DURÉE
Trotteurs montés
3 ans
4 ans
5 ans
1 kilomètre
4 kilomètres
T28* TiO*
Trotteurs attelés
3 ans 1 4 ans 1 5 ans
1 kilomètre
|l'50"tf l'48* l'45"#
4 kilomètres
To:r
Les Anglais, qu'on se plaîtà citer comme exemple, n'ont-ils pas mis plus d'un siècle à créer leur race de pur-sang? \
Quoi qu'il en soit, les caractères que présentent actuellement les trotteurs se ressentent nécessairement des méthodes de reproduction employées.
Les uns descendant en ligne directe de The Heirof-Linne % se rapprochent du pur-sang par la longueur
des lignes, leur encolure bien sortie, leurs hanches larges, longues et arrondies, leurs membres musculeux, leurs canons larges et forts, leurs tendons saillants, fermes et élastiques.
Les autres — c'est le plus grand nombre, grâce aux mères qui sont loin d'être parfaites — tiennent plus du normand dont ils ont l'ossature, le développement musculaire, dont ils conservent le commun.
Ce qu'une certaine école reproche au trotteur, avec une exagération manifeste toutefois, avec un parti pris trop évident, c'est, dans la grande majorité des cas, d'avoir la conformation du carrossier, de ne pas être bâti en cheval de selle.
On va môme jusqu'à prétendre que le trotteur est incapable de faire un cheval d'armes; jusqu'à soutenir une théorie spéciale, la théorie de la déformation par le trot, sans toutefois établir par des faits, c'est-à-dire par l'examen des trotteurs en renom ou par des déductions anatomiques, en quoi consisterait cette déformation.
Cette théorie, disons-le de suite, a été réfutée d'une façon magistrale par le savant professeur d'Alfort, M. Barrier (i) qui a prouvé que sur le terrain des faits, comme dans le domaine de la science pure, les adversaires des trotteurs commettaient des erreurs graves; qui a démontré, en citant des exemples pro* bants, « que le trotteur de selle bien conformé peut
(1) G. Barrier. De la soi-disant déformation du cheval de sella par l'emploi d'étalons trotteurs de grande vitesse. Recueil de médecine • Vétérinaire, \ f> mars 189?.
acquérir par l'entraînement aa galop, au saut, les qualités, la puissance nécessaire aux nouvelles exigences qu'on lui impose. »
Nous verrons plus loin quand nous traiterons des courses au trot considérées comme moyen d'amélioration, si l'Administration des Haras attache véritablement plus d'importance au modèle qu'aux performances, si elle ne sacrifie pas trop à la vitesse, au geste; mais, pour ne pas anticiper, nous nous bornerons à dire — ce qui est vrai, d'ailleurs, — que certains trotteurs sont des types remarquables, ayant de l'encolure, du dos, de bons membres, en un mot bien suivis, bien soudés dans leur ensemble.
« Les types les mieux réussis — écrit Eques dans l'Éleveur du 16 octobre 1892 — sont ceux chez lesquels les détails de la conformation des ascendants se sont pour ainsi dire fondus pour former un tout harmonieux. Leur taille oscille autour de l m 60. Généralement la ligne de dessus est correcte, l'encolure est longue, le garrot bien sorti, le dos et les reins bien soutenus et larges; la croupe puissante, les fesses longues et bien musclées, les rayons supérieurs des membres sont longs et bien d'aplomb, les articulations larges et les tendons secs et bien détachés; avec cela une poitrine large et profonde. En somme, moins de taille peut-être, mais surtout moins de gros que l'ancien carrossier normand, plus d'énergie, plus de légèreté et plus de trempe. »
Ce sont ces caractères, que l'on retrouve d'ailleurs aussi bien chez les juments trotteuses que chez les
mâles, qu'on pourrait appliquer aux hunters, ces chevaux si appréciés de l'autre côté du détroit, qu'il faudrait voir se généraliser par une sélection rigoureuse, par un choix approprié des reproducteurs des deux sexes.
Nous disons des deux sexes; car, si le père joue un rôle important, nul ne saurait soutenir qu'en choisissant un étalon de conformation et d'aptitudes convenables, on soit assuré de retrouver le tout dans la descendance, par la raison qu'il n'est pas le seul responsable de la conformation et des qualités de ses produits.
Ces caractères types, on les constate avec plaisir aujourd'hui chez un grand nombre d'étalons nationaux, que nous avons pu voir en stations et parmi lesquels on peut citer au hasard :
Express, par Normand et Junon, par Ignace, 1886 (1) Kaschmyr, par Phaéton et Normand, par Normand, 1892.
Jolibois, par Cherbourg et Dora, par Niger, 1891. Joinville II, par Cherbourg et Célimène, par Niger, 1891.
James Watt, par Phaéton et une fille de Vichnou (p. s.), 1891.
Dollar, par Lavater et Druidesse, par Agenda, 1885. Phare, par Harley et Camélia, par Laval er, 1897. Pégase, par Fuschia et La Fontaine, par Niger, 1897.
Ibis, par Lavater et Deuil, par Normand, 1890.
(1) Les dates sont celles de l'entrée aux Haras.
Macouba, par Cherbourg et Harmonie, par Conquérant, 1894.
Pauillac, par Riffis et Colombine, par Niger, 1897.
Orient, par Fuschia et Galka, par Phaéton, 1896.
Palikare, par Jean-de- Nivelle II et Miss Black, par Normand, 1897.
Kentuky, par Cherbourg et M ,le de Mondeville, par Conquérant, 1892.
Edimbourg, par Serpolet-Bai et Harmonie, par Abrantès, 1886.
Galba, par Phaéton et Fleur-de-Genèt, par Gall, 1888.
Hetman, par Fuschia et Nacelle, par Phaéton,
Hardy, par Normand ou Y. Quick-Silver et l'Abbaye, par Ouvrier, 1888.
Oiseau-Mouche, par Cherbourg et Ida, par Niger, 1896.
Michigan (fig. 13), par Edimbourg et Camélia, par Beaugé, 1894.
Port-Royal, par Juvigny et Gavotte, par Valencourt, 1897.
Mignon, par Fuschia et Hortensia, par Un, 1894.
Nizam, par Fontenay et Allumette, par The Heirof-Linne, 1895.
Nigaud, par Phaéton et Agile, parlnkermann, 1895.
Levraut, par Phaéton et Fleur- de-Genêt, par % Gall, 1892.
Oléron, par Krakatoa et Béatrix, par Niger, 1896. A c qui la, par Niger et Lucrèce, par Centaure, 1882.
James, par Cherbourg et Cocote, par Epervier, 1891.
Gérardmer, par Tempête et Volante, par Volant, 1888.
Saint-Rigomer, par Gall et Fatiney, par Tipple- Cider, 1878.
Ecko y par Normand et Vilna, par Y, 1886.
Homard, par Tigris et Diva, par Normand, 1890.
Don- Quichotte, par Tigris et Étincelle, par Matchless, 1886.
Fier-à-Bras, par Niger et Ariette, par Normand, 1886.
Galant II t par Uriel et Yvonne, par Faust, 1889, étalons puissants et distingués pour la plupart, de parfait modèle qui, si on les accouple avec des juments convenables, donnent de beaux produits susceptibles de faire des chevaux de selle et des chevaux d'attelage.