‹ Le cheval Anglo-NormandChapitre 16 sur 64 · CARROSSIERS · texte numérisé non relu

CARROSSIERS

Nous l'avons dit plus haut, sans insister du reste, les chevaux entiers de demi-sang, préparés en vue d'être livrés à la reproduction, sont présentés aux commissions d'achat dans le courant d'octobre.

Sur les 450 ou les 500 qui subissent les épreuves et le concours, 150, 200 au plus sont admis comme étalons nationaux, approuvés ou autorisés.

Les autres, soit environ 300, sont immédiatement castrés puis, après guérison, soumis au dressage et livrés au commerce de luxe.

Ils constituent alors ce qu'on appelle les carrossiers.

Indépendamment de ces chevaux hongres on trouve encore — mais seulement chez les marchands — des juments dont la conformation se rapproche de celle du carrossier et qui, n'ayant pas des qualités suffisantes pour être entretenues comme poulinières, sont vendues comme sujets d'attelage.

Les caractères des carrossiers sont loin d'être uniformes et varient suivant leur degré de sang.

Ge sont, d'ailleurs, à peu de chose près, ceux des étalons dont ils ont conservé, grâce à la castration tardive, la rondeur des formes, le brillant et le lustre du poil, la vivacité du regard et l'énergie qui caractérisent le cheval entier.

D'une taille variant entre i m 55 et l m 68, mais se tenant généralement au voisinage de l m 60, les carrossiers sont le plus souvent bais, rarement alezans, plus rarement encore de robe grise.

A moins de posséder des qualités exceptionnelles, les sujets dont la robe présente de grandes balzanes, des belles faces, de larges listes, sont fortement dépréciés.

f Un assez grand nombre ont de la figure, de la distinction, avec une ligne de dessus bien soutenue. Ce <

sont des demi-sang améliorés, ayant souvent des trotteurs dans leurs ascendants, chevaux véritablement à deux fins, aptes au service de la selle et à celui du trait léger (fig. 8).

D'autres, quoique étoffés et ayant suffisamment du membre, ont le dos quelque peu plongé et la croupe commune.

D'autres encore, résultat d'accouplements mal dirigés et rapprochés du sang, sont décousus : leur dessus est bien irréprochable, leur silhouette est jolie, distinguée môme, mais leur poitrine est étroite et leurs membres trop grêles.

On en trouve enfin, — c'est aujourd'hui l'exception — ayant la tôte forte, l'encolure courte, épaisse et commune, le garrot noyé dans la graisse, le dos bas et foulé, la croupe plus élevée que le garrot, les membres assez solidement charpentés quoique souvent faussés dans leurs aplombs.

Les types de carrossiers, on le comprend, par ce rapide exposé, varient d'ailleurs à l'infini; mais, d'une façon générale, quand on parcourt les écuries des marchands et celles des dresseurs, ou bien quand on assiste aux concours de dressage, on ne peut que constater, avec une réelle satisfaction, que si une amélioration sérieuse s'impose encore, nous ne sommes pas loin du jour où le carrossier répondra tout à la fois aux exigences de l'armée et à celles du commerce.

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