CONCLUSIONS
L'Algérie se trouve dans une situation privilégiée quant à sa production chevaline, remarquable par son importance numérique, la qualité et la diversité de ses modèles.
Si le cheval barbe est surtout le cheval de selle étofté, avec du sang et des allures suffisantes, que réclame notre Cavalerie d'Afrique, il se présente également, dans certaines régions, avec des caractères qui le rendent apte à l’attelage. |
Tracteur à aptitudes moyennes, il évolue alors entre le cheval à deux fins, — c’est-à-dire le cheval d’artillérie interchangeable, — et de trait léger propre aux transports et aux travaux de culture,
Ses deux adaptations professionnelles, la selle et le trait léger, font du barbe un modèle de cheval appelé à trouver, longtemps encore, son utilisation dans la colonie.
Il est, dans la vie des races, comme dans celle des peuples, telles époques où tout semble se concerter pour menacer l'avenir.
C'est une de ces périodes que traverse actuellement la race chevaline ; mais elle en a vu bien
En
d’autres, et, sans faire montre d’un optimisme béat qui refuse de voir l'étendue du mal pour s’éviter dé chercher les remèdes, on peut constater qu’en dépit du rude coup porté par le conflit mondial, au cours duquel non seulement les meilleurs chevaux mais aussi les juments poulinières furent réquisitionnées, en dépit également de la concurrence opposée par l'automobile, l'élevage algérien est moins atteint et se trouve dans une situation moins critique que l'élevage français.
En Algérie, les conditions économiques créées par les. progrès de la traction mécanique et les modifications apportées dans les organisations militaires, au lendemain de la guerre, n’ont que faiblement frappé les débouchés. Les besoins en chevaux de l'armée, de l’agriculture et du commerce, n’ont jamais cessé de donner une forte impulsion à la production chevaline.
Les Remontes, en 1924, ont acheté dans la colonie :
89 étalons 72 chevaux de tête 1.107 chevaux de troupe 271 mulets.
soit 25 % des animaux présentés. Et ces chiffres, sensiblement supérieurs à ceux de 1913, ont dà être dépassés, au cours de ces deux dernières années, en raison de la nécessité de remonter la cavalerie des troupes d'opérations du Maroc, dont l'effectif s'éle-
tof ren”
vait, au Le janvier 1927 à 24.802 chevaux, pour la
plupart de provenance algérienne.
Dans la colonie, — où tout le monde est cavalier ou croit l'être — les chevaux se maintiennent dans leurs diverses utilisations. Les voitures de place, les diligences sont encore en service. De nombreux chevaux sont toujours employés dans la culture, sur la petite propriété où le colon ne peut travailler avec le tracteur, dans les vignes et les terrains accidentés où le cheval et le mulet (et le mulet veut la jument),
restent les moteurs de choix.
Voilà pour le présent ! Et tout un ensemble de circonstances exceptionnellement favorables à la race barbe viennent autoriser les plus belles espérances et permettre de bien augurer de l’avenir.
Le nouveau projet de loi des cadres maintient intacte la cavalerie de l’Afrique du Nord avec ses 19 régiments alors que la cavalerie de France, déjà bien sacrifiée, ne doit plus compter que 25 régi-
ments.
Les régiments de cavalerie d'Algérie, n'étant remontés quen chevaux castrés et entiers, les juments resteront toutes dans le pays où elles seront, pour la plupart, utilisées comme poulinières.
Enfin, les nations étrangères, à change élevé, (Anglais, Espagnols), apprécient les qualités de nos chevaux nord-africains et le nombre toujours croissant des exportations ne peut qu'apporter un pré-
cieux encouragement à la production chevaline.
Die st La dégénérescence de la race barbe !
Heureuse déchéance d’une race qui dégénère avec ces chevaux des Flittas, du Khenchela, de Tébessa, du Hodna, de M'sila, de Djelfa, aux lignes si belles qu’elles font croire à l’infusion du sang anglais ; avec les modèles puissants et musclés de l’Habra, de la Mina, de Tiaret, des Rhiras, des Heumas ; avec ce cheval merveilleux qui, d’après les enseignements de la campagne du Riff, demeure le véritable cheval de guerre, dans les expéditions coloniales.
L’admirable barbe qui a trouvé en lui, et en lui seul, les forces prodigieuses de rebondissement qui l'ont sauvé de la dégénérescence à travers les siècles, est'encore capable de surprenantes choses et mérite qu’on s’occupe de lui,plus et mieux qu’on ne l'a fait jusqu’à ce jour.
Aidons-le. Travaillons avec lui et pour lui.
C’est une œuvre de longue haleine à laquelle nous sommes conviés, car les progrès de l'élevage, sous tous les cieux, nécessitent la science et une application lente et raisonnée.
Mettons-nous à la tâche, sans nous laisser entrainer par le désir d'arriver rapidement, ni arrêter par les obstacles qui pourront surgir. Agissons avec persévérance après avoir adopté des méthodes bien comprises, conformes à la nature et bien adaptées aux besoins du pays.
Il suffit d'assister aux séances d'achat ou aux
primes pour être favorablement impressionné par le