LE DEGRK DE SANG DU IIUNTER ET DU CHEVAL D ARMES
commissions d'achat, composées d'éleveurs et de vétérinaires naturellement.
Ils pourraient avoir cent fois raison, car tout vétérinaire homme de cheifal est supérieur en matière hippique h un simple sportsman.
Je trouve même que systématiquement on écarte trop le vétérinaire, quel qu'il soit, des différentes commissions. La voix consultative n'est pas suffisante. Eux seuls possèdent les bases essentielles de la science du cheval. Nous avons pu nous rendre compte h quel piétinement était réduite la science des grands écuyers des siècles qui ont précédé la fondation des écoles vétérinaires; et quand nous voulons, nous, homme de cheval, sortir de l'ornière profonde où l'embourbent nos prédécesseurs, nous nous empressons d'apprendre les rudiments de ces sciences qu'ils mettent, eux, des années à acquérir.
La pratique sans la science ne permet que peu de progrès. Mais la méthode scientifique et expérimentale sont les plus sûrs garants de la réussite.
C'est ce qui me fait répéter que personne mieux qu'un vétérinaire ne peut devenir officier acheteur parfait, car, à égalité de connaissances pratiques, il sera supérieur à un simple ofTicier de cavalerie.
Il serait donc à désirer que nos jeunes vétérinaires fussent poussés par tous les moyens possibles à allier la science à la pratique du cheval. Ils seraient incontestablement plus écoutés dans la question de l'élevage du cheval d'armes, c'est-à-dire du demi-sang.
Le débat s'est beaucoup envenimé, et personne n'ayant voulu faire un pas vers son adversaire, les deux partis sont restés sur leurs positions.
Les uns, en contact avec les éleveurs qui récoltent les chevaux comme on récolte du blé, pour les vendre, abondent naturellement dans le sens de leurs clients; ils disent avec un certain bon sens — car des essais malheureux ont été tentés — que si on avait laissé faire les partisans du sang nous n'aurions plus ni percherons ni boulonnais, les deux seules races françaises qui nourrissent leurs éleveurs sans aucun secours de l'État.
Un fait très typique s'est passé il y a deux ans : M. Viseur,
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vétérinaire, a été nommé sénateur du l\is-tle-(]alais ;i la presque unanimité des sufïVagcs, à cause de sa lutte contre les haras, en faveur de la conservation de la belle race boulonnaise, envers et contre Ions.
On comptait autrefois deux dépôts de remonte en Lorraine, Villers et Sampigny. Maintenant les conseils généraux, les syndicats agricoles, font venir à grands frais des étalons boulonnais et belges et refusent d'avoir recours aux haras nationaux.
Ces populations veulent des animaux aptes à leurs travaux, de vente facile et rémunératrice, et c'est leur intérêt qui les guide.
On oublie trop qu'en dehors des grandes crises, le patriotisme ne consiste le plus souvent « qu'à pendre à sa fenêtre trois drapeaux et deux lanternes vénitiennes aussitôt qu'on parle d'alliance russe... ».
Et les vétérinaires, épousant les intérêts des populations au milieu desquelles ils exercent, épousent leurs erreurs hippi([ues, au point de vue des remontes militaires.
Le jour où l'élevage du cheval darmes et du cheval de selle trouvera un débouché, il est probable que ces messieurs se rendront h l'évidence, et partout où il pourra servir à faire du cheval de selle, ils préconiseront l'emploi du pur-sang et du demi-sang, dans la mesure où il peut être utile.
Quant aux autres, aux hommes de cheval si attaqués et auxquels leurs adversaires attribuent t;int d'idées fausses et ridicules, ils ne cherchent pas « ;i couvrir la France de métis plus ou moins aptes à prospérer sur le sol où ils naftroiil », non; ils voudraient simplement que dans les pays où le clieval de selle peut être créé, et il yen a, l'infusion du sang transformât les races indigènes en chevaux utiles à la guerre moderne.
Il est prouvé, la chose ne souffre plus discussion, qu'au point de vue remontes, le chevnl près du sang possède une évidente supériorité.
Voici un extrait du rtipporl du commandant du l*""' régiment de dragons de la garde prussienne, lieutenant colonel von Brozo\\sV\,sar l'aptilude des chevaux pendant la campagne 70-71.
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lo Le meilleur cheval de cavalerie est celui qui provient des remontes de la vieille Prusse, entre sept et quatorze ans. Cet animal a répondu pleinement aux exigences du service de cavalerie légère eu campagne et s'est montré capable d'endurer les fatigues les plus excessives et d'y résister. La supériorité des chevaux, sous ce rapport, a toujours été en raison directe de leur degré de sang.
Le cheval prussien dont le type est le Trakchnen, est un cheval demi-sang à raison de 50 pour 100 de pur sang anglais, 25 pour 100 de sang arabe et 25 pour 100 de sang indigène (lithuanien). (Les races chei'alines, par L. de Simonoff, 1894.)
2° Les chevaux réquisitionnés se sont montrés très inférieurs à ceux provenant de la remonte. Parmi ces chevaux, le sang a encore affirmé sa supériorité.
8o Les chevaux pris à la cavalerie française ont, sous le rapport de la solidité et de la résistance, généralement répondu aux qualités d'un bon service ; mais ils étaient lourds d'allure, mal dressés et moins maniables que le cheval de remonte prussien.
4o Les animaux les moins aptes au service de la cavalerie ont été réquisitionnés en France. La plupart avaient été pris en Normandie. Il a été démontré que les chevaux de cette province peuvent moins supporter la fatigue des longues marches que les anglo-normands.
L'histoire de la guerre de 1866, par le grand état-major allemand, met en relief, d'une façon saisissante, l'immense service rendu par le lieutenant-colonel d'état-major, qui, dans la nuit précédant la bataille de Sadowa, a franchi, grâce à son cheval de pur sang, une distance de 15 lieues, à travers les montagnes de la Bohême, et a pu faire parvenir ainsi l'ordre de jonction des deux armées, qui a assuré la victoire.
Je pourrais multiplier les exemples prouvant combien les puissances étrangères approuvent la régénération des races de chevaux par le sang et s'emploient de toutes leurs forces à diriger leur élevage dans ce sens, et dans le but de la guerre.
En 1877, M. de Cormette écrivait : « L'amélioration du cheval prussien est en train de s'cflectuer par une infusion de sang anglais représenté par les meilleurs types... On n'admet plus, dans les haras d'Allemagne, que des étalons ayant fait leurs preuves sur les hippodromes.
« Le cultivateur allemand sa/7 //es />/f« employer au travail de ferme les chevaux de demi-sang ».
On voit par ces citations que le cas fait par la remonte