PRODUCTION CHEVALINE
C'est qu'en effet l'influence du père, si importante qu'elle soit, ne se fait pas seule sentir dans l'acte de la reproduction.
L'expérience a donné la preuve qu'il faut faire autant d'attention à la femelle qu'au mâle et que, faute d'avoir suivi ce principe, on éprouve des contretemps, de fréquents mécomptes.
L'éleveur sérieux n'attache pas seulement son attention aux formes extérieures du poulain.
Il en tient compte, c'est certain ; mais, connaissant, et pour cause, les lois de l'atavisme, il se préoccupe tout particulièrement de l'origine, de la conformation, et de la spécialité d'aptitude des deux procréateurs.
Les poulains de prix sont généralement achetés, soit dans certaines écuries du Merlerault ou de la vallée d'Auge, soit dans les arrondissements de Valognes et de Cherbourg, c'est-à-dire dans cette partie de la Manche qui a reçu le nom de « la Hague ».
Indépendamment du choix tout particulier des mères, l'Administration des Haras répartit dans les stations de Sainte-Mère-Église, de Sainte-Marie-du- Mont, de Valognes, de Quettehou, de Saint-Pierre- Église ses meilleurs étalons.
Si nous ajoutons que les herbages jouissent d'une grande fertilité, fertilité encore favorisée par un climat doux et humide, grâce au voisinage de la mer et du courant d'eau chaude le Gulfstream; que les poulains vivent en liberté depuis leur naissance jusqu'au sevrage, on comprendra que, dans la Hague,
tout se trouve réuni pour donner aux poulains qui y naissent des qualités exceptionnelles.
Les poulains bien racés, qui, plus tard, pourront être livrés à l'Administration des Haras comme reproducteurs, se vendent généralement de 6 à 700 francs.
Les poulains d'origine trotteuse atteignent des prix beaucoup plus élevés : ils coûtent en moyenne de 14 à 1.500 francs.
Les poulains ordinaires sont payés de 150 à 400 francs.
La livraison ou Tachât se font à l'époque du sevrage, c'est-à-dire dans les premiers jours de novembre.