I . — CHEVAUX DE GROS TRAIT
Le cheval de gros trait, que Ton trouve dans les écuries de la Plaine et qui sert de limonier, provient plus spécialement, nous l'avons dit, des environs de Mortagne.
C'est le type par excellence du cheval d'omnibus, du postier, trottant légèrement, ayant parfois même de hautes actions; cela, tout en traînant du poids.
De taille variant entre l m 55 et l m 70, de poil ordinairement gris pommelé, plus rarement bai, noir ou alezan, ce percheron présente des caractères quelque peu différents, suivant qu'il est de race pure ou de race soi-disant améliorée.
Chez le percheron de race pure on observe des formes anguleuses et fortement accentuées, une tête carrée, osseuse, longue et sèche, des yeux larges, des oreilles bien plantées, des articulations solides, des extrémités poilues et de bons sabots.
Dans la plupart de ses autres types, le percheron n'est plus lui-même.
Sous prétexte de l'améliorer, on l'a d'abord croisé avec l'anglo-normand : il en est résulté des animaux
à épaules plus, obliques et plus renversées, à encolures moins épaisses, plus longues, à hanches moins sorties, à croupes plus horizontales, à canons plus grêles et moins garnis de filasse, c'est vrai; mais, si l'esthétique y a gagné, les qualités si vantées, si appréciées naguère, ont notablement diminué.
Dans ces dernières années, pour complaire aux Américains et pour rivaliser sur le marché de Chicago avec les Clydesdales, on est tombé dans l'excès contraire et Ton a mâtiné le percheron déboulonnais.
Disons-le de suite, quoique nous devions revenir sur ce sujet en étudiant le rôle des Haras dans la production chevaline, il nous paraît que la race percheronne doit être conservée avec ses caractères primitifs ; que la métisation, — qui a si bien réussi pour la race normande, laquelle réclamait une régénération complète, — perd sa raison d'être quand il s'agit d'une race robuste ; qu'il faut en revenir au percheron d'antan et améliorer la race par elle-même.
A côté du percheron, spécialement dans les petites exploitations, se rencontre un nombre assez considérable de chevaux communs.
Achetés dans les environs d'Argentan ou de Domfront, ils présentent à peu près les caractères suivants : taille de I m 4r> à 4 m G0. Tête forte et commune, oreilles le plus souvent longues et pendantes, encolure courte, épaule droite, dos plongé, croupe avalée, hanches saillantes, queue mal attachée, côté plate; ventre volumineux, jarrets coudés et crochus, membres assez nets quoique grêles ; pieds défectueux,
Très rustiques, d'un caractère doux et facile, ces chevaux communs font parfois un excellent service.
Achetés autrefois pour remonter l'artillerie de trait, ils sont aujourd'hui absolument délaissés comme chevaux d'armes.