WANT-PROPOS XIII
En constatant la rareté du clieval de selle en France, je n'accuse pas les éleveurs, mais les acheteurs.
En France on n'achète pas de chevaux de selle. Il est donc tout naturel qu'on n'en produise pas.
En effet tout sportsman français demande avant tout
à son cheval de s'atteler et sagement encore J'avoue
qu'il est très bon d'atteler les chevaux de selle, à tous points de vue, mais dans ce cas, l'attelage doit être un supplément et non la chose principale. Or, en général, les acheteurs demandent plus de service à leurs chevaux au harnais qu'à la selle.
De plus le sportsman français n'hésite jamais, entre deux chevaux dont le pire coûte 300 francs de moins que l'autre qui est bon, à acheter le meilleur marché. Tout rare qu'il est, le cheval de selle existe pourtant en France, je le répète. La grande majorité des chevaux aptes à la selle est achetée par la remonte. Si ceux qu'elle abandonne pour une cause ou pour une autre, atteignent chez leur éleveur, un certain âge, s'ils sont convenablement nourris et s'ils sont soumis à une bonne gymnastique fonctionnelle, s'ils sont d'un bon modèle de selle, ils coûteront très cher et l'éleveur n'y gagnera pas grand 'chose. — Mais ces chevaux sont l'exception. Une des causes principales du manque de bons chevaux de selle est que dans beaucoup de régions les poulinières sont mauvaises. Les éleveurs ne gardent pour en faire des mères que les pouliches qu'ils n'ont pu écouler.
Que ne faisons-nous comme les Anglais! La base de leur élevage est une sélection rigoureuse, facilitée par la compréhension hippique naturelle au dernier des « cockney ».