CHEZ LE MARCHAXD DE CHEVAUX
Il y a marchands et marchands.
Les uns sont des marchands sérieux qui, en trompant, ont tout à perdre et rien à gagner. Autant que possible, ils n'iront pas vous vendre une rosse, s'ils peuvent faire autrement.
11 faut bien se rendre compte quels sont les aléas de leur métier et comment eux-mêmes procèdent pour acheter. Obligés d'engager chaque fois un assez fort capital, pour ramener de Belgique, d'Angleterre, d'Irlande ou d'Amérique, leur lot de chevaux, ils ne peuvent céder à vil prix le mauvais cheval qu'ils ont ramené avec les autres. Ils perdraient trop. Pensez qu'ils ont déboursé leur voyage, la rémunération du courtier qui a rassemblé les chevaux en un point donné, le prix d'achat desdits chevaux et celui de leur transport, les droits de douane, la « commission » pour le cocher et quelquefois pour le vétérinaire de l'acheteur. Puis presque tous ces chevaux tombent en gourme ou en maladie, il en meurt : frais de nourriture, médicaments, vétérinaire.
Leur loyer est souvent très élevé, les piqueurs et les garçons d'écurie ne travaillent pas pour rien. Vous voyez de combien est majoré, avant que le marchand n'y trouve son liénéfice, le prix d'achat d'un cheval. Au bout du compte, pour s'y retrtuiver, les mauvais chevaux doivent être vendus avec les bons. Si le cheval est boiteux ou abîmé, c'est au tattersall qu'il ira, d'où perte sèche.
Une des causes de déficit pour un marchand et qui est très importante, p;iiaît-il, c'est (pie beaucoup de gentlemen pnient mal. Les uns se font longtemps tirer foreille et finissent par payer, quant aux autres on leur arracherait les deux oreilles (pf ils ne paieraient pas davantage.
Le mauvais marchand lui, s'il va :i l'étranger, avec fort peu