‹ Le cheval anglais: extrait du manuel du sportChapitre 54 sur 62 · PARMI LES CHEVAUX · texte numérisé non relu

PARMI LES CHEVAUX

Section P^. — Habitudes générales.

67. — Le cheval (equus cahallus) vient immédiatement après le chien pour les plaisirs de la campagne, et se trouve rivaliser avec lui, puisque non-seulement il sert à la chasse, mais aux courses, aux promenades et à la voiture. Il appartient à l'ordre i)ertebratay classe des mammalia; mais la section des ungulata, dont il fait partie, est fort éloignée du chien, puisque c'est la dernière des mammalia , tandis que les ferœ viennent immédiatement après les primâtes , dont l'homme est le chef et le premier. Parmi les ungulata , le cheval forme la seconde famille avec l'âne, le dzigguetai, le zèbre et le quagga.

68. — L'histoire primitive et l'origine du cheval est, comme celle du chien, enveloppée d'obscurité et de fables, et en réalité nous n'en savons presque rien. Nous avons seulement lieu de supposer que, de môme que l'homme, il provient d'Asie , comme d'ailleurs tous les animaux, selon le récit de Moïse, et nous savons qu'on s'en servait en Egypte plus de 1600 ans avant Jésus- Christ. Je ne veux pas encombrer ce livre d'une histoire du cheval qui pourrait prendre uae énorme extension, si on abordait pleinement ce sujet. Nous nous bornerons donc à établir

864 LB CHÈTAL ANGLAIS.

HueUe est la conditioh J)résente dû cheval dans là Grande-Bretagne , avec son ori^ne récente, et ses habitudes générales. , 69. — les habitudes du chevaly dans tous les pays et dans toutes les espèces, se ressemblent à peu près. Partout bù îl est eh liberté il est hardi , inàis circonspect , et s'âpercevant facilement dé rapproche de Thomme, auquel il aime à tourner les talons. De nos jours, oh trouve des chevaux sauvages dans Tînténeur dé TAsie et dans T Amérique du Sud. Mais les chévàiix dès Tàrtares et ceux de la Plata descendent d'animaux domestiques et peuvent â peine être qualifiés de sauvages daiis toute ràccèp^ tion du ihot. Toutefois, les chevaux de Califbriiië, qui descèndent encore plus récemment dii cheval espagnol, sont tout âii^ gàuvagea que ceiix qu'a décrits le capitaine Hèàd. Par suite ié l'état de liberté et de leurs habitudes errantes pour se procurer de là nourriture et de l'eau, ils sont endurcis à la fatîgne et peuvent supporter avec succès une énorme quantité de tràvîul aiix grandes allures, sans cet entraînement qui devient nécessaire à l'animal domestique. Le pas et le galop sont leurs allu res naturelles ; toutes les autres sont des allui^es âcqiiisês ; mais rien ne peut égaler l'animation , le feu et l'élégance de mou- . vements du cheval à l'état de nature, et l'art est impuissant à perfectionner sa forme , si ce n'est en donnant un peu plus de vitesse à l'allure du galop. Dans tous les pays et à toutes les époques, le cheval se nourrit d'herbe ou de grain , bien que Ton prétende qu'en Arabie on lé soutient à l'occasion avec du lait de chamelle quand là nourriture ordinaire vient à manquer.

Section IL — Variétés actuelles de ï espèce chevaliiie.

» . 70. — L'arabe est encore une des variétés les plus distinctes de ce <noble açimal et l'un des plus estimés ; Turcs et chrétiens le recherchent en Asie, en Russie méridionale, dans l'Inde et même en Australie. Dans les déserts d'où il tire son origine, on le voit quelquefois à l'état demi-sauvage, bien que, selon toute probabilité, il ne cesse pas d^'appartenir aux habitants des tentes qui peuplent ces régions. Mais l'espèce que nous rencontrons ordinairement et la plus domestique, est celle que les chefs de tribu maintiennent dans toute sa pureté, bien qu'elle ne soit pas aussi immaculée qu'autrefois. La tête du cheval arabe est lé plus beau modèletque l'on trouve dans la nature , donnant ridée du courage tempéré par la docilité et la soumission i Vhomme encore mieux que chez le chien. Le croqms plein d'à-

