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LE DEGRE DE SANG DU HUISTER ET DU CHEVAL D ARMES

allemande (il en est de même en Autriche-Hongrie) du pursang comme améliorateur, et du cheval près du sang comme cheval de guerre moderne.

En Angleterre, presque tous les régiments de cavalerie sont remontés en chevaux irlandais.

Le comte de Charlemont, le plus grand éleveur de demisang en Irlande, dit : « Nous n'avons pas de classe de chevaux de charrette comme en Angleterre. J'ai de la culture faite avec des cJtevaux de pur san^ ».

« Le hunier irlandais vient d'un pur-sang et d'une jument de charrette légère et de bonne race par un étalon hunter. » (Sydney.)

Les sociétés de courses françaises, les haras nationaux, peuvent être dans leur tort. C'est du moins l'avis de tous les gens compétents dans la matière ; mais il ne faut pas se baser sur l'égoïsme des uns et la complaisance des autres pour décider que le pur-sang et le demi-sang sont des éléments nuisibles. Une hache en acier n'est pas un mauvais instrument parce qu'un apprenti bûcheron s'en sert mal. Elle ne doit pas être remplacée par une hache en silex, parce qu'elle est mal maniée. C'est l'apprenti qu'il faut changer.

Il est hors de discussion qu'une cas'alerie bien montée est nécessaire à notre existence comme nation.

Or un simple mécanicien est souvent plus apte à connaître les défauts d'une machine et à la bien régler, que les ingénieurs les plus savants avec leurs calculs sur les plans desquels on a peut-être construit la machine.

Eh bien, c'est nous, les officiers et les sportsmen, « c'est nous qui sont » les mécaniciens; c'est nous qui marcherons à pied quand notre « petit carrossier » boitera ; et c'est nous qui crèverons, quand il mourra. Et nous ne voulons ni marcher à pied, — il y a des hommes exprès pour cela et qui sont « les fils de la reine des batailles », — ni crever, avant d'avoir fait œuvre utile et glorieuse; c'est pour cela que nous ne voulons plus nous servir de la cavalerie de forteresse, mais avoir des chevaux de sang malgré l'opposition des zootechniciens ou des politiciens, porte-paroles des intérêts d'argent de leurs clients.

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Le remède, me direz-vous? Une nouvelle société s'est fondée (jni répondra pour moi. Son titre est : Société d'encOU-

ragement à l'élevage du cheval de guerre ; il indi(|ue nécessairement son but; parmi les noms des membres du comité, je n'ai vu celui d'aucun vétérinaire; je le regrette, car il faudrait que toutes les forces vives de la nation, considérée au point de vue hippique, ses forces intellectuelles soient toutes tendues vers ce seul but, le perfectionnement du cheval de guerre utile pour le rôle de la cavalerie moderne.

Je me suis, je le crains, trop écarté de ma conversation avec le lecteur, simple acheteur à la recherche d'un bon cheval de selle. Mais il ne faut pas s'y tromper, l'homme de cheval moderne se moque de l'élevage, absolument comme les éleveurs se moquent de l'équitation.

Le sportsman a cependant tout à gagner h la création du cheval de guerre. Il trouvera dans celui-ci, s'il est bien fait, un excellent cheval de chasse.

La troisième raison pour laquelle on voit si peu de cavaliers civils et militaires monter des pur-sang, est peut-être la plus sérieuse : Le bon cheval de par sang est cher.

Je n'énumérerai pas ici toutes les causes qui, en plus de sa rareté numérique, en majorent les prix.^

Mais, s'il est dilficile à trouver, il existe tout de même; que les commissions de remonte des corps se montrent moins sévères pour quelques traces de feu, etc., et on verra doubler le nombre des officiers qui en seront détenteurs. Mais je suis obligé de constater que la tendance actuelle n'est pas pour encourager les officiers à présenter aux commissions des chevaux de sang.

Quant aux civils, ils ont le temps d'en chercher, de suivre les courses, d'assister aux ventes, de se déplacer pour visiter les écuries d'entraînement et les centres d'élevage, en un mot d'être à l'affût des occasions... S'ils le veulent, ils pourront galoper sur un pur-sang, ce que, pour leur agrément, je leur souhaite de tout mon cœur.

