Le» chevaux de harnais se divisent en poneys, che
vaux de gig, de Brougham ou de carrosse et suivent en taiUe et en force la même gradation, depuis le petit poney jusqu'au carrossier de dix-sept mains. L'on trouve des poneys dans toute TAngleterre, Tlrlande et VEcosse. Il y en a de plusieurs races, dont quelques-unes se font remarquer par un fonds extraordinaire, avec de la symétrie et des allures, des membres et des pieds qui ne manquent jamais. Pour la santé et la solidité générale, ils remportent beaucoup sur les espèces plus grandes, et il est difficile de s'en rendre compte, car ils sont bien plus négligés et souvent même fort maltraités. Rien de plus rare qu'un poney poussif ou cornard, et il n'arrive pas teus les jours d'en trouver un boiteux. Nous avons toute raison de supposer que le sang arabe a été infusé à larges doses dans les races de poneys de nos bruyères et de nos forêts; leurs jolies têtes, leur résistance à la misère et à la fatigue, la petitesse de leurs os sont autant de preuves de cette assertion. Parmi les poneys du pays de Galles, il y a un fort croisement avec le cheval normand (1), et plusieurs d'entre eux ont le long du dos la marque foncée particulière à cette race et aussi la vigueur de constitution qui lui est inhérente. Les chevaux de gig (gigsters) sont le rebut des écuries de chasse et de course, d'après l'habitude prise d'atteler tout ce qui est trop maladroit ou trop lent pour ces destinations. Il y en a qui, bien que mauvais galopeurs, trottent fort bien et conviennent par conséquent au harnais, bien que déplacés à la chasse. Un grand nombre de gigsters sont aussi des carrossiers au-dessous de la taille voulue. On sait que le carrossier se produit en croisant la jument de Cleveland ou celle de Clydesdale avec des étalons ayant du sang ou même tout à fait purs. Jusqu'à une époque récente, la jument de Cleveland était presque la seule origine du côté maternel pour nos meilleurs carrossiers ; mais dernièrement l'on a commencé à employer sur une grande échelle la jument de Clydesdale, et avec beaucoup plus de succès, dans le sens de la résistance, car, quoique peut-être moins réguliers, les produits ont plus de race apparente, et leurs jambes et extrémités sont plus fermes et plus résistantes. C'est, je crois, le meilleur croisement pour obtenir des carrossiers en général, et ils l'emporteront sous tous les rapports sur la race de Cleveland. M. Apperley le premier a recommandé l'adoption de l'alhance directe
(t) Probablement le bidet d'allure. (Not$ du iraducHur,)
entre le cheval de pur sang et la jument de Cleveland, et Tautorité de son nom a toujours depuis maintenu cette habiti^de; mais on a fini par découvrir que, sous le rapport des membres, c'est une race peu profitable et qu'elle supporte le travail de la route presque plus mal que toute autre, à moins que vous ne preniez le cheval de course taré. Je fonde de grandes espérance» sur la substitution delà jument de Clydesdale à celle de Cleveland, et j'attends de ses produits non-seulement d'utiles carrossiers, mais des poulinières destinées à donner des chevaux de route et des hunters de trois quarts et de sept huitièmes de sang. Il y a une belle et spacieuse charpente pour s'installer, des membres nets et plats et àe jolies têtes y avec cela des caractères disposés à tout apprendre. Leur constitution est bonne, et, sous tous les rapports, cette race me paraît calculée pour faire des carrossiers, et, d'après nombreux spécimens que j'ai vus résultant du premier croisement, je suis porté à croire que les vœux des patrons de cette espèce seront complètement exaucés.
HABITUDES GENERALES, ET VARIÉTÉS d'eSPÈCES