‹ Le Cheval BarbeChapitre 7 sur 28 · STE · texte numérisé non relu

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dissait », et, sans les soins que prit ce roi pour conserver quelques types purs dans ses écuries de Jérusalem, la race eut été perdue.

Après une nouvelle période de prospérité, nou-

velle dégénérescence par suite de l'immigration en

. Arabie de Juifs et de Chrétiens et de querelles intes-

tines entre Arabes. Les destinées de la race vont être à nouveau compromises sans l’heureux concours de quelques tribus nobles et guerrières qui ont conservé des chevaux de race.

Puis vient Mahomet qui fait des soins à donner aux chevaux un devoir pour le Croyant.

— « Le cheval est l’animal préféré du Prophète qui ne craint pas d’essuyer ses naseaux avec la manche de sa tunique,comme lui à recommandé l’Ange Gabriel » (Coran).

— « Mahomet promet le Paradis à ceux qui traitent bien le cheval. »

— « Le cheval est l’enfant de l'Islam. »

— « Les forteresses des Arabes sont leurs armes et leurs chevaux. »

— « Chaque grain d’orge donné à vos chevaux vous vaudra une indulgence dans l’autre monde. »

— «Le cheval fait l’Arabe roi du désert » a dit le Prophète, homme prudent et perspicace, qui mettait dans le

cheval la fortune de l’Arabe.

Au xve siècle, sous la domination des Turcs qui

dépouillent les Arabes de leurs biens et razzient

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les troupeaux, les meilleurs chevaux sont enlevés et les autres souffrent, avec leurs maîtres, des duretés de l'esclavage. La moyenne baisse de nouveau et l’on peut constater un point d'arrêt que certains ont traduit par signes de dégénérescence.

Plus tard, les conditions de la vie serelevant, une amélioration sensible se fait sentir jusqu’à l’époque de la conquête de l'Algérie.

Aux premiers temps de l’occupation française, le cheval barbe était à peu près le seul représentant de la race chevaline en Algérie. C'était un excellent cheval se rapprochant par certains côtés du type arabe, rapprochement qu’accentuait encore unesimilitude parfaite dans la fonction et les conditions de vie, ainsi que des croisements successifs au temps du passage des Maures en route vers l'Espagne. Il était remarquable par toutes les qualités qui font le bon cheval de guerre.

Mais la période de l’invasion des Roumis marque un nouveau stade pendant lequel l’évolution de la race subit un à-coup et nous assistons à une nouvelle décadence. Décadence rapide à la vérité !

Dès 1844, on remarque en effet que « les bons chevaux se font rares en Algérie, qu’on n’en rencontre plus que chez les vieux et que le sang a quelque chose d’appauvri » (Maréchal Bugeaud).

Cependant, en 1850, Richard du Contal, qui a pu étudier le pays et les ressources, depuis la Tunisie jusqu’au Maroc, alors qu’il était vétérinaire aux Spa-

his, apporte des constatations absolument opposées

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quant à la qualité et à la quantité de la production chevaline :

« Les chevaux barbes ne sont pas difficiles à trouver sur nos côtes de Barbarie... On a dit que l'Armée ne s’y recrutait que difficilement et que par conséquent il n’y en avait plus ; mais l’armée paie de 4 à 600 francs seulement ses chevaux de troupe et une tribu ne lui livrera pas un bon étalon pour ce prix : qu'on les paie bien et les Arabes ne manqueront pas d’en amener de l’intérieur » (1).

Et l’ancien directeur de l'Ecole des Haras, ayant su apprécier, en Auvergne, l’heureuse production de l’étalon Mascara, « un barbe fort ordinaire », « élevé rustiquement par le bédouin de l'Atlas’ »,

écrit tout simplement :

« Vingt-cinq chevaux comme lui, régénéreraient la

race Auvergnate perdue aujourd'hui » (1).

C’est là, certes, l'affirmation d’un sang généreux et qui n’a rien d’appauvri |

En 1855, le Maréchal Randon, Gouverneur géné- ‘ ral de l'Algérie et les Généraux-commandants des 3 Provinces. «gênés dans la remonte de cavalerie » créent des Dépôts d’Etalons impériaux, tout en maintenant les étalons des tribus.

Et depuis cette époque jusqu'à nos jours, ce sont

de nouvelles alternatives, avec des hauts et des bas,

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car on cause souvent de dégénérescence et, lorsqu'on se plaint de l’état actuel, on cite avec un hochement de tête désolé le temps où cela se passait autrement. Et c’est de trente ou quarante années tout au plus que l’on parle.

Mais alors, de 1844 ou même de 1855 à 1890, la race barbe avait-elle repris ses performances anciennes pour les reperdre à nouveau plus récemment ?

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