‹ Le cheval de selle en FranceChapitre 9 sur 43 · AVANT-PROPOS XV · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XV

point de vue différent, pour arriver à un but différent. Ils ne s'entendront jamais.

D'un côté sont les hommes qui se servent du cheval pour monter dessus et marcher vite, à la chasse ou à la guerre; de l'autre ceux qui se rendent à pied, à bicyclette, en automobile, en chemin de fer ou en voiture aux courses au trot et au galop, ou chez un banquier toucher le fort chèque produit de l'élevage de leur trotteur carrossier.

Ces derniers veulent imposer leur trotteur : « Prenez mon ours, disent-ils, il est bon pour tout : comme cheval de selle, de voiture, de chasse, d'armes, de concours hippique. Il est bon comme reproducteur et comme étalon de croisement. »

Les hommes qui montent à cheval par goût et par devoir, beaucoup plus modérés, répondent : « Gardez-le encore quelque temps, votre ours! Quand il sera bon pour le service de selle — et il faut faire peu de chose pour cela — vous le savez bien! nous serons trop heureux de le prendre, car il a de la qualité. En attendant, faites-le courir, gagnez dessus, attelez-le puisque vous ne savez ni n'aimez monter à cheval... Mais n'exigez de nous, ni de monter dessus, ni d'applaudir quand on s'en sert comme reproducteur pour fabriquer des « monstres à courir le trot » comme lui... Et la preuve que vous pouvez en faire et de beaux, c'est que vous en avez fait. Vous ne les avez peut-être pas fabriqués exprès, mais il y en a. Ceux-là nous les admirons, nous nous en servons, mais nous voulons qu'ils soient tous aussi bons! »

— Nous les achèterez- vous, répondent les trottingmen.

Page 1