jumatioii d'un cUévàl arabe, par M. WeU's, en donne parfSitement la preuve ; il n'a pas moins, bien rèndn la légèreté et Télégiahce de l'encolure, l'élévation de l'avant-niain et la légèreté du coffre. Il est rare dé rencontrer d'aussi belles foiînes, mais cependant qh rencontre souvent des exemples de cette élégance d'ensemble avec des détails irrfeprochâblesl Là longueur et la musculature de l'avànt-bras sQnt au^i remar4uablés, et la queue est attachée très-liaut^ formel qui se soiit transmises à nos chevaux de pur sang, qu| descendent des arabeè. Beaucoup de chevaux dç cette race sont méchant et plems de défauts, surtout dans l'Inde, où l'expression de cheval arabe est synonyme de rueur, mordant et faisant le saut de mouton ; on en &it toutefois jgrànd. cas, parce qu'iL est toujours bon hack et supporte sans inconvénient là chaleur des étés daiis les Indes. II a aussi du prix pour le sportsman moderne, parce qu'il a^ fronte mieux 4ûe toute autre race l'éléphant et le tigi*e. En hai;iteur, il a généralement un peu moins de4Ùinze inaiiis, etga robe est le plus souvent baie , noire ou grise. Dans le chapitre de l'élève pour le turf,, nous avons fait connaître les divers chevaux arabes d'oii dérive le pur sang moderne. L'on dit que, même de nos joiira, l'on compte trois races distinctes, les aUeehij race tout-à-fait supérieure ; les kadischij. sXïiks aux précédents; mais Mtns grande valeur, et les kochlanij fort estimés et très-difficiles tk trouver. S'il en est réellement ainsi , l'on peut ladlemeiit îxpliquer par cet état de choses les résultats que l'on obtient par e croisement . avec les arabes modernes , si inférieurs à ceux {ue donnaient les arabes du 18® siècle.

71.— Le Barbe est un cheval africain de plus petite taille, nais plus fortement établi que l'Arabe, et évidemment nourri >lus substantiellement. Ainsi que l'indique son nom, il est originaire de Barbarie, mais il y a toujours du douté sur la race t laquelle appartient précisément un cheval importé, parce [u'on les envoie à des distances considérables de leurs plaines latales, et que d'ailleurs toutes ces races sont très croisées entre lies. Il est généralement admis que le cheval Barbe a produit 'une des principales racines de notre arbre généalogique, sa oir l'Arabe de Godolphin, qui aurait été un Barbe. L'on ne eut décider sûrement cette question et il paraît que l'on ne onne d'autre raison pour cette supposition que l'extrême éléation de son encolure, tandis que sa taille supérieure (quinze lains) argue tout aussi bien en foveur d'uiie orij^nè aràbé*

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Mais le cheval espagnol descend incontestablement du Barbe venu sous les cavaliers maures qui ont conquis le pays, et comme en apparence les chevaux espagnols sont tout T opposé des descendants de Godolphin, il y a là un argument en faveur de son origine arabe ou au moins contre son origine barbe.

72. — Le cheval du Dongola est une autre variété africaine de beaucoup plus grande taille quel* Arabe ou le Barbe, mais plus haut sur jambes. J*ignore si jamais cheval de cette race a été amené dans ce pays.

73. — Le Persan est un cheval de petite taille, et tout aussi élégant que Varabe, mais qui résiste beaucoup moins.

74. — Le Turkoman est une race plus grande, mais qui n'a pas Télégance de formes de TArabe et du Persan. Le corps est léger, les jambes longues, les têtes communes avec des encolures de brebis, mais ils ont des qualités de fonds et de durée et font de très longues distances sans en souffrir. Voilà encore une apphcation de Tadage : « Sous toutes les formes le cheval peut marcher. »

75. — Les chevaux cosaques sont élevés en liberté en grands troupeaux et Ton a longtemps cru que cette éducation leur donnait une vitesse et un fonds sans égaux ; mais dans la fameuse course qui eut lieu en Russie en 1825, ils furent complètement battus à tous égurds par im cheval anglais de seconde qualité et leur rendant du poids. Ils sont petits et d'aspect rude, mais ont du cœur et peuvent faire tout ce que Ton attend d'un poney.

76. — Le cheval Turc passe pour être presque pur arabe, avec un croisement avec le Persan et le Turkoman. C'est maintenant un cheval très beau, très vif et très élégant, mais l'on n'a fait aucune épreuve récente de ses qualités contre les chevaux Anglais, malgré bien des défis portés de part et d'autre. Le cheval de course Anglais descend de plusieurs chevaux Turcs importés en Angleterre, tels que les Turcs de Byerley, Helmsley et Belgrade, mais il est douteux qu'ils aient ressemblé en rien aux races que l'on trouve actuellement à Constantinople, et comme la Turquie d'Europe et la Turquie d'Asie couvrent une vaste partie de l'Orient, le nom de cheval Turc n'explique bien ni la naissance ni la parenté.

