CHAPITRE PREMIER
Données géographiques
Au point de vue géographique, on peut diviser le département de la Côte-d'Or en cinq régions : Morvan, Auxois, Montagne, Côte et Plaine de la Saône.
L’aire d’action du Syndicat du cheval de trait de l’Auxois comprend surtout les deux premières régions, avec quelques ramifications dans la Montagne et dans la plaine de la Saône, délaissant la « Côte », cette côte d'or qui a donné son nom et sa gloire au département par les « crus » célèbres qu'elle produit.
L’Auxois proprement dit, l’Auxois géologique est une étendue de marnes liasiques occupant à l’ouest de la Côte-d'Or une superficie d'environ 170.000 hectares, appuyée aux derniers contreforts du Morvan, d’une part, à la Montagne et à la Côte d'autre part. D'une altitude moyenne de 300 mètres, c’est un lieu de passage naturel entre le bassin parisien et la vallée de la Saône ; le travail des eaux courantes l’a profondément modifié et l’on peut distinguer trois formes topographiques principales : la terre plaine où le lias est à nu ; les buttes témoins et les terrasses du Haut Auxois où le lias est masqué par une couche de calcaire jurassique.
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La T'erreplaine, dont l’horizontalité contraste avec les ondulations du Morvan voisin, s'étend sur une longueur de 40 kilomètres entre Avallon et Semur. La terre arable, complètement décalcifiée, se présente sous la forme d’argiles brunes, imperméables, entremêlées d'éléments siliceux très fins. L'eau, qui ne peut s’écouler tant à cause de cette imperméabilité que du manque de pente, forme des mares et des rigoles dont le grand nombre entretient l'humidité et diminue:les qualités de la végétation. Celle-ci était autrefois en partie constituée de joncs, d’agrostes, de houlques laineuses ; mais le drainage et l'emploi des scories de déphosphoration l’ont considérablement améliorée.
Les buttes témoins sont des collines isolées par l’érosion, qui se succèdent suivant un arc de cercle de la Cure à la Dheune : Vézelay, Thil, Mont-Saint-Jean. Sussey, Bar, etc... On retrouve sur leurs flancs toute une gamme de terrains que l’on couvre de prés, de plus en plus. La base est formée par des calcaires bleuâtres, analogues à ceux de la terreplaine, qui constituent d'excellentes terres à blé. Jusqu'’aux deux tiers de la hauteur environ, s'étagent des pentes de marne tendre, coupées vers le haut de ressauts calcaires, et dont la partie supérieure était autrefois occupée par la vigne ; aujourd'hui, c’est le domaine des herbages plantureux, clôturés de haies vives, semés de pâturins, de ray-grass et de trèfle blanc. Tout au sommet enfin, une falaise abrupte, absolument nue, de calcaire à entroques, laisse sourdre à ses pieds des filets d’eau limpide qui vont irriguer les assises inférieures avant de grossir l’Armançon et le Cousin.
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Quant au Haut-Auxois, qui formait à l’origine un plateau uniforme, l’Armonçon, la Brenne, l'Ozerain, l’Oze, etc. l’ont découpé par des sillons parallèles et profonds en moyenne de 150 mètres, en véritables digitations orientées vers le Nord-Ouest. La structure géologique de ces terrasses répète celle des buttes témoins de même origine ; le sol s’y présente en couche épaisse de nature argilo-calcaire, riche en potasse et acide phosphorique, frais et naturellement couvert d’une flore riche. Le terrain est éminemment propice à l'élevage du cheval de trait qui y acquiert une ossature solide et de bons muscles auxquels les accidents du relief assurent un exercice profitable.
Une altitude à peine plus accusée caractérise le MorvAN, vestige usé d’une chaîne puissante du mouvement hercynien, qui semble prolonger le Massif Central au seuil du Bassin Parisien. La partie orientale seule, le Bas-Morvan, appartient à la Côte-d'Or ; l'érosion a fait de ce massif cristallin une sorte de pénéplaine ondulée qui s’abaisse graduellement pour aller se fondre avec la terreplaine et l’Auxoïis. Les gneiss et les granites qui le composent n'ont pas résisté à l'érosion et le relief actuel n'est plus qu'une succession de croupes arrondies dont l'altitude ne s’apprécie qu'à l’approche des vallées. Les rivières, petites mais nombreuses, se fraiert un chemin pittoresque à travers les bois et les prés caractéristiques de la région. Les agents chimiques de l’érosion ont décomposé le granit ; le feldspath ainsi libéré s’est kaolinisé, donnant une argile légère, mêlée de grains de quartz et de lamelles de mica, ou bien une arène sableuse et perméable si