‹ Le Cheval de Trait de l'AuxoisChapitre 11 sur 15 · LE AE TE · texte numérisé non relu

LE AE TE

bile et les soulager lors de l'appui. Le sabot est bien conformé, assez large, moins cependant que chez l’Ardennais où il traduit l'influence d’un sol souvent marécageux qu'on ne trouve pas en Auxoiïs.

En résumé, le cheval de l’Auxois est un animal à tendance rectiligne, bréviligne et hypermétrique, d’une taille oscillant entre 1 m. 60 et 1 m. 70, d’un poids moyen de 7 à 800 Kgs, et capable de déplacer une charge de 1.500 Kgs au trot et de 3 à 4.000 Kgs au pas, vigoureux et énergique. Notons que si tous les sujets, même ceux de concours, n'atteignent pas la taille minima, il y a néanmoins des progrès certains vers ce but ; au dernier concours central, à Paris, un seul étalon adulte mesurait moins de 1 m. 60.

La robe

La robe, si elle n’a pas d'importance pour la valeur intrinsèque du cheval, joue par contre un grand rôle dans la valeur commerciale de la race par le cachet d’homogénéité qu'elle lui confère ; elle souligne le « fini » de la race, le degré où a été poussée la sélection. Cela frappe les acheteurs, les influence favorablement, même sans qu'ils s’en rendent compte, et augmente la notoriété de l'élevage régional du fait qu’on peut identifier la race simplement par sa robe. Il est certain, par exemple, que le Percheron doit son succès commercial en grande partie à ses qualités, certes, mais un peu aussi à l'uniforme qui s'associe à ces qualités

bts

Les statuts du Syndicat d'élevage du cheval de trait de l’Auxois spécifient que la robe sera : bai, rouan ou aubère. En fait, les éleveurs cherchent à éliminer ces deux dernières robes ainsi que l’alezan, héritage des divers éléments dont le mélange à formé la race actuelle. Les chevaux de l'Est d'autrefois possédaient des robes de couleur, c’est-à-dire autres que le gris {Dechambre) et l’Ardennais était primitivement alezan ou rouan. On trouve donc à l’origine de l’alezan, du rouan, de l’aubère, du bai, et même du gris apporté par les Percherons, il n'y a pas si longtemps. La sélection s'attache à éliminer ces « impuretés commerciales » au profit de l2 seule robe baïe, sans nuire toutefois à l'amélioration du format. « On peut, dit Dechambre, supputer les chances qu'ont les robes de se maintenir et de se propager, en s'appuyant sur le phénomène héréditaire de la dominance. En rapportant la transmission de la robe à l’hérédité mendélienne des caractères dominants et des caractères dominés, on voit par exemple : « Que l’alezan est dominé par « toutes les autres couleurs ; que le bai domine l’ale- « zan, mais est dominé par le rouan, de telle sorte que, « rapportée aux deux autres, cette dernière robe se « montre Comme un caractère dominant.

« Il y à donc infiniment de chances pour que, dans «une population chevaline où l’on trouve aujourd’hui « de l’alezan, du bai et du rouan, la première de ces « robes marque une tendance à disparaître. »

Quant au rouan et à l’aubère, caractères dominants, une sélection attentive n'aura pas de peine à les éliminer au profit du baï, sans avoir à craindre leur réappa-

eRROT TEE

rition. Pour les mâies, dont l'influence héréditaire est considérable en raison du nombre de produits qu'ils engendrent chaque année, on à soin de ne choisir que des sujets bais, sauf, bien entendu, à ne pas négliger des producteurs yraiment remarquables. On est en général plus large sur cette question de robe pour les femelles, en raison de leur influence numériquement beaucoup plus restreinte, sur le développement de la lice ec”

Evidemment, ces croisements de robes n’ont pas des résultats mathématiques ; on n’opère pas dans la pratique comme au laboratoire et, d’une robe à l’autre, il n'y a pas de différences bien tranchées. La complexité de l’ascendance ouvre toujours la porte à des manifestations d’atavisme, réapparition d’un caractère dominé, etc... Comme l’a dit si justement le professeur Dechambre : « Il n'y a rien d’absolu dans ces phénomènes, mais la loi des grands nombres autorise certaines prévisions et nous pouvons déduire que la robe baie pourra devenir prédominante, à la condition que la sélection soit appelée à jouer dans ce sens, surtout avec les étalons. À mesure d’ailleurs que notre cheval se perfectionnera dans ses formes, on deviendra plus exigeant pour la robe ; lorsque le choix sera permis entre de nombreux géniteurs de valeur à peu près égale, les efforts des éleveurs se concentreront vers l'obtention de cette robe-type par une sélection

appropriée.

Page 1