77. — Les chevaux des Indes orientales et de l'Australie sont de races diverses et croisées Arabes, Persans, Turcs et Barbes ; d'autres encore sont du sang anglais, mais ils dégénèrent rapidement, et quoiqu'ils soient utiles pour des croisements avec

I'hU

Ie cheval anglais. 357-

rArabe et le Barbe, cependant on ne peut les conserver longtemps sans dégénérescence dans leur pureté originelle.

78. — Les chevaux Belges ou Hollandais s'importent maintenant dans notre pays en quantités considérables et rendent de bons services pour le travail lent. Ils sont presque tous trop lourds et trop gauches pour faire autre chose que de tirer par leur poids, et même dans ce rôle il faut prendre garde de les surmener. Presque tous les chevaux noirs des pompes funèbres ont cette origine, ainsi que beaucoup des chevaux noirs de la cavalerie.

79. — ^Le cheval Normand est un animal beaucoup plus vigoureux et plus compact, mais qui a encore de la lenteur, relativement à nos races. Il est toutefois doué d'une excellente constitution et avec des jambes et des pieds qui peuvent rouler sur le grand chemin tant qu'on veut. G ânéralement ils ont moins de taille et sont plus près de terre que les Belges.

80. — Le cheval Espagnol est très croisé avec le Barbe et possède la jolie tête et l'encolure de ce dernier, mais avec une croupe trop avalée et un coffre trop léger. Mais les épaules et les membres sont bien, et il rend plus de services qu'un Anglais ne pourrait le croire possible, en comparant son aspect avec celui de nos chevaux.

81. — Les races Amérkaines et Canadiennes varient beaucoup et proviennent des chevaux Espagnols, venus dans le principe, avec des Arabes, Anglais et Barbes importés. Toutefois le climat a beaucoup fait pour eux, et bien qu'ils n'aient pas une* beauté remarquable, ils ont la charpente de fer et l'élasticité' de muscles de leurs maîtres. Jls sont sans rivaux comme trot-: teurs et, comme résistance, ils peuvent se classer très haut,'mais ils n'ont pas des formes bien (Ustinguées, sans pécher complé-^ tement sur aucun point. Quelques-uns de nos meilleui's chevaux ont été exportés en Amérique, surtout en Viginie, où Tranby, Priam et autres ont rendu de bons services. Ceux qui ont dirigé ces importations ont eu soin de choisir un sang franc de tares en . même temps que plein de fonds, et n'ont pas hésité à consacrer de fortes sommes pour se le procurer.

82. — Quant au cheval de pur sang AnglaiSyje l'ai décrit fort au long dans les chapitres consacrés anx courses, j'ai décrit la manière de les élever et je dois y renvoyer le lecteur. J'ai donné une description des diverses espèces de hunters, et au

chapitre 4^ }a promenade h cheval, je me suis occnp4 des hadçs en usage en ce pays et 4es races d'où ils dérivent.

83. — Les diverses espèces de c^ievaux de charrette sont extrêmement nonibreux; mais elles reséôrtissent beaucoup pîiis au commerce ou au sport. Presque toutes nos races les plas gi*ande8 et les p|us lourc^es sont croisées avec les chevaux flamands, qui ont augmenté leur poic(s et les ont tendues plus propres au transport des fardeaux, travaux auxquels les prédispose leur volume et leur aptitude à donner à mort dans le collier. Le croquis ci-dessus donne bien ridée de 1 un de ces animaux énormes don^ la taille dépasse souvent dix -sept mâiDs et demie. Le C|y3êsâale'^ le (Dleveland, le clievai noir du Midlanq et le biclet du Suffdlk éoiit les quatre espèces les plus estimées de cette racé. Mlës ont maintenant presque pgtrto^^ lè^ vieux cheval 'de charrette anglais" d^ Tohë noire avec sa grosse tète et son'àîr côiùmiin et gauche. L'on a essayé' à "biéii des reprises ^e croiser ces quatre espèces avec le cheval ôrien^ taî; niais bîeîi qù^'âu ptemiei* croîserùenton^ait soùvmt r^iiési éh* raison de îk 'ptii^étê s\ïpérîeurë de l%alôn; cépèndàit dSîiûS les è%isèinents stii^antsfe'sarig *du chévàlde trait se rfencôtitràit^ "e'I pals iI'îV â tbùjour^ eu manq^îié dé résistance' 'éfé une tendance àtix 'èpaiichèiients 'de 'matière 'ôissèùse^ sous forme d'éparvins, de formes et de suros.

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