AU PAYS D ELEVAGE EN CHARENTES
hunter irlandais; mais ce cheval deviendra de plus en plus rare, car le croisement du trotteur avec les poulinières n'a pas amélioré la conformation des produits. Elle leur a seulement donné la vitesse au trot exigée aujourd'hui par la plupart des acheteurs.
On peut admirer, à l'école de Saumur, un cheval charentais Jehu, par Quibble?-, demi-sang, et une fdle de Tant mieux, pursang.
Il y a à peu près cinquante ans que les fermiers ont commencé à s'occuper sérieusement d'élevage en faisant saillir les juments de trait par des étalons normands appartenant à l'Etat.
On a continué les croisements avec des étalons de pur sang anglais et arabe, et surtout des demi-sang normands; la race de ces chevaux est devenue semblable à celle de Normandie comme conformation; seulement le sol et le mode d'élevage développent leur système osseux et les rendent bons pour tout service.
En tant que cheval de remonte, le normand des Charentes est meilleur que celui venant directement de Normandie. J'ai remarqué que les charentais étaient plus rustiques. Ils sont, en effet, bien que souvent d'un dressage difficile (je parle du cheval de remonte), prêts de meilleure heure, et leur système respiratoire est généralement excellent; cependant beaucoup trop de chevaux, quoique solidement bâtis, ont l'aspect commun.
Le plus grave défaut de cet élevage est que les éleveurs ne gardent pas leurs plus belles pouliches pour la production. Ils ne résistent pas à vendre des trois ans à la remonte. Ils se privent, par là, d'excellentes reproductrices.
L'avantage est si grand pour ces éleveurs de se débarrasser de bonne heure d'animaux aussi jeunes, payés le même prix qu'à quatre ou cinq ans, qu'ils n'en gardent pas.
Il est donc difficile au commerce de trouver maintenant dans ce pays des chevaux ayant plus de trois ans. Aussi, la vente des chevaux aux marchands et aux propriétaires, de très considérable qu'elle était, est-elle tombée à peu de chose. Que peut-il rester en effet dans une circonsption où la remonte a acheté près de mille chevaux dans un an?
Par ce système d'achat à trois ans, rarmce doit trouver un grand avantage. Elle a tué la concurrence du commerce, mais cet avantage n'est-il pas détruit lui-même par les déboires que lui causent ces poulains, presque sauvages, dans les fermes hippiques?
« L'achat du cheval à trois ans par les remontes est-il un avantage? », me demande un homme qui a beaucoup d'expérience de la chose hippique, M. le baron de Cugnac, « avec ce système on a obligé à une grande importation de chevaux en France, puisque officiellement le chiffre des importations de 1891 à 1896 se monte à 136.029? » Je pose également cette question sans la résoudre.
Les haras entretiennent au dépôt de Saintes, 14 pur-sang, 4 anglo-arabes, 1 demi-sang du Midi, 47 demi-sang normands et 56 demi-sang normands saintongeois. D'après les renseignements qui me sont fournis en 1897, les demi-sang normands sont du type carrossier et le chiffre annuel des étalons achetés dans le pays est d'environ 40 têtes.
Des concours de dressage très importants ont lieu annuellement à Rochefort, où la célèbre école de dressage, bien connue à l'Hippique de Paris par ses succès, concentre les meilleurs animaux.
Mais là, comme partout ailleurs, le type du cheval d'attelage fait prime.
Il est donc très difficile, et c'est dommage, de se procurer un cheval d'âge dans le pays, où les éleveurs s'empressent de vendre leurs poulains à la remonte à partir du 1®'' juillet de l'année où ils prennent trois ans.
Les marchands de chevaux de Paris assurent, et je les crois sans peine, qu'ils perdraient leur temps et leur argent h chercher des chevaux de selle en France ayant de l'âge, mais qu'ils en trouvent tant qu'ils veulent à l'étranger dans les âges voulus. Lorsque chez un marchand sérieux, je vois un beau che\a\, prenant sur ans, bien conformé, de i'^60 environ de taille, bref un beau et bon hunter, je suis sûr, s'il m'est laissé dans les 2,500 francs, que ce cheval n'est pas français. 11 n'eut pu se le procurer lui-môme, en France, qu'à ce prix-là... et encore.
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