‹ Le cheval Anglo-NormandChapitre 45 sur 64 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L'Administration des Haras qui distribue les encougement votés libéralement par le Parlement — ils se sontmontés,en 1896, à lasomme de2, 849. 166 francs, (Remonte et encouragements proprement dits), somme à laquelle il faut ajouter les allocations des départements, des villes et des Sociétés, intervient dans la production de diverses façons : 1° par ses prix de courses; 2° par ses achats d'étalons ; 3° par ses subventions sous formes de primes, aux étalons approuvés, aux concours de poulinières, de pouliches et de poulains, aux concours de dressage et aux juments de race pure (1).

(1) Les encouragements donnés en France, en 1897, se sont élevés au chiffre considérable de 15.267.435 francs se répartissant ainsi qu'il suit :

Courses (plat, trot, obstacles) y compris les épreuves d'étalons, les épreuves de pouliches

et les primes aux éleveurs des gagnants 12. 652.137

Concours de poulinières, de pouliches, de poulains et d'étalons 1 . 347 . 593

Primes aux étalons approuvés 611.650

Concours de dressage 484.455

Concours régionaux 115.000

Frimes aux juments de race pure 56.600

Total 15.267.435

Le gouvernement a contribué à ces encouragements pour une somme de 2.180.175 francs en augmentation de 706.983 sur lasomme affectée

Il est un fait universellement reconnu c'est que l'étalon de race pure doit être l'améliorateur par excellence de nos races locales et que, plus il approche de la perfection, plus il exerce une influence favorable sur l'espèce.

Cet étalon de race pure, quel est-il?

A cette question on doit répondre sans hésiter : l'Arabe et le pur-sang anglais.

Placé près de la souche, l'Arabe, par sa conformation, se rapproche absolument de celle que nous devons rechercher pour notre cheval de guerre. C'est donc l'élément de régénération le plus puissant que l'on connaisse dans le midi, où il s'accomcommode parfaitement aux ressources alimentaires du pays et à son climat.

en 1896,augmentation portant sur les courses qui ont reçu 659.297 francs de plus que Tannée précédente et les concours de poulinières, de pouliches, de poulains et d'étalons qui ont reçu également 46.716 francs de plus.

L'État ne subventionne plus les courses à obstacles.

En 1872 sur une somme totale de 2.065.940 frans l'État contribuait pour une somme de 925,900 se décomposant ainsi :

Courses (plat, trot, obstacles) 404.500

Concours de pouliches et de poulinières 146.500

Primes aux juments de pur-sang 11.550

Primes aux étalons approuvés 611.650

Total 925.900

En 1846, l'administration n'employait en encouragements que la somme de 325.000 francs se décomposant ainsi :

Courses 210.000

Primes aux juments 65.000

Primes aux étalons approuvés 50.000

Total 817.000

On voit, par ce tableau, que les allocations destinées à encourager la production chevaline ont augmenté progressivement et que, de ce côté, il n'y a rien à reprocher à l'État.

Mais il n'a, ni assez de taille, ni assez d'étoffe pour répondre ailleurs, d'une façon complète, à tous nos besoins.

Sans doute — c'est là un fait d'observation — la race arabe transportée en Normandie voit ~« développer rapidement et ses formes et sa taille ; sans doute quelques générations — quatre ou cinq peutêtre — suffisent pour que l'Arabe communique à ses descendants les qualités spéciales que réclament nos habitudes.

Mais, n'est-il pas plus simple, plus rapide et partant plus économique, de se servir immédiatement dans nos pays du Nord, comme étalon améliorateur, du pur-sang anglais, qui, en somme, ne constitue pas une race à part.

A cette deuxième question il faut répondre oui, mais en faisant quelques restrictions.

A la vérité, le pur-sang anglais n'est que l'Arabe modifié sous les influences du climat, de l'alimentation et des soins infinis dont il a été l'objet. Il en a conservé en majeure partie les qualités primitives; mais, comme nous le démontrerons plus loin, celui dont nous dote le plus souvent l'Administration des Haras, spécialisé à outrance, ne répond à nos besoins que d'une manière imparfaite.

Quoi qu'il en soit, les types de race pure, qu'ils proviennent de l'Orient ou qu'ils soient inscrits au stud-book anglais, sont généralement d'un prix très élevé auquel, la plupart du temps, ne pourrait atteindre l'industrie privée.

L'Etat doit donc se les procurer pour les mettre ensuite, par l'intermédiaire des Haras et pour un prix relativement modique, comme étalons de croisement, à la disposition des producteurs de demi-sang.

Mais ce n'est pas assez qu'une race soit pure. Il faut, son origine étant bien constatée, qu'elle soit soigneusement et constamment épurée et que, tout d'abord, on rejette impitoyablement de la reproduction ceux de ses membres atteints de tares ou de vices héréditaires, tels que les tumeurs osseuses, le cor nage.

A cet égard, malgré les doutes exprimés, il y a quelques années, par l'honorable directeur des Haras, M. Plazen, dans un rapport adressé au ministre de l'agriculture, malgré l'opinion du savant professeur d'Alfort, M. Barrier, nous croyons que les formes, les éparvins, les jardons, sont des tares héréditaires qui doivent faire proscrire, sans pitié, de la monte les reproducteurs qui en sont atteints.

Ceci étant posé, on n'admettra comme reproducteurs que ceux présentant une conformation irréprochable et, parmi ces derniers — au moins dans la plupart des cas — les animaux dont les qualités, l'énergie, la vitesse et le fonds auront été mis en évidence par des épreuves spéciales, les courses.

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