt sur les plaisirs dp la table, et les tommps de ce calibré jpnt k peu pr^s sûrs d'être biep placés çn çbasse, quelles q}i^ gient les difficultés du terrain et la vitesse de Tallure. IJs QUif

râleur récompense, car ils jouissent de la vive satisfi^ç|;iou voir travailler Ips chiens, sans épuiser leur^ chey^u^, au jgu d'être obligées d'aller cberciier quelque chemin pul^Iic^ pji je suivre ep queue tout le champ des poids légers, sq,us le plai-: de la vue pu l'excitation de la lutte. Il faut se souveuir Ltefois quej pour chasser, il faut réduire sou poid^ pendajjf fute unie maison, çt, conséquçmipeut, toutes les pur^atious ^X7 IQrdiuaires pt toutes les suées sont hors de questipu* pui^qiif^" fni3 un si gi'and laps de temps elles causeraient à toute 1^ çou:. ptution un dommage hors de proportion avec le but à atteiuy. Ire. Je conseille donc, à cet effet, de ne se purger que tou^le^ ix jours ou au plus tous les huit, car la répétition de ce méd':: ^ent affaiblit l'estomac et les entrailles, et, ^elon toutp pro- M)ilité, raccourcit la vie. Les suées excessives sont aussi de tefure h endopipxager la constitution, et l'ardj^nt spprtsman doit f^lement les rejeter. Mais son meilleur système est de se décji- |r à la transpiration modérée que produisent par semaine trois (1rs de chasse au reuar4 et trois jours de chasse au tir. C^ irstème est encore sans utilité, si l'on n'a pas une surveillance pcessiye sur le département des vivres, et je connais peu dg IJpliçs plus ardups. L'amour du sport est fort développé f^jans Ig feiir de presque |;pus les Anglais, aussi bien que chez leurs fcisins les Irla^^ais et les Écossais, mais cl|ez tous les l^rois, brès une rude journée de chasse, le goût d'un hou dîner esi

lasse

'jB jeûne, et puis^ ce n'est que par de longues habitudes de pri •

^tions que l'estomac peut arriver au degré d'abstinence youljji

ws CQ cas. Supposons un homme pesant sur ses souliers

U stones et qui veut se soulager de 2 stones, que doit-il

picrifier sur son régime ordinaire ? Voici le degré d'abstinence

rie je crois i^écessaire pour un homme fort, plein d'entrain, et faut le combiner avec ^7*015 jours de chasse au renard et troiis Jpttrs de chasse au tir. Cette dernière clause est importante *ps l'évaluation, parce qu'il est manifeste (ju'^vec une pareille ose d'exercice un homme perdra du poic^s avec UP régime

qui, au sein de la paresse, suffirait peut-être pour produire de rembonpoint. D'abord il est absolument nécessaire de réduire strictement à deux le nombre des repas — déjeûner et dîner. L'infortuné soumis à ce régime ne doit pas même se laisser tenter par un biscuit au rendez -vous de chasse, ou à Theure du luncheon, après avoir mis en carnassière quinze ou vingt couples de perdrix. Un pareil régal suffirait pour compenser, et plus que compenser, la perte occasionnée par le travail de la journée ; il faut en dire autant du vin ou du grog à l'heure du souper. En fait, ainsi que je viens de le dire, en dehors des repas, il ne faut boire que de l'eau, et contre les angoisses de la faim, il n'y a que le remède indien de serrer sa ceinture, si on en a une, ou bien de la remplacer par un mouchoir. A ce régime, il faut choisir pour déjeuner les aliments les plus volumineux et les moins nourrissants, et peut-être, à cet efifet, les pommes de terre répondentelles mieux que toute autre denrée, si elles conviennent à l'estomac de la personne. Mais il est rare que Ton ait à s'en occuper, vu qu'un estomac mis à ce régime digérera ordinairement tout ce qu'on lui fournira. Si l'on adopte les pommes de terre, il ne faut pas dépasser six à huit onces, et le mieux est de les manger simplement bouillies avec un peu de sel. Si on ne veut pas des pommes de terre , le gros pain bis est ce qu'il y a de mieux, et si on ne l'aime pas, on peut griller du pain de ménage et le tremper dans du thé léger , qui est le meilleur liquide pour ce repas (ou bien dans du café qui ne convient toutefois pas aussi bien). Mais, comme je l'ai déjà recommandé, l'infusion doit être très-faible, car le thé fort est capable de retarder l'amaigrissement, et une petite quantité de nourriture arrosée de thé ira plus loin qu'une plus grande quantité prise avec tout autre liquide ; le café seul a les mêmes propriétés. Quatre onces de pain nourrissent autant pour le moins que huit onces de pommes de terre, et cependant, dans le moment, elles ne satisfont pas à beaucoup près autant que le tubercule. On peut supposer que, six heures après, l'estomac criera plus la faim à la suite des pommes de terre qu'après le pain ; mais il y a une satisfaction à se sentir à peu près plein, même quand elle est passagère. Pour ce repas, ni viande, ni beurre , ni crème, ni lait, ni autres friandises. Il faut une misérable pitance, consistant en simples pommes de terre ou en pain sec avec du thé fmble sans sucre et saps lait,

J'ai vu qu'une tasse d'arrowroot à Teau pouvait encore être employée avec avantage en radoucissant légèrement avec du sucre blanc , et la prenant avec quelques tranches minces de pain sec et grillé. Cependant cela tient si peu, que Ton pourrait h peine faire des marches après un tel repas, mais le jour de chasse à courre, il fera assez bien. Pour dîner, il faut se contenter de quatre ou six onces de n'importe quelle viande, et quant aux légumes, rien de mieux que les navets et les pommes de terre, sans dépasser six ou au plus huit onces , dont les navets doivent former plus de la moitié. Si Ton prend de la soupe ou du poisson, cela doit être en place de la ration de viande, et non en surplus. Pendant le dîner , il ne faut hoire que de Teau, et, après le dîner, du vin juste ce que la santé exige en raison de la longue habitude que Ton en a contractée. Voilà, d'après mes observations, le régime que je crois nécessaire pour retirer et empêcher de revenir deux stones de bonne chair dure et solide. Un régime plus doux diminuera un homme très-gras tombé dans l'obésité par gourmandise ou par paresse. Mais le cas que je viens de traiter est celui d'un homme sain et vîg-oureux, en pleine activité , qui veut opérer cette réduction sur son poids. Si donc un homme dans ces conditions aime assez la chasse au renard pour adopter ce régime, j'honore son goût du sport, et je lui souhaite tous les succès imaginables. Mais que personne n'espère arriver au but par des moyens moins désagréables, car il peut être convaincu qu'une diète moins sévère ne le maigrira jamais assez, et que s'il a recours aux purgatifs et aux suées, ce régime lui ôtera Vanimus, qui fait aimer le sport, et la force corporelle qui permet à l'esprit d'en jouir.

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