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Le plus gros reproche qu'on fasse aux chevaux de pur sang, c'est qu'ils manquent de rusticité... En l'état actuel, le reproche est peut-être fondé. Les soins exagérés donnés dans les écuries d'entraînement ne prédisposent pas un cheval à partir en campagne dans le courant de l'année... Ces soins dont on les entoure sont assez naturels : quand il ne reste plus dans votre boîte que quelques allumettes, vous ne vous en servez pas de préférence au milieu d'un courant d'air... Lorsqu'en France le pur-sang ne sera plus un animalpresque inconnu dont on raconte ou trop de méfaits ou trop de bienfaits, quant on l'élèvera comme les autres chevaux, il sera aussi rustique que les autres chevaux. Voyez les chevaux arabes, et nos tarbais avec du sang plein la peau : sont-ce des animaux rustiques ou non?

Il faut pourtant, au point de vue élevage et souvent même d'un dur service, faire une exception en défaveur du mauvais et inutile pur-sang, produit seulement en vue des courses, et dont l'éleveur ou le propriétaire n'a, en s'en servant, que de honteuses préoccupations d'argent. Ce sont surtout ces pursang-là que visent, sans doute, les détracteurs du sang.

Le seul reproche qu'on peut adresser à certains amateurs de pur-sang, c'est que son emploi et son achat les dispensent trop souvent de connaître le cheval. Ils savent seulement que personne n'osera critiquer leur choix quand ils présenteront un cheval qui a un nom. A cheval sur un o tesson » de pursang claqué de partout, avec des jambes enveloppées, ils s'imaginent avoir l'air « d'une fine cravache ».

Combien j'en ai connu de ceux-là qui eussent été incapables d'acheter un cheval pour le coupé de leur maman, ou de trouver chez un marchand le bon hunter qui les portera quand ils auront pris du ventre.

D'après Stonehenge (1871), il existait en Angleterre (Irlande et Ecosse non comprises) plus de cent équipages de fox-hound et plus de vingt clubs de chasse entretenant des meutes... Plus de vingt mille chevaux sont mobilisés tous les ans pour suivre ces chasses. Elles sont suivies par toute l'aristocratie,

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par toute la bourgeoisie habitant les comtés, par beaucoup de fermiers. Le fils du lord galope à côté du clergyman. Ce dernier saute un fossé h côté du vétérinaire et de son fils. Ceux-ci, je vous l'assure, savent alors quelle est la différence, au point de vue selle, chasse, cavalerie, armée, entre le petit carrossier cher à nos zootechniciens et le cheval de sang que nos officiers voudraient voir dans le rang.

« Faites disparaître, écrit un Anglais, la chasse de notre pays, une noblesse résidente, et une gentry faisant la mode de monter h cheval, des fermiers qui montent, et remplacez-les par des paysans qui conduisent des charrettes attelées de bœufs et de vaches, et le déclin de la qualité et du nombre de ceux qui montent à cheval et qui conduisent en Angleterre serait certainement rapide. »

Et ce. qui suivrait la décroissance des sportsmen serait celle, tout aussi rapide, du nombre et de la qualité des chevaux utilisables à la selle.

Que tous les esprits sérieux et pratiques constatent avec tristesse, que le débouché commercial n'existe pas pour le cheval de selle conformé en hunter, que le goût public préfère le carrossier trotteur au carrossier hunter, que le percheron et le boulonnais sont d'excellents chevaux de gros trait, que par conséquent il n'est pas étonnant de voir la production s'engager dans cette voie lucrative : ils constatent un fait. Mais il ne faut pas en tirer cette conclusion : ne sont vraiment bons, au point de vue zootechnique, les seuls chevaux n'ayant pas une goutte de sang anglais dans les veines...

Tout a été fait pour le pur-sang, il touche tous les ans de fortes allocations; le trotteur est dans les mêmes conditions.

Nos races de gros trait, si célèbres dans le monde entier, se suffisent à elles-mêmes, sans le secours de l'État, elles peuvent se passer de la tutelle des haras... elles se vendent...

Quant au cheval de guerre, il est absolument prouvé, par les témoignages de ceux qui s'en servent (on ne demande pas à un pépiniériste comment on forge le fer), qu'il doit être de demi-sang; que les petits carrossiers et la majorité des trotteurs actuels ne remplissent pas les conditions d'aptitude au galop... Que fait-on pour le cheval de guerre